STATUES D’ANIMAUX
Aigle, en bronze; CP.? Nicétas.
Ane et son maître; CP.? Nicét., Ant. CP. Animaux combattant; CP.? Nicétas.
CamÉLÉopARDS ou girafes; forum, Cédr.
Cheval indompté; CP.? Nicétas.
Cheval du Nil. Voy. Hippopotame.
Chevaux énervés; auTaurus, Y Anonyme.
( Quatre) , en br.; à l'hip., idem.
Dragon ; CP.? Papias.
(Quinze); à î’Amastr., YAnony.
Eléphant de Sept.-Sévère; Pittac., idem.
Eléphants; au forum, Cédrénus.
à la porte dOr, idem.
Eléphant remuant sa trompe; CP.? Nicét.
Eléphant coloss.; au Taurus , Y Anonyme.
Girafes. Voy. Caméléopards.
Hippopotame; CP.? Nicétas.
et crocodille. Voy. Animaux combattant.
Laie; CP.? idem.
Louve de Romulus ; CP.? Nicétas.
Oiseaux; à l’Amastrianum, Y Anonyme.
Porc; au Taurus, Cédrénus.
Sanglier de Calydon; à l’hippodrome, l’ Anonyme , Nicétas.
Serpents enlacés; àl’hippod., Y Anonyme.
Taureau coloss.; au Taurus, Cédrénus.
Tigres; au forum, idem.
Tortues; àl’Amastrianum, Y Anonyme.
Vautours; au forum, Cédrénus.
Constantinople vient de passer sous nos yeux aux diverses époques de ses commencemens , de ses progrès , de sa gloire et de sa chute ; nous nous sommes associés à sa fortune , pour ainsi dire , depuis le sillon tracé par Constantin pour en fixer l'enceinte, jusqu’au vaste bûcher de cette belle ville embrasée par les Ottomans, et qui servit de tombeau à son dernier empereur grec, Constantin XI, Paléoiogue Drasocès, mort en combattant avec la plus héroïque valeur jusqu’au dernier soupir pour défendre la ville de Byzas et de Constantin le Grand. Autant qu’il nous a été possible, nous avons relevé et offert dans leur primitif éclat, les monumens et les statues de cette ville qui, sous son double nom de Byzance et de Constantinople, remonte à une assez haute antiquité, et prolonge avec splendeur sa brillante existence assez avant dans les temps modernes. Depuis l’incendie et le pillage qui la détruisirent presque en entier lors de sa désastreuse conquête par les princes croisés, et depuis que, devenue en 1453 la proie des Ottomans, elle retomba dans la barba-
INTRODUCTION
rie, cette ville, déchue de son antique pompe n’est plus rien pour nous sous le rapport des arts, et nous ne pouvons plus y chercher et y trouver que de douloureux souvenirs. Nous quittons cette ville désolée , et à la suite de quelques-uns de ses savans et de ses artistes échappés au désastre de leur patrie, nous retournerons en Italie, et assisterons au brillant spectacle que déployèrent les arts ranimés et portés à un haut point déjà depuis deux siècles, par ce reste de feu sacré des Grecs, transporté en Italie après la prise de Constantinople, en 1204, par les princes latins. Déjà, vers la fin du XVe siècle, sous plusieurs papes et sous les Médicis, les Farnèse et tant d’autres illustres maisons , et l’on peut dire sous François Ier et Henri II, l’Italie avait rendu avec éclat leurs honneurs aux monumens antiques, et, pour ainsi dire, ressuscité leurs statues. Cependant on ne voit pas encore de collections se former, ou du moins bon ne trouve pas d’anciens documents qui puissent sur ce point nous éclairer d’une manière bien nette ; et bon est étonné de ne pas rencontrer plus de détails sur ïes découvertes de statues dans des écrivains s’occupant des arts et contemporains de Raphaël, de Michel- Ange et de leurs écoles. La première et la seule source de quelque abondance qui se présente à nos recherches est celle que nous trouvons dans l’ Aldroandi , de la première édition ; et celle qui passe pour telle est de 1556, trente-six ans après la mort de Raphaël, et la seconde, ou peut-être la quatrième, de 1562, n’est antérieure que de huit ans à la mort de Michel-Ange. Si l’on connaît des statues antiques découvertes et citées avant ces époques, elles ne paraissent qu’en très-petit nombre et çà et ïà, isolées, et l’on verra que les plus anciennes fouilles dont Flaminio Y acca nous a conservé le souvenir, ne remontent pas plus haut. II ne nous reste qu’à regretter d’être privés de renseignemens plus anciens et qui eussent offert beaucoup d’intérêt; et le seul parti à prendre est de mettre de notre mieux à profit les recherches de f Aldroandi, et le peu de matériaux qui sont à notre disposition.
ALDROVANDI OU ALDROANDI, 1556.
La table qui suit est tirée de ce que ce savant a écrit sur les fouilles et les statues de Rome en 1556, et qui a été insérée par Carlo Fea dans son intéressant recueil intitulé Miscellanea filologica, critica et antiquaria. — Roma. Nella Stamperia Pagliarini. T. Ier. 1790.
INTRODUCTION
Cet Ulysse Aklroandi ou Aldrovandi, n’est probablement pas le même que le célèbre naturaliste du même nom, ne' à Bologne en 1527, et qui a laisse' de nombreux ouvrages recueillis en 13 vol. in-fol. Dans l’énumération sommaire de ce qu’ils contiennent, il n’est nullement question de cette description des statues et d’autres monumens de Rome. Notre Aklroandi pourrait être le père du naturaliste; à moins que celui-ci, dans sa jeunesse, ne se soit distrait de ses graves occupations en donnant une description que ses courses et ses recherches d’histoire naturelle lui offraient l’occasion de renouveler sans cesse. Au reste, peu importe que ce soit le père ou le fds ou un autre Ulysse Aldroandi; il n’est pas moins certain qu’un savant de ce nom a constate' le nombre des statues et les autres monumens existant à Rome à son e'poque.
II eût ête' à désirer que le savant antiquaire Carlo Fea, qui par ses travaux, ses recherches, a si bien mérité de Rome et de ses antiquités, et dont les Miscellanea offrent une foule de documens très-utiles, et qu’on aurait de la peine à trouver ailleurs; il eût été à désirer, dis-je, qu’il ne s’en fut pas tenu à l’édition d’Aldroandi de 1556, et il eût rendu un plus grand service aux amateurs de l’antiquité en livrant au public une nouvelle édition de la description de 1562, bien plus considérable que celle de 1556. Elle la dépasse meme d’une telle quantité de statues, de bustes, de torses, et d’autres fragmens, qu’on serait tenté de penser qu’en 1556 Aldroandi ne donna qu’un choix de ce qui était alors à Rome. II n’est, au fait, guère à présumer que ses richesses en antiquités se fussent accrues à ce point dans le court espace de six ans, et les fouilles qui eurent lieu à Rome et dans ses environs, entre 1556 et 1562, n’auraient certainement pas produit un aussi grand nombre de monumens, ou du moins ne trouve-t-on rien qui nous serve de garant de cette abondance de découvertes. On a donc tout à fait lieu de croire qu’en 1556 l’Aldxoandi ne fit connaître que quelques statues antiques de Rome, et, d’après sa manière de s’exprimer, on voit même que ce ne sont que celles qui avaient été découvertes de son temps. Le nombre s’en accrut sans doute; et peu d’années après sa première description, si toutefois il n’en avait pas fait une en 1551, Giordano Ziletti publia à Venise celle de 1562. Quant à celle-ci on est autorisé à la regarder comme complète ainsi que le porte le titre : Tut te le statue antiche , lorsqu’on voit le savant et zélé investigateur pénétrer, non-seulement dans les palais, les édifices publics, mais même dans des maisons de peu d’importance, et soumettre à ses recherches tous les coins et recoins qui pouvaient recéler quelque monument ou des débris des arts des anciens. Ne dédaignant rien, il fait profit de tout, et souvent il n’est récompensé de ses courses et de ses peines que par quelques bustes d’un mince mérite, ou par quelques fragmens de peu d’intérêt. Cependant sa description en offre un véritable : on aime à le suivre dans ses excursions, et à passer avec lui en revue les richesses statuaires de Rome. On voit qu’alors elles étaient très-disseniinées et que les grandes collections qui depuis ont fait la gloire de tant de familles n’en étaient qu’à leur prélude, et n’avaient encore réuni que peu de statues ou d’autres monuments antiques. Nous apprendrions aussi par l’Aldroandi , si nous ne le savions d’ailleurs , que le goût des arts était répandu
INTRODUCTION
dans une foule de familles de Rome, et que îe feu sacre qu’y avaient allume Jules II, Leon X, Paul III y brûlait toujours avec une vive ardeur. Beaucoup de familles et de leurs belles demeures, citées par l’Aldroandi ont cesse d’exister ou ne sont plus connues, et les statues qu’elles avaient reunies ont passe', avec leur héritage, dans d’autres maisons. Il est à croire aussi que bien des monumens de la sculpture antique, rapportes par l’Aldroandi, ont été acquis par des etrangers et enlevés à Rome pour aller former dans toute l’Europe des musées et des collections particulières. On doit regretter que ses descriptions n’aient pas toujours toute l’exactitude qu’on leur désirerait, et de leur voir mériter souvent les mêmes reproches que celles de Flaminio Vacca, de Pirro Ligorio, de Pietro Santé Bartoli. L’on a droit de se plaindre qu’elles ne puissent que rarement nous servir de guides pour nous faire connaître, à Rome et ailleurs, les statues dont il ont cru nous conserver le souvenir. Ils portent bien devant nous le flambeau, mais la lumière en est trop vacillante et trop incertaine pour ne pas nous exposer à bien des doutes et à faire plus d’un faux pas. Maigre' ces inconve'niens il est fort à regretter que quelques autres antiquaires des xv et xvie siècles n’aient pas eu, comme l’Aldroandi, l’heureuse idée de nous laisser d’amples descriptions ou même des nomenclatures des statues qui existaient à Rome à leurs époques : nous évitant bien des recherches et des doutes, ils nous eussent procuré quelque plaisir.
L’édition de l’Aldroandi imprimée à Venise, in-12 ou petit in-8°, 15G2, est très-rare, même en Italie; je n’ai jamais pu me la procurer, et ne l’ai trouvée qu’à la Bibliothèque royale de Paris. Peut-être me saura-t-on bon gré de la reproduire, si ce n’est en entier, du moins en très-grande partie, en en offrant toutes les statués, tous les torses et tous les bustes, portion la plus importante et qui comprend pour ainsi dire toutes les descriptions de l’Aldroandi. J’ai pensé que pour les recherches il serait plus commode de les ranger par ordre alphabétique, et pour que l’on trouve facilement les palais et les maisons où ils étaient placés du temps de notre antiquaire, je donne de même à la suite, dans une série alphabétique, les noms des familles ou des édifices où se trouvaient ces monuments; ce sera comme une sorte de statistique des richesses de Rome, en statues, en bustes, en bas-reliefs désignés par des noms, en 15G2. Le numéro de chaque statue renverra à la place qu’elle occupe dans la liste alphabétique, où, sans ce secours, on pourrait hésiter entre des statues du même personnage. II m’a paru superflu d’indiquer tous les torses assez nombreux que donne Aldroandi, à moins qu’il n’y ait quelque particularité qui les fasse reconnaître. Quant aux autres, ils ne pouvaient avoir de l’intérêt que lorsqu’on était à portée de les voir dans les lieux cités par notre auteur. Je me borne donc aux statues, aux bustes et aux bas-reliefs que j’indique dans les notes, les autres monumens n’entrant pas dans mon plan. J’ai cru aussi devoir donner les principaux détails que nous offre l’Aldroandi sur ces statues, il y en a qui peuvent être utiles; mais je suis d’ailleurs très-loin de me porter pour garant des descriptions et des idées de notre guide, qui quelquefois sont redressées , et avec raison , par le savant Carlo F ea.
INTRODUCTION
STATUES DE l’aLDROANDI, DE L’ÉDITION DE 1556.
NOMS DES SUJETS
MAISONS DE ROME
où étaient Jes statues.
Carlo Féa.
Adonis, d’après Aldroandi, mais c’est Je beau Méléagre du musée Pio-Cicmentin ; trouvé sur Je Janicule, dans i une vigne, hors de la porte Portese , placé d’abord dans
une maison de la place Farnèse, k Rome, près du Campo
Adonis nu, très-beau, sans bras ni pieds; trouve' dans Ja
vigne de Paolo Ponti vis-à-vis Saint-Laurent, hors des
Apollon nu, sans tête ni bras, appuyé contre un tronc
Apollon nu , sans tête ni bras; trouvé au même endroit. . .
Idem
Atalante, portant sur Je côté gauche de Ja poitrine Ja peau du sanglier de CaJydon; trouvée dans Ja vigne de. . .
Idem «
Antinous, Je Méléagre du Vatican, scion WinkeJman; Je Mercure, selon Visconti; déterré au commencement du xvi° siècle , sur J’Esquilin , près Stc-Marie-de5-Monts.
Belvébère
Atrée et Thyeste. Voy. Gladiateurs , n° 18.
Bacchus barbu ou un Silène, plus grand que nature, couronné de lierre et de raisin; trouvé dans Ja vigne de
Paolo Ponti
Bacchus couclié sur une outre; trouvé dans la vigne de Domenico Capocio, hors de la porte Saint-Jean, au lieu nommé Basiliolo ; il était dans une maison de la place de
Bacchus (Petit) nu: découvert dans une vigne, près de
Sl-Etiennc, à Rome; tenant une grappe de raisin, indication qui conviendrait k plusieurs petites statues; clioz. . .
Ascanio Magarozzi....
Bacchus nu, couronné de raisin, embrassant un jeune Faune ; actuellement k Ja galerie de Florence ( Gori. Mus. flor. stat., pï. 48); trouvé dans une vigne, près Ja porte Majeure, k Rome; autrefois au B or go , chez
Pietro de Radicibus...
Cavalier: il n’en restait que Jes jambes, et Je cheval, tout harnaché, n’avait pas de tête; trouvé aux thermes de Caracalla. Ce beau morceau, était du temps de J’AIdroandi
Cupidon; la tête ceinte d’une bandelette, Jes pieds man-
quaient; trouvé dans la vigne de
Paolo Ponti
Déesse romaine (on ne dit pas laquelle) , sans tête, vêtue, un pan de sa robe rempli de fruits ; peut-être Pomone : plusieursstatues sont dans ce genre; trouvée dans la vigne de
Idem
Diane , sans tête, vêtue k Ja mauresque, scion Aldroandi. Serait-ce la Zingarella du Louvre n° 452, salle d’Hercule et Télèphe, ou quelque autre figure du même genre de draperie? Trouvée avec le Bacchus n° 30, et placé chez.
Dom. Capocio
Diane en costume de chasseresse; Je carquois sur J’épaule; sa robe serrée par une ceinture ; trouvée dans Ja vigne de.
Paolo Ponti
Enfant nu, un vase sur une épaule; il ressemblerait à des statues du mus. de Naples; trouvé k Rome, dans une vigne d’Ascanio Magarozzi, sur Je mont Cœlius, près Sl-Etienne.
Ascanio Magarozzi. . . .
INTRODUCTION
NOMS DES SUJETS
MAISONS DE ROME
où étaient les statues.
de
Carlo Féa.
Femme assise sur un siège; entièrement vêtue; on la donnait pour une Otacillc , femme de i’emp. Philippe le Pcre trouvée au même endroit que l’enfant nu , n° 32 ; chez.
Ascanio Magarozzi ....
assise de même que la précédente ; trouvée au même
lieu; elle passait pour l’impératrice Julie Mamme'e , mère d’Alexandre Sévère. Aldroandi ne donnant aucun détail, on ne saurait rapprocher ces statues de celles de femmes assises que l’on connaît : les belles Agrippines, la Mnémosync ou la Polymnie du grand escalier des Tuileries, etc. En même temps que ces statues, on ' déterra sur le mont Cœlius un grand nombre de têtes et
nue, sans tête; ayant sur les bras une masse de
Palais Farnèse
vêtue (peut-être la vestale Ttjccia), au-dessus de
nature; marbre noir, tête, main et pieds modernes ; même
Fleuves : le Tibre, du mus. roy. du Louvre, n° 249; le Nil, du Vatican; mus. Pio-CIémentin , t. 1er, pi. 38, 39. Ces deux chefs-d’œuvre étaient , vers le commencement du xvi° siècle, du temps d’Aldroandi et du père de Flaminio Vacca, dans une maison près de Saint-Etienne de Cacus, et du chemin qui de la Minerve va U l’arc de Camille. Ou ignore l’époque de leur découverte , mais ils étaient connus en 1430, et ce sont deux des six figures qui, selon le Poggio [De Varie tate fortunes) , restaient seules du nombre prodigieux de statues qui peuplaient l’ancienne Rome. Le pape Léon X les fit transporter au
Fleuve ou l’Océan; trcs-belle statue assise, appuyée sur un serpent; trouvée dans une hôtellerie près de la Minerve. Elle était place des Alticri, chez le capitaine
Giov. Bat. de Fabii . . .
Fleuve ou la statue connue sous le nom de Marforio ; trouvée h la montée de Marforio; longtemps couchée à terre, près de l’arc de Septime-Sévèrc (Fca, Misc.y ]>. lx xxm , n° 69); actuellement dans la cour du Capitole. (Voy. Mus. Capit . de JBottari, t. III, pi. lre. )
Capitole
Génie triomphant; belle statue posant sur une base, trouvée dans la vigne de .
Gladiateur colossal; nu, la courroie de son épée sur la
J poitrine , le pied droit sur un bouclier, derrière lui son
casque et scs vêtemens; trouvé aux thermes de Çaracalla.
Palais Farnése
, ou comme on le croit ù présent, Atrée et
le fils de Thycstc , qu’il tient, mort, par un pied sur son
épaule; tête, bras et jambes modernes; même provenance.
Idem
Hercule avec sa peau de lion; torse colossal , sans bras;
. appuyé sur un tronc d’arbre d’où pend son carquois; tête
et jambes modernes; même provenance
Hercule avec la peau de lion; sans tête ni bras; même
Tdem
Hercule, très-belle statue; sa peau de lion sur la tête et autour du cou; sans pieds ni mains; une main d’enfant touchant Ip, main gauche d’HcrcuIe indiquait uu groupe; trouvée au mont Esquilin, près des Sette sale, ancienne