‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 5)Chapitre 27 sur 79 · GELLÉE (CLAUDE · texte numérisé non relu

GELLÉE (CLAUDE

1600-JG82.

La plupart des biographies qu'on a faites sur Claude Gellée (dit Claude Lorrain) sont absolument imaginaires. On le représente comme un pauvre enfant mal doué, qui ne put jamais rien apprendre, fut mis en apprentissage chez un pâtissier, devint ensuite le valet d'un peintre, et se trouva tout à coup et sans qu'on sache comment un des plus grands artistes de son siècle. Les renseignements donnés à l'historien Baldinuci par le neveu de Claude Lorrain présentent un caractère beaucoup moins merveilleux, mais beaucoup plus probable. C'est donc à eux qu'il faut nous en tenir. Claude Gellée naquit au château de Chamagne sur les bords de la Moselle. Étant devenu orphelin à douze ans, il alla à Fribourg trouver son frère, habile graveur sur bois, qui lui apprit les éléments du dessin, travailla quelque temps avec un peintre qui lui enseigna l'architecture et la perspective, et se rendit ensuite à Rome où il étudia sous Âgostino Tassi, habile paysagiste et élève de Paul Bril. 11 revint ensuite à Nancy, où il fit pendant quelque temps de la peinture décorative, et ayant eu occasion de retourner à Rome une seconde fois, il y fit pour le cardinal Rentivoglia deux paysages qui eurent un tel succès que le pape se déclara son |)rotecteur. Dès lors sa fortune fut assurée et ses tableaux n'ont jamais cessé d'être recherchés et payés un prix très-élevé. Claude Lorrain faisait difficilement la figure, et celles qu'on voit dans ses tableaux sont généralement de Philippe Lauri, Jean Miel ou (^.ourtois. Claude Lorrain s'est surtout attaché à rendre les heures du jour, et il a reprodnil

les accidents de la lumière avec une perfection inimitable. H (Hait l'ami de Poussin, etbien qu'il ne lui ressemble aucunement, ils ont eu cela de commun qu'ils n'imitèrent jamais la nature dans sa réalité brutale comme les Hollandais, mais qu'ils la traduisirent par un sentiment personnel, plus rélléchidansLe Poussin, plus rêveur dans Claude Lorrain. On a de Claude Lorrain plusieurs eaux-fortes fort estimées et un grand nombre de dessins au bistre. Il avait l'habitude, cbaque fois qu'il livrait un tableau, d'en faire un petit dessin qu'il plaçait dans un petit album qu'il intitulait le Livre de vérité.

Ce livre devait, suivant son testament, demeurer toujours la propriété de sa famille, et ses fils ne voulurent en effet s'en dessaisir à aucun prix, mais d'autres héritiers furent moins scrupuleux, et les ducs de Devonshire sont aujourd'hui les heureux possesseurs de cet inestimable trésor. Le Livre de vérité renferme 200 dessins gravés à l'aqua-linte par Earlon.

JÉSUS ET LES DISCIPLES d'eMMAUS.

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