LA MANNE
(UmiiIi'IH ■1"',50 mit., l.irevnr 2 iiièlivs.)
Louvre.
Les Israélites, après avoir passé la nier Rouge, entrèrent dans les déserts de l'Arabie où leurs provisions se louvèrent bientôt épuisées. Dieu leur envoya alors chaque jour une pluie de petits grains blancs, bons à manger, qu'on nomma la manne. Au milieu d'un désert où s'élèvent des roches escarpées, le Poussin a représenté Moïse implorant le ciel, au milieu des Israélites qui recueillent la nourriture que le Seigneur leur envoie. Ce tableau a été exécuté en 1 639 pour M. Chanleloup, maître d'hôtel du roi. Dans une lettre écrite
par le Poussin au peintre Stella, son ami, on remarque le passage suivant, relatif au tableau de la manne : a J'ai trouvé une certaine distribution pour les tableaux de M. de Clianteloup, el certaines altitudes naturelles, qui font voir dans le peuple juif la misère et la faim où il était réduit, et aussi la joie et l'allégresse où il se trouve ; l'admiration dont il est louché, le respect et la révérence qu'il a pour son législateur, avec un mélange de femmes, d'enfants et d'hommes d'âges et de tempéraments différents ; choses, comme je le crois, qui ne déplairont pas à ceux qui les sauront bien lire. » Ce superbe tableau a été, dans le sein de l'Académie de peinture^ le sujet d'une dissertation de Lebrun qui a été publiée par Félibien. — Gravé par Cliasteau (en 1680), BenoîtAudran, ïestelin.