CHARLES LE BRUN
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CAKLOS LE -BRUN.
qui le père travaillait, prit l'enfant en amitié, et le fit entrer dans l'atelier de Vouet.
Lebrun alla ensuite à Fontainebleau copier les tableaux réunis au château, et il fit à l'âge de quinze ans des composilions devant lesquelles Poussin, à qui elles furent montrées, prédit que l'auteur illustrerait son siècle. Le chancel-er Séguier, charmé des progrès de son protégé, le mit à même de faire le voyage de Rome, où il le confia au Poussin. Après un séjour de plusieurs années dans cette ville Lebrun revint à Paris, précédé d'une réputation méritée, (pii s'augmenta chaque jour jiar de nombreux travaux eu tous genres. En 1647, il fit un tableau volif représentant le martyre de saint .^ndré, offert par la corporation des orfèvres à l'église de Notre-Dame. Ce fut Tannée suivante qu'il parvint, par l'appui du chancelier Séguier, à démontrer l'utilité de l'Acalémie royale de peinture dont il occupa successivement tous les grades. En 1649, il travailla avec Lesueur à la décoration de l'hôtel Lambert. Les peintures du château de Vaux sont de la même époque. Ce fut Mazarin qui présenta Lebrun à Louis XIV. Lois du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, Lebrun fut chargé de toute la décoration qui eut un immense succès, Noumié par Colbert à la direction des Gobelins, Lebrun donnait les dessins et surveillait l'exécution des tapisseries ; il fit aussi tous les dessins pour les peintures, sculptures et ornements de la galerie d'Apollon au Louvre. Lebrun profita de son immense faveur auprès du roi pour obtenir la formation de l'École française de Rome. Il accompagna Louis XIV pendant les campagnes de Flandre, peignit plusieurs compositions pour le cliâte;ui de Saint-Germain, et dirigea ou donna les modèles pour une multitude de fêtes et de décorations en tout genre. En
1676, Lebrun, comblé d'honneurs de toutes sortes, fui nommé prince de l'Académie de Saint-Luc. La décoration du château et des pavillons de Sceaux pour Colbert, celle des pavillons de Marly, du grand escalier de Versailles, attestent sa prodigieuse activité. La grande galerie de Versailles, qui a plus de 80 mètres de longueur, sur 12 de large, fut considérée comme son œuvre capitale. 11 y représenta, dans vingt et un grands tableaux et six bas-reliefs peinis, des sujets allégoriques tirés de la vie du roi, et termina cet immense travail par les salons de la Paix et de la Guerre qui terminent la galerie. Ce grand ouvrage fut d'abord universellement admiré. Mais, lorsque Louvois eut remplacé Colbert , les courtisans affectèrent de dénigrer tout ce qui avait été fait sous le précédent ministre, et Lebrun commença à être critiqué outre mesure, au profit de Mignard que protégeait Louvois. Les allégories de Lebrun furent déclarées inintelligibles, et l'on prétendit qu'il était nécessaire de placer des inscriptions au bas de chaque sujet. Lebrun ne put résister aux tracasseries de tout genre qui lui furent suscitées; il se retira de la cour, ne voulut plus voir personne, ot tomba bientôt dans une maladie de langueur dont il mourut. Lebrun a exercé sur l'art contemporain une influence despotique, et c'est à lui qu'il faut attribuer l'uniformité de style des ouvrages de ce temps. Il n'a ni la conception profondément rélléchie du Poussin, ni le sentiment exquis de Lesueur, mais il représente mieux que personne le goût pompeux de la cour de Versailles. Son immense savoir, son inépuisable imagination en font, malgré tout^ un homme hors ligne, et son génie administratif avec lequel il sut enrégimenter tant d'artistes sous ses ordres, était bien de nature à plaire à Colbert et au roi. Lebrun a l'ait des dissertations accompagnées de dessins sur l'exprès-
sion (les passions , et sur lu physioiioaiic comparée de riioiiiine et des animaux.
SAIME FAMILLE (l)ITE LE SILENCE).
PI. dus.
(Ihmteur 0".h>7 ceut., lai-geur 1", 18 cent.)
Louvre (sous le titre de : Summeil de VEiifunt-Ji-sus.)
L'entant Jésus est endormi sur les genoux de la Vierge ; saint Jean, soutenu par sainte Elisabeth, avance la main vers lui ; sainte Anne présente un linge pour l'envelopper; saint Joseph et saint Joachiai sont placés de chaque côté de la Vierge. Ce tableau a appartenu au comte d'Armagnac, grand écuyer du roi et gouverneur d'Anjou, ([ui en lit présent à Louis XIV en 1696. — Gravé par Ligaou, Le Normand, Poilly.
lÉSUS-CHlllST DESCENDU DE LA CHOIX.
Cabinet particulier.
Quatre hommes soutiennent le corps du Sauveur, tandis que les saintes femmes pleurent au pied de la croix. On voit d'un côté un des larrons crucifiés, et de l'autre le commencement d'une croix. — (iravé par Poilly.