MUSÉE DE DRESDE
Ce musée, le plus riche de l’Allemagne, tant par la beauté que par le grand nombre des tableaux, des statues, des bustes et des autres monumens antiques qu’il renferme, fut fonde en 1560 par l’électeur Auguste, qui commença à y rassembler des monnaies et des antiquités. Peut-être fut-il le souverain qui le premier, à l’exemple de notre François I", conçut cette noble idée , et c’était à l’époque où le goût des chefs-d’œuvre s’était ranime en Italie et où l’on découvrait chaque jour quelque précieuse partie des trésors échappés aux ravages du temps, et qu’elle avait comme caches dans son sein pour les y conserver en les dérobant aux regards des siècles d’ignorance. Les sucesseurs de l’e'Iecteur Auguste, entre autres Jean-
INTRODUCTION
Georges III l’imitèrent; mais ce fut principalement sous Auguste II, roi de Pologne et électeur de Saxe, protecteur éclairé de sciences et des arts, que se forma la grande collection de Dresde, qui de 1720 à 1730 prit de rapides accroissemens. Vers cette époque Auguste II l’enrichit par l’acquisition de toute la collection du prince Chigi, à Rome, et le musée de Dresde lui dut la plus grande partie de ses richesses. On y ajouta depuis quelques statues et d’autres monumens, il y en eut aussi d’achetés à des particuliers de Rome, et entre autres à délia Vallc. Le comte de Wackerbarth rapporta aussi d’Italie pour le musee de Dresde plusieurs bustes provenant de la collection de Bellori. A la mort du prince Eugène de Savoie , le roi Auguste III fit l’acquisition de trois belles statues trouvées à Herculanum , et qui avaient été envoyées au prince par le prince d’Elbœuf. On y joignit quelques morceaux remarquables tirés de la collection du roi de Prusse et de celle du comte de Brühl. L’on doit à l’électeur Frédéric-Auguste d’avoir, en 1785, réuni dans le palais nommé du Japon toutes ces richesses , qu’il accrut encore de plusieurs beaux monumens dispersés jadis dans lés différens pavillons qui ornaient les jardins de sa résidence de Dresde.