‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 5)Chapitre 63 sur 79 · WATTEAU · texte numérisé non relu

WATTEAU

Antoine Watteau, né à Valenciennes en 1684, était fils

d'un couvreur, qui voyant le goût de son fils pour le dessin l'envoya chez un décorateur de la ville ; mais les faibles dépenses de l'élève étant Irop fortes pour le père, on lui signifia bientôt qu'il ne pouvait plus compter sur aucun secours de la part de ses parents. ^Yatteau vint à Paris sans ressources et se plaça chez un fabrictint de peintures à la douzaine, qui l'employa à faire des saint Nicolas, moyennant trois livres par semaine et la soupe tous les jours. Il parvint enfin à quitter cette boutique et travailla chez Gillot, dont le talent vif et spirituel avait une grande affinité avec le tempérament de Walteau. Malheureusement le maître et l'élève ne s'entendirent pas pour des raisons de caractère et se séparèrent bienlôt. Watteau fit alors un petit tableau, représentant un Départ de troupes, qui le fit connaître avantageusement. La connaissance du célèbre amateur Crosat, qui mit à la disposition de Watteau son inestimable collection de dessins de maîtres anciens, fut pour l'artiste comme une révélation. Watteau, sans en parler à personne, envoya un de ses tableaux dans une des salles oîi passaient les académiciens ; ceux-ci ne connaissant pas l'auteur furent charmés de l'ouvrage, et Delafosse, apprenant que c'était d'un jeune homme, le fit venir dans la salle des séances, et lui reprochant de se méfier de son talent, l'assura que l'Académie serait très- honorée de le recevoir parmi ses membres. Watteau se présenta en effet et fut admis d'emblée. Walteau fit un voyage en Angleterre, mais le climat de Londres étant contraire à sa santé, il revint à Paris, et fit à son retour une enseigne pour son ami Gersant, marchand de tableaux. L'enseigne eut un succès proiligieux : tout Paris vint la voir. Les ouvrages de Watteau, après avoir obtenu de sou vivant un prix énorme, ont été l'objet, sous le premier Empire, d'une réprobation

méprisante, et sont à cette époque presque tous passés en Angleterre. Ils atteignent aujourd'hui des prix fort élevés dans les ventes. Les dessins de Watleau, le plus généralement faits rai crayon rouge, sont très-estimés des connaisseurs. Son œuvre gravée comprend 363 pièces. 11 en a luimême gravé huit à l'eau forte.

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