‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 214 sur 436 · MUSÉE DE MANTOUE · texte numérisé non relu

MUSÉE DE MANTOUE

Mantoue, Tune des plus anciennes villes de l’Italie, et qui avait meme la prétention d’avoir été fondée trois cents ans avant Rome, Mantoue, à qui l’on accorde la gloire d’être la patrie de Virgile, né à Andes, à peu de dis-

(1) Museo délia reale Accademia di Mantova descrito e illustrato dal dottor Giovanni Labus, i. r. cpigrafista aulico, socio di varie accademic scientifiche, ïctterarie e de belle arti; Mantova a spese de

gli editori d’Arco e Fratelli Negretti ; co’ tipi virg. di L. Carnenti. 3 vol. in-8°, 1837 : Ier vol., 56 pl.; IIe, 52; IIIe, 56, grave'es à l’aqua-tinta.

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tance de la ville, devait être riche en antiquités-, aussi le fut-elle pendant plusieurs siècles. Son territoire lui en avait rendu un grand nombre, et elle possédait beaucoup de statues, de bas-reliefs remarquables, et une foule de bustes, d’inscriptions, de pierres gravées, de médailles et d’objets précieux de tout genre, recueillis avec soin dès le xiv° siècle par l’illustre maison des Gonzague, d’abord marquis et puis ducs de Mantoue, sous le gouvernement desquels cette contrée jouit longtemps d’une brillante prospérité et se distingua dans les sciences, les lettres et les arts. Ce fut surtout sous François II de Gonzague, troisième marquis de Mantoue (1484-1519), à l’époque brillante des Médicis, de Jules II, de Léon X, de Michel-Ange, de Raphaël, qu’il y eut à Mantoue, comme dans le reste de l’Italie, le plus d’ardeur pour les monumens antiques. La marquise de Mantoue, Isabelle d’Este, passionnée pour les lettres et les arts, les favorisait puissamment par son zèle, son goût élevé et par ses richesses. Quelques années après, le magnifique et prodigue Guillaume de Gonzague, troisième duc de Mantoue (1550-1587), protégeait de tout son pouvoir les arts, qui lui offraient les plus brillans moyens de se livrer à son amour effréné pour le luxe. Un des princes de sa maison, Vespasien Gonzague, le secondait de son mieux, et son palais de la Sabbionetta présentait de tous côtés la réunion des objets les plus rares et les plus beaux. Ces collections, et celles du palais ducal se déployaient dans de vastes salles ou d’élégans cabinets, riches des chefs-d’œuvre de la sculpture et de la peinture des plus habiles maîtres de ce grand siècle , si fécond en talents. Mais c’étaient aussi des temps de troubles et de guerres acharnées entre les puissans concurrens qui se disputaient l’Italie comme une proie, la déchiraient en lambeaux et la désolaient par leurs dévastations. Les trésors réunis par les Gonzague devaientenflammer la cupidité; plus d’une fois ils furent en partie dispersés. Après plusieurs atteintes désastreuses, Mantoue, sous Charles Ie' de Gonzague (1627-1637), prise le 16 juillet 1630 par les troupes de l’empereur Ferdinand II (1619- 1637), fut livrée au pillage et saccagée pendant trois jours par les généraux Aldringer et Gellas. Les collections, objets de tous les soins des Gonzague, disparurent en grande partie, ou détruites ou enlevées. Jamais elles ne parvinrent à se relever entièrement de cette effroyable secousse, et il n’était plus question des galeries de Mantoue. Ce ne fut que vers la fin du xvme siècle que l’on songea à rassembler ce que l’on put en retrouver. De riches particuliers contribuèrent, par le don de monumens antiques et de tableaux, à reformer un musée. Depuis 1707, Mantoue n’avait plus ses Gonzague et faisait partie de la Lombardie autrichienne-, plusieurs administrateurs de ces provinces rivalisèrent de zèle pour rendre à cette ville si déchue une partie de sa prospérité et de son éclat. Le comte de Firmian, le comte d’Arco et le comte deWilzeck, administrateurs éclairés, qui se succédèrent en Lombardie, ne négligèrent rien pour arriver à ce noble but de leurs efforts; l’archiduc, gouverneur de Mantoue, les seconda et y prit grand intérêt. L’impératrice Marie-Thérèse et l’empereur Joseph II donnèrent au musée qu’on rétablissait de fréquents témoignages de leur munificence. Le peintre Franchi, de Milan, fut d’un grand secours au comte de

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Firmian pour la recherche et le choix des objets antiques. L’abbé Carli, savant antiquaire de Mantoue, très-zélé pour l’honneur de sa patrie, fut, par ses talens et la persévérance qu’il mit à rechercher des monumens, de la plus grande utilité' à ce muse'e , qu’il aida puissamment à sortir de ses ruines. Pendant plusieurs anne'es, il s’e'tait occupe' sans relâche à rassembler d’abondans matériaux pour donner une description de'tailîe'e de cette collection, qui avait reçu assez d’accroissemens pour me'riter d’être plus connue. II allait se mettre à l’œuvre lorsque la mort priva le monde de ce travail, qu’il n’eut pas le temps d’ exécuter. Ce ne fut que d’après ses notes, et comme un extrait de ses recherches, qu’en 1790 parut à Mantoue une description succincte de cette collection (1). Ce petit ouvrage ou ce livret ne contient que 3 planches : en tête, pour frontispice, un buste cru autrefois le portrait de Virgile, et deux bas-reliefs : une Supplication et la Vengeance de MÉdee, beau bas-relief très-célèbre. L’auteur de cette bonne notice a gardé l’anonyme. Ce ne fut que de longues années après la publication de cet aperçu du travail de Carli qu’a paru, en 3 volumes in-4° contenant 1G4 planches, celui du savant docteur Labus, si avantageusement connu par les utiles éditions in-8° du Musée Pie-Clémentin , des œuvres diverses de Visconti et de plusieurs autres de ses écrits, accompagné d’une excellente notice sur la vie de ce grand antiquaire et d’observations sur ses œuvres. Le texte du Musée de Mantoue, plein d’une saine érudition, est tout ce que l’on devait attendre d’une plume aussi savante et aussi exercée que l’est celle de M. Labus, qui parcourt avec tant de succès la carrière des arts et de l’archéologie. Le monde savant et artistique attend depuis longtemps avec impatience le Musée de Brescia qu’il lui a promis, et il faut espérer que les vœux qu’il a fait concevoir seront bientôt réalisés.

NOMS DES SUJETS

GRAVEURS

VOLUMES

PLANCHES

ni. . .

Apollon tenant de la main droite, élevée , une cliouette ;

serpent le long d’un tronc d’arbre à gauche

Lanf. Püzzi

Cérès thesmOphore , entièrement drapée; main droite re-

(I) Musco delta reale Academia di Manlova, in Mantova per l’erede di Alberto Pazzoni (Regio Ducaïe stampatore) , con licenza de superiori. M. DCCXC. In-8° de 95 pages et de 3 planches.

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NOMS DES SUJETS

Enfant, mi , sautant ; torse

, nu, debout; fragment. . .

, portant une outre ; torse.

Faune (Jeune) ; très-mutilé

reste d’un groupe.

- jouant de la llùtc.

hennés, portant une outre sur le dos.

Léda assise

Lutteurs ou Discobole ; fragment .

Matrone romaine; sans tête ni bras.

MelpOMÈNe couronnée de laurier.. . .

; très-mutilée

Minerve armée de l’égide

Mercure agoréen; nu

15AN ; sans tête ni bras.

Silène portant une outre

Sommeil couché ou Amour endormi.

GRAVEURS

Lanf. Puzzi. .

Ant. Lanzani.

Lanf. Puzzi.

Ant. Lanzani.

Ant. Lanzani .

Lanf. Puzzi . .

Ant. Lanzani.

VÉNUS; torse

ou Psyché ; très-mutilée

■ anadyomène ; torse. ... i

nue; torse

retenant sa draperie de la main gauche

; torse

; torse avec ia tête et ic bras gauche..

; torse jusqu’aux genoux.

Vertumne enfant; fragment

Ant. Lanzani

Ant. Lanzani.

Idem

MULLER, 1832 (l).

Ce recueil cle planches au trait, en general assez bien dessine'es, mais souvent un peu sèchement gravées, fait suite à l’excellent manuel d’archéologie Handbuch der Archœologic , etc., de M. Ch. Ott. Müller, qu’une mort prématurée vient d’enlever à la science de l’antiquité, à laquelle, sans doute, il eût acquis de riches trésors dans la Grèce, qu’il explorait avec le plus grand soin , et où la mort nous l’a ravi. Le texte qui sert d’explication aux planches de son manuel allemand , est en français dans les cinq premières livraisons jusqu’à la planche 59 ; les deux livraisons qui ont paru depuis la mort de ce profond archéologue, auquel nous devons de si bons ouvrages sur l’histoire, les arts et les inscriptions de la Grèce, sont en aile

(1) Monumens de l’Art antique d’après Charles Oesterley. A Gœttinguc, dans la le choix et l’arrangement de Charles Ott- librairie de Dieterich, 1832. fried Müller , dessines et graves par

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mancl. J’avais beaucoup connu et j’avais bien appve'cie' le savoir et le caractère de cet excellent Muller lors de son voyage à Paris, et je dois d’autant plus de reconnaissance et de regrets à sa mémoire, qu’il a jugé dignes de servir à ses monumens une grande partie des antiques de mon Musée de Sculpture , dont il ne connaissait pas encore toutes les livraisons. Que la terre hellénique lui soit légère!!

PROVENANCES

PLANCHES

NU-

MÉROS

Musée Britannique.. . .

Palais Grimani

Capitole

Munich

Herculanum ; Naples. . .

Louvre

Munich

Capitole

Vatican

Musce Britannique....

Vatican

Berlin

Florence

Idem «

Vatican.

Musée Britannique.. . .

Vatican

Naples

Louvre

Nafles

Capitole

P. Il, 11.

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