‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forteChapitre 11 sur 77 · HÉLIODORE CHASSÉ DU TEMPLE · texte numérisé non relu

HÉLIODORE CHASSÉ DU TEMPLE

Héliodore fut chargé par Séieuciis, roi de Syrie, d'all(M' enlever les trésors qui étaient renfermés dans le temple de Jérusalem. Mais au moment où il allait les emporter après les avoir volés, des esprits célestes le chassèrent avec sa troupe. — Rapbaéi a représenté Héliodore renversé par un cavalier céleste accompagné de deux anges armés de fouets. Au fond, le grand-prêtre Onias est devant le tabernacle et le chandelier à sept branches, au milieu de tout le peuple en prière. Au premier plan, le pape Jules II, porté par quatre hommes, parmi lesquels on reconnaît le célèbre gravein- Marc-Antoine Raimondi et Jules Romain, est occupé à contempler cette scène. Ce groupe, étranger au sujet principal,

a clé iijoulo après coup, par allusion aux victoires du pape contre les usurpateurs des Étals de l'Église. Au reste, ces anaclironismes voulus sont très-fréquents sous la Renaissance. Cette fresque marque un cliangement dans la manière de Hapliaël, et montre la préoccupation des maîtres vénitiens. Les masses d'ombre et de lumière sont distribuées par grandes masses, et l'exécution, sans être moins cliâtiée, est traitée avec une largeur plus grande que dans les ouvrages précédents. Gravé par Aquila et Volpato ; — sans le groupe du pape, par Paillin : — la tète de Marc-Antoine, par Richomme.

CHA.MBP.E DE l'iNGENDIE DU BOURG.

La troisième chambre du Vatican est ornée de fresques ayant trait à la puissance de FEglise, et dont les sujets sont empruntés à l'histoire dos pontifes portant le nom de Léon. Le plafond avait élé primitivement peint par le Pénigin, et le sujet ne se li.iit aucunement avec les fresques que Hapliaël voulait peindre sur les murailles ; néanmoins il se reiiii^a absohîment à laisser abattre cette peinture comme on aviiil fait pour d'autres dans les salles précédentes. Les tableaux des socles, destinés à accompagner les fresques, représentent les protecteurs de l'Église romaine, placés entre des Hermès qui tiennent des inscriptions en leur honneur : Constantin, Charlemagne, Godefroy de Bouillon, Astulf, roi de la Grande-Bretagne, Ferdinand le Catholique et rem|iereur Lolhaire. Les petits tableaux des embrasures des fenêtres représentent le Christ apparaissant à ses apôtres au bord de la mer, le Christ montrant les brebis à saint Pierre, Simon le magicien et saint Pierre devant Néron, le Christ chargé de sa croix apparaissant à saint Pierre. Les peintures

de celle salle ont l)eaucoiip souffert. Cette détérioration a été si prompte, par suite de la mauvaise qualité de la préparation, qu'il fallut les faire retourher par Sébaslien de! Piombo, et quand cet artiste montra les fresques au Tilien, celui-ci, offusqué par les repeints, lui dit : Quel est donc rignorant qui a ainsi barbouillé ces têtes ?

VICTOIRE d'OSTIE.

Les Sarrazins débarqués en Italie, s'étant répandus aux environs de Rome, furent défaits près du port d'Ostie, en 8i9, et celte victoire fut attribuée aux prières du pape Léon IV. Raphaël a choisi ce sujet, par allusion au départ d'une llorle ottomane qui avait paru sur les côtes d'Italie sous le pontificat de Léon X.

Le pontife, sous les traits de Léon X, est représenté implorant la protection divine. Parmi les gens de'sa suite on remarque le cardinal Jules de Médicis (depuis Clément Vil) et le cardinal Bibiena. On amène devant le pape des Sarrazins prisonniers, tandis que le combat continue dans le fond. Cette fresque, très-détériorée et fortement relouchée, paraît avoir été exécutée presque entièrement par les élèves de Raphaël.

La collection d'Oxford possède plusieurs dessins pour les soldats et les prisonniers ; à Vienne, il e\iste un très-cuiieux dessin que la photographie a popularisé, d'après le chef militaire (jui étend le bras auprès du pape; c'est celui que Raphaël a envoyé à Albert Durer. Gravé par Aquila.

l'incendie du I50UR(;.

Sous le pontificat de Léon IV, vers le milieu du ix'^ siècle, un incendie consuma une partie du quartier nommé Borgo Vecchio, près Saint-Pierre, et s'arrêta sul)ilemenl à la prière du pape. Raphaël a conçu la composition de cette scène dans un point de vue purement humain, sans chprcher l'intérêt dans l'effet des flammes et des fumées. L'intérêt de l'action est tout enlier dans l'expression des figures, qui toutes sont devenues classiques et ont servi à l'éducation des générations d'artistes qui se sont succédé jusqu'à ce jour. La femme, majestueusement drapée, qui porte un vase d'eau sur la tête et qui est connue sous le nom de porteuse d'eau du Capitole; le groupe de la mère agenouillée qui serre son enfant contre son cœur; l'homme qui porte son père sur ses épaules et qui a près de lui son jeune fils ; la femme qui passe son enfant par dessus la muraille embrasée à un homme qui s'elforce de l'atteindre; la belle figure nue qui se laisse glisser le long du mur qui s'écroule en mesurant du regard la hauteur de sa chute, sont des chefs-d'œuvre de style et d'invention. Le pape, donnant à la foule agenouillée la bénédiction qui va arrêter le iirogrès de l'incendie, forme le fond du tableau. Cette fresque, où Raphaël a placé un grand nombre de figures nues, sent la préoccupation de Wichel-Ange. — Gravé par Aquila et Volpalo.

COURONNEMLNT DE CHARLEMAGNE.

Celle fresque eslune allusion au trailé conclu à Bologno enlre Léon X el François 1°''. Charicniagne est représenté sous les traits du roi de France, et le pape Léon 111 sous .-eux de Léon X. Le point de vue en diagonale adopté par l'artiste et les détails épisodiques , tels que le groupe d'hommes portant des vases précieux, détruisent la froideur qu'offrent ordinairement les scènes oflicielles. Malgré les restaurations que cette peinture a subies, la beauté des têtes en fait une des œuvres imporiantes de liaphaël. — Gravé par Aquila.

JUSTJFICATION DE LÉON JII. • PI. 15.

Le pape Léon III, après sa consécration, demanda l'appui de Charlemagne qui convoqua un concile pour examiner les accusations que le neveu du pape précédent, Adrien I"' , formulait contre lui. Le souverain pontife, sous les traits de Léon X, est représenté devant l'autel et posant les mains sur l'Évangile pour se justifier. Des diacres, des évêques et Charlemagne en costume de sénateur romain, assistent à la scène.

Cette fresque, dont liaphaël a confié Texécuiion à ses élèves, a été fort abîmée et ne saurait se comparer aux plus belles du maître.

SALLE DE CONSTANIIN.

L"s peintures de cette salle ont trait à la formation de la puissance temporelle des papes et à rétablissement du christianisme. Raphaël voulait les faire à l'huiie. Il avait composé les dessins pour l'ensemble, quand la mort vint le surprendre au début de son travail, en sorte que l'exécution appartient tout entière à ses élèves, qui préférèrent la fresque à la peinture à l'huile. Les tableaux qui accompagnent les quatre grands sujets tirés de la vie de Constantin, sont les portraits de huit papes dans des niches, accompagnés de génies et de figures allégoriques, des cariatides placées deux à deux avec les emblèmes de la maison de Médicis , et des caissons grands et petits contenant des peintures en camaïeu sur divers épisodes de la vie de Constantin.

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