‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 153 sur 299 · CiPPE OU Autel funèbre, n" 408, pl. 250, marlre pentél · texte numérisé non relu

CiPPE OU Autel funèbre, n" 408, pl. 250, marlre pentél

On peut faire remarquer que les côte's de ce bel autel, reste' sans inscription, ne sont pas tout à fait en ligne droite et qu’elle est légèrement convexe, ce qui certainement n’a pas été' fait sans raison, de même qu’à Fautel de M. Antonius Tyrannus, 511, n® 502, pl. 250, où la courbe est encore moins sensible. Peut-être le sculpteur de ces monumens, qui, ornés de la même manière, pourraient bien être de la même main , trouvait-il une grâce particulière à cette faible déviation de la ligne droite, que l’on reconnaît aussi aux colonnes, même à celles de temps reculés, telles que les belles colonnes d’ancien dorique du grand temple de Pestum. Les guirlandes et les autres accessoires qui ornent notre autel, ainsi que tant d’autres monumens de ce genre, ont tous rapport aux sacrifices. Ces fleurs, ces fruits servaient d’offrandes et de parure, et il y eut un temps où l’on attachait réellement aux autels faits de troncs d’arbres les bucranes ou têtes décharnées des victimes , aux cornes desquelles on suspendait des guirlandes, usage religieux dont la sculpture nous a conservé le souvenir en s’en emparant au profit de ses décorations monumentales. Ces bandelettes, vittce, tœniœ, en laine, n’etaient pas de simples ornemens; on y attachait un caractère sacré et une grande vertu pour se concilier la faveur des dieux. Elles étaient assez larges, et les petits rubans, lemnisques, qui les terminent servaient à les fixer. Un des bucranes offre une particularité que nous n’avons pas remarquée ailleurs et que nous ne saurions expliquer : ce sont de petites rosaces qui recouvrent le trou de l’orbite de l’œil. Peut-être est-ce un ornement du au caprice du sculpteur; peut-être aussi en aurait-on placé de ce genre sur les têts véritables pour cacher ce qu’offrait de desagréable l’intérieur de l’orbite dépouillé. On trouverait un usage funèbre analogue à ceci à Naples et dans quelques parties de l’Italie, où l’on met du coton ou des fleurs à la bouche des morts exposés en public, à visage découvert, sur leur lit de parade funéraire. Il est presque inutile de s’arrêter aux instrumens de sacrifices suspendus à cet autel. Le vase à une anse, préféricule ou œnochoé, servait ou aux ablutions ou aux libations de vin , ou d’autres liquides; le couteau courbe, sescespita, égorgeait la victime; avec le couteau droit, culter excoriatorius , on l’écorchait, et c’était dans les patères qu’on en recevait le sang, ou avec lesquelles on faisait les libations. — Publié par Bouillon, t. ÏII, dp. et inscr. sép. rom., pl. 5, n® 73. [Haut. 0“,654 = 2 pi. 0 po. 2 li. — Larg. 0'“,450 = 1 pi. 4 po. 8 li. ]

616. Autel cylindrique, n” 715 ou 773 1er, pï. 251, mar. hlanc.

Cet autel, que décorent des guirlandes entourées et attachées par de larges bandelettes, n’est pas très-i’emarquable par son exécution. Cependant

AUTELS, CIPPES

il offre deux particidaxitës : il est plus étroit dans le haut que dans le bas, ce qui lui donne le caractère de certaines dispositions architecturales doriques; il est de plus dëcorë de têtes de bëlier et de casques, et cette variété des supports des guirlandes n’est pas ordinaire dans cette espèce de monumens. La forme de ces casques, accompagnes de grandes ailes qui retombent sur les côtes, est assez remarquable; le devant de la visière a ëtë mutile. Ces casques sont ornes de larges bandelettes indépendantes de celles des guirlandes. Cet autel pouvait être dédié à Mercure j à qui le bélier était consacré et auquel convient parfaitement le casque ailé, qu’avec des formes diverses on lui voit sur des monumens; et ce fut celui que, pour leur périlleuse entreprise, il prêta à Persée et à Bellérophon. [Haut. 0™,487 = 1 pi. 6 po. — Diam. en bas, 0‘“,426 1 pi. 3 po. 9 li.]

617; Vase cinéraire, n® 527, pl. 259, marbre blanc.

Ce vase, orné de grandes feuilles, était peut-être consacré à Bacchus; ce qui pourrait le faire croire, ce serait la couronne de feuilles de vigne et de raisins qui en entoure le bord, et peut-être mieux encore les têtes de jeune homme qui en forment les anses. Il est à présumer qu’elles représentent Acratüs, génie favori de Bacchus, et qui présidait au vin pur et généreux. C’était ainsi, selon Visconti, qu’en le représentant on n’en offrait souvent que la tête. — Donné par Bouillon, t. III, vases, pl. 6. [Haut. 0“,568 =: 1 pi. 9 po.]

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