Vallius. N° 820, pl. LVI
Un conduit en plomb porte le nom de titvs vallivs, suivi de quelques lettres, mnar q, dont nous ne saurions tirer parti. — Coll. Durand. [Long. 0“,216 = 8 po. — Diam. 0“,108 = 4 po.]
Vallius Alypus (293). N° 237, autel, pL 252; pl. xiv.
607. VÉNULÉIA Varilla. N° 8 1 3 , urne cinér., pl. 254; pi. LYI.
Par la manière dont la partie postérieure de cette urne est arrondie, on voit qu’elle était destinée à être placée dans une niche demi-circulaire. Son fronton est terminé sur les angles par de grandes rosaces ; les têtes de Bacchus-Ammon qui soutiennent une grosse guirlande de fruits et de fleurs, les oiseaux qui les becquettent, font de cette urne funèbre un joli monument. Il fut consacré à venvleia varilla par son cousin marcvs caesonivs et sa sœur pvBLiciA svccessa. Nous verrons dans i’insci'iption suivante un l. VENVLEivs APRONiANVS, qui a été consul; et il se pourrait que notre Vénuléia Varilla fût de sa famille et vécût peut-être vers le même temps que lui, 168 de notre ère. — Coll. Durand. [Haut. 0“,261 = 9 po. 9 li. — Larg. 0'“,325 = 1 pi. ]
608. VÉNUS VÉRA Félix de Gabies.N” 78, pï. iv. I l 1., m. dcLxmi.
Cette belle inscription, bien gravée sur une table de marbre de Luni ,
INSCRIPTIONS
se lisait autrefois à Gabies sur la façade d’un temple de Ve'nus, e'Ieve' l’an 168 de l’ère vulgaire, sous les consuls l. venvleivs apronianvs, en charge pour la troisième fois, et l. sergivs pavllvs, pour la seconde, par a. plv- Tivs EPAPHRODiTVS, négociant en soieries, et qui avait en outre la charge ÿaccensus velatus, dont on ne connaît pas les fonctions. Mais, d’après une autre inscription (l), il paraîtrait que cette place n’était pas sans quelque importance; et l’on en voit revêtu un personnage d’un rang très-distingué. Notre Aldus Plulius n’était pas un simple mercator, marchand de soieries, mais un negociator, un négociant qui faisait sans doute en grand le commerce, et qui était peut-être comme un syndic de la corporation des commerçans en soieries. A cette époque de notre inscription , ce genre d’étolFes commençait à être en vogue. Caligula, selon Suétone, s’en était déjà servi et avait paru quelquefois en public en vêtemens de soie. Mais, au rapport de Lampride, Commode, contemporain de notre Plutius, en faisait un habituel usage. Aulus Plutius est encore cité comme accensus velatus et negociator sericarius dans une autre inscription de Gabies, donnée par Visconti (2) , et avec son fils Aulus Plutius Telesp horianus (3). Il paraîtrait que la famille Pliitia, connue par les écrivains, est la même que la Plautia qui fournit à Rome plusieurs consuls, et dont on a des médailles; on en a aussi sous le nom de Plutia; mais elle ne se trouve pas dans les fastes consulaires. Plutius Epaphrodite consacre à Vénus une statue de bronze qui la représente, un autel et quatre autres statues de bronze, placées dans des niches [zothecœ] fermées de portes ou de grilles, valvœ ou balhœ, du même métal. On ne dit pas quelles étaient ces quatre statues; mais il paraît, d’après une autre inscription de Gabies, citée par Visconti (4), qu’il y avait dans ce temple, qui paraît avoir été très-beau, deux autres statues en bronze qui représentaient des Cupidons. L’épithète de vera, donnée à Vénus, vient sans doute du nom de la fille de Plutius, soit peutêtre à cause de sa beauté, ou pour la mettre sous la pi’otection spéciale de cette divinité; et d’ailleurs le nom d’ÉpAPHRODiTE, que porte Plutius, devait lui faire honorer d’un culte particulier la déesse de la beauté, nommee Aphrodite par les Grecs. Quant au surnom de Félix que porte ici Vénus, il peut faire allusion à la félicité ou à la prospérité dont jouit la famille Julia, qui prétendait descendre de cette déesse. Ne pouvait-elle pas aussi avoir rapport à la prospérité dont la ville de Gabies pouvait croire lui être redevable? On ne trouve cette épithète, attribuée à Vénus pour la première fois, que sous le règne d’Antonin Pie; et on peut, avec Visconti, présumer qu’elle lui fut donnée à l’occasion du mai'iage de Faustine, fille d’Antonin Pie et de Faustine, avec le jeune Marc-Aurèle. Pour célébrer la dédicace du temple de Vénus, patrone de Plutia Véra, Plutius distribua une somme entre les sévirs augustaux , les décurions et les marchands de la ville de Gabies. Chacun des décurions devait recevoir seize sesterces, les sevirs treize et
(1) Visconti, Mon. Ga6.,.p. 168.
(2) Mon. Gah., p. 185.
(3) Mon. Gab., p. 187.
(4) Visconti, Mon. Gab., p. 167, 170; — Grutcr, p. 1069, 1; — Muratori , p. 58, 4.
LATINES
les marchands en boutique, tabernarii , seulement onze. Ces tabernarii pouvaient aussi tenir des espèces de tavernes ou d’endroits où le peuple allait se divertir comme dans nos guinguettes et les tavernes anglaises. Plusieurs inscriptions de Pompèi parlent de ces tabernæ, et il y en a quelquefois un très-grand nombre d’indiquèes. Ce devaient être des espèces de petits cabinets ou de cellules fei'mees par un rideau, qui ne contenaient que quelques personnes, et telles qu’on en voit encore à Naples et aux environs. Plutius donne en outre dix mille sesterces à la république de Gabies, sous la condition que, tous les ans, le 4 des calendes d’octobre (27 septembre), anniversaire de la naissance de sa fdle Plutia Vera, les décurions et les sévirs augustaux (magistrats des villes municipales, au nombre de six) se réuniraient à un repas public payé avec les intérêts de cette somme. D’après les expressions in triclinis (pour tricliniis) sms, il paraîtrait que chacun de ces différens corps de magistrats devait faire ses repas dans les triclinia ou salles à manger qui lui étaient propres , et qui probablement étaient destinées à cette sorte de fêtes, ce qui peut indiquer une espèce d’hiérarchie et des différences de rang entre ces magistrats et les tabernarii. Le mot PVBLICE indique que ces triclinia n’étaient pas fermés, et que le public pouvait assister au repas. Si les intentions du testateur ne sont pas exécutées sur ce point, la somme de dix mille sesterces est aussitôt dévolue à la ville de Tusculum, ce qui se voit prescrit de même dans notre belle inscription de Gabies en honneur de l’impératrice Domitia. D’autres inscriptions du même genre, citées par Visconti (1), parlent de legs semblables, avec les mêmes conditions, pour des repas aux jours anniversaires de la naissance dont on voulait perpétuer le souvenir. La somme alléguée ici est la même que dans l’inscription de Domitia (552), et il est à croire que les intérêts devaient être à peu près les mêmes.
Cette inscription est remarquable pour l’orthographe, ou plutôt pour les fautes que faisaient les ouvriers chargés de graver les inscriptions : on voit ici, lig. 4, des b pour des v : balbis pour VALvis; lig. 7, un d pour un T : avoD ANNis pour QVOT ANNis; lig. G, xs pour X : neglexserint pour ne- GLEXERiNT, Comme dans l’ancien grec, XS pour E, ainsi que l’offrent nos inscriptions athéniennes, n®® 222 et 222 bis, pl. x, xi, xil, xiil, où l’on voit AAEXSIAS, ANAXSIAOPOS, ANAXSIAAS, XSENTAAOS, TO- XSOTAI, etc.,pour AAEEIAS, ANAEIAOPOS, ANASIAAS, EENTAAOS, TOHOTAI, et dans la seconde, XSENOXAPES et AAEXSinnOS. Au reste on trouve souvent dans d’anciennes inscriptions latines proxsvmvs et MAXSVMVS pour proximvs et maximvs. Les inscriptions romaines fourmillent de ces sortes de fautes; il y en a qui les rendent très-difficiles à lire et plus fatigantes que les grecques. L’on peut voir de nombreux exemples de ces fautes, tant pour les mots que pour les lettres mises les unes pour les autres, dans une inscription trouvée à Préneste, de Fan 385 de notre ère, et qui est rapportée par Visconti, Mus. Pio-Clem. , t. I, p. 33. Notre monument a servi à assurer les noms de deux consuls; Visconti l’a savam-
(1) Mon. Gah., p. 180.
INSCRIPTIONS LATINES
ment explique. Mon. Gab., p. 185. [Haut. 0“,731 = 2 pi. 3 po. — Larg. 1™,625 = 5 pi.]