BATAILLE DE CONSTANTIN
Pl. 48.
Le 28 octobre 312, Constantin remporta sur Maxence une grande victoire qui devait assurer le triomphe du christianisme. Raphaël a représenté le héros à cheval an milieu de la mêlée et poursuivant Maxence qui cherche à traverser le fleuve sur son cheval. Trois anges aux épées
ilamboyantes volent au-dessus de l'einiiereur chrélien. L'ensemble grandiose de cette immense mêlée, et la variété des épisodes en ont fait le type classique du tableau de bataille. Les dessins primitifs offrent avec la fresque des dilférences assez importantes. La mort de Rapliaël ne lui 3 pas permis d'exécuter ce tableau, qui est entièrement peint par Jules Romain d'après la composition du maître. On a souvent reproché la crudité de la couleur et la noirceur des ombres de cet ouvrage, mais le Poussin disait que ces défauts étaient ici des qualités, parce qu'ils étaient d'accord avec la rudesse de cette lière mêlée. — Gravé par Aquila.
Pl. 19.
Les loges de Raphaël, au Vatican, sont peintes dans une galerie ouverte d'un côté, servant de corridor entre l'escalier du secoml étage et la salie de Constantin. Cette galerie comprend treize compartiments ou loges à petites coupoles, et cha(|ue loge comprend quatre tableaux, dont quarantehuit sont tirés de l'Ancien Testament et quatre du Nouveau : c'est ce qu'on appelle la Bilile de Raphaël. L'arliste avait l'intention de décorer les autres loges avec un cycle de sujets partant de la dernière scène du Nouveau Testament et comprenant l'histoire des Apôtres et des principaux saints de l'Église : la mort l'a empêché de réaliser ce projet. Raphaël a peu travaillé de sa main à l'exécution de ces fresques dont il a donné la composition dans de petits dessins lavés à la sépia. Jules Romain a dessiné les carions et a été aidé dans la peinture par Francesco Penni, Pellegrino de Modène, Rarlolomeo de Bagnacavallo, Vincenzo de San
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Geiniuiano, Polidore de Caravage, et Perino dol Vaga. — Il est fort difficile de savoir au juste la part qui revient à chacun dans cette œuvre collective exécutée d'après la pensée et sous la direction du maître. Les tableaux dont nous donnons la gravure ne sont pas le seul ornement de cette galerie célèbre. Raphaël a encadré la majestueuse solennité de ses sujets bibliques dans un systèuie d'ornenientalion, qui joint à la plus charmante fantaisie la plus ingénieuse concordance avec les sujets principaux : dans l'arcade où sont Adcun et Eve, et le premier péché, des petits anges combattant des bètes féroces, représentent l'amour divin en lutte contre les passions animales de la nature déchue; près de Sodome et Gomorrhe, on voit un combat de monstres fantastiques, tondis que des enfants dansent joyeusement à côté du Moïse sauvé des eaux, et de la délivrance des Israélites ; l'histoire de Salomon est accompagnée {)ar des allégories de la paix, et îles anges en adoration se tiennent près de la création et du Christ fait homme. Les gracieuses fictions do la mythologie sont mises à contribution et enlacées dans des guirlandes ou mêlées à des architectures fantastiques. Toute cette ornementation est l'ouvrage de Jean d'Udine, l'élève et l'ami de Raphaël. Cet artiste excellait dans la peinture des grotesques et dans la représentation des plantes et des animaux : comme tant d'autres, il s'est dévoué entièrement à la gloire de son maître. C'est dans une promenade que lit Jean d'Udine avec Raphaël, aux bains de Titus, qu'ils eurent l'idée de faire des ouvrages en stuc et des ornements en couleur à la manière des anciens, et comme cela arrivait souvent sous la Renaissance, on s'est inspiré de l'antique, mais l'œuvre ([ui en est résulté est profomlément original. Quant à l'accusation qu'on lait à Raphaël d'avoir détruit des pein-
turcs antiques^ pour qu'on ne sût pas qu'il les avait copiées, on en a depuis longtemps démontré Tabsurtlité. C'est à Perino del Vaga que Vasari atlribue les douze tableaux en camaïeu (jui ornent les socles; mais ces ouvrages, comme tous ceux de la même galerie qui se trouvent à la hauteur des visiteurs, sont presque entièrement détruits par les noms que ceux-ci y ont gravés. Pour compléter sa galerie Raphaël a chargé Gian Bariie de sculpter les portes, et il a composé le parquet avec des dalles coloriées et glacées de la fabrique llorentine des Délia r<ol)bia. On peut voir à l'École des beauxarts une reproJuclion de la galerie des loges. Notre gravure donne une vue perspective de l'ensemble.
LA LUMIÈRE EST SÉI^VRÉE DES TI-ÎNÈBKES.
« Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut.
» Dieu vit que la lumière était bonne et sépara la lumière des ténèbres. »
La pose du Père éternel, fortement caractérisée, fait penser à Michel-Ange. Ce tableau et les trois suivants ont été peints par Jules Piomain. — Première arcade.
CRÉATtON DE LA TERRE.
c( Dieu dit encore : Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul lieu, et que l'élément aride paraisse. Et cela se lit ainsi.
» Dieu donna à l'élément aride le nom de Terre, et il
appela Mers toutes les eaux rassemblées, ol il vit que cela était bon.
» Dieu dit encor'j ; Que la terre produise de l'iierbe verle qui poite de la graine, et des arbres fruitiers qui portent du fruit cbacun selon son espèce et qui renferment leur semence en eux-mêmes pour se reproduire sur la terre. Et cela se fit ainsi. »
Le Père éternel plane au-dessus de la terre où l'on voit déjà quelques arbres.
GRÉAriON DU FIRMAMENT.
« Dieu fit donc deux grands corps lumineux, l'un plus grand pour présider au jour, et l'autre moindre pour présider à la nuit : il fit aussi les étoiles, et il les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre. »
Le Père éternel, planant au-dessus du globe terrestre, étend les bras vers le soleil et la lune qu'il semble placer dans le ciel.
CREATtON DES ANIMAUX.
« Dieu dit aussi : Que la Ici re produise des animaux vivants chacun selon son espèce, les animaux domestiques, les reptiles et les bêtes sauvages de la terre selon leurs différentes espèces. Et cela se fit ainsi. »
Le Père éternel fait surgir de terre des animaux de toutes espèces. Un lion est à ses côtés.
là MUSÉE KUHOPÉEN.
(](' tableau et les précédents semblent avoir été exécutés par Jules llomain.
CRÉATION DE l'hOMME ET DE LA FEMME.
« Kt le Seigneur Dieu forma la femme de la côte qu'il avait tirée d'.\dam, et l'amena à Adam. »
Le l'ère éternel présente Eve à Adam qui reconnaît en elle sa chair. Le fond est un jardin délicieux. Vasari attribue encore ce tableau à Jules Romain.
FRUIT DÈFENDtt.
« La femme, considérant donc ([ue le fruit de cet arbre (tait bon à manger, qu'il était beau et agréable h la vue, cl eu ayant pris, elle en mangea, et en donna à son mari, qui CM mangea aussi. »
Eve présente la pomme à Adam. Un serpent à tête humaine est enlacé autour de l'arbre.
La ligure d'Eve passe [)our être de la main de Kaphaël.