‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 2)Chapitre 13 sur 24 · STATUES MODERNES DU LOUVRE ET DES TUILERIES · texte numérisé non relu

STATUES MODERNES DU LOUVRE ET DES TUILERIES

2596, 2697. — Esclaves, marbre, pi. 357. Musée du Louvre.

Ces deux belles statues avaient été faites par Michel-Ange pour le tombeau du pape Jules II. Robert Strozzi en fit présent à François 1er. Données par ce prince au connétable Anne de Montmorency, elles ornèrent d’abord son château d’Ecouen , d’où, après la mort de Henri de Montmorency, son fils, elles furent enlevées par le cardinal de Richelieu, qui les transporta dans son château ; elles passèrent de là dans les jardins du maréchal de Richelieu, à Paris. Pendant la révolution, laissées et méconnues, elles étaient sur le point d’être vendues à des marchands. M. Lenoir l’apprit et les sauva.

Ces deux prisonniers , différents de nature et de caractère, offrent à l’étude des artistes de beaux modèles de force et de celte expression qui convient à la scidpture, et l’on y admire cette science profonde de l’anatomie que Michel- Ange faisait briller dans tous ses ouvrages. Les attitudes , quoique peut-être un peu forcées, sont saisies avec tant de justesse, le jeu des muscles est si bien étudié et si vrai, la chair est si bien rendue sans détails superflus, que ces figures font l’effet d’avoir été moulées sur la nature. Elles sont d’autant plus précieuses que, hors de l’Italie , les statues de Michel-Ange sont très-rares.

Première figure. — Les mains liées derrière le dos, entièrement nu , à l’exception du milieu du corps, qu’une ceinture ne couvre qu’en partie, cet esclave ou prisonnier, dont la pose et les proportions sont d’un caractère peu relevé, est dans une attitude forcée et très-pénible, rendue avec une effrayante énergie et une admirable vérité. La courroie qui serre ses bras comprime avec force sa poitrine ; elle se soulève violemment; il lutte contre la douleur et semble se consumer en efforts impuissans contre son oppresseur.

Deuxième figure. — La tête est empreinte d’un sentiment admirable de dignité, de courage et de résignation. Accablé des souflfances du corps et de l’esprit, ce beau jeune homme la laisse tomber sur son épaule, et l’on croirait qu’il cherche dans un instant de sommeil quelque relâche à ses maux.

Cette ligure offre, comme la précédente, toutes les grandes qualités et l'énergie de Michel-Ange ; mais elle parle plus à l’âme, sa douleur paraît plus morale; celui-ci a dû être le chef ou le maître de son compaguon d’infortune. La main, par sa délicatesse, dé-

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cèle une position plus élevée et une vie plus recherchée. Quelques parties de ces deux statues n’ont pas été terminées, notamment les pieds.

La figure de singe qui tient au tronc d’arbre est à peine dégrossie, mais pleine d’expression. Michel-Ange a-t-il voulu représenter le génie du mal ?

[Haut, de la irc figure : 2ra,096'n = 6 pi. 5 po. 5 li. ]

[ Haut, de la 2e figure : 2m,2 1 3m = 6 pi. îo po. 9 li.]

2597 A. — Muse, porphyre, pl. 3Q3. Mus. du Louvre.

Statue de moins de trois pieds, en porphyre, dont on ne connaît ni le sculpteur, ni le sujet. On la considère seulement comme un ouvrage du xvie siècle.

Elle représente une femme dirigeant ses regards à gauche, ayant le bras gauche croisé sur la poitrine et tenant un volume. La main droite est abaissée et tient le vêtement.

Son manteau lui couvre la poitrine et retombe des deux côtés derrière le corps. [Haut. om,956. = 2 pi. 1 1 po. 4 li. ]

2597 B. — Diane, bronze et albâtre oriental, pl. 368 C. Musée du Louvre.

On considère aussi comme une œuvre du xvi' siècle cette statue, de grandeur naturelle, offrant une chasseresse dans l’attitude de tirer de l’arc. Elle a la tunique succincte, serrée autour de la taille par la ceinture, où vient se joindre une bandelette qui passe sur l’épaule droite. La tête est ornée d’un croissant. Les pieds sont chaussés de bottines.

La tunique est en albâtre oriental et les parties nues en bronze.

[Haut. im,4oo.]

2597 C. — Minerve, albât. et m. pl. 368 D. Mus. du Louvre.

On ignore l’auteur de cette Minerve, dont les parties vêtues sont en très-bel albâtre oriental blanc , et les parties nues en marbre ; on la considère comme un ouvrage du xve siecle.

Cette Minerveale casque et l’égide , ettient dans la main gauche une chouette, qu’elle regarde.

On a vu au tome III , quelques Minerves tenant aussi une chouette à la main’. [Haut. in\45o.]

2598. — Albert Pio (de Savoie), m. pl. 358. Mus. du Louvre.

Cette statue décorait le tombeau élevé aux Cordeliers en 1 535. Elle est l’ouvrage de Paul Ponce (i).

(1) Le sculpteur Paul Ponce, dont le France, où il paraît avoir passé une grande nom de famille était Trehati, est un des partie de sa vie. Associé à Jean Goujon pour artistes italiens que François I" appela en travailler à la décoration du Louvre, il est

Le prince Pio de Carpi est représenté couché sur un lit de repos. Il est revêtu de son armure et enveloppé de son manteau. Il appuie la tête nue sur la main droite, et tient de l’autre main, sur la plinthe, un livre ouvert; il paraît méditer profondément. D’autres livres sont à ses pieds. Cette représentalion rappelle qu’ Albert Pio se livrait à la poésie et y acquit de la réputation. [Long. im,69o. = 5 pi. 2 oo. 5 li.]

2599. — Génie de l’Etude, m. de Carr. pl. 357. Mus. Louvre.

Assis sur un rocher et dans l’attitude de la méditation , ce génie écrit sur des tabletles. Sa pose naïve rappelle un peu, dans son ensemble, celle du petit tireur cl’épines; la tête est d’une jolie expression, les formes du bas du corps sont lourdes et un peu communes; le travail des cheveux, remarquable, tient à la manière de la renaissance de la sculpture. Les uns attribuent cette statue à Perrin de Vinci, neveu et élève de Léonard de Vinci, et d’autres à Nicolo dell’ Abbate (1). Il paraît quelle fut destinée au mausolée du connétable de Bourbon, qui ne fut pas exécuté, et elle resta à Saint-Denis, où elle avait été déposée. [Haut. om,94o = 2 pi. 9 po. 10 li.]

2600. — Diane de Poitiers, marbre, pl. 359. Mus. du Louvre.

On doit ce beau morceau à Jean Goujon (2), l’honneur de l’école française, et qui en eût fait à toutes les écoles ; l’un des plus habiles , des plus féconds et des plus gracieux sculpteur des temps modernes, et qui, par son style plein de charme et qui lui est propre, peut soutenir la comparaison avec celui des chefs-d’œuvre des anciens. Sous les traits de Diane, l’artiste a représenté la belle duchesse de Valentinois, objet des hommages et de l’amour de Henri II. Couchée sur le gazon , au bord d’une fontaine , mollement appuyée sur son cerf favori, et ayant auprès d’elle ses armes et ses chiens, la déesse se repose des fatigues de la chasse.

l’auteur de plusieurs frontons dont les gravures sont au tome I, pl. 21 , 22, 24,

25, 26. On lui a attribué à tort, plusieurs fois, les sculptures du tombeau d’Anne de Bretagne, de celui de Louis XII et d’autres sculptures faites pour le cardinal d’Amboise, ce qui tenait à l’incertitude de son arrivée à Paris ; en retour, il faut lui resti tuer quelques-unes des sculptures des châteaux de Fontainebleau et de Meudon.

Les pages que nous avons consacrées dans le tome I à la description des sculptures qu’il à faites pour le Louvre, p. 426 et suivantes, et une note à la page 564, présentent sa biographie d’une manière complète.

Peut-être, d’après des recherches récentes,

faut-il lui attribuer la statue de Charles Maigné, donnée n° 2608.

(1) Nicolo dell’ Abbate est principalement connu comme peintre. Il est né à Modène en i5i2. Le Primatice l’amena en France en i5Ô2, et l’employa à peindre à fresque sur ses dessins dans le château de Fontaineblau. Il est mort en France en 1571. Le surnom dell’ Abbate paraît lui être venu de ce qu’il était l’élève du Primatice, abbé de S'-Martin. (Voy. t. I,p. 494.)

(2) Sur ce célèbre sculpteur, fréquemment cité dans le tome I, à cause des sculptures dont il a décoré le Louvre, voy. l’article qui lui est consacré dans la table de ce même volume.

STATUES MODERNES

Cette belle statue, par sa coiffure, qui est celle du temps de Henri II, par l’ensemble de son dessin, de son style et de ses accessoires, diffère entièrement du caractère des productions antiques ; mais elle a une grâce particulière et qui n’appartient qu’à Jean Goujon. Tous les points de vue pour la considérer ne sont pas également bons, et la manière dont les jambes sont posées produit un mauvais effet lorsqu’on les regarde par derrière ou du côté droit. Le bois du cerf et l’arc, que l’on a dorés, ne sont pas seulement dans le goût de l’époque de cette statue; les ouvrages de l’antiquité en offraient un grand nombre d’exemples.

Parmi les ornemens de la base, en forme de vaisseau, qui sert de support à toute cette composition, on retrouve les enlacemens et les chiffres de Henri II et de Diane.

[Haut. im,5oi = 4 pi- 7 po. 6 li.; long. — 7 pi- 8 po. 3 li. ]

2600 A, B, C. — Caryatides, Cérès, BAC.CHUS,par J. Goujon. Caryatides par J. Sarazin.

Ces statues font partie des sculptures ornementales du Louvre; pour celte raison, les gravures se trouvent dans le tome I, pl. 29, 42, 45, et il en est longuement parlé au tome I du texte, p. 362 et 456, pour J. Goujon, et p. 43g, pour celles de J. Sarazin.

2601 . — Philippe de Chabot, albâtre de Lagny, pl. 358.

Mus. du Louvre.

Cette statue était sur le tombeau élevé à l’amiral de Chabot aux Célestins , en i543 (1). C’est l’un des beaux ouvrages de Jean Cousin (2), et par la fierté de la pose et la hardiesse de l’exécution elle est digne du ciseau de Michel-Ange.

La tête est pleine de force et de caractère : on y retrouve un peu le style des têtes antiques d’Hercule.

L’amiral est couché, appuyé sur son casque, et semble se reposer de ses longues fatigues. L’armure est recouverte de la cotte d’arme, où sont brodées des armoiries (3). L’amiral porte le collier de l’ordre de Saint-Michel; il tient le sifflet de commandement. Malgré l’armure, le corps a beaucoup de souplesse. [Long. im,577-]

(1) Piganiol de la Force donne la gravure du tombeau avec la décoration accessoire. Un lion était étendu aux pieds de la statue, et sous le sarcophage était une figure couchée. On trouvera au tome II, pl. 23/i, n° 370, un bas-relief offrant deux

figures couchées, que l’on croit représenter un des ancêtres de l’amiral avec sa femme.

(2) Voy. sur ce sculpteur, t. II , p. 809.

(3) Ce sont de petits poissons à tête grosse et plate, auxquels on donne le nom de chabot.

2602, 2 6o3, 2604, 2606. — Nations vaincues, bronze, pl. 36o. Mus. du Louvre.

Les qualrè statues ici réunies décoraient le piédestal de la première statue élevée à Henri IV^sur le Pont-Neuf. On sait que cette statue , modelée par Jean de Bologne , fut un présent que Côme II de Médicis fit à Marie de Médicis sa sœur (1).

Les statues étaient placées aux quatre coins de la statue équestre. Les inscriptions , qui ont disparu , apprenaient qu’elles avaient été commencées par Pierre Francheville (2) et terminées, en 1618, par son élève Bordoni de Florence.

La première statue offre un vieillard encore vert et plein de vigueur, les mains liées derrière le dos, et assis sur un tronc d’arbre; à ses pieds sont des armes brisées. 11 paraît quelle représente le Nord. Quoique un peu lourde et courte, elle est d’une bonne école et offre de très-belles parties; la tête ne manque pas d’expression. [Haut. im,55o = 4 pi- 9 po. 4 b-]

Dans la deuxième statue, il paraît que, sous les traits d’un vieillard vigoureux qui foule aux pieds un canon brisé et un casque, Francheville a voulu représenter les nations de l’Occident. Cette figure, d’un beau caractère, a de l’expression, et prouve, ainsi que les autres, que ce statuaire, malgré la difficulté que lui opposait la symétrie du monument, savait habilement varier ses poses et en tirer tout le parti que lui permettaient la régularité et l’accord de l’ensemble. [Haut. im,623 5 pi. )

La troisième figure représente l’Orient, sous les traits d’un jeune Grec, d’un style plein de grâce; par sa belle attitude, son dessin pur et son expression, elle peut être mise au rang de nos meilleures statues. [Haut. im,568=: 4 pi. 10 po.]

La quatrième figure, dont la pose est belle et le dessin savant, par sa musculature sèche et vigoureuse, par ses cheveux crépus et son nez écrasé, offre le caractère des peuples de l’Afrique, et représente le Midi. [Haut. im,568 = 4 pi. 10 po.]

2606. — David vainqueur de Goliath, marbre, pl. 36 1. Mus. du Louvre.

Cette statue est aussi de Francheville.

Debout, les jambes croisées, n’ayant pour vêtement qu’une légère draperie qui tombe de ses épaules et est retenue au milieu du corps par une ceinture, le jeune David jouit avec calme du triomphe qu’il a remporté sur son redoutable ennemi; sa main gauche, à laquelle est suspendue sa fronde, s’appuie

(1) Voy. notre tome I, p. 655.

(2) Voy. sur ce sculpteur t. II, p. 81 5.

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sur l’énorme épée du géant, dont la tête est à ses pieds; il tient encore à la main droite la pierre qui abattit Goliath , et la peau de lion qui le couvrait est un trophée de la victoire du courageux berger. On retrouve dans la pose et le style de cette statue beaucoup du caractère de Michel-Ange et de Jean de Bologne. L’expression de la tête de Goliath est bien celle d’une mort violente, mais le cou offre des détails anatomiques que la sculpture eût mieux fait de dérober aux yeux.

[Haut. 7“, 71g = 5 pi. 3 po. 7 li. ]

2606 A. — Orphée et Cerbère, m. pi.368D. Mus. du Louvre.

Ce groupe , qui représente la descente d’Orphée aux enfers , pour en ramener Euridice, est aussi de Francbeville. 11 provient des jardins de Versailles et se trouve maintenant réuni aux œuvres de Francheville. [Haut. 2m,25o.]j

2607. — Les Grâces, marbre , pi. 35g. Mus. du Louvre.

Ce joli groupe, par Germain Pilon (1), l’une des plus agréables productions de la sculpture française, décorait le monument d’Henri II, aux Célestins. Les trois figures supportaient, comme aujourd’hui, sur leurs têtes l’urne funéraire, munie de trois pieds figurant des dauphins. L’ancienne urne était un bronze doré, celle d’aujourd’hui est argentée. Ces trois Grâces, comme celles de Socrate, sont vêtues et remplies de décence, et l’on aurait pu voir dans le

groupe les trois vertus théologales, si nommait pas positivement les Grâces.

[Haut. 1 '",453. ]

(1) Germain Pilon a tiré, avec beaucoup d’habileté, ce groupe d’un seul bloc de marbre, et il a déployé, dans la manière dont ces trois jeunes beautés se groupent, et dans leurs poses, toute l’élégance et le charme de son talent; les lignes, bien combinées, sont variées sans nuire à l’unité de l’ensemble, et les formes, fines et sveltes, sont en harmonie avec la grâce du sujet. Les draperies, très-légères, ne sont qu’un voile transparent, à travers lequel brillent des charmes qu’elles découvrent avec art. On peut reprocher à ces draperies d etre un peu sèches et cassées; mais c’est un défaut de cette époque, qui tient sans doute beaucoup au costume du temps et au genre d’étolfcs qu’avaient sans cesse sous les yeux

l’inscription gravée sur le piédestal ne

les sculpteurs, et dont ils se servaient pour draper leurs mannequins. Quelques parties du nu, telles que les mains et les pieds, sont un peu maigres de forme, et accusent des détails d’anatomie que ne présente pas la jeunesse dans toute sa fraîcheur. Ces trois Grâces offrent, dit-on , les portraits de Catherine de Médicis, de la marquise d’Etampes et de madame de Villeroi.

Les formes contournées et les ornemens du piédestal montrent qu’à cette époque on ne suivait pas dans ces détails les modèles de l’antiquité , et qu’on était loin de sa noble simplicité.

Voy. sur ce sculpteur et ses ouvrages, tome II, p. 810.

2607 A. — Le chancelier de Birague, bronze , pl. 362 A. Musée du Louvre.

Statue provenant du monument élevé au chancelier de Birague , dans l’église de Sainte-Catherine, en i583. Elle est de Germain Pilon.

Le chancelier est en grand costume , agenouillé et les mains jointes.

Le prie-Dieu en marbre, et les petits génies aussi en marbre qu’offre notre gravure, n’appartiennent pas à la statue primitive; ils sont le résultat de la réunion des deux statues en un seul monument, qui eut lieu vers i583, par suite de la démolition de l’église SainteCatherine-du-Valdes-Écohers, dite la Culture; les religieux les firent transporter à la maison professe des jésuites, rue Saint- Antoine, qui leur fut concédée. Celte disposition a été suivie au musée des Petits-Augustins et au Louvre, et notre gravure la reproduit. En juin 1 85 1 , les deux statues ont été l’objet d’une disposition nouvelle : les deux petits génies ont été placés avec celle de la chancelière de Birague.

[Haut. im,45o.]

2607 B. — Valentine Balbiani, marbre, pl. 362 A. Louvre.

Statue provenant du tombeau élevé à la chancelière de Birague , dans l’église Sainte-Catherine, en 1872. Elle est de Germain Pilon (1).

Valentine Balbiani est représenté dans le costume de l’époque , à demi couchée, accoudée sur des coussins et lisant; près d’elle est un épagneul.

Dans l’article précédent , nous disons quelques mots de cette statue.

[Long. im,90o; haut. om,8oo.]

2608. — Charles Maigné ou de Magny, pierre, pl. 358. Mus. du Louvre.

Celle statue surmontait le tombeau que Martine Maigné fit élever à son mari, aux Célestins, en i556, par Paul Ponce.

Appuyant sa tête sur sa main gauche, cette figure est dans l’attitude du sommeil, dont l’expression est bien rendue. Cette manière de représenter la mort, le sommeil éternel, par des personnages endormis, est très-familière aux anciens; elle adoucissait l’image de la mort.

La tête, qui a de grands rapports avec celle de Henri IV, la barbe, les cheveux , l’oreille et la main droite de cette statue sont bien étudiés , d’une grande vérité et d’une bonne exécution, ainsi que tous les détails et les ornemens de l’armure, où l’on n’a rien omis.

L’aigle double sculpté sur la pierre qui sert de support à cette figure faisait probablement partie des armes deCharles Maigné, et la chaîne que ce personnage porte au cou indique qu’il était de quelque ordre de chevalerie, peut-être celui de Saint-Michel, fondé par Louis XI, en 1469. [Haut. im,45o.]

(1) Voy. t. II, pl. 233, un bas-relief provenant du même monument.

STATUES MODERNES

2609, 2610, 261 1. — Louis XIII, Anne d’Autriche, Louis XIV enfant, bronze, pl. 362. Mus. du Louvre.

Ces trois statues de bronze sont de Simon GuiUain (1). Elles proviennent d’un monument élevée à l’entré du pont au Change, lors de sa reconstruction en pierre, qui fut commencée en i63g, et terminée en 1647.

Elles étaient devant une arcade à fond de marbre noir, décoré par le même sculpteur de bas-reliefs , où l’on voyait des figures de guerriers prisonniers.

La statue de Louis XIV était placée sur un piédestal, au côté duquel étaient des dauphins. Au-dessus de lui une Victoire, aux. ailes déployées, tenait de la main droite une trompette. A droite était la statue de Louis XIII, à gauche celle d’Anne d’Autriche, sans piédestaux.

Les trois souverains sont représentés en costume royal, et dans des poses appropriées , sans doute , à la disposition que nous venons d’indiquer. Louis XIV se présente de face, tenant le bâton de commandement à la main droite; le bras gauche est tout entier sous le manteau; la main paraît appuyée à la hanche. Louis XIII, tourné vers la gauche, fait de ce côté un geste indicateur; il tient le sceptre de l’autre main. La régente élève ses regards vers son fils, portant la main droite sur son cœur.

[Haut, de la statue de Louis XIV, im,33o = 4 pi. 8 po. 6 li. ; de chacune des deux autres , 2m,ooo 6 pi. 1 po. 10 li.]

2612, 2 6 1 3 , 2614. — La Paix , l’Abondance , la Justice, bronze, pl. 36 1. Musée du Louvre.

Ces trois statues proviennent du monument du connétable de Montmorency. Elles étaient au pied de la colonne en marbre dont nous avons donné la gravure tome II, pl. a4i. Elles sont toutes les trois debout.

La Paix est représentée tenant une torche et mettant le feu à des armes qui sont sur la plinthe, à sa gauche. La main gauche, qu’elle élève à la hauteur de l’épaule, a probablement tenu dans le principe une branche d’olivier. Le mouvement de cette ligure et l’effet qu’il produit sur le vêtement ont quelque chose de pittoresque ; les plis qu’il fait faire à la tunique sont réunis par un ornement dont l’idée est à la fois neuve et pleine de goût. [Haut. i“',io2.]

(1) Simon Guillain, né à Paris en i58i, laTrémouiüe, femme de Henri IA, prince mort en i658 , a beaucoup travaillé pour de Condé, dans l’église de l’Avé-Maria, à plusieurs églises de Paris, entre autres pour Paris, et une statue de Guillaume, archele yiortail de Saint-Gervais, pour la Sor- vêque de Bourges, qu’il avait faite pour la bonne, où il fil huit grandes statues en chapelle du collège de Navarre. Guillain pierre de Tonnerre, et S. Denis et S. Louis fut un des douze premiers membres de en marbre. Il élaitaussi l’auteur des figures l'académie de peinture et de sculpture fonposées jadis dans les niches du pont au dée, en partie, à sa sollicitation, en 1 648. Change , à Paris. On citait parmi scs meil- Il en fut recteur en 1657. Les Anguier ont leurs ouvrages le mausolée de Charlotte de été ses élèves.

La seconde figure présente de la main droite des épis de blé , elle tient dans l’autre main la corne remplie de fruits à laquelle on a donné son nom. Cet accessoire a ici une forme peu ordinaire et s’éloigne peu de la ligne droite, et son ornementation, avec des feuilles d’acanthe, est de bon goût. Son manteau, sur l’épaule droite, va recouvrir le côte gauche du buste et lui retombe derrière le dos. [Haut. im,25o.]

La troisième figure tient dans la main droite une épce dressée, et de l’autre main paraît offrir une fleur. Sa tunique, talaire, est recouverte d’une surtunique qui descend près des genoux. Son manteau, jeté sur les épaules, d’où il retombe derrière le corps, est fixé sur le devant du buste par une ample ceinture qu’on pourrait dire une écharpe. Ce vêtement est étoilé. [Haut. im,2 5o.]

Ces trois statues, comme la colonne, sont de Barthélemy Prieur (1).

261 5, 2616, 2617, 2618. — La Prudence, la Justice, la Tempérance, la Force, marbre, pl. 363. Mus. du Louvre.

On regarde comme un des meilleurs ouvrages de François Anguier (1) le monument qu’il éleva, aux Célestins, à la mémoire de Henri Ier, duc de Longueville, mort en i663.

Ce cénotaphe se composait de l’obélisque que nous avons donné, t. II, pl. 233, et des quatre statues qui font l’objet de cet article; elles étaient placées au coin de la base de l’obélisque, dans laquelle étaient encastrés les différents petits bas-reliefs que nous avons décrits, t. II, p. 816, et qui, de même que les statues, rappelaient les qualités et les exploits de Henri de Longueville.

La Prudence. — En faisant tenir d’une main un serpent et de l’autre un miroir à cette figure, le sculpteur s’est conformé aux idées de l’iconologie moderne, car cette divinité allégorique était représentée par les anciens comme Janus, avec deux visages, qui indiquaient le passé et l’avenir; le serpent faisait aussi partie de ses attributs , et l’on sait que ce reptile était regardé comme symbole de la prudence. Celte statue, d’une exécution soignée, n’est certainement pas exempte de manière : sa pose, son style et l’agencement de ses draperies, peuvent çà et là encourir ce reproche; mais elle offre des détails agréables dans la tête, les pieds, les mains et quelques parties des draperies. [Haut. im,474 = 4 pi- 6 po. 6 li. ]

La Justice. — La déesse , l'eprésentée sous la figure d’une femme d’une beauté sévère , la tête couverte d’un voile qui enveloppe une partie du corps et se confond avec le manteau, tient à la main les faisceaux et la hache, et semble jeter un regard de compassion sur les malheureux qu’elle est forcée de condamner. On

(i) V0ye2lan0ticesurcesculpteurt.il, (2) Voy. l’article biographique de ce p. 821. sculpteur, t. II, p. 5 12.

STATUES MODEBN ES

pourrait reprocher à cette figure d’être un peu maniérée et d’être trop surchargée de draperie, quoique ces draperies offrent de jolis détails. [Haut. im,483 = 4 pi. 6 po. îo li. ]

La Force. — Coiffée de la peau de lion comme Hercule, et soulevant avec facilité sa pesante massue, cette femme, d’un aspect imposant, offre le symbole de la force. Sa pose, son ajustement et ses détails présentent les mêmes qualités et les mêmes défauts que les trois autres figures du même sculpteur, de la manière dans l’attitude et les draperies , et une exécution assez soignée. [Haut. ira,48o = 4 pi. 6 po. 9 li.]

La Tempérance. — Cette figure, d’une expression douce, tient à la main un mors ou un frein, emblème de la vertu qu’elle représente. On pourrait désirer plus de simplicité dans la pose, et dans les draperies plus de légèreté et un meilleur goût d’ajustement; mais la tête, d’un caractère agréable, et les extrémités offrent de jolis détails. [Haut. im,4io = 4 pi- 4 po. 2 li.]

2619. — Milon de Crotone , groupe, mabr. pl. 364. Musée

du Louvre.

Nous donnons sous ce numéro et les suivans les trois principales compositions de Pierre Puget (1); c’est-à-dire, avec son Milon, le groupe de Persée

(1) Pierre Puget est né à Marseille en 1622, et yestmort en 1694. Il était fils de Simon Puget, architecte. Son goût pour la sculpture se manifesta par des figures sculptées en bois destinées à l'ornement des vaisseaux. A quinze ans, il avait fait le modèle d’un vaisseau orné de grandes figures sculptées. A l’âge de vingt-deux ans, il fut chargé de diriger la décoration des constructions navales, emploi qu’il a conservé jusqu’à sa mort. C'est à lui que la marine française devait la richesse et la beauté de l’arrière de ses bâtimens de haut bord, et l’on conserve comme modèles des figures très-remarquables et d’un noble aspect qu’il avait faites pour plusieurs bâtimens.

Vers i655, il vint à Paris, travailla à l’ornement du Vaudreuil pour le marquis de Girardin , et à Vaux-le-Vicomte , pour le surintendant Fouquet. C’est peut-être à cette époque qu’il faut placer l’exécution de la statue connue sous le nom d’Hercule

du Vaudreuil , et peut-être aussi l’Hercule gaulois.

Lors delà disgrâce du surintendant Fouquet, Puget se trouvait en Italie avec la mission d’acheter des marbres. Il s’établit à Gênes et y passa plusieurs années , entouré de la considération des plus grandes familles. Leurs palais et les églises de Gênes sont très-riches en ouvrages de ce grand maître. Il fit notamment la statue de saint Sébastien et celle du bienheureux Alexandre Sauli , et pour le duc de Mantoue un magnifique bas-relief de l’Assomption.

Replacé par Colbert, en 1669, à la direction de la partie décorative des vaisseaux, il vint à Paris vers i683, et travailla pour Versailles. Il fit alors le Milon demandé par Colbert, Persée et Andromède, et le bas - relief d’Alexandre et Diogène. La première œuvre lui mérita une médaille d’or, qu'il reçut de la main de Louis XIV.

et Andromède, l’Hercule gaulois, des jardins de Sceaux, et une statue équestre d’Alexandre, de petite proportion, qui lui est attribuée.

Dans ce groupe, l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture moderne, et qui, si l’on y retrouvait la noblesse de formes et de proportions des anciens, pourrait rivaliser avec leurs plus beaux ouvrages par l’énergie de son expression et la vie dont il est animé , le Puget a saisi le moment où un lion se précipite sur Milon, à qui la défense est devenue impossible, s’y cramponne, l’accable de son poids et le dévore. La douleur est à son dernier terme ; rien ne peut soustraire le malheureux athlète à l’horreur de son sort. Tandis qu’il se consume en efforts impuissans pour dégager sa main, et que, dans la convulsion de la souffrance, il tourne inutilement ses regards désespérés vers le ciel, qu’il invoque en vain par ses cris, l’animal féroce s’acharne à sa proie et la déchire; encore quelques instans,et ce Milon, sept fois vainqueur aux jeux olympiques et six fois aux jeux pythiens, aura succombé dans une lutte où l’on voit qu’il eût été victorieux s’il eût pu déployer ses forces. [Haut, 2m,700.]

2619 A. — Alexandre le Grand, marbre, pl. 362 B. Musée

du Louvre.

Statue équestre de petite proportion que nous donnons sous deux aspects. Alexandre est représenté s’élançant sur les ennemis. Trois figures renversées servent de support au cheval. Leur groupement est bien entendu et a une bonne part à l’effet de la composition. [Haut. im, 100.]

2619 B. — Persée et Andromède, marbre, pl. 368 B. Musée

du Louvre.

Persée est représenté au moment où il délivre Andromède des chaînes qui la retenaient au rocher. 11 est revêtu d’une cuirasse, et l’on voit sur la plinthe, outre la tête de Méduse, une épée et un bouclier. Un petit Amour joue avec les chaînes qui retenaient Andromède. [Haut. 3m, 100 ]

2619 G. — Hercule, marbre, pî. 368 A. Musée du Louvre.

Hercule, assis sur un rocher, s’appuie de l’aisselle gauche sur un bouclier. Sa main droite tient une longue massue inclinée. La peau du lion recouvre

On a de lui, à Marseille, le fronton de l’hôtel de ville , offrant les armes de France soutenues par des anges, et probablement son bas-relief de la peste de Milan, son dernier ouvrage, et l’une des productions les plus remarquables, qu’il a laissé inachevé. On admire à l’hôtel de ville de Toulon ses Atlantes, communément appelés Atlas.

On a de lui une statue de la Terre couronnée par Janus.

Puget s’est beaucoup occupé aussi d’architecture et de peinture. Il a laissé, à Marseille et à Toulon, des tableaux de grandes dimensions dans les églises, et une foule de tableaux dans les collections particulières.

STATUES MODERNES

en grande partie cette arme, et la tête volumineuse de l’animal, qui retombe sur la plinthe , est d’un bel effet. [ Haut. im,65o. ]

2620. — Atlas, marbre, pl. 376. Jardin des Tuileries (1).

Cette statue et les trois suivantes sont de Théodon (2).

On sait qu Atlas fut changé en montagne. Il est ici représenté au moment où il subit cette métamorphose. Il s’appuie de la main droite à un fragment de rocher, auquel adhèrent déjà les cuisses etlesjambes.il incline de ce côté sa tête appesantie, élève un peu la main gauche par un geste d’affaiblissement (3). [Haut. 2m,85o = 8 pi. 9 po. 3 li.]

262 t. — Phaétuse , marbre, pl. 376. Jardin des Tuileries.

Cette statue représente une des sœurs de Phaéton , au moment de sa métamorphose en peuplier.

Phaétuse, appuyée à un tronc d’arbre, lève les yeux au ciel et joint les mains. Ses membres et surtout les jambes commencent à subir la métamorphose.

Auprès d’elle est un cygne, rappelant la métamorphose que subit en même temps Cycnus, ami de Phaéton. [Haut. 2m,3oo rr 7 pi. o po. 1 1 li.]

2622. — Jules César, marbre, pl. 375. Jardin des Tuileries.

Jules César (4) est représenté ici armé, tenant de la main gauche le sceptre, et dans la main droite une pomme. Un paludamentum fibulé sur l’épaule droite va passer sur l’épaule gauche et retombe derrière la figure, qu’il encadre des deux côtés. Sur la plinthe est un casque surmonté d’un aigle. [ Haut. 3m= 9 pi. 2 po. 10 li.]

2623. — Mort de Lucrèce , m. pl. 378. Jardin des Tuileries.

Ce groupe, commencé à Rome par Théodon et terminé à Paris en 1716 par

(1) Ici se présente l’occasion de rappeler que, dans le tome I, p. 710, se trouve la table alphabétique des statues et autres sculptures qui font partie de la décoration du Louvre et des Tuileries.

(2) Théodon étudia d’abord à Paris , et alla se perfectionner à Rome, d’où l’appela Louis XIV, pour l’employer avec d’autres artistes à l’embellissement de Versailles. Il exécuta, entre autres ouvrages estimés , l’At-

las métamorphosé en rocher, et la Phaéthuse changée en peuplier. On voyait ces statues, de proportions colossales, à Richelieu. Elles ont été dans la suite transportées â Paris. Théodon mourut à Paris en 1713.

(3) Le n° 1999 A offre une statue antique qui représente Atlas portant la sphère.

(à) Voyez au n° 2643 une autre statue de Jules César, par G. Coustou.

Pierre Lepautre , a paru à quelques-uns représenter Arria et Pœtus ; mais on y reconnaît plus ordinairement Lucrèce au moment où elle a retiré le poignard de sa blessure. Son mari lui saisit la main et la soutient du bras gauche. Une autre dame romaine l’entoure de ses bras. A droite est un Amour renversé sur des armes , et qui de la main gauche étend devant ses yeux la chlamyde de Collatin.Un chien est entre les jambes de l’Amour.

[Haut. 2m,65i r= 8 pi. î po. 1 1 li.]

2624* — Saturne enlevant Cybèle , marbre, pl. 38o. Jardin des Tuileries.

Ce groupe, qui faitpendant à l’enlèvement d’Orithye parBorée(voy.n° 2025), se compose de quatre figures : Saturne, Cybèle, une nymphe, et un lion.

Il est l’ouvrage de Thomas Regnauldin (î).

[Haut. 2,8oom. = 8 pi. 7 po. 5 li. ]

2625. — Borée enlevant Orithye , marbre, pl. 379. Jardin des Tuileries.

Ce groupe présente une des fables de la mythologie athénienne. On sait que le lieu de la scène fut le bord de l’Ilissus, rivière de l’Attique, où la nymphe cueillait des fleurs. Aussi voit-on sur la plinthe des coquillages' et des plantes aquatiques. Une figure renversée, qui sert de support au groupe, est probablement l’Ilissus.

L’auteur de cette sculpture est Gaspard Marsy (2).

[Haut. 2,600“ — 8 pi. o po. 1 li. ]

2626. - — -Louis XIV, bronze, pl. 362. Mus. du Louvre.

C’est le modèle très-bien exécuté de la statue équestre de Louis le Grand, faite par Girardon (3) pour la place Vendôme. La statue avait vingt et un pieds de haut, et, selon d’Argenville, c’était la première qui eût été fondue d’un seul jet.

Ce modèle excède de peu trois pieds.

2626 A. — Statue équestre, bronze, pl. 362 A. Louvre.

On ne sait de qui est ce modèle, au-dessous du médiocre, qui a été retrouvé dans les caves du Louvre.

[Haut. om,744-]

(1) Voy. sur Regnauldin, 1. 1, p. 58 1. (3) Voy. sur Girardon, t. I, p. 582.

(2) Voy. sur ce sculpteur t. I, p. 58i. )

STATUES MODERNES

2626 B. — La Renommée, bronze, pl. 362 A.

Musée du Louvre.

On attribue cette statue à Jean de Bologne (1). Ce bronze, dont l’exécution est fort belle, paraît entrer dans sa manière : il offre la Renommée selon sa représentation ordinaire.

Notre statue décorait le tombeau du duc d’Epernon , à Cadillac enGuienne. Elle en fut enlevée en 1793, et placée dans le jardin de l’hôtel de ville de Bordeaux. [Haut. im,55o.]

2626 C. — Mercure et Hébé, bronze, pl. 368 B.

Musée du Louvre.

Ce groupe offre une des plus jolies productions de Jean de Bologne. Il est connu sous le titre d’Hébé enlevée par Mercure. Il a décoré successivement les châteaux de Versailles et de Saint-Cloud. Il est au musée du Louvre depuis i85o. [Haut. 2,n,5oo.]

2627. — Mercure sur Pégase, marbre, pl. 373. Jardin des Tuileries.

Ce groupe et les cinq suivans sont l’ouvrage de Coysevox (2).

(1) Jean de Bologne, que l'on est habitué à regarder comme Italien , à cause du long séjour qu’il fit à Bologne, dont il conserva le nom, était de Douai, où il naquit en i52/j. Ainsi que tous les jeunes gens de cette époque qui se sentaient des dispositions pour les arts, il passa en Italie, où il profita si bien des conseils et des exemples de Michel-Ange, qu’il devint bientôt très-habile et l’un des plus grands sculpteurs modernes. Son style est noble, son dessin presque toujours pur et élégant, et l’on voit qu’en admirant les productions de Michel-Ange et de son école, il ne perdait pas de vue les chefs-d’œuvre des anciens, dont souvent il se rapproche. L’Italie est remplie de beaux ouvrages de Jean de Bologne; c’est surtout dans cette ville et à Florence que l’on voit les plus remarquables. A Bologne, sa fontaine de Neptune est très-belle ; il n’y a rien de plus gracieux

que les figures de Néréides qui entourent le piédestal et pressent leurs seins pour en faire jaillir de l’eau. A Florence, on admire son enlèvement des Sabines; la statue équestre de Côme de Médicis, qui, ainsi que son père, fut son protecteur; au jardin de Boboli, le Neptune, aux pieds duquel, dans une immense coupe de granit, sont couchés le Nil, le Gange et l’Euphrate, de vingt pieds de proportion. Paris lui devait la première statue équestre de Henri IV. Il mourut à Florence, en 1608.

(2) Coyzevox, né à Lyon en i64o,mort en j 7 20, fut élève de Lérambert , de Vouet et de Sarrasin. Après avoir voyagé et embelli, pour le cardinal de Furstemberg, le château de Saverne, Coyzevox fit en bronze, pour l’hôtel de ville de Paris, la statue en pied de Louis XIV, et pour les les états de Bretagne, en i685, la statue équestre du même monarque. On le regarde

Le présent groupe et le suivant ont été faits pour l’ornement du château de Marly. Ils furent placés dans ce château vers l’année i yo3 , et remplacés en 1745, par les chevaux dits de Marly, donnés sous le n° 2647- ^es deux groupes furent transportés alors aux Tuileries.

Mercure est assis sur Pégase, les jambes du côté droit de l’animal. Son pétase ailé est surmonté d’un bélier et porte une visière, où l’on remarque une étoile. Les cheveux sont abondans. La main gauche du dieu lient une des rênes, et l’autre main, qui porte le caducée, paraît au-dessus de la tête de Pégase.

Celui-ci a pour support un tronc de palmier autour duquel sont des armes.

[Haut. 3m,20i.]

2628. — La Renommée sur Pégase, marbre, pl. 3 73.

Jardin des Tuileries.

La déesse est assise sur Pégase, ayant les jambes du côté gauche du cheval. Elle a la tête tournée un peu en arrière, et embouche la trompette. Sa tête est couronnée de lauriers. Elle tient à la main gauche une branche de laurier.

La déesse est vêtue d’une tunique légère qui laisse à découvert le côté droit de la poitrine. Une draperie flottante est fixée à l’épaule droite, au moyen d’une chaîne disposée comme un baudrier.

Le cheval a aussi pour support un palmier entouré d’armes.

[Haut. 3m,20i.]

2629. — Hamadryade et Enfant, marbre, pl. 3 80.

Jardin des Tuileries.

Celte Hamadryade est assise sur un tronc d’arbre, et y appuie la main gauche. Elle se retourne du même côté, avec un regard et un geste qui semblent être ceux de l’affliction.

Elle* porte sur la tête une couronne de feuillage. Sa tunique légère laisse à

avec raison comme i’un des meilleurs sculpteurs du règne de Louis XIV ; il n’est pas toujours très-correct, mais souvent il rachète en partie ce défaut par l’expression et la vie qu’il sait donner à ses figures. On met au nombre de ses plus beaux ouvrages le mausolée de Henri de Lorraine, comte d’Harcourt, qui était à l’abbaye de Royaumont; celui de Colbert, à Saint-Eustache ; le monument du cardinal Mazarin, aux Quatre- Nations, composé de plusieurs grandes figures, et celui qu’il éleva à le Brun. On voit

aussi à Versailles beaucoup de statues, de bas-reliefs et de vases de cet habile maître ; mais il y en a eu beaucoup de détruits. Reçu à l’académie en 1676, il en devint chancelier perpétuel. Il a laissé un grand nombre d’ouvrages dont on peut voir le détail dans d’Argenville , qui fait remarquer qu’aucun sculpteur n’a rendu avec plus de succès et de légèreté les lourdes perruques du temps de Louis XIV. On cite parmi ses élèves les Coustou, Jean Thierry, sculpteur de Philippe V , et Jean Coudray.

STATUES MODERNES

découvert le côté droit de la poitrine , à la manière des amazones. Une sorte de baudrier serre ce vêtement sous le sein gauche.

Un Enfant est debout derrière l’Hamadryade. Il tourne le dos au tronc d’arbre. [Haut. im,8oo.]

2 63 o. — Flore et l’Amour, marbre, pl. 379. Jardin des Tuileries.

Flore est aussi assise sur un tronc d’arbre, et tient des deux mains une guirlande de fleurs. Elle tourne la tête à gauche. Sa tunique, sans manches, est fibulée sur les deux épaules.

Derrière elle est un Amour debout et adossé au tronc d’arbre. Il a des ailes de papillon, qui rappellent celles de zéphire. [Haut. im,8oo:= 5 pi. 6 po. 6 li.]

263 1. — Berger jouant de la flûte, marbre, pl. 38 1. Jardin des Tuileries.

Ce berger est assis sur un tronc d’arbre. Sa tête est couronnée de pampres et ceinte du crédemnon. Sa nébride est sur ses genoux. Le buste est nu; on y remarque une large courroie.

Un jeune Pan, aux jambes de bouc, est adossé au tronc d’arbre.

[Haut. im,8Ai.]

2 63i A. — Marie-Adélaïde de Savoie, marbre, pl. 368 C. Musée du Louvre.

Statue offrant une chasseresse qui, de la main gauche relève sa chevelure, et, de la main droite, caresse un chien qui se dresse auprès d’elle.

C’est un ouvrage de Coyzevox qui représente , dit-on , la duchesse de Bourgogne. 11 a décoré Versailles et a fait partie de ce musée jusqu’en i85o.

[Haut. im,970.]

2 632. — Le Rhin et la Moselle, groupe, marbre, pl. 382. Jardin des Tuileries.

Ce groupe, composé de quatre figures, est de Van Cleven (î). Les deux principales sont assises sur un rocher. Le Rhin couronné de feuillages , et dont la longue barbe couvre la poitrine, tient de la main gauche un aviron. A sa droite est la Moselle couronnée de roseaux. Elle épanche ses eaux d’une urne renversée, sur laquelle elle s’appuie du bras gauche. Sa longue chevelure

(i) Voy. une notice sur ce sculpteur, t. I, p. 5i4, à la suite de celle de Michel Anguier.

flotte sur ses épaules. Les deux autres figures représentent deux enfans, dont l’un est debout derrière le Rhin, et l’autre est assis sur la plinthe, aux pieds de la nymphe. [Haut. 2m,3oo. Larg. 2°’, 780.]

2 633. — Vénus du Liban, marbre , pl. 387.

Jardin des Tuileries.

Cette statue et les cinq suivantes sont des ouvrages de Pierre Legros (1).

On a ici une femme debout et dans une attitude de méditation ; elle croise les jambes , tient l’avant-bras droit levé et le bras gauche en travers sur le ventre.

Quelques-uns voient dans cette statue la Vénus du Liban, que les anciens représentaient la main gauche placée sous la robe, la tête couverté, le visage triste; même on croyait voir couler des larmes de ses yeux; d’autres l’on appelée Vénus à la triste pensée. On lui a aussi donné le nom de Véturie , du Silence et de Némésis. [Haut. 2m,5oo = 7 pi. 8 po. 4 li. ]

2633 A. — Agrippine, marbre, pl. 387. Jardin des Tuileries.

Agrippine porte un volume à la main droite, et, de l’autre main placée près de la hanche, tient le bout de son manteau, qui, de l’épaule droite, descend s’étaler devant le corps. On vante dans cette figure la perfection des draperies amples et légères, ajustées avec un goût et avec une magnificence vraiment impériales. [Haut. 2m,4oo = 7 pi. 4 po. 8 li.]

2634- — Le Printemps, pl. 378. marbre,

Jardin des Tuileries.

Celte figure en Hermès lient , de la main gauche abaissée, une corbeille de fleurs. Elle tourne la tête à droite, et le geste de la main est dirigé du côté gauche. Sa tunique est légère, sans manches; la draperie, ajustée avec goût, couvre tout le bras gauche, descend, par la hanche droite, couvrir le devant de la figure , et on en voit un bout venir s’enrouler autour du biceps droit.

[Haut. 2m,8oo = 8 pi. 5 po. 7 li.]

2 635. — L’Eté, marbre, pl. 378. Jardin des Tuileries.

Demi-figure couronnée d’épis, tournant la tête à gauche, élevant quelque

(1) Pierre Legros est né à Paris en 1 656. glise de Saint-Ignace, plusieurs ouvrages Il montra dès son enfance le goût le plus très-estimés. 11 eut part depuis aux plus décidé pour le talent de son père , qui était beaux ouvrages de sculpture qui ont été sculpteur. Il obtint le prix de l’académie faits à Rome. 11 s’attacha surtout à l’étude pour un bas-relief représentant Noé, et fut t!e l’antiquité. II passa peu de temps en à Rome où il fit pour lesjésuites, dans l’é- France, et mourut à Rome en 1719.

STATUES MODERNES

peu ses regards. Dans la main gauche, portée à la hauteur du biceps, elle tient une faucille ; de la main droite , abaissée , elle tient une gerbe d’épis. Son ample tunique à manches longues est serrée autour de la taille par une écharpe formant ceinture. [Haut. 3m — 9 pi. 2 po. 9 li. ]

2636. — L’Automne, marbre, pl. 377. Jardin des Tuileries.

L’Automne est ici représenté par un homme demi-nu, la tête couverte d’un voile qu’il écarte de la main gauche pour regarder au loin. Il tient de la main droite un masque, qui rappelle sans doute les Oscilles. Sa tête est ceinte du crédemnon, et ses cheveux se dressent comme ceux des Faunes, mais en offrant une disposition particulière. Une draperie , enroulée au bas de la partie figurée, va par la hanche gauche sur l’épaule droite, d’où elle retombe en couvrant le bras.

La pose et le geste de cette figure paraissent reproduire les jeux qui ont accompagné la récolte des fruits. [Haut. 2m,8oo == 8 pi. 7 po. 5 li. ]

2637. — L’Hiver, marbre, pl. 377. Jardin des Tuileries.

C’est une demi-figure offrant un vieillard barbu qui soutient delà main gauche un réchaud, surlequel il tientla main droite. Son manteau voile sa tête et descend ensuite entourer le bas de la partie figurée. [Haut. 2m,8oo = 8 pi. 7 po. 5 li.]

2638. — Annibal, marbre, pl. 375. Jardin des Tuileries.

Cette statue est l’ouvrage de Sébastien Slodtz (1).

Le guerrier carthaginois s’appuie de la main droite sur une enseigne romaine renversée. Il porte ses regards au loin vers la gauche, et abaisse la main de ce côté. Un grand manteau, fibulé sur la poitrine, couvre les épaules avec partie des bras, et drape la figure par derrière. La cuirasse, couverte d’ornemens sans figures, est entourée d’une écharpe passée en ceinture; cette cuirasse n’a pas les courroies qu’on remarque ordinairement aux statues romaines, et laisse apercevoir un subarmai élégant dont le bas est orné d’une bordure. Le baudrier de l’épée n’a pas la forme ordinaire; il s’attache à la cuirasse à la hauteur de la ceinture. A gauche est un vase. Il foule aux pieds un bouclier romain et d’autres accessoires.

263g. — Chasseur en repos, marbre, pl. 382.

Jardin desTuileries.

Cette statue et les quatre suivantes sont de Nicolas Coustou (2).

Assis sur un tronc d’arbre, sur une saillie duquel il appuie la main droite,

(1) Sébastien Slodtz, frère de Paul Am- Il fut élève de Girardon. — (2) Voyez broise, père de René Michel, est né à sur ce sculpteur la note qui se trouve t. I , Anvers en 1657, et mort ;'i Paris en 1726. p. A17.

le chasseur au repos regarde au loin de ce côté. Son chien, retenu par une laisse attachée à la même saillie, se lève à demi et observe son mouvement. Le chasseur tient de la main gauche une javeline dont le fer est appuyé à terre. Son vêtement se réduit aune draperie enroulée autour du bras gauche, et qui , passant sous la cuisse gauche, vient reposer sur la cuisse droite.

[Haut im,86i.]

2640. — Nymphe de Diane, marbre , pl. 38o.

Jardin des Tuileries.

Cette statue fait pendant à la statue du chasseur au repos. Assise sur un tronc d’arbre , la nymphe, à peu près nue , se retourne à gauche et regarde au loin. Son carquois est appuyé au tronc d’arbre. Elle le soulève de la main droite et de l’autre main en retire une flèche. Un Amour, debout derrière le tronc d’arbre, tient l’arc de la chasseresse. La draperie, jetée principalement sur les cuisses, va par un bout entourer le bras droit. [Haut. im,8oo. ]

2Ô4i. — Nymphe à la colombe, marbre, pl. 379. Jardin des Tuileries.

Cette statue représente encore une nymphe assise sur un tronc d’arbre regardant au loin à sa droite. Le geste de la main gauche accompagne ce mouvement. La droite est posée sur le dos d’une colombe qui est sur la cuisse de la nymphe. Un Amour, debout derrière le tronc d’arbre, tient une épée qu’il cherche à tirer du fourreau. [Haut. im,8oo.]

2642. — La Seine et la Marne, marbre, pl. 38 1. Jardin des Tuileries.

La Seine n’est pas représentée ici sous la forme d’une nymphe , mais sous celle d’un vieillard à longue barbe , couronné de roseaux et d’épis. Il est assis sur un bloc de marbre, où il s’appuie de la main gauche, ayant la droite sur le haut d’un gouvernail.

La Marne se montre sous la forme d’une nymphe. Elle est assise plus bas que l’autre figure et tournée en sens opposé. A chaque bout de ce groupe est un Amour , dont l’un caresse un cygne et l’autre joue avec des coquillages.

[Haut. 2m,44o; long. 2m,700.]

2643. — Jules César, marbre, pl. 375. Jardin des Tuileries.

Le dictateur romain est ici représenté cuirassé, la tête couronnée de lauriers et faisant un geste de commandement, la main gauche appuyée sur un bouclier , et tenant de l’autre main le sceptre au-dessous de la ceinture. Il porte ses regards vers la droite. Son paludamentum est orné d’une broderie et fi-

STATUES MODERNES

bulé sur l’épaule droite; il couvre à peu près tout le bras gauche. Par la droite, il est ramené devant le corps de manière à couvrir le bas de la cuirasse. [Haut. 2m,4oo.]

2 644- — Énée portant Anchise, marbre, pl. 377.

Jardin des Tuileries.

Ce groupe et les deux statues suivantes sont des ouvrages de Lepautre (1).

Enée emporte Anchise affaibli et renversé. Le vieillard serre le palladium dans ses bras et donne la main droite au jeune Ascagne, qui marche derrière son père. Le support de ce groupe est un fragment d’entablement renversé.

Anchise a le bas du torse enveloppé d’une draperie. Énée, dont l’armure est riche de détails , porte sur l’épaule et le bras gauche une peau de lion , sur laquelle repose son père. Un bout descend sur la cuisse gauche , un autre bout se voit à gauche. [Haut. 2m,64o.]

2 645. — Atalante , marbre, pl. 384. Jardin des Tuileries.

Atalante est représentée courant. Elle a pour pendant un Hippomène, par Guillaume Coustou , donné sous le n° 265o.

Elle est vêtue d’une tunique de chasseresse retenue sur le buste par une écharpe. Un poignard est suspendu au côté gauche. [Haut. im,26o.]

2646. — Faune portant un chevreau, m. pl. 376. Tuileries.

Ce Faune porte un chevreau sur les épaules. 111e retient de la main gauche, qui saisit trois des pattes de l’animal. Il tient de la main droite, abaissée, un pédum, appuyé sur le bras. [ Haut. im,66o.

2647. — Chevaux de Marly , groupes, marbre, pl. 374.

Jardin des Tuilleries.

Ces deux groupes, aujourd’hui placés à l’entrée des Champs-Elysées, ont été faits pour remplacer, à Marly , les statues équestres de Mercure et de la Renommée données sous les nos 2627 et 2628.

Ils sont l’ouvrage des deux Guillaume Coustou , père et fds (2) , et ont été terminés en 1745. [Haut. 3“,20i.]

(1) Lepautre (Pierre) est né à Paris en i65g, et mort en 1744. Plusieurs de ses ouvrages embellissaient Marly. Il exécuta à Rome, en 1691, le groupe d’Énée et d’Ancbise. Il acheva en 1716 celui de Lucrèce, qui se poignarde en présence de Collatin. Le groupe de Lucrèce avait été commenccùRomc par Théodon.

(2) Coustou (Guillaume) le père , frère de Nicolas ( v. 2640), né en 1678, et mort en 1746.

Elève de Coyzevox , de même que son frère, il emporia aussi le grand prix, qui le lit aller à Rome. Il avait peut-être plus de talent que Nicolas , et son dessin est plus pur et plus sévère. Sa statue du Rhône,

2648, 2649. — Apollon, Daphné, m. pl. 383. Tuileries.

Ces deux statues de Guillaume Coustou le père ne font pas groupe, et ont été destinées, sans doute, à être placées à quelques distances l’une de l’autre, ainsi que le sont les statues d’Atalante et d’Hippomène, qui leur font pendant. Apollon et Daphné sont représentés courant. [Haut. im,33i.]

2 65o. — Hippomène, marbre, pl. 384- Jardin des Tuileries.

Cette statue est, comme les précédentes, de Guillaume Coustou.

Hippomène tient à chaque main une des pommes qui lui servirent à arrêter la course d’Atalante (voir 2645). Il est représenté au moment où il va en lancer une. [Haut. im,34o.]

2Ô5o A. — Louis XV, marbre , pl. 368 C. Musée du Louvre.

Cette statue et la suivante sont de Guillaume Coustou le jeune.

Louis XV est représenté revêtu d’une cuirasse de forme antique sans ornement et avec des costumes qui sont aussi dans le goût de l’antique. A ses pieds est un aigle tenant la foudre , et la plinthe représente des nuages. Il dirige ses regards à gauche, et de la main gauche présente le bâton de commandement. Il tient de la main droite le sceptre à fleurs de lis , dont le bout est renversé et appuyé à la hanche. Il est enveloppé du manteau royal, dont les bouts sont fixés sur la poitrine par des agrafes en pierreries. [ im,75o.]

265o B. — Marie Leczinska , marbre , pl. 368 C. Musée du Louvre.

La reine, femme de Louis XV, est aussi représentée debout en manteau

à l’hôtel de ville de Lyon, est une des plus belles productions de la sculpture moderne. Il fit pour Valenciennes la statue de Louis XV, en marbre, de neuf pieds de haut, et à Copenhague la statue équestre de Christiern IV. On voit encore de Guillaume Coustou, de beaux bas-reliefs à Versailles, entre autres le passage du Rhin, commencé par son frère , à Paris , ceux du fronton du château d’eau sur la place du Palais-Royal, qui offrent la Seine et la fontaine d’Arcueil, et celui des Invalides. Il fut collaborateur de son frère pour la descente de croix de Notre- Dame. Coustou eut pour principaux élèves Bouchardon , Claude Francin , de Stras-

bourg, et Jacques-François-Joseph Saly, né à Valenciennes en 1701 , de l’académie en

Coustou (Guillaume) le jeune, né en 1716, de l’académie en 17/12, recteur en 1770, mort en 1777.

A son retour de Rome , où il avait été comme pensionnaire, il aida son père à terminer les chevaux de Marly , et fit pour Bordeaux un beau saint François Xavier; un Mars et une Vénus, pour la Prusse; à Saint-Roch , à Paris, la statue de Saint- Roch; dans la cathédrale de Sens, le tombeau du Dauphin, père de Louis XVIII.

STATUES MODERNES

royal, et la plinthe figure des nuages. Un Amour lui offre la couronne et le sceptre. Un cygne est à ses pieds.

[Haut. im,g70.]

2 65 1 . — L’Amour adolescent , m. pl. 364. Musée du Louvre.

Cette statue est de Bouchardon (1).

L’Amour, se sentant en âge d’essayer ses forces, après s’être emparé des armes de Mars , qu’il foule aux pieds , et avoir enlevé à Hercule sa peau de lion , se fait un arc qu’il taille dans la massue de ce héros , qu’il a soumis à ses lois. Son sourire malin et l’expression de ses yeux annoncent tout le plaisir qu’il trouve à son double triomphe. Cette statue, faite pour Louis XV, fut d’abord placée à Versailles , ensuite à Choisy.

[Haut, r, 677 — 5 pi. 2 po.]

2 652. — Vénus au bain, m. de Carr. pl. 365. Mus. du Louvre.

Cette statue et la suivante sont d’Allegrain (2). Elles proviennent du château de Luciennes. *

La coifïure , formée de tresses ornées de perles , et retenue dans un réseau , peut faire croire que le sculpteur, qui, comme tous ceux de cette époque, était loin de suivre les idées des anciens , a voulu représenter une Vénus qui s’essuie au sortir du bain. Cette figure, dont la pose est maniérée et forcée, offre, dans le détail, des parties assez bien traitées, et qui ne manquent ni de vérité ni de grâce. [Haut. im, 722.]

2653. — Diane au bain, marbre, pl. 365. Musée du Louvre.

La déesse, entièrement nue, le corps penché en avant, paraît effrayée de

(1) Edme Bouchardon , né en 1698, à Chaumont en Bassigny , académicien en 17/14, mort en 1762. Après s’être livré à la peinture , il devint élève de Coustou le jeune.

Parmi les meilleures productions de ce sculpteur, on cite, en première ligne, la fontaine de la rue de Grenelle, aufaubourg Saint-Germain, commencée en 1739 : c’est son plus bel ouvrage; la statue équestre en bronze de Louis XV, autrefois sur la place de ce nom. Il y avait travaillé pendant douze ans, et le cheval, exécuté d'après un assez beau modèle espagnol, fourni par les écuries de l’École militaire, était bien étudié. La statue était portée sur un grand piédestal orné

de bas-reliefs en bronze , et , aux quatre coins, des figures de dix pieds de haut, représentaient la Justice, la Force, la Prudence et la Paix : grande et belle composition, et d’une richesse convenable à un monument de ce genre. Bouchardon a fait aussi des statues à Versailles , plusieurs pour l’église de Saint-Sulpice et une belle figure, pleine d’expression, pour le mausolée de la duchesse de Lauraguais.

(2) Allegrain, né Paris en 1710, académicien en 1751, mort en 1795, avait une bonne exécution; il eût eu du talent et aurait produit de bons ouvrages s’il fût né à une époque où les études eussent été plus sévères et le goût meilleur.

quelque bruit qui alarme sa pudeur. Le sculpteur a probablement choisi le moment où elle s’aperçoit que le téméraire Actéon a violé le mystère de sa retraite. L’attitude est un peu tourmentée , mais il y a des parties traitées avec souplesse et assez bien modelées. [Haut. im,65o.]

2654. — Bavard (1), marbre, pl. 36g. Musée du Louvre.

Cette statue et la suivante sont de Bridan le père (2).

Pour réprésenter le héros sans peur ni reproche, le sculpteur a choisi le moment où il arme chevalier François Ier, après la bataille de Marignan. Cette figure a de la dignité, et porte bien le caractère qui convient au sujet. Bridan a tiré aussi bon parti du costume. [Haut. im,g8i.]

2 655. — Vauban, marbre, pl. 371. Musée du Louvre.

Vauban est représenté pendant l’attaque d’une ville. Debout auprès d’un mortier sur lequel sont ses tablettes, il lient de la main gauche un plan de fortification déroulé, et de l’autre main, où est le bâton du commandement, il montre les ouvrages dont il ordonne l’attaque. Il est dans le costume de l’époque.

Cette statue, comme la précédente, est de Bridan le père.

[Haut. 2 mèt.]

2 656. — • Psyché abandonnée, mar. de Carr. pl. 367. Musée du Louvre.

La jeune amie de Cupidon, coupable de la plus indiscrète curiosité, prévoit avec anxiété tous les malheurs dont sa faute va l’accabler; ses regards dé-

(1) Douze statues en marbre avaient été faites pour orner, au Louvre, une belle salle consacrée à la mémoire des généraux français dont les exploits contribuèrent à la gloire quela Frances’est acquise sur terreet sur mer. Elles y occupaient les nos 887 à 898. Depuis, elles ont été transportées àV ersailles.

(2) Voici la notice sur ce sculpteur, d’après Feller.

Bridan (Charles- Antoine), né à Ruvièreen -Bourgogne , en juillet iy3o , mort à Paris, le 18 avril i8o5, fit paraître de bonne heure du goût pour le dessin et la sculpture, et obtint plusieurs médailles, jusqu’à ce que, enfin , il remporta le grand prix de sculpture en 1 753, à l’âge de vingt-

trois ans. II alla en Italie, à l’école ordinaire des grands artistes, et retourna, après trois ans d’étude, à Paris, où il présenta à l’académie de peinture son groupe du martyre de saint Barthélemy. II fut agrégé et reçu membre huit ans après, sur la présentation du même sujet exécuté en marbre. On voit dans l’église de Chartres un groupe de l’Assomption que Bridan exécuta en.

1776; aux Tuileries, Bayard et Vauban; au Luxembourg , sa statue de Vulcain ; et à l’hôpital Cochin , le buste du pieux fondateur de cet hospice, qui sont autant d’ouvrages de Bridan. Ce sculpteur fut choisi pour professer à l’académie, et il occupa cette place pendant trente-deux ans.

STATUES MODER N ES

sespérés suivent l’Amour qui vient de s’envoler, et qui la laisse seule à ses remords sur sa couche abandonnée. A ses pieds , on voit la lampe qui a dirigé ses pas, et dont une goutte d’huile a brûlé son amant, et le poignard destiné à frapper le monstre auquel ses sœurs lui avaient persuadé qu’elle devait être unie, et qui n’était que l’Amour lui-même. On pourrait reprocher à cette figure, d’un très-habile maître, de Pajou (1) , de n’être pas, pour une Psyché, l’idéal de la grâce et de la naïveté de la jeunesse, assez fine de forme ni assez simple de pose. Cette jolie statue, faite en 1795, était autrefois au Luxembourg. [Haut, im,77i = 5 pi. 5 po. 5 li. ]

2667. — Turenne, marbre, pl. 370. Musée du Louvre.

Turenne, le père et l’amour du soldat, le modèle des généraux et l’honneur de la France, est représenté l’épée à la main., et défendant la couronne dont il avait élevé la gloire. On trouve réunis dans ses traits la force d’âme, le courage et la bonté. Le costume, traité avec talent, est d’une main qui ne craint pas les difficultés et qui fait honneur au talent de Pajou. [Haut. im,ggo.]

2658. — Baigneuse, mar. de Carr. pl. 365. Mus. du Louvre.

Cette jeune et jolie nymphe, retenant de la main droite sa chèvre favorite.

(1) Elève de leMoyne, Augustin Pajou, néà Paris, en 1780, d’un compagnon sculpteur du faubourg Saint-Antoine, remporta à dix-huit ans le grand prix, qui le Ct aller à Rome. Il y employa douze ans à étudier l’antique et les grands modèles, et à oublier promptement les leçons de son premier maître , si peu en harmonie avec le bon goût. En s’attachant à deviner et à suivre les principes des anciens dans l’imitation de la nature bien choisie, il rendit un grand service à notre école de sculpture, dont il devint, pour ainsi dire, le restaurateur, et fut un des premiers à la faire entrer dans la bonne route, la seule où elle ne puisse pas s’égarer, et la seule propre à la conduire à de grands résultats. A son retour de Rome, Pajou fut membre et professeur de l’académie, où le fit recevoir uu beau groupe de Pluton tenant Cerbère enchaîné. Ce sculpteur a beaucoup travaillé : on a connu de lui plus de deux cents ouvrages, dont un grand nombre ont été détruits pendant la Révolution , et il s’est exercé sur toutes les matières propres à la sculpture : le marbre, la pierre, le bois; il a même fait des figures en carton et en

plomb. Persuadé qu’un sculpteur ne doit pas se borner à perfectionner son coup d’œil et sa main, et qu’il lui est indispensable d’orner son esprit, il se livra à l’étude et acquit une grande instruction. On peut le regarder comme un de nos bons sculpteurs, surtout en songeant aux préjugés et aux mauvais principes qu’il eut à combattre à l’époque où il se livra à son art. Pajou fut très-employé à la grande salle de spectacle de Versailles, au Palais-Bourbon et au Palais-Royal pour les frontons de la cour. Il était de l’Institut et de la Légion d’honneur, et mourut en 1809. II y eut encore des bustes de lui aux salons de 1798 et de 1802. Parmi ses meilleurs ouvrages, on cite les statues de Buffon (1775), de Descartes (1777), de Bossuet (1779), de Pascal (1785). On dut à Pajou, en 1781, la restauration et le raccord de la fontaine des Innocents , où les bas-reliefs qu’il ajouta dans les façades du sud-ouest ne sont pas déplacés à côté de ceux de Jean Goujon. Sa belle statue de Turenne, actuellement, à Versailles est donnée sous le numéro suivant.

a quitté ses vêtemens , et, assise sur un rocher que recouvre en partie son manteau, elle est sur le point de se baigner. Son air timide et incertain, le mouvement de la main gauche qui rapproche de son sein sa draperie, comme pour le dérober aux. regards, celui de la jambe gauche où il semble y avoir de l’hésitation à entrer dans l’eau, indiqueraient que cette nymphe entend du bruit, et qu’elle craint d’être surprise par quelque indiscret dans un lieu solitaire et écarté. Cette charmante statue, l’une des plus gracieuses figures de femme de la sculpture moderne, est peut-être le meilleur ouvrage de Julien (1),

(1) Pierre Julien, l’un des sculpteurs qui ont fait le plus d’honneur à l’école française, et que tous les pays eussent pu lui envier, naquit en 1781 à Saint-Paulin , près du Puy. Doué des plus grandes dispositions pour les arts et surtout pour la sculpture, il eut de la peine à trouver à les développer. A quatorze ans, il travaillait encore au Puy chez un sculpteur-doreur, nommé Samuel, où il ne s’exerçait guère que sur la sculpture d’ornement. U passa de là dans l’atelier de Pérache, sculpteur-architecte de mérite, dont on a donné le nom à un quartier de Lyon. Peu après, il devint à Paris élève de Guillaume Coustou. Julien ne se présenta pour disputer le graud prix qu’à l’âge de trente-quatre ans, en 1765-, il le remporta, et ce ne fut pourtant qu’en 1768 qu’il put profiter des avantages que cette distinction lui assurait, et qu’il partit pour Rome. Il employa tout son temps à méditer, à étudierles beaux modèles de l’antiquité et ceux des temps modernes. Depuis longtemps son goût pur, sa naïveté, les grâcesdesou talent lui avaient fait sentir et apprécier les qualités que lui offrait la sculpture antique, et il s’efforça d’en empreindre ses ouvrages et de faire entrer dans cette voie, la seule qui puisse mener à des succès durables, l’école française, qui s’en éloignait chaque jour. Il fit de belles copies de statues antiques du premier ordre pour son protecteur et son ami, le président Hocquart. A son retour à Paris, J ulien réunissait certai nement assez de titres pour se présenter avec confiance à l’académie et y être reçu agréé ; mais Coustou , qui le voulait retenir dans sa dépendance et se décharger sur lui d’une partie des grands travaux qui lui étaient confiés par la ville

de Sens, pour le mausolée du Dauphin et de la Dauphine, l’empêcha de se mettre sur les rangs pour l’académie. Julien avait déjà quarante-cinq ans, et aidait, depuis plusieurs années , Coustou dans ses principaux travaux, lorsqu’il lui permit d’entrer en lice pour être agréé. Son Ganymède versant le nectar enleva les suffrages des trois commissaires de l’Académie , et cependant elle lui refusa le sien. Désolé d’être ainsi repoussé, et ne voyant pas dans ce revers l’injustice et l’intrigue palpables pour tout autre que pour lui , Julien était décidé à borner son talent à la sculpture des figures des proues de navires. Il était sur le point de prendre ce parti , auquel avait été aussi forcé Puget, mais il en fut détourné par ses amis, le président Hocquart, le baron de Juyt de Lyon, Dejoux, Beauvais, sculpteurs de mérite , et M. Quatremère de Quincy, ami et condisciple de Julien. Ils rendirent le courage à cet habile artiste, et l’empêchèrent de reléguer dans un port de mer des talents qu’on méconnaissait et qui devaient un jour faire l’honneur de l’Académie. Julien s’y présenta de nouveau en

1778, avec le modèle d’un guerrier mourant; il fut reçu agréé à l’unanimité; et en

1779, cette belle statue, de style antique pur, exécutée en marbre avec une grande supériorité, lui ouvrit enfin les portes de de l’académie.

Quoique très-laborieux , Julien , d’une santé faible et mettant un soin scrupuleux à ses compositions et à leur exécution, n’a pas, dans sa longue carrière, produit un aussi grand nombre d’ouvrages qu’on eût pu l’espérer; mais tous lui ont fait beaucoup d’honneur. Sa statue du bon la Fontaine, dont le caractère avait tant de rapport

STATUES MODERNES

l’un de nos bons sculpteurs, qui a joui de beaucoup de célébrité. Elle était, ily a quelques années, au Luxembourg ; mais elle avait été faite pour la jolie laiterie en forme de rotonde du château de Rambouillet. Une eau vive coulait à ses pieds, et le gauche y touchait, ce qui en motivait le mouvement; de même que celui de la chèvre, qui semblait réellement vouloir s’y désaltérer. Les statues faites pour des places spéciales perdent beaucoup à n’y être plus.

[Haut. im,7io.]

2659. — Duquesne, marbre, pl. 369, Musée du Louvre.

Nous devons au ciseau de Monot (1) cette statue.

Le célèbre marin , émule et vainqueur de Ruy ter, et qui, sous Louis XIV , releva la marine française et lui acquit tant de gloire, est représenté au moment d’un combat. Il donne avec feu un commandement, et s’appuie sur un mortier, qui sert de support à la figure. Celle-ci a de l’action, du mouvement, et est aussi bien disposée quelle peut l’être sous un costume aussi ingrat pour la sculpture. [Haut. im,g38. ]

2660. — Catinat, marbre, pl. 371, Musée du Louvre.

Catinat est au moment de donner la bataille de Marsaille. Couvert d’une armure de chevalier, dans une attitude très-animée , il tient de la main droite son épée, et de la main gauche une carte déroulée qu’il examine, avec la plus grande attention. Le casque est sur la plinthe.

L’auteur de la statue est Dejoux (2). Le modèle parut au salon de 1781 , et le marbre à celui de 1783. [ Haut. 2m,ioo.]

avec le sien par sa simplicité, sa naïveté et l’ornement des collections qui les possa finesse , et la statue du Poussin , se dis- sèdent. Ce fut peu de temps après avoir tinguent parmi les meilleures de notre terminé la statue du Poussin, commencée école. Ce furent celles qui commencèrent depuis longtemps et souvent interrompue , la série des grands hommes de la France, que Julien fut enlevé aux arts, en i8o5, dont M. d’Angiviller, surintendant éclairé en laissant la réputation méritée d’un des bâtimens, et qui a si bien mérité des homme excellent et d’un de nos plus haarts , avait fait décider par Louis XVI qu’on biles statuaires. II avait été admis à l’Institut honorerait la mémoire par des statues : national dès sa création, beau projet qui, depuis cet habile adminis- (1) Monot, élève de Vosse, était membre trateur, a continué à recevoir son exécution, de l’ancienne académie royale de sculpture, Les beaux et nombreux bas-reliefs de la et premier sculpteur du comte d’Artois, laiterie de Rambouillet durent occuper II exposa au salon de 1773 un groupe longtempsJulien.il yen avait deux, cha- en marbre, représentant Vénus enlevant cun de quinze pieds de long, et dont les à l’Amour son arc; en 1785, un jeune figures avaient deux pieds et demi de pro- Amour lançant ses traits, modèle en plâtre portion. Cinq autres étaient plus petits. Ces qui a dû être exécuté pour le comte de Metélégantes compositions offraient l’histoire ternich; et au salon de 1791 , il y eut, du d’Apollon chez Admète, et celle de la même sculpteur, une Jardinière grecque chèvre Amalthée. On lui dut encore d’au- en marbre.

très ouvrages moins connus, et qui font (2) Voy.surce sculpteurt. I, p. 532,727.

2661. — Duguesclin, marbre , pl. 869. Musée du Louvre.

Armé de pied en cap, la visière haute et découverte, la rudesse de ses traits l’effroi des ennemis , dédaignant de couvrir de brassarts ses bras vigoureux, le brave Breton saisit sa redoutable épée , et marche à une attaque. Il montre aux siens l’endroit qu’il faut assaillir, et qu’ils enlèveront en suivant au combat ce bon connétable, aussi généreux, aussi modeste que vaillant, qui vendait ses biens pour solder les troupes de son prince, et qui, fait prisonnier, se fiait au rouet des femmes bretonnes pour payer sa rançon. Partageant à Saint- Denis, avec nos rois, les honneurs de leurs tombes, auprès de Charles V dont il raffermit la couronne, il reçoit ici un nouvel hommage.

Celle statue, parFoucou (1), a beaucoup de mouvement et de caractère, et le sculpteur, en couvrant d’une casaque l’armure de Duguesclin , ne s’est pas éloigné du costume, et s’est ménagé de belles parties dedraperie. [Haut. 2m,i 5g.]

2662. — Luxembourg, marbre, pl. 370. Musée du Louvre.

Par la noblesse et la simplicité que le sculpteur a su donner à la pose du vainqueur de Fleurus, de Steinkerque et de Nerwinde, il a sauvé en partie ce qu’une armure, qui cache tout le corps, et de grandes bottes molles ont de peu favorable à la sculpture. Le maréchal s’appuie sur son bâton de commande ment; le canon et l’étendard sont des emblèmes de ses victoires.

Cette statue est de Mouchy (2). [Haut. 2m,io3.]

2 663. — L’Amour, mar. de Carr. pl. 368. Mus. du Louvre.

Dans l’âge de la première adolescence, l’Amour est en repos; mais il prépare ses armes : à ses pieds, son carquois est suspendu à un tronc d’arbre, et le jeune dieu, appuyant son arc sur sa cuisse droite, y ajuste une corde dont il semble essayer la force (3). [Haut. i”',25o = 3 pi. 10 po. 2 li. ]

(1) Voy. sur ce sculpteur, t. I, p. 5o8, 612, 619, 622.

(2) Parmi les ouvrages de Mouchy, élève de Pigale , on cite un Berger se reposant , qui fut son morceau de réception â l’académie en 1768, et son Sully, qu’il exposa en 1777. On vit de lui, au salon de 1789, un Hippocrate qui est au Luxembourg, et le duc de Montausier. Toutes ces statues sont en marbre.

(3) Cette statue est de Lemire. Charles- Gabriel Sauvage , dit Lemire , né à Lunéville en 1741 , mort le 1 2 janvier 1827 , a été un de nos sculpteurs de mérite. U

était fils d’un habile fondeur , qui exécuta à Nancy et à Lunéville des statues, entre autres celle de Louis XV, et de beaux ouvrages pour le roi Stanislas. Ayant perdu à quatorze ans son père, Lemire, sans aucune fortune, étant obligé de faire vivre sa famille, ne put donner à ses études toute l’étendue et la solidité qu’il aurait désirées. Longtemps il travailla pour des manufactures de faïence; et dans les statuettes et les monumens qu’il produisit, il montra assez de goût pour être employé dans la belle fabrique de porcelaine d’Hill et ensuite à la manufacture de Sèvres.

STATUES MODERNES

2664. — Diane, bronze, pl. 365. Musée du Louvre.

Cette statue et la suivante sont d’Houdon (1).

En nous offrant ainsi la déesse de la chasse entièrement nue, parcourant les forêts l’arc et la flèche à la main, l’habile statuaire auquel nous devons cette jolie statue, s’est écarté des idées des sculpteurs anciens, qui ne représentaient sans vêtemens la chaste déesse, que lorsque, pour se rafraîchir après ses courses à travers les montagnes, elle prenait le plaisir du bain au milieu de ses nymphes. Mais ce manque de convenance ne nuit pas au mérite réel de cette statue, remarquable par l’élégance et la légèreté de ses formes. La tête a passé pour être le portrait d’une des beautés de la cour de Louis XV. On a vu pendant longtemps cette Diane dans le jardin de la Bibliothèque

nationale. [Haut. 2m,o5i 6 pi. 3 p<

L’on cite encore les jolis modèles qu’elle lui doit. Ce fut là que le connut Denon , à qui les arts et le musée du Louvre ont tant d’obligations, et qui l’engagea à se livrer à la sculpture sur de plus grandes proportions. Il avait toujours étudié les bons maîtres; on le vit bien dans ses ouvrages, quoiqu’il eût déjà soixante ans. Plusieurs bonnes productions assurèrent sa réputation , entre autres une statue de Berger au salon de 1808; notre Amour, en 1810; en 1812, un Génie de la musique et un jeune Berger se disposant à chanter; en 1819, un Enfant sur le point d’attraper un jeune canard.

( 1 ) Houdon naquit à V ersailles en 1741. Entraîné par son goût pour le dessin et surtout pour la sculpture, il fréquenta dans sa jeunesse, sans appartenir à aucun atelier, l’école publique de sculpture, et il étudiait avec soin les beaux ouvrages des Coyzevox , des Coustou , des Van Clève , des Lepautre, qui servaient alors de modèles, plutôt que les chefs-d’œuvre de l’antiquité, au goût desquels on n’était pas encore revenu. Il eut aussi recours aux conseils de Pigale; mais, malgré la réputation dont il jouissait alors, ce n’était pas celui qui pouvait donner la meilleure direction à son talent. En 1760, le grand prix que remporta Houdon le fit aller à Rome, où il passa dix ans , qu’il employa avec assiduité à ses études. La statue de saint Bruno , en marbre , de neuf pieds

9li]

de proportion, qu’il y fit pour les Chartreux, est certainement son plus bel ouvrage, et mérite, par la simplicité de sa conception et par sa savante exécution, d’être mise au rang des meilleures productions de la sculpture moderne, et elle n’eût pas été désavouée par les anciens. A son retour à Paris, une statue de Morpliée fit agréer et ensuite recevoir Houdon à l’Académie. On eut aussi de lui la figure connue sous le nom de de l’Ecorcbé , qui sert aux études de l’anatomie. Sa réputation s’accroissant tous les jours, il fut engagé à aller à Philadelphie , où il fit le portrait en buste de Washington , dont il exécuta la statue en marbre à Paris. Ce sculpteur avait un grand talent pour le portrait, aussi lui doit-on un grand nombre de bustes traités avec esprit et avec vérité, parmi lesquels on cite ceux de Franklin, de Buffon, de Voltaire, de dAlembert, du prince Henri de Prusse, de Gluck, de Mirabeau, de Fulton. Sa statue de Voltaire, mieux conçue que celle qu’avait faite Pigale , se voit à la Comédie française. M. Creuzé Delessert possède deux jolies statues d’Houdon : l’une , connue sous le nom de la Frileuse, représente l’Hiver. Houdon avait été chargé d’orner de basreliefs en bronze la colonne colossale de Boulogne-sur-Mer; il en exécuta plusieurs, qui n’ont pas été employés. Ce statuaire de mérite est mort le 16 juillet 1828.

2665. — Tourville, marbre , pl. 371. Musée du Louvre.

Cet amiral , le digne successeur de Duquesne, est aussi représenté au milieu d’une action. Si , dans cette statue d’une brillante exécution , le sculpteur Houdon a été obligé d * se soumettre aux inconvéniens de ce costume si peu propre à la sculpture, du moins pour l’ensemble de la figure et le développement des formes, il s’en est dédommagé, en partie, en rendant les détails avec soin et talent.

Cette statue fut exposée au salon de 1781. [Haut. 2m, 1 10.]

2666. — Cafarelli du Falga, marbre de Carrare, pl. 372. Musée du Louvre.

Cette statue est du sculpteur Masson (1).

Entièrement enveloppé de son manteau , ce général semble méditer sur une de ces grandes opérations militaires dans lesquelles il déploya tant d’habileté. Celte large draperie est d’un bel effet.

[Haut. im,893.]

2667. — Homère, marbre, pl. 568. Musée du Louvre.

Cette statue et la suivante sont de Roland (2).

Homère est représenté chantant ses poèmes en s’accompagnant de la lyre. A ses pieds sont les couronnes que ses chants lui ont méritées. 11 errait de contrée en contrée ; auprès de lui est le bâton du voyageur.

Cette belle ligure, bien pensée et d’un dessin correct, a paru en modèle au salon de 1802, et en marbre à celui de 1812.

. [Haut. ira,979-]

2668. — Condé, marbre, pl. 370. Musée du Louvre.

Condé est représenté jetant son bâton de commandement au milieu des terribles abatis des lignes de Fribourg, et s’élançant le premier à la tête de ses troupes, il enlève les retranchemens et remporte une victoire qui assure la conquête du Brisgau , et aux lauriers de laquelle il joignit depuis ceux qu’il cueillit à Nordlingue, à Lens. [Haut. 2m,o85.]

2669. — Custine , marbre, pl. 372. Mus. du Louvre.

Cette statue est de Jean Guillaume Moitte (3).

Custine, d’un caractère vif et prononcé, sut, dans des temps difficiles, pré-

(1) Voy. sur ce sculpteur, t. I, p. 61 1. (3) Voy. sur ce sculpteur, 1. 1, p. 4 43.

[2) Voy. sur ce sculpteur, t. I, p. 444.

STATUES MODERNES

server son armée du désordre et y maintenir une discipline sévère, qui ne contribua pas moins à ses succès que la valeur de ses troupes.

[Haut. im, 974—6 p. u p.]

2670. — L’Amour et Psyché, marbre de Carrare, pi. 366. Musée du Louvre.

Ce groupe et le suivant sont l’œuvre du célèbre Canova (1).

(1) Antoine Canova, l’un de ces hommes rares qui ne paraissent que de loin en loin, est né en 1 757 , à Possagno, petite ville du pays vénitien. Son talent pour la sculpture se développa de bonne heure, et il fut confié par le comte Juliani et le sénateur Falieri à deux sculpteurs de Venise, Ferrari et Torretti, qui lui laissèrent leur atelier. Quelques années après, et en 1779, le sénat de Venise l’envoya à Rome avec une pension. Canova n’a guère quitté cette capitale des arts que pour quelques voyages à Paris et en Allemagne. Il est mort le 1 3 octobre 1822.

La vie de ce sculpteur, si remplie par scs travaux, a donné lieu à des biographies très-étendue. L’ouvrage de M. Quatremère de Quincy peut remplacer tous les autres et offrir une lecture aussi agréable que savante. Cet ouvrage avait été destiné à servir de texte aux grandes et belles planches que Canova avait fait graver de la plupart de ses œuvres.

M. Misserini, auteur d’une vie de Canova en italien, compte de lui 33 statues, 12 groupes, lé cénotaphes ou grands monumens, 7 colosses, 2 groupes colossaux, 54 bustes, dont 6 colossaux, et les modèles de 26 bas-reliefs , dont un seul a été exécuté en marbre.

Nous indiquerons, parmi les sujets religieux, le mausolée du pape Clément XIV dans l’église des Saints- Apôtres (ann. 1787 et suivantes), celui de Clément XIII à Saint-Pierre (ann. 1792 et suivantes), celui de l'archiduchesse Marie-Christine à Vienne (i8o5 et suivantes), tous monumens qui offrent des statues de grandes proportions; une descente de croix composée de plusieurs figures ( 1822); une statue colos-

sale représentant la Religiou ( 1 8 1 5 ) ; trois statues offrant Madeleine pénitente, l’une (1796) pour le prélat Priuli, laquelle a appartenu à M. Sommariva et depuis à M. Aguado-, l’autre pour le prince de Bavière (1808); la troisième, couchée, pour le comle de Liverpool (1819).

Parmi les sujets d’histoire moderne, une statue colossale de Napoléon (1811); celles de plusieurs membres de la famille impériale, une statue assise de Washington (1818).

Statues offrant des sujets mythologiques.

Les premièresont été exécutées à Venise:

uneEurydice, en pierre(i773); un Orphée, en pierre (1776), et un autre en marbre de Carrare, aujourd'hui à Vienne (1777); un Esculape, en marbre (1778) ; un groupe de Dédale et Icare, en marbre, au palais Pisani à Venise (1779).

A Rome : Persée, tenant la tête de Méduse (1800), aujourd’hui au Vatican, et une répétition pour Mme Tarnoska en Pologne; une Vénus pour remplacer celle de Médicis à Florence (i8o5); 2 répétitions de cette statue pour le prince de Bavière et pour lord Lansdowne à Londres; un Amour appartenant à lord Cowdor (1789); une Psyché pour la collection Bluudell à Ince (1789); une autre au comte Julian, aujourd’hui à la reine de Bavière (1793); une Psyché tenant un papillon, pour la comtesse Albrizi à Venise (1796); un Amour et Psyché, pour la princesse Joussoupoff; un autre groupe pour la Malmaison, aujourd’hui à Saint-Pétersbourg (1800); un groupe de Vénus et Adonis pour le marquis Bério à Naples, aujourd’hui à Genève(i795); ungroupe de Vénus etMars ou

DU LOUVRE ET DES TUILERIES ÔÔQ

Psyché, parée des grâces naïves de la première jeunesse, la tête légèrement penchée, pose avec précaution, de ses doigts délicats, un papillon, son emblème ou celui de l’àme, sur la main gauche de l’Amour, qui, le bras droit passé autour du corps de sa jeune amie, appuie légèrement la tête sur l’épaule de Psyché, et regarde avec un plaisir mêlé d’attendrissement l’insecte brillant qu’elle lui confie et que bientôt il se fera un jeu de tourmenter.

Rien de plus gracieux , de plus innocent et de plus simple que la pose de ces deux jolies figures : elles se font valoir l’une l’autre; leurs contours charmans s’unissent sans se confondre, et, de tous côtés, ce groupe offre les formes les plus coulantes, les plus moelleuses, et un heureux concours de lignes.

[Haut. ira,45i.]

2671. — L’Amour et Psyché, marbre de Carrare, pl. 366.

Musée du Louvre.

Psyché, abandonnée, persécutée, s’est jetée, les cheveux épars, sur un rocher : dans son désespoir, elle invoque la mort , qu’éloigne d’elle la cruelle Vénus , qui veut prolonger sa vengeance et les souffrances de sa victime ; auprès d’elle est le vase dans lequel on l’avait condamnée à aller puiser de l’eau du Styx. L’Amour l’aperçoit ; la beauté , la douleur de celle qu’il a abandonnée , raniment son ardeur; il dirige son vol vers elle, et, la soutenant au moment où elle se précipitait dans un abîme, il la serre entre ses bras, la relève en lui prodiguant mille caresses, et les deux jeunes amans vont oublier toutes leurs peines.

Avant d’êtré placé au musée , ce groupe , qui date de 1 793 , faisait l’ornement du château de Compiègne. Canova en a fait, en 1796, une répétition pour le prince russe Youssoupoff, selon Misserini, Delhi vila di Canova, etc. p. 5o2. [Haut. im,5oo. — Long. im,55o.]

2671 A. — Le Berger Phorbas, marbre, pl. 368 B. Musée du Louvre.

Le modèle de ce groupe a figuré au

la Paix et la Guerre ( 1816) ; une Vénus à M. Hope à Londres (1818); un groupe des troisGrâcespourla Malmaison, aujourd’hui à Saint-Pétersbourg ( 1 8 1 4 ) , et une répétition avec des variétés au duc de Bedfort; un Endymion au duc de Dévonshire (1819, 1822), une Hébé à lord Cowdor (18 î/i), une répétition variantes, pour la comtesse Guicciardini de Florence. Le groupe d’Hercule et Lychas (1802), Thésée terrassant un Centaure ( i8o5 et 1809), un Hector (1808), un Ajax ( 1 8 1 1 ) , un Paris à la Malmaison (1807), et un autre pour

salon de l’an ix et mérita à son auteur

le prince de Bavière ( 1807); deux Terpsichores à MM. Clarcke et de Sommariva ( 1808) ; groupe d’une Nymphe couchée et d’un Amour à lord Cowdor. Groupe d’une Nayade et d’un Amour au prince régent d’Angleterre; les pugiles Greugas et Damoxène (1800); une Danseuse pour la Malmaison , aujourd’hui à Saint-Pétersbourg ( 1807) ; une répétition avec variétés pour M. Clarcke (1819); un petit Apollon à M. Sommariva (1797); deux autres Danseuses pour le prince Razoumowsky et M. Manzoni, à Forli.

STATUES MODERNES

3/lO

un prix d’encouragement. Le groupe en marbré n’était pas achevé à la mort de Chaudet (i), en 1810. Le grand référendaire de la chambre des pairs en lit l’acquisition pour le musée du Luxembourg, et le fit terminer sous la direction de Cartelier.

11 est au musée du Louvre depuis i85o.

L’artiste a choisi le moment où le berger Phorhas, après avoir détaché l’enfant de l’arbre s’empresse de le secourir. Debout, coiffé d’un chapeau rustique, et son manteau jeté sur l’épaule gauche, il soutient sur son bras et sur son genou l’enfant à demi mort, et essaye de ranimer ses forces en lui donnant à boire dans une coupe grossière : en même temps, le chien du berger lèche les pieds de l’enfant. [Haut. im,86o.]

2671 B. — L’Amour, marbre, pl. 368 C. Mus. du Louvre!

L’Amour tient un papillon , emblème de l’àme , et lui présente une rose.

Un genou en terre, il tient d’une main la rose; ilia présente au papillon posé; l’éclat des couleurs et l’amorce du parfum attirent l’insecte, qui s’approche sans défiance (2).

Cette statue est de Chaudet, comme la précédente: elle a été terminée sous la direction de M. Cartelier. [Haut. 4 pi.]

2672.' — Dugommier, m. de Carr. pl. 372. Mus. du Louvre.

En conservant du costume de ce général tout ce qu’il faut pour le faire reconnaître, Chaudet, à qui l’on doit cette statue, a su le traiter d’un manière propre à la sculpture. La tête porte le caractère de la réflexion , et les mains sont très-belles et bien étudiées. [Haut. 2"’, 047.]

2672 A. — La Paix, argent , pl. 3g4- Palais des Tuileries.

Cette statue, de Chaudet, est aux Tuileries depuis 1807. La salle où elle est placée en prit le nom de Salle de la Paix , sous l’empire et la restauration.

La figure est assise, tenant à la main droite une branche de laurier, de l’autre main un papyrus en partie déroulé, soutenant de l’avant-bras une corne

d’abondance ; sur la tête , une couronne

[Haut. im,67o].

(1) Voy. sur ce sculpteur, t. I, p. 44 5.

(2) Cette allégorie est continuée sur la plinthe par des bas-reliefs offrant des Amours jouant avec des papillons.

(3) Le sénatus consulte du 1 4 thermidor anxportant proclamation du premier consul à vie, ordonnait l’érection de cette statue. «Une statue de la Paix, tenant d’unemainle « laurier de la victoire, et de l’autre le dé- « cret du sénat, attestera à la postérité la re-

d’épis (3).

«connaissance de la nation (article 2).» Chaudet, chargé de l’exécution du modèle au mois de brumaire an xi, l’avait terminé au mois de ventôse suivant.

La fonte en argent fut confiée à M.Cheret, orfèvre, à la suite d’un décret du 10 mars 1806, dont une disposition portait que la statue devait être terminée en 6 mois à partir du décret.

2672 B. — L’Hospital, marbre, pl. 3q4- Palais des Tuileries.

Celte statue est de Gois le père (1).

Michel de l’Hospital est en costume de chancelier. L’altitude est celle de la méditation.

Cette statue occupe, avec la suivante , le fond de la salle de la Paix.

[Haut. im,85o = 5 pi. 8 po. 4 li. ]

2672 C. — D’Aguesseau, marbre, pl. 3 9 A- Pal. des Tuileries.

Celte statue est l’œuvre du sculpteur Berruer, nommé membre de l’académie en 1770.

Le chancelier d’Aguesseau est représenté en grand costume et dans une pose oratoire. [Haut. im,85o m 5 pi. 8 po. 4 li-]

2673. — Narcisse, marbre, pl. 368. Mus. du Louvre.

Celte statue est de Caldelari (2).

Narcisse, épris des charmes de sa figure, est représenté au moment où il contemple avec ravissement ses traits dans les eaux pures d’une fontaine, et bientôt, consumé par sa passion pour lui-même, il en mourra la victime.

[Haut. im, 190 = 3 pi. 8 po.]

2674. — L’Innocence, m. de Carr. pl. 367. Mus. du Louvre.

Cette statue et la suivante sont de Callamard (3).

L’Innocence est représentée sous la figure d’une jeune fille assise sur un rocher, couronnée de fleurs, nue jusqu’à la ceinture, et le reste du corps recouvert en partie d’une draperie, dans laquelle, avec un regard plein de candeur, elle enveloppe un serpent qu’elle réchauffe contre son sein; elle paraît triste de le voir engourdi et souffrant. La partie drapée de cette jolie figure est moins bien que celle qui est nue : on pourrait reprocher à la draperie de n’être pas assez étudiée, et d’être lourde d’exécution, ce qui se remarque surtout aux plis formés sur la jambe gauche, qu’ils font paraître cassée. Les pieds et les mains sont pleins de grâce et de délicatesse.

Cette statue a figuré au salon de 1810. [Haut. in',45i.]

(1) Gois le père (Étienne-Pierre Adrien) de l’Institut; un saint Vincent, dans le est né à Paris en 1780. Il remporta le prix choeur de l’église de Saint-Germain-l’Auxéde sculpture à l’âge de 27 ans (1757), et rois; un beau buste de Louis XV. Il moufut envoyé à Rome. Il fut nommé agréé en rut en 1823.

1767, académicien en 1771. On a de lui, (2) Voy. sur ce sculpteur, 1. 1, p. l\ i5.

outre la présente statue, celle du président (3) Voy. sur ce sculpteur, t. I, p. 4 1 5.

Molé, qui est dans une des salles du palais

STATUES MODERNES

2675. — Hyacinthe, marbre, pl. 367. Musée du Louvre.

Blessé d’un coup de palet à la tête par Apollon, ou plutôt par Borée, qui, jaloux de l’amitié que ce dieu et Hyacinthe avaient l’un pour l’autre, détourna avec impétuosité contre le jeune homme le disque qu’ Apollon avait lancé, Hiacinthe est au point où les forces s’échappent avec la vie; il va tomber.

L’attitude de cette jolie figure a de l’abandon, et les. formes en sont gracieuses et élégantes.

Cette statue a fait partie du salon de i8i4- [Haut. im,2QO.]

2676. — Aristée, marbre , pl. 385. Musée du Louvre.

Cette statue et les trois suivantes sont de M. Bosio (i).

Aristée est représenté nu, debout, s’appuyant du bras gauche à un tronc d’arbre que recouvre en partie une peau d’agneau. Il tient dans l’autre main, abaissée, un long pédum qui descend jusqu’à la plinthe.

Le modèle a figuré au salon de 1812, avec la notice suivante : « Aristée après «ila mort d’Actéon, se retira en Sardaigne, où il enseigna les premières lois de <« la civilisation ; puis en Sicile , où il répandit les mêmes bienfaits. Depuis , les « Grecs et les barbares l’honorèrent comme une des premières divinités cliam- « pêtres. »

L’habile sculpteur auquel on doit cette statue, traitée dans le style et le goût de l’antique, lui a donné la pose simple, naturelle, et l’expression aimable qui convenaient àun héros bienlàisant que sa douceur et les progrès queluidutl’agriculture avaient fait placer au premier rang des divinités champêtres. Son corps , de proportions vigoureuses, est encore à la force de l’âge. L’air de mélancolie répandue sur les traits de ce dieu des troupeaux et des abeilles, rappelle la tristesse qu’il éprouva, et qu’a si bien chantée Virgile, lorsque les nymphes firent mourir ses essaims pour venger la mort d’Eurydice, piquée par un serpent, tandis qu’elle fuyait les poursuites d’ Aristée.

La statue en marbre a figuré au salon de 18x7, sous le titre d’ Aristée, dieu des jardins, et avec l’indication qu’elle avait été commandée par le ministère de la maison du roi. [Haut. 2m.]

2677. — Hercule et Achéloüs, bronze, pi. 385.

Jardin des Tuileries.

A propos d’un groupe antique que l’on considère comme le combat d’Her cule et d’ Achéloüs (voy. n° 1 gg4 A) , nous avons rapporté ce qu’on trouve dans les auteurs anciens sur ce mythe. On y a vu que, dans le cours de la lutte, Achéloüs prit, entre autres formes, celle d’un dragon. C’est sous celte forme cju’Achéloüs est représenté dans ce groupe.

(1) Voy. sur ce sculpteur t. I, p. (124.

Cetle œuvre a fait partie du salon de 182/1. Le modèle avait figuré à celui de i8i4- [Haut. 2m,6oo.]

2677 A. — Henri IV enfant, marbre, pl. 393. Mus. du Louvre.

Henri IV est représenté dans le costume de son époque, ayant la main gauche sur son épée.

Cette statue est en marbre de Saint-Béat. Il en a été fait une répétition, du même marbre, pour la ville de Pau, et une en argent, qui est au musée du Louvre. [Haut. im, 180.]

2677 B- — Hyacinthe, marbre, pl. 368 A. Mus. du Louvre.

Le favori d’Apollon est représenté à demi couché, appuyé sur son palet, et semble regarder jouer en attendant, son tour.

Cette statue a figuré au salon de 1817. Elle a fait partie du musée du Luxembourg. [Long. im,299.]

2677 C. — La nymphe Salmagis , m. pl. 368 C. Mus. duLouv.

Celte statue a figuré au salon de 1887, avec la notice suivante :

« Elle était la seule de toutes les nayades que Diane ne connût point. Ses «sœurs lui disaient souvent : Salmacis, armez-vous d’un javelot, prenez un car- «quois, partagez votre temps entre l’exercice de la chasse et le repos. Leurs dis- « cours étaient inutiles. Une indolente oisiveté faisait toutes ses délices; elle «n’avait d’autre plaisir que de se baigner, de prendre soin de ses cheveux, et « de consulter dans le cristal de fonde quels ajustemens lui siéraient le mieux. » ( Métam. d’Ov.)

Conformément à celte description du poète, la nymphe, à demi drapée, est assise dans une altitude nonchalante, s’appuyant de la main gauche à la plinthe.

Cetle statue a fait partie du musée du Luxembourg.

[Haut. om,8oo.]

2678. — Le général Leclerc, mar. pl. 386. Mus. du Louvre.

Cette statue et les deux suivantes sont de Charles Dupaty (1). Celle-ci, commandée par le gouvernement, a figuré, en marbre, au salon de 1812.

(r) Charles Dupaty , fils aîné du président à mortier au parlement de Bordeaux, naquit en 1771. Ses premières et ses principales études le destinaient à la magistrature; les arts n’étaient dans son éducation qu’un accessoire et un plaisir; ils devinrent une passion. Il avait été reçu

avocat; mais, dès le commencement de nos troubles, ayant été ruiné par les désastres de Saint-Domingue, il quitta le barreau pour entrer, à vingt ans, dans la carrière des arts. Lemol devina ses dispositions pour la sculpture: c’était sa vocation; il l’encouragea. Dupaty, aidé de sesconseils,

STATUES MODERNES

3 Ml

Debout près d’un pilastre à gauche , le général tient dans cette main un papyrus et dans la main droite le parazonium. L’avant-bras gauche est un peu appuyé au pilastre et la jambe gauche est croisée sur la droite.

La draperie repose, d’un bout sur le pilastre, se déploie ensuite derrière le corps, monte sur le haut du bras droit, d’où elle retombe. [Haut. am.]

2679. — Cadmus, marbre, pl. 386. Jardin des Tuileries.

Ce groupe représente le moment où le fds d’Agénor combat l’énorme serpent auquel était confiée la garde de la fontaine de Dircé. On sait que le héros phénicien vainquit le monstre qui avait dévoré plusieurs de ses compagnons, et qu’ayant semé ses dents il en naquit des soldats auxquels on donna le nom de Spartes (semés) et qui aidèrent Cadmus à bâtir, en Béotie , la ville de Thèbes , dont il devint le roi.

Le serpent de la fontaine de Dircé se dresse devant Cadmus presque à la hauteur dé la tête. Le héros phénicien lui oppose le bras gauche, recouvert de la peau d’un lion, et va le frapper d’un javelot. [Haut. 2m.]

2679 A. — Biblis changée en fontaine, marbre, pl. 393. Musée du Louvre.

D’après la fable, Biblis, nommée aussi Milétis, était fdle de la nymphe

travailla sans relâche; trois ans d’études lui firent remporter le grand prix de sculpture, dont le sujet était Périclès visitant Anaxagore; mais ce ne fut qu’en i8o3 que l’école française se rouvrit à Rome et qu’il put y aller. Les huit ans qu’il y séjourna, développèrent ses talens; et il les passa dans l’étude et l’admiration la mieux sentie des chefs-d’œuvre de l’antiquité. La vue de ces belles productions de la sculpture l’avait rendu très-difficile pour ses propres ouvrages; il n’en était jamais satisfait , et parmi plusieurs statues qu’il refit plusieurs fois, on cite son Philoctète, sa Biblismourante, sa VénusGénitrixetVénus devant Paris. De retour à Paris en 1811, Dupaty fit paraître, en 181 2 , le modèle de son Ajax bravant les dieux, qu’il produisit en marbre en 1817. C’est peut-être son meilleur ouvrage. Ce statuaire mettait souvent trop de recherche d’esprit dans ses compositions; mais les études sévères qu’il avait faites à Rome fortifièrent le <;oût naturel qu’il avait pour la pureté et la no-

blesse des formes, et l’on trouve dans son Ajax la vivacité et l’énergie du mouvement et de l’expression réunies à la science et au beau caractère du dessin. Ajax foudroyé et Oreste poursuivi par les Euménides, parurent aux salons de 1817 et 1819, et n’ont pas été exécutés en marbre. On peut reprocher à l’Oreste , de même qu’au Cadmus, une disposition qui conviendrait mieux à un bas-relief qu’à une composition de ronde-bosse, des divisions trop petites qui ôtent de la grandeur à l’ensemble; mais l’exécution en est très-soignée. La Vénus devant Pâris, que l’on voit au musée du Luxembourg, fait honneur à son auteur, et il s’est bien inspiré des idées des anciens. Sa sainte Vierge, de Saint-Germain-des-Prés , laisse plus à désirer. Dupaty a laissé les modèles de deux grandes statues, la Religion et la Ville de Paris, et celui de la statue équestre de Louis XIII , qui a été exécutée en marbre pour la place des Vosges, par M. Corlot. Il a été reçu à l’Institut en 1812, et est mort le 12 novembre 1825.

Cyanée. N’ayant pu toucher le cœur de son frère Caunus, quelle aimait, elle pleura tant qu’elle fut changée en fontaine. Biblis est ici représentée couchée , à demi drapée , les cheveux épars et portant la main droite au sein , le bras gauche étendu le long du corps. [Long. im,64o.]

2680. — Psyché, marbre, pl. 368. Mus. du Louvre.

Debout, près de l’autel sur lequel vainement elle a fait fumer l’encens pour apaiser la jalouse déesse qui la poursuit, dans l’attitude de la réflexion et de l’abattement, la tête penchée, n’ayant plus la force de lever les bras, qui tombent le long du corps , la timide Psyché , sans autre vêtement que la draperie légère qui enveloppe son bras droit, est sur 3e point d’aller retrouver l’objet inconnu de son amour. Agitée de mille pensées, elle semble hésiter et près de laisser échapper la lampe fatale qu’elle lient à la main gauche, et qui doit servir sa curiosité et causer tous ses malheurs. Cette statue, qui parut au salon de 1810, est de Milhomme (1). [Haut. tm,i8o = 3 pi. 7 po. 7 li. ]

2681. — Prométrée, marbre, pl. 388. Jardin des Tuileries.

Le sculpteur a représenté la délivrance de Prométhée. Le vautour, percé par une flèche d’Hercule, est tombé aux pieds du Titan.

Cette statue est l’œuvre de M. Pradier, ainsi que le Phidias donné sous le n° 2687 (2). [Haut. im,52o.]

2682. — Spartacus, marbre, pl. 387. Jardin des Tuileries.

Celte statue, commandée à M. Foyatier pour le jardin des Tuileries, y a

(1) Grand prix en 1801, mort jeune, vers 1822, Milhomme avait déjà produit plusieurs ouvrages, entre autres une statue du général Hoche, exposée aux salons de 1812 et de 18 là, celle de Colbert, destinée au pont de Louis XVI , et une statue colossale de l’Abondance, placée au marché Saint-Germain. On a cité avec éloges plusieurs de ses bustes : Léonard de Vinci, Henri IV, Pie VII, le général Miollis, et d’autres.

(2) Voy. t. I , p. 623, une notice de ce sculpteur et ses ouvrages, que nous allons donner d’une manière plus étendue, d'après les livrets des salons où ils ont figurés.

1812, grand prix; 1 8 1 9, une Nymphe, Centaure et Bacchante, Niobide; 182 2, Psyché; 1824, Prométhée, pour le jardin des Tuileries; 1827, Vénus; 1829, les trois

Grâces; 1 83 1 , Cyparisse et son cerf, une jeune Chasseresse; i833, Satyre et Bacchante; i834, petite statue en plâtre; 1 835, Vénus et l’Amour, en marbre; i836, Odalisque, en marbre; i84i, Cassandre ; i843, Pliry né, marbre; 1 845, le duc d’Orléans, statue en marbre; i846, la Poésie légère; Anacréon et l’Amour; la Sagesse repoussant les traits de l’Amour; M. Jouffroy , pour la ville de Besançon , une Pieta, groupe; 1847, Nyssia , statue en marbre pentélique; 1 848 , une Sappho, bronze, demi-grandeur; le Printemps, statue en marbre de Paros; 1849, toilette d’Atalante, statue en marbre; i85o, une Médée, bronze , une Pandore, statuette.

Pour le musée de Versailles : i85o, Gaston d’Orléans; i836, Anne de Montmorency; 4838, le comte de Beaujolais, statue cou-

STATUES MODERNES

été placée en avril i835. Le plâtre a figuré au salon de 1827, et le marbre au salon de i83i (1).

Le livret donne la notice suivante :

«Spartacus, prince de Thrace, devenu esclave des Romains, fut condamné « à exercer le vil métier de gladiateur. S’étant échappé de sa prison , il leva une « armée de mécontens, battit deux fois les Romains, et porta la terreur jusque « dans les murs de Rome. »

11 est représenté au moment où il vient de rompre ses fers et médite ses projets de vengeance. [Haut. 2m,23o = 6 pi. îo po. 4 li. ]

2683.' — Thésée combattant le Minotaure, marbre, pi. 388.

Tuileries.

Le Minotaure est représenté sous la forme d’un homme à la tête de bœuf. Thésée le tient renversé à terre, appuie la main gauche sur sa tête, le genou sur son ventre, et de la main droite lève la massue pour le frapper.

Ce groupe est de Jules Romey (2). [Haut. 2m,o8o.]

Voy. le même sujet parmi les figures antiques , n° 2071, pl. 81 1 A.

2684. — Le laboureur de Virgile, marbre, pl. 387. Jardin

des Tuileries.

Cette statue a reparu au salon de 1827. La notice du livret donnait les vers suivans, des Géorgiques de Virgile:

Un jour le laboureur, dans ces mêmes sillons Où dorment les débris de tant de bataillons,

Heurtant avec le soc leur antique dépouille,

Trouvera, plein d’effroi, des dards rongés de rouille.

Entendra résonner les casques des héros ,

Et d’un œil étonné contemplera

chée; 1 83g, l’amiral Duperré; i83(), le général Danrémont; i83ç), le duc de Montpensier.

Bustes. — 1824, Louis XVIII; 1824, Louis-Philippe, bronze; Cuvier, marbre; i843, Sismondi, bronze; i845, Louis-Philippe, marbre; i843,Erard, bronze; 1 846, Paillet, marbre; 1847, M. le comte de Salvandy, marbre; M. Aubert, marbre; M. Leverrier, marbre; i85o, M. Barbier, marbre.

(1) Nous donnons du même sculpteur le Cincinnatus du jardin des Tuileries, n° 2685, et au tome VI, deux bustes du Primatice et d’André de! Sarto.

On a de ce sculpteur, au musée de Versailles, les statues de l’abbé Suger, 1837; du connétable Olivier de Clisson, i83q;du

:urs os.

duc d’Orléans, régent, et le buste du maréchal de Cbabanncs, 1 838 ; à la chambre des Pairs, une statue d’Etienne Pasquier, 1 84 4 ; à la chambre des Députés, une statue de la Prudence, plâtre, i83i.On a vu de lui, dans les salons, un jeune Faune composant de la musique, 1819; un Cultivateur trouvant des armes dans la terre, un Berger trouvant une inscription, 1822; deux Amours, 1824 et 1827; une jeune Fille jouant avec un chevreau, 1 83 1 ; l’athlète Astydamas sauvant Lucilia et son enfant de la destruction d'Herculanum , 1 833 ; une Siesta, i834, et beaucoup de bustes. On y a vu aussi un saint Jacques, 1827, et une sainte Cécile, i843.

(2) Voy. sur ce sculpteur 1. 1 , p. 45o.

Cette statue et la suivante sont de M. Lemaire (1).

[Haut. 2”, 080.]

2684 A. — Thémistocle, marbre, pl. 392. Tuileries.

Cette statue, commandée pour le jardin des Tuileries, y a été placée au mois d’avril i836. Elle avait figuré au salon de 1 834-

Thémistocle, debout, le casque en tête, couvert de sa chlamyde, tient à la main droite une branche de laurier, et à l’autre main une épée. Les pieds sont chaussés de sandales.

[Haut. 2m,320.]

2685. — Cincinnatus, marbre, pl. 38g. Jardin des Tuileries.

Cette statue, commandée à M. Foyatier (2) pour le jardin des Tuileries, y a été placée au mois d’avril i835.

Cincinnatus est représenté en repos, appuyé du coude gauche sur le manche d’une charrue et tenant dans la main droite un glaive. [Haut. 2m, 170 = 6 pi. 8 po. 2 li. ]

2686. — Périclès, marbre, pl. 389. Jardin des Tuileries.

Périclès distribue des couronnes aux artistes célèbres de son temps. Il présente de la main gauche une couronne destinée à Phidias, et tient dans l’autre main, abaissée , la liste des artistes auxquels d’autres couronnes sont destinées. On voit des couronnes sur un autel, à droite de la figure.

Périclès a le casque en tête; il est vêtu d’une tunique courte qui laisse la poitrine à découvert. Sa chlamyde couvre l’épaule et le bras gauches, et se déploie par derrière encadrant la figure.

Cette statue est de M. de Bay père (3). Le modèle a figuré au salon de i834, et le marbre a été placé aux Tuileries en i835. [Haut. 2m,370.]

(il Voy. sur ce sculpteur, t. I, p. 769.

On a, en outre, de M. Lemaire, une jeune Fille effrayée par une vipère, i83i, au Luxembourg; la statue de Louis XIV, placée à Versailles, 1 838 ; le général Kléber, à Versailles, 1 83g-i 843 ; le buste, en marbre, de Louis-Philippe d’Orléans, duc d’Orléans, 1 8 4 5 ; la statue, en plâtre, de Louis-Henri-Joseph de Bourbon , prince de Condé,à Versailles, 2 mai i846, et une tête de Vierge, musée du Luxembourg, 1 84-6 ; Archidamas, statue en marbre, et un buste de M. Collet, 18/1.7.

(2) Voy. sur ce sculpteur le n° 2682.

(3) Voy. t. I, p. 452 , une notice sur ce sculpteur. On doit y joindre les œuvres suivantes : 1827, 1829, une statue équestre de Louis XIV, pour la ville de Montpellier; la Séduction, modèle en plâtre, i835. en i838, Castel, auteur du poème des Plantes, statue en bronze, fondue par Quesnel; la Vierge et l’Enfant Jésus, i83g; Charles Martel, en marbre, pour Versailles, 1842 ; et i844, Colbert, statue en marbre, pour la chambre des Pairs.

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2687. — Phidias, marbre, pl. 889. Tuileries.

Celle statue, de M. Pradier, a été placée dans le jardin des Tuileries, le 17 avril i835.

Phidias est debout, tenant le ciseau et le maillet, dans l’attitude de la méditation. La draperie nouée sur le devant de sa poitrine , un pan est rejeté derrière l’épaule droite; le reste se déploie devant le corps.

Sur un cippe, placé à gauche de la statue, est la figurine du Jupiter Olympien, avec des papyrus où sont tracés des dessins. D’autres outils sont sur la plinthe. [Haut. 2m,35o.]

2688. — Le soldat de Marathon, m. pl. 390-391. Tuileries.

Nous donnons sous deux aspects cette représentation du soldat qui porta à Athènes la nouvelle du combat de Marathon, expirant au bout de sa course.

11 est renversé sur la plinthe, où il s’appuie de la main gauche, et montre au loin une palme, signe de la victoire.

Cette statue est de M. Cortot (1). Elle a été commandée pour le jardin des Tuileries et a figuré au salon de i834- [Long. 2m,o5o.]

2688 A. — Daphnis et Chloé, m. pl. 368 A. Mus. du Louvre.

Ce groupe, de M. Cortot, a figuré, comme étude, au salon de 1824.

Commandé par la maison du roi, il a paru, en marbre au salon de

Chloé, assise sur un rocher, tient une flûte de chaque main. Daphnis est debout auprès d’elle, ayant le genou gauche appuyé au rocher et le bras autour du cou de Chloé.

Placé d’abord au musée du Luxembourg, il est au Louvre depuis i845- [Haut. im,3oo.]

(1) Sur ce sculpteur, enlevé aux arts en i8i2 , nous avons donné une courte notice au tome I, p. 448. Voici l’indication de ses œuvres ultérieures.

La reine Marie-Antoinette, soutenue par la Religion , groupe en marbre pour la chapelle expiatoire.

A l’arc de triomphe de l’Etoile, le groupe du pied droit, à gauche, représentant l’apothéose de Napoléon ; le fronton de la chambre des Députés; une Pieta, pour le maître autel de Notre Daine de Lorette, bronze dont le modèle a paru au salon de i84o.

La statue tumulaire de Casimir Perrier, avec les bas-reliefs.

Pour le musée de Versailles, les statues de Louis XV, Louis XVI et Charles X, en plâtre.

Deux sujets mythologiques, un Amour adolescent, une Arianne colossale, qui n’ont été exécutés qu’eu plâtre. Outre le buste d’Eustache de Saint-Pierre, cité dans la première notice, on lui doit celui de Charles Dupaty, en marbre, à l’Institut, ceux d’Henri IV, du chancelier Séguier et de Louis XVIII, en marbre, et au musée de Versailles, celui du maréchal de Guébriant.

2689. — Jeune homme au bain, marbre, pl. 390. Jardin du Palais-Royal.

Celle figure d’un Jeune homme entrant au bain est d’Espercieux (1). Le modèle fut exposé au salon de i83i.

Elle est placée aujourd’hui dans le jardin du Palais-Royal. [Haut. im,820.]

2690 (2). — Zéphyre enlevant Psyché, marbre, pl. 368 D. Mus. du Louvre.

Ce groupe, de M. Rutxhiel (3), a paru au salon de i8i4.

Zéphyre, sans ailes, tient de la main gauche une draperie flottante. Psyché se reconnaît aux ailes de papillon. [Haut. im,5oo.]

2691. — Caton d’Utique, m. pl. 391. Jardin des Tuileries.

Cette statue, commandée à M. Roman pour le jardin des Tuileries, y a été placée en août i836. Elle a été terminée par M. Rude (4).

Caton d’Utique est représenté debout, nu, et la tête couverte d’une grande draperie qui retombe derrière la figure jusque sur la plinthe, et dont un pan est serré par le bras gauche contre le corps. 11 est profondément absorbé, tenant dans la main gauche l’ouvrage de Platon, et dans la droite, abaissée, le glaive. [Haut. 2ra,23o.]

2692. — Ulysse reconnu par son chien , marbre, pl. 391.

Ulysse , de retour à Ithaque , rentra dans son palais vêtu en mendiant. Son chien le reconnut et expira à l’instant.

Cette statue, de M. Barre (5), a figuré au salon de i834- Elle a été placée

(1) Voy. sur ce sculpteur, t. I, p. 507.

(21 Sur la pl. 3ç)0, et sous le n° 2690, est une figure d’homme nu, dont l’original n’existe pas au Louvre, c’est par erreur quelle est sur nos planches.

(3) On a vu de ce sculpteur, aux salons de i8i4, 17, 19, 2 4 et 27, beaucoup de bustes , notamment un buste de Louis XVI , pour le ministre de l’intérieur; un buste du duc de Richelieu, pour la ville d’Odessa, et un autre qualifié figure allégorique. On a de lui, au musée de Versailles, la statue du bailli de Suffren , faite en 1 8 1 5 ,

(4) Nous donnons, de M. Roman, deux

autres ouvrages, sous les nos 2695-2696, et nous y renvoyons pour la notice sur ses travaux.

(5) Les autres ouvrages de M. Barre sont : un buste du roi des Belges, placé aux Tuileries, ï 836 ; un buste d’Isabelle d’Aragon, pour le musée de Versailles, 1837; la statue de François de Lorraine, duc de Guise, au musée de Versailles; statue en plâtre pour le même musée, d’Achille de Harlay, 1 843 ; statue en bronze, du marquis de Laplace, pour la ville de Caen, 1847; buste du pape Pie IX, exécuté d’après nature, au Quirinal, i848 et i85o.

STATUES MODERNES

pendant plusieurs années dans une niche du grand escalier du Midi, au Louvre. En i85i, elle a été transportée au château deMeudon. [Haut. im,95o.

2693. — Philopoemen, marbre, pl. 392. Jardin des Tuileries,

L’auteur de cette statue est M. Pierre-Jean David (d’Angers) (1).

Le héros achéen est représenté au moment où il retire le fer d’une lance qui lui a traversé la cuisse, lorsqu’il combattait au premier rang à Sellasie,

(1) Nous avons donné sur ce sculpteur, au tomeI,p. 453, une courte notice où figurent quelques-unes de ses œuvres, notamment une jolie statue faite pendant que l’artiste était pensionnaire à Rome, représentant un jeune Berger.

Les compositions de M. David dans ce genre sont peu nombreuses : c’est la statue du jeune tambour Barra, 1 83g ; celle d’un Jeune Enfant qui fait ployer un ceps de vigne pour manger le raisin ; le buste d’une Néréide, fait à Rome; celui d’Ulysse, aujourd’hui à Angers; celui d’Annibal enfant; un bas-relief, de grandeur naturelle, offrant une Néréide portée sur un dauphin et qui tient le casque d’Achille; la statue d’une Jeune Fille qui dépose une couronne sur le tombeau de Marco-Bolzaris, à Missolunghi (Grèce), 1827.

Les ouvrages de cet habile sculpteur consistent principalement dans des statues monumentales élevées à des hommes célèbres dans les villes qui les ont vus naître; quelques-unes sont tumulaires, beaucoup sont accompagnées de bas-reliefs. On a cité les plus anciennes dans la notice du tome I. Le monument du général Foy seulement , indiqué à la fin de cette notice, se compose de la statue du général, en marbre, de deux figures en ronde-bosse , le Génie de l’éloquence et le Génie de la guerre, et de trois bas-reliefs représentant le général à la tribune, une bataille où il commandait en Espagne, son convoi. Celui de Talma consiste dans une statue en marbre, pour le Théâtre-Français, 1827011837.

La statue, en bronze, de Gerbert (Sylvestre II), à Aurillac, due aussi au ci-

seau de ce statuaire, et trois bas-reliefs : i° Gerbert enfant , gardant son troupeau , est emmené par des moines que son air intelligent a frappés et qui veulent se charger de son instruction; 2° Gerbert dans son laboratoire, près de la première horloge inventée par lui, et de l’orgue, qu’il a fait agir par la vapeur ; derrière lui sont les hommes les plus remarquables de l’époque; 3° Gerbert pape (Sylvestre II) , porté en triomphe à Saint-Pierre.

Statue colossale, en bronze, du roi René, à Angers ; sur le piédestal, se trouvent douze statues de même métal.

Statue, en bronze, de Gutenberg, à Strasbourg, avec quatre bas-reliefs représentant: i° Europe, la presse entourée des plus grands génies littéraires; au pied, des enfans étudiant; 20 Asie, Wilbam Jones et Anquetil Duperron recevant des manuscrits des brahmes; Européens instruisant des enfans de toutes les contrées de l’Asie; 3° Afrique, Wilberforce, Mirabeau, Condorcet et Grégoire brisent les fers des Africains; on leur donne des livres; jeunes missionnaires instruisant des nègres, etc. ; 4° Amérique, Franklin vient de tirer delà presse le décret d’indépendance , il le montre aux signataires dont il est entouré; Bolivar relève des sauvages prosternés et les engage à prendre place parmi les hommes.

Statues, en bronze, d’Ambroise Paré, à Laval; de P. L. Riquet, à Béziers; de Pierre Corneille, sur le pont de Rouen; de Jean Bart, à Dunkerque ; de Jefferson , à Washington ; de Bicliat, à l’Ecole de médecine et à Bourg; de David Pury, à Neufcbâtel (Suisse) ; d’Armand Carre! , à

DU LOUVRE ET DES TUILERIES. 35l

contre Cléomène, roi de Sparte, avec les troupes d’Antigone Doson, roi de Macédoine.

Philopœmen est représenté dans la force de l’âge; il avait alors trente ans. [Haut. 2m,3oi.]

Saint-Mandé; de Casimir Delavigne et Bernardin de Saint-Pierre, au Havre; de Matbieu de Dombasie, à Nancy.

Statue en bronze du cardinal de Cheverus, à Mayenne, avec quatre bas-reliefs: i° l’évêque de Boston (Cheverus) secourt la pauvre femme malade d’un marin absent; 2° il soigne un pauvre vieux nègre infirme; 3° Cheverus , pénétrant dans une forêt pour visiter les sauvages, trouve ceux-ci occupés à chanter la messe; ils le reçoivent comme un père; 4° Cheverus bénit les passagers à l’instant du naufrage du vaisseau qui le ramène en France.

Statue en bronze du docteur Larrey, au Val-de-Grâce, avec quatre bas-reliefs même métal: i° au passage de la Bérésina, les soldats, ayant reconnu Larrey, ouvrent leurs rangs pour lui faciliter le passage sur le pont; 2° bataille d’Austerlitz, Larrey soigne les blessés au milieu des combats; 3° bataille des Pyramides; 4° bataille de Sommo- Sierra.

Statue en bronze du général Drouot, à Nancy, avec trois bas-reliefs même métal : i° Drouot, passant son premier examen devant Monge , est porté en triomphe par ses camarades ; 2° le général Drouot à la bataille d’Hainaut; 3° Drouot, vieux et aveugle, entouré de ses anciens frères d’armes, remet aux sœurs de charité des secours pour les pauvres.

Statue équestre et en marbre , du général Gobert, au Père-Lachaise; il est groupé avec un guérillas espagnol ; quatre basreliefs aussi en marbre : i° le général Dampierre, mourant dans un combat, remet son sabre au général Gobert; 2° le général Gobert apaisant une révolte à Bologne ; 3° Gobert combattant à Saint-Domingue; 4° Napoléon Gobert, fils du général, meurt en Égypte et remet son testament à un ami.

Statue en marbre de l’évêque Delmas, à Cambray ; le maréchal Gouvion-Saint-Cyr,

au Père-Lachaise ; deux statues de Cuvier, une au jardin des Plantes, et l’autre à Montbéliard, la première en marbre et la seconde en bronze.

Le fronton du Panthéon. Toutes les sculptures de l’arc de triomphe de Marseille, lesquelles sont en pierre : on y voit quatre statues, la Prudence, le Dévouement, la Résignation, la Valeur. Deux trophées, l’un d’armes turques, où une Victoire écrit avec une baïonnette sur une colonne égyptienne, Héliopolis; l’autre d’armes européennes, avec une Victoire écrivant Fletirus ; la Patrie appelant ses enfans à son secours; deux Renommées, dans les tympans, tenant des palmes et des couronnes. A la douane de Rouen , deux groupes ronde-bosse de proportions colossales : la Navigation couronnée d’étoiles , tenant d’une main un gouvernail , et dévoilant le monde de l’autre; le Commerce, tenant d’une main le caducée, de l’autre une balance; autour de lui se pressent les quatre parties du monde : l’Asie , présentant ses cachemires et ses parfums; l’Afrique, le café; l’Amérique, les pelleteries.

M. David a exécuté, au théâtre de l'Odéon, une frise de io4 pieds de longs , représentant les principaux auteurs tragiques etcomiques, suivis de trois de leurs meilleurs pièces.

Pour la façade du théâtre de Béziers , quatre grands bas-reliefs , représentant OEdipe chassé de Thèbes, les Nuées d’Aristophane, le Cid, le Tartufe, avec les médaillons de Corneille, Molière, Sophocle et Aristophane, de grandeur colossale.

Pour l’hôtel de ville de Paris une frise de 54 pieds offrant une marche de soldats, et pour Fontainebleau, sur quatre panneaux en bois, des Génies militaires.

Pour le tombeau du comte de Frotté, dans une église d’Alençon, un bas-relief représentant le comte et six de ses officiers au moment où l’on va les fusiller. Enfin,

STATUES MODERNES

2694. — Alexandre combattant, m. pi. 392. Jardin des Tuil.

Statue commandée pour le jardin des Tuileries , où elle a été placée en i835. Elle est de M. Nanteuil (1).

Alexandre est représenté tombé sur un genou et se couvrant de son bouclier. [Haut. im,g5o. — Long. 2m.]

2695. — Euryale et Nisus, m. pl. 368 A. Mus. du Louvre

Euryale est étendu mort; Nisus, percé lui-même d’un javelot et tombant, presse la main de son ami sur son cœur. Ses regards paraissent se porter en-

core du côté des Rutules, et il tient combattant.

pour un monument élevé à l’abbé Mongazon, au séminaire d’Angers, un bas-relief dont le sujet est une distribution de prix.

On doit à M. David les sculptures qui décorent les tombeaux de MM. Visconti, Geoffroy Saint-Hilaire, Daunou, Manuel, Monge, du peintre Augustin, et de Ludwig Bœrne, au Père-Lachaise; de la duchesse de Brissac, à Brissac (Maine-et-Loire), et du jeune Papian, à Angers.

On doit au même sculpteur une centaine de bustes, notamment ceux de Visconti, de Jussieu, du baron Gérard, de Lakanal, de Daunou, à l’Institut; de Béranger, Chateaubriand, V. Hugo, Sieyès, Lacépède, à Paris ; de Berzélius , à Stockholm ; de Goethe, à Weimar et àDresde; de Washington et de Lafayette, en Amérique; d’Alexandre de Humboldt, à Berlin; de Béclard, à Angers; de L. Tieck, àDresde, etc.

Une douzaine de médaillons de grandeur colossale , marbre ou bronze , notamment ceux de Condorcet et Monge, à l’Institut, du Capitaine Miel, à Cbatillon-sur- Seine.

Enfin, cinq cents médaillons d’après nature (bronze) , représentant les hommes les plus distingués de l’Europe, en politique, science , arts , etc. La collection entière est au musée d’Angers.

(1) M. Nanteuil ( Charles-François-Lebœuf), de Paris, élève de Cartellier, a obtenu le grand prix de sculpture en 1817. Il a été nommé membre de l’Institut en i83 1, et chevalier de la Légion d’honneur en 1837. Outre cet Alexandre combattant, et un buste de Prudhon , qui est au musée

toujours son épée dans l’attitude d’un

du Louvre, et que nous donnons t. VI, pl. 11 34, on a de ce sculpteur une Eurydice en marbre, au jardin du Palais-National, venue de Rome en 1822; une Nayade colossale en pierre, 1828, placée d’abord au château de Saint-Cloud , et maintenant à Versailles.

Le fronton en pierre de Notre-Damede-Lorette, terminé en i83o; celui, aussi en pierre, de l’église de Saint-Vincent-de- Paul, terminé eu 1 848 ; et trois bas-reliefs, en pierre, exécutés en i836, au portique du Panthéon ; sainte Marguerite, en marbre, dans l’église de ce nom, 182 5; saint Luc et saint Jean, bronze, dans l’église Saint-Gervais, 1828; deux Anges, en bronze, pour le maître autel de Notre- Dame-de-Loretle, 1 837 ; saint Louis et saint Philippe, en pierre, à l'église de la Madeleine, i84o; et à la chapelle sépulcrale de Dreux, un bas-relief en pierre, représentant saint Ferdinand et saint Arnould , i844.

Au musée de Versailles, les statues de Charlemagne , en marbre , 1 84 5 ; de Mathieu Molé, en plâtre, 1840; du maréchal Macdonald, en marhre, 1849; à la bibliothèque du Luxembourg, la statue de Montesquieu, en marbre, 18 Ai, et à Clermont-Ferrand, la statue colossale du général Desaix, en bronze, 1 846 ; les bustes de Charles le Téméraire et du prince Reuss-Castritz, en plâtre, au musée de Versailles, i83g-i84i; le buste en marbre de M. Humann, au ministère des finances, 1842 ; ceux de Louis- Philippe, à la bibliothèque du Luxembourg, i843; de M. Quatremère de Quincy, à la bibliothèque de l’Institut, i85o.

Le groupe en marbre a figuré au salon de 1827, avec l’indication qu’il avait été commandé à M. Roman (1) pour la maison du roi. Il a été placé au musée du Luxembourg où il est resté jusqu’à l’année 1846.

[Haut. im,65o.]

2696. — L’Innocence, marbre, pl. 368 A. Mus. du Louvre.

Cette sculpture, de M. Roman, est au musée du Louvre depuis son retour de Rome. C’est une jeune fdle assise sur un rocher, où elle s’appuie de la main droite. Dans la main gauche , placée près du sein , elle tient un lézard engourdi ou mort, et paraît s’en affliger. Elle est assise sur sa draperie, qui est lixée par une fibule autour du poignet gauche. [Haut. om,8go.]

2697.-— Minerve, bronze, pl. 368 D. Mus. du Louvre.

Cette statue est de M. Gatteaux (2), dont nous donnons encore une Pomone et un Triptolème sous les numéros suivans; et, en outre, au tome VI, les bustes de Michel-Ange et de Sébastien del Piombo.

Le plâtre a fait partie du salon de i836 , et le bronze du salon de 1837.

Minerve est représentée après le jugement de Paris : indignée de s’être dévoilée devant ce berger et de n’avoir pas obtenu la pomme comme prix de la beauté, elle remet son casque, rejette sa tunique sur son corps et s’éloigne.

Nous donnons cette statue sous deux

(1) Voy. au t. 1 , p. 45o , une notice sur ce sculpteur avec l’indication de ses ouvrages. Il n’y a à joindre à cette notice que le Caton d’Utique, du jardin des Tuileries, donné supra , n° 269i, qui a été terminé par M. Rude, et un buste de, Girodet Trioson , qui a été placé au Louvre , et que nous donnons t. VI, pl. 11 35.

(1) M. Gatteaux (Jacques-Édouard), né à Paris le 4 septembre 1788, doit 1e jour à l’inventeur de la machine décrite dans notre Essai sur la partie technique de la sculpture , 1. 1, p. 147. Fils d’un graveur de médailles célèbre , il est lui-même l’un de nos meilleurs artistes dans cet art. Son père lui enseigna la gravure , et M. Moitte la sculpture. C’est au concours des médailles, en 1809, qu’il a obtenu le grand prix. A son retour de Rome, il s’adonna aussi à la sculpture, fut nommé membre de la Légion d’honneur en 1 833 , et est entré à l’Institut en i845,danslasection de gravure.

aspects. [Haut. 2m,200.]

Ses ouvrages en sculpture , outre les statues et les bustes que nous donnons dans ce musée , sont la statue en bronze du chevalier d’Assas, pour la ville du Vigan, 1827 ; celle, aussi en bronze, de l’enseigne Risson, pour la ville de Lorient, 1 833 ; celle en marbre d’Anne de Beaujeu, pour le jardin du Luxembourg, 1847 ; le buste en marbre de Rabelais, aujourd’hui à Versailles, 1822; un autre, en marbre, de Sedaine, pour le Théâtre-Français, i844; deux bas-reliefs en marbre , Mercure et une Baigneuse, 1 8 1 7 et 1 8 3 1 ; les bustes de Moitte et de Bervic.

On a de lui onze médailles relatives aux événemens politiques, et quarante - deux médailles-portraits , dont cinq servent aux prix distribués par l’Académie, quatre à ceux distribués par l’école des beaux-arts, et dix-sept font partie de la galerie métallique.

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