Ganymède, m., pl. 407. — Venise, bibl. Sl-Marc
Ce petit groupe-ci est certainement un des plus jolis de ceux qui présentent le même sujet. On voit que l’aigle n’est pas un aigle ordinaire, et qu’en enlevant le beau berger il semble prendre des précautions pour ne pas le blesser. Cette composition rappellerait peut-être un peu, dans l’ensemble, celle de l’habile statuaire Léocharès, dont parle Pline (1. XXXIV, 19), etoù l’on voyait, par le soin du roi des airs à serrer moelleusement Ganymède, qu’il sait et quel est le précieux fardeau auquel il fait traverser les airs, et de quel prix il est pour le dieu vers lequel il le porte. Il ne faut cependant pas oublier que, d’après Pline, le Ganymède en bronze, de Léocharès, était vêtu: sentientem quid rapiat in Ganymede , et parcentem unguibus eliam per vesiem , et l’on doit faire remarquer avec Visconti [Mus. P. Clém. II, p. 220, éd. de Milan), que tous les Ganymède qui nous sont parvenus sont sans vêtemens, sauf quelquefois un bout de la chlamyde sur l’épaule; aucun ne peut donc être une copie exacte du chef-d’œuvre de Léocharès, et si on l’a imité, ce n’aura été que librement et en le dépouillant de sa tunique. Ce Ganymède a de l’élégance, et sa tête, ornée de ses longs cheveux tombant sur ses épaules en touffes ondoyantes, est coiffée avec grâce du bonnet phrygien. Ce groupe, sans doute fait pour qlre suspendu, devait produire un assez piquant effet. C’est un des morceaux les plus agréables de la collection, peu nombreuse mais bien choisie, des antiques de la bibliothèque de Saint-Marc, II, pl. 7. [H. 2 pal. 6 onc.]