‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 11 sur 299 · Bataille de Senlis, en 1519, par Fr. Anguier, n · texte numérisé non relu

Bataille de Senlis, en 1519, par Fr. Anguier, n

pl. 235, bronze.

Après la réconciliation d’Henri III et du roi de Navarre Henri IV, les deux rois vinrent assiéger Paris : on attendait les Suisses ; pour opérer leur jonction , le jeune duc de Longueville fut chargé d’un détachement qui alla au-devant de ces troupes suisses vers Senlis. Les ligueurs le suivent; le duc, à leur approche, charge le brave et expérimenté Lanoue de tout commander, déclarant qu’il ne veut être que son premier soldat. Les ennemis furent battus et les Suisses rejoignirent. A cette bataille, qui précéda de très-peu de temps la bataille d’ Arques, le duc Henri de Longueville défit le duc d’Aumale et délivra Senlis. Ce bas-relief, assez fini de travail , était incrusté dans la base du monument de Henri de Longueville. Il est presque inutile de faire remarquer que ce bas-relief est tellement traité à la romaine, que sans l’inscription qui apprend que c’est la bataille de Senlis, on ne se douterait pas que c’est un combat depuis l’invention de la poudre. Tous les casques, dont la plupart ont la forme de ceux des prétoriens, les boucliers ornés de foudres ailés, les cuirasses, les manteaux, les chaussures, les épées larges et courtes, les chevaux sans selle, les cavaliers sans éperons ni étriers, le caractère de presque toutes les têtes, tout est à l’antique, et l’on voit qu’ Anguier avait étudié les bas-reliefs des monumens de Rome. Le costume de guerre de son temps se prêtait à ce qu’on le rapprochât en partie de celui des anciens, et il a pris le parti, probablement en faveur de la sculpture, de s’y conformer tout à fait, pour pouvoir présenter des parties nues, ce que ne lui auraient guère permis des armures qui couvraient tout ,1e corps. On voit que le sculpteur, ne songeant qu’à l’intérêt de son art, â tout simplement représenté une bataille, et de la manière qui lui offrait le plus de moyens de développer son talent. Mais on peut lui reprocher d’avoir oublié et son époque, et Senlis, et son héros; de n’en donner aucune idée et de n’offrir qu’une mêlée de cavaliers et de fantassins anciens. Au reste, en ne considérant dans cette composition très -animée qu’un combat quelconque, on trouve de l’ardeur et de la vie dans les guerriers et dans leurs coursiers. Il y a de l’élan, de l’acharnement, sans trop de confusion ; et les diverses parties offrent d’assez beaux groupes pleins de mouvement et bien dessinés. On peut faire remarquer au milieu du combat les deux chefs qui, l’épée et la lance hautes, se précipitent sur un groupe qui résiste; celui qui, combattant à pied, terrasse un cavalier; le vieillard blessé soutenu par deux jeunes gens; et le cavalier qui défendait son étendard et qui, renversé de cheval, est reçu par un fantassin sur la pointe de sa lance. Un cavalier sur la gauche fond sur l’ennemi avec une grande ardeur. En tout, cette

GALERIE d’aNGOULÈME,

composition offre, avec beaucoup de fougue et de variété, un ensemble bien pense et assez habilement execute. [Haut. 0'",406 1 pi. .3 po. —

Larg. 0“,758 = 2 pi. 4 po.]

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