Clio assise, marbre, pl. 5oi. Musée de Madrid
Cette Clio est celle des célèbres Muses de la reine Christine, et nous devons consigner ici , soit les indications historiques , soit les observations générales qui concernent cette collection.
La reine Christine de Suède, qui passa â Rome la dernière moitié de sa vie (de i658 à 1689), avait réuni une belle collection de statues antiques dont un chœur de huit Muses faisait le principal ornement.
Nous disons un chœur de huit Muses, car on reconnaît que le ciseau antique lésa créées ensemble pour orner quelque bois sacré ou quelque riche villa.
Elles sont assises, dans les poses que le poète et l’artiste doivent attribuer aux Muses lorsqu’ils les représentent livrées aux inspirations que les anciens ont personnifiées en elles. Harmonie dans leur stature et leurs traits, harmonie dans leurs vêtemens et jusque dans leurs sièges (1).
On désirerait connaître la destination que ce chœur de Muses avait reçue chez les anciens. Malheureusement nous ne sommes pas même en mesure de dire en quel lieu elles furent découvertes.
Six de ces Muses avaient perdu leur tête, et les bras manquaient dans la même proportion. Elles furent restaurées telles que les offrent nos planches, oîi deux d’entre elles sont accompagnées de petits amours. Nous avons quelques raisons de penser que ces restaurations sont l’ouvrage du Bernin.
Le nombre des neuf Muses fut complété au moyen d’une statue debout, que la restauration orna des attributs de Thalie.
Ces Muses furent données d’abord par Dominico de Rossi dans la Raccolta di statue antiche e moderne, publiée à Rome en 170 4. Montfaucon les a données plus tard dans le tome I de l’Antiquité expliquée, etc. pl. 112.
Après la mort de la reine Christine, les huit Muses passèrent en Espagne avec les meilleures statues du reste de la collection. Philippe V en fit l’acquisition.
Ces antiques ont longtemps décoré la résidence royale de Saint-Ildephonse. Depuis quelques années, elles font partie du musée royal de Madrid.
Thalie resta à Rome et se trouve aujourd’hui au Capitole.
Nous n’étions pas en mesure de faire dessiner les statues de Saint-Ildephonse , et nous avons pris le dessin des Muses dans l’ouvrage de Rossi.
La création du musée royal de Madrid nous a permis depuis d’en faire examiner les statues, et nous pouvons aujourd’hui faire connaître l’état où étaient ces Muses avant la première restauration, et l’état où cette restauration les a mises, et enfin l’état, quelque peu différent, où elles se trouvent aujourd’hui (2).
(1) Les autres chœurs de Muses qu’offrent les musées modernes ne sont guère qu’un assemblage laborieux de statues restaurées pour cet objet.
(2) Le directeur du musée de Madrid,
M. Joseph Madrazo , a bien voulu se charger lui-même de l’examen des statues. Nos lecteurs ne pouvaient donc souhaiter un meilleur observateur.
2 5o STATUES ANTIQUES
La tête de Clio est la sienne, mais le nez est moderne (i) ; les deux bras sont modernes, de la première fibule du côté de la tête; le péplus, qui passe sur le bras gauche, n’est indiqué moderne que jusqu'à deux pouces au-dessous du bras, d’où il résulte qu’un reste de ce péplus antique, s’élevant vers le bras gauche, accusait suffisamment la disposition de ce bras.
La restauration a fait tenir à Clio une flûte et un volume, ce qu’on voit aussi à la Clio assise de notre planche 4i8 A, mais ce qui nous paraît peu d’accord avec la représentation ordinaire de cette Muse. Notre critique ira plus loin : on aurait dû, selon nous, lui mettre une flûte à chaque main, et alors elle eût été la Muse Euterpe, que l’on voit ainsi sur le sarcophage Montalto. (Voir ces deux figures sur nos planches 5o6 et 507.) [Haut. 5 pi. 4 po.]
a 990 A. — Clio méditant, marbre, pi. 498 A. Angleterre, Oxford, Marm. oxon. pl. 8.
Belle attitude de méditation, qui n’a son analogue dans aucune de nos figures assises, mais peut-être dans les Polymnies appuyées qu’offrentnos planches 52 5, 526 et 538. Ces Polymnies sont entièrement enveloppées de leur péplus. [ Haut. 4 pi. 3 po.]
990 B. — Clio assise, marbre grec, pl. 498 A. Angleterre, coll. Pembroke, à Wilton-House.
Cette statue a subi de nombreuses restaurations; la tête est antique, mais ne lui appartient pas. La moitié du bras droit et la flûte, la moitié du bras gauche et le volume sont modernes. [Haut. 3 pieds 1 pouce.]