Minerve, marbre, pl. 464- Musée de Dresde
Jadis cette grande et belle statue faisait partie delà collection du palais Chigi, à Rome.
Le cimier du casque a des plumes, les cheveux sont doucement ondulés.
Le péplus, formantici la tunique, comme à la Pallas de Velletri, n° 85i, donne naissance à une belle chute de plis. L’égide, attachée sur l’épaule droite par une agrafe, recouvre obliquement la poitrine en dégageant le sein gauche, et va par derrière rejoindre l’épaule droite.
Les plis que fait cette égide montrent qu’elle est en peau, bien que, couverte d’écailles, elle produise l'effet d’une cotte de mailles; il est probable que legorgoniumest en métal. La tête peut être rapportée ; le nez est restauré , le casque , le bras droit au haut du biceps , la moitié de l’avant-bras droit et la main sont modernes. — Leplat, pl. 4i ; Lipsius, p. 219. [Haut. 8 pi.]
* 869. — Minerve pacifique, marbre grec, pl. 319. Musée du
Louvre, n° 458.
La poitrine armée de l’égide, la déesse s’appuie de la main gauche sur son bouclier argien rond, posé sur un petit autel ; mais il paraît qu elle ne le doit qu’à la restauration, et que dans son intégrité, selon la remarque de Visconti, elle devait, de même qu’une statue du Musée Pie-Clémentin , I, pl. 1, tenir à la main une branche d’olivier, comme des Minerves pacifères que Ion voit sur des médailles et qui ont beaucoup d’analogie avec celle-ci. La tête de Méduse qui orne cette égide est bien antique; mais étant d un autre marbre que la statue, elle ne saurait lui avoir appartenu autrefois, et elle ne peut rappeler la Minerve oxyderh'es , aux regards perçans, à laquelle Diomède avait consacré
DE L’EUROPE
une statue à Argos, en reconnaissance de la protection quelle lui avait accordée. Le costume n’a rien de particulier; cependant, en parcourant la longue série de nos Minerves, on verra que les manches courtes à boutons de la longue tunique ne sont pas communes dans les statues de cette déesse.
Il est à regretter que la tête de notre Minerve, en marbre de Paros, ne soit pas la sienne et qu’elle soit moins bien que le reste auquel on l’a rajustée. Son casque, à trois cimiers [(paXoi) , pouvait être celui de la Minerve triphaleia d’Homère, et les serpens, très-relevés, de son égide réveilleraient l’idée de ceux de la Minerve de Démétrius, surnommée Musica, parce que ces serpens, sans doute en bronze et travaillés avec un artifice particulier, et peut-être légers et mobiles, étaient faits de manière à vibrer et à résonner au son de la lyre. Quoique un peu lourde par rapport à la proportion de la figure, la draperie offre de belles parties bien refouillées, largement traitées, et l’effet général en est satisfaisant. Le cou, le nez, le menton, les bras au sortir des manches, le pouce du pied droit, sont restaurés. Cette statue faisait jadis partie de la collection Borghèse, sal. 2, n° 3. [Haut. ira, 570 = 4 pi- 10 po.j
*870. — Minerve, marbre de Paros, pl. 32 1. Musée du
Louvre, n° 448.
Le bras gauche de la déesse est armé de l’égide, qui, par sa petitesse, conviendrait à la Minerve Colocasia, adorée par les Sicyoniens, et dont le nom paraît indiquer un petit manteau très-court en feutre, qu’on donnait à quelques divinités.
La tête n’est pas celle de la statue , mais est antique. II n’y a de moderne que la main et le poignet gauches, qui sortent de l’égide; cette égide, placée sur le bras, imprime à la statue le caractère de Minerve pacifera, pacifique. Voy. Winckelm. Mon. inéd. t. III, pl. 207. [Haut. im,583 = 4 p. 10 p. 6 1.]
*871. — Minerve pacifique, marbre de Paros, pl. 320. Musée du Louvre, n° 192.
Cette statue a été achetée par Louis XVIII à M. le prince de Beauvau. Elle avait fait partie de la collection Mattéi.
Elle est remarquable par sa pose , qui n’est pas ordinaire aux figures de Minerve, et par la manière dont sont ajustés l’égide et l’ample péplus qui recouvre sa tunique. La déesse, dans l’attitude la plus pacifique, la main droite appuyée sur la hanche, la gauche en avant, semble au moment de parler et de donner quelque conseil à un des héros qu’elle protège.
Sa draperie, bien entendue, est agencée avec un effet piquant.
La tête est celle de la statue; le nez, les doigts de la main droite, la moitié inférieure de l’avant-bras gauche, sont modernes. [Haut. 2m,2g9 = 7 pi. 1 po. ]
872. — Minerve, bronze, pl. 466. Florence (Galerie de), t. I.
Cette Minerve de bronze, de grandeur naturelle, semble une reproduction de celle que nous donnons sous le n° 879, pl. 467.
STATUES ANTIQUES
La déesse, également enveloppée de son péplus, le ramène de même derrière le corps. Noire Minerve tend le bras droit , tandis que celle du n° 879 l’élève.
Nous disons bras droit, parce que la gravure de la galerie de Florence donne l’opposé de l’original, disposition qui est passée dans la nôtre.
Du reste, même égide et même casque.
873. — Minerve, marbre de Luni, pl. 466. Musée Pie- Clémentin , pl. 8.
Cette statue fut trouvée à la villa Tiburtine de Cassius, dans la même salle où étaient l’Apollon Citharède , les huit Muses, et d’autres statues achetées de même pour le Vatican.
La tête tient au buste : elle est restaurée au nez, au sommet du casque et un peu aux cheveux.
Deux chouettes de face sont aux côtés du casque latin.
Les bras, le pied droit, le bas de la tunique à deux petits endroits, sont modernês.
La tunique est talaire sans manches. Le péplus, jeté sur l’épaule gauche, revient par la droite et va s’accrocher à gauche à la ceinture.
L’égide a le gorgonium calme et sans ailes , et la bordure sans serpens.
Selon M. Fossati, c’est peut-être à tort que la restauration a donné à notre déesse un bouclier et une lance.
La pose tranquille du simulacre, l’égide dépouillée à dessein de tout caractère terrible et meurtrier, le péplus reporté, comme pour les statues d’Hermès, sur l'épaule, semblent indiquer plutôt une Pallas Polyboulos du Forum, des affaires judiciaires ou politiques , qu’une Pallas Zosteria ou Sthenias. Ainsi il est à croire que cette statue n’avait pas d’attributs, et que le mouvement combiné de ses bras et de ses mains annonçait qu’elle prononçait des harangues au peuple, ou que les symboles étaient tout autres que le bouclier et la lance; que c’étaient, par exemple, des tablettes et le style, ou seulement un volume. [Haut. 6 pal. 1 on. 1/2. ]
874. — Minerve, bronze, pl. 466. Florence (Galerie de), t. I.
Cette statuette paraît offrir Minerve Ergané ou ouvrière; car on a reconnu clans les objets qu’elle tient à chaque main une navette et des écheveaux de laine. On a une autre représentation de cette Minerve sous le n° 881. Ici la déesse est enveloppée de son péplus. Les écailles de sa cuirasse offrent l’apparence de plumes, et son casque ne porte point un serpent au cimier comme au n° 881.
Ce bronze est, dit-on, d’une beauté exquise. [Haut. 8 po. ]
875. — Pallas, marbre grec, pl. 465, Rome, Vatican, ancienne coll. Giustiniani, pl. 3.
Cette statue a été trouvée à Rome, à la Porta-Maggiore, dans le temple que l’on désigne sous le nom de temple de Minervu Medica.
DE L’EUROPE
Elle a d’abord appartenu aux Giustianini, de qui Pie VII l’a fait acheter.
La conservation en est heureuse, car la tête n’est que replacée, et il n’y a de moderne que la main et le poignet droit, partie des doigts de la main gauche, le petit doigt en entier, le milieu de la haste et la tête du serpent.
La déesse debout, chaussée de sandales, est vêtue d’une ample tunique, qui couvre le bras jusqu’au coude ; le péplus est ajusté de manière que le pan qui a passé sous le bras droit revient sur l’épaule gauche, non pas en couvrant l’autre pan , mais en passant dessous. L’égide n’est pas tout à fait horizontale; elle est hérissée d’écailles, de serpens, et chargée du gorgeion ; le casque qui coiffe cette Minerve est grec; il est surmonté du sphinx , et orné sur la visière de deux tètes de mouton affrontées. La déesse s’appuie avec la main droite sur sa lance, et porte la main gauche près du sein; un grand serpent , placé derrière, lève, en s’enroulant, la tête vers la déesse.
Ce beau monument, quoique de moindre proportion que la Pallas de Velletri, au Musée du Louvre. 85i, pl. 320, a tout autant de perfection et de dignité; pas une ligne , pas un coup de ciseau qui soit à blâmer.
Maintenant, nous avons à nous demander ce que signifie ce serpent : est-ce un symbole de résurrection, de santé? et ladéessequi en est accompagnée est-elle Athéné-Hygie, Minerva Medica, ainsi qu’on le pense, ou ce serpent n’est-il qu’Erichthoniu s lui-même, fils de la déesse et de Vulcain, né de la terre sous cette forme? et, dans ce cas, nous aurions la Pallas proprement attique, Pallas mère.
Ce problème est fort difficile à résoudre. Si le serpent était dans un ciste, la question serait tranchée, et le groupe offrirait Athéné et son fils. M. Fossati est d’avis que le serpent rampant et s’élevant vers la déesse indique que ce serpent est éclos de la terre, ce qui nous reporterait à la seconde des interprétations que nous venons de proposer. [ Haut. 9 pal. 6 on. ]
875 A. — Minerve, marbre , pi. 462 F. Rome, Vatican.
Cette statue, qui représente la déesse de la Sagesse dans l’attitude de la réflexion, est d’un travail fort médiocre. Le péplus dont elle est vêtue est trop refouillé de plis et lourdement placé. Le bras gauche, beaucoup trop court, semble être dû à quelque restaurateur maladroit; le bras droit, qui tient la lance, n’est vraisemblablement pas antique. [Haut. 2m,020. ]
* 876. — Minerve, marbre, pi. 465. Paris, vestibule des
Tuileries.
Minerve se montre ici avec un vêtement qui la distingue des autres statues.
L’égide a le gorgonium sur l’épaule droite , et semble disparaître , à gauche, sous le péplus.
La tunique offre de l’ampleur; les manches sont longues et boutonnées; la ceinture n’est pas serrée.
Le péplus offre un arrangement qui se reproduit à peu près à certaines Muses. Un bout s’accroche à l’égide sur l’épaule gauche, revient ensuite par l’épaule droite, et va se fixer dans la main gauche de Minerve. [Haut. 2m,ioo.]
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