‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 4)Chapitre 60 sur 91 · J. RIBERA · texte numérisé non relu

J. RIBERA

Joseph Ribera, dit l'Espagnole!, naquit à Valence où il étudia sous Francisco Ribalta. Il vint assez jeune à Rome et se mit sous la direction du Caravage. Se trouvant sans ressource, il partit pour Naples , et exposa devant la boutique d'un marchand de tableaux, qui demeurait en face le palais du vice-roi, un tableau qui attira une foule de curieux. Le vice-roi crut d'abord à un rassemblement politique,

mais quand il sut qu'il ne s'agissait que d'un tableau, et que ce tableau était peint par un Espagnol, son compatriote, il fut enchanté et fit venir le peintre qui devint bientôt son favori. Ribera épousa la fille de son marchand de tableaux et devint bientôt le peintre le plus couru de Naples. Jaloux de conserver la position brillante qu'il s'y était acquise, il se mit à la tête d'une faction qui chassa les grands artistes appelés de toute l'Italie pour décorer avec lui le dôme de Saint-Janvier, et ses persécutions contre Annibal Carrache, le Guide et surtout le Dominiquin, ont un caractère odieux qui ternit singulièrement sa gloire comme artiste. Ribera a rendu la nature avec la plus énergique précision, et il a traduit les scènes de supplico avec une effrayante vérité. Ses oeuvres sont très-nombreuses et l'on en trouve dans toutes les galeries de l'Europe.

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