‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 48 sur 299 · Bacchius. N“ 8 02, pL liv, 3 lig · texte numérisé non relu

Bacchius. N“ 8 02, pL liv, 3 lig

Cette inscription, dont une partie est efi’acee, a ete trouvée à Milo dans l’endroit où fut decouverte l’admirable Venus Victrix, n° 232 bis , l’un des plus beaux ornemens du Musee royal , et que peuvent envier les plus riches et les plus belles collections. Je la publiai dans la notice que je fis paraître en 1821 sur ce chef-d’œuvre. Mais ce fut d’après une copie fautive, et mon inscription le fut aussi. Le marbre étant arrive à Paris, je pus la copier avec exactitude, et je la rétablis ici telle qu’elle est dans l’article sur la Vénus de Milo, que je fis pour le Musée royal, magnifique ouvrage publié alors par M. Henri Laurent, et dans lequel, après la mort de Visconti, j’ai écrit les articles des statues depuis le n® 16 jusqu’au dernier, le n° 40.

Notre marbre porte que Bacchius , fils de Sextus Atius , après avoir été

SOUS-GYMNASIARQUE (A ÉLEVÉ OU CONSACRÉ) l’exÈdRE ET LE . ... À HeRMÈS ET À Hercule. Le nom de Bacchius se trouve dans plusieurs inscriptions et n’ofl’re aucune particularité'. Quant à celui qui suit, on pourrait le lire 2ATIOT , et traduire Bacchius, fils de Satius; mais ce n’est pas un nom, et il est plutôt k croire qu’on trouve dans ce mot le pre'nom Sextus, abre'ge' comme k l’ordinaire S, et le nom Atius, de quelque personnage de la famille romaine Atia, qui fournit de grands hommes k Rome , et dont on a des me'dailles consulaires. Cet Atius a pu s’e'tablir k Me'los, et donner k son fils un nom grec qu’il unissait k son nom romain. Quand l’histoire ne parlerait pas des fêtes de Mélos , cette île était trop célèbre pour qu’on pût douter qu’il y eût des gymnases, et les restes d’un très- beau théâtre prouvent que l’on y déployait de la magnificence dans les jeux. On voit par notre inscription que Bacchius , qui cependant n’avait été que sous-gymnasiarque , éleva ou consacra en honneur de Mercure et d’Hercule , divinités qui présidaient aux exercices de la gymnastique, l'exèdre et quelque autre partie d’un édifice. Il est probable qu’il ne s’agissait pas d’un temple , l’exèdre ne faisant pas partie de ce genre de bâtiment, mais que c’était plutôt un gymnase, qui se composait d’un grand nombre de pièces, parmi lesquelles, de même que dans les maisons des particuliers , il y avait des exèdres ou de grandes chambres qui servaient de lieu de réunion. S’il était prouvé

que notre inscription a toujours existe' à Mëlos , dans i’ endroit où elle a été trouvée , et qu’elle n’y a pas été transportée de quelque autre monument, on pourrait croire que la pièce carrée, ornée d’une grande niche, où elle a été déterrée, était i’exèdre ou telle autre partie du gymnase de Mélos : sa proximité du théâtre pourrait appuyer cette opinion. Si notre Vénus Victrix faisait l’ornement de cette partie, elle n’eût pas été déplacée dans un gymnase, surtout si, d’après l’opinion de mon ami M. Millingen, que je ne suis pas éloigné de partager, et dont je parlerai lorsque nous nous occuperons de la Vénus de Milo, si, dis-je, cette déesse tenait un bouclier et était représentée comme la victorieuse compagne de Mars. Unissant à l’image de la beauté l’idée de la valeur, elle eût rappelé que dans les fêtes d’Argos on décernait un bouclier à l’homme qui remportait le prix de la beauté, du courage et de l’adresse. On assure que l’on a découvert dans le même endroit une très-belle statue d’homme qui, dit-on, est à Marseille; il se pourrait que ce fût celle ou de Mercure ou d’Hercule , en honneur desquels Bacchius avait eonsacré cette exèdre. Peut-être un jour de nouvelles découvertes jeteront-elles plus de jour sur ce sujet intéressant , et confirmeront ou détruiront mes hypothèses.

441 A. Bassus. N° 857 B, sur une colonne de marb., pl. LXII, 6 t.

Cette petite inscription, gravee dans un cartel carre sur une colonne de marbre gris rapportée d’Egypte par M. Mimaut, consul general à Alexandrie, nous apprend qu’elle a ete consacrée par Bassus, fils de Straton, cpimelète ou intendant d’un lieu qu’on ne nomme pas plus que la divinité à laquelle on rendait cet hommage. On sait seulement que c’était en reconnaissance de la bonne réussite (EnAFATIi) probablement de quelque entreprise sur laquelle nous ne sommes pas plus instruits que sur le reste. Les O et les 0 de cette inscription sont en losange dressé sur la pointe; le H a la forme du M renversé iaI , et à la 4® ligne , le T est conjugué avec le H. Cette inscription se trouve, mais sans la configuration des caractères, p. 85 de la Description des antiquités, etc., de M. Mimaut, par M. J.-J. Dubois, sous- conservateur des antiques du Musée royal du Louvre. Paris, 1837. [Haut, de la colonne 1“,136 = 3 pi. 6 po.]

441 B. BÊSIS. N” 8 56, pï. lviii, 9 lig., pierre.

Sur cette stèle égyptienne en pierre tendre, et qui porte une inscription grecque très-mal gravée et qui sent les bas-temps, on voit cinq personnages qui, élevant les mains, invoquent Osiris et Anubis. L’inscription, où plusieurs fautes nuisent à la clarté du sens, est au nom de BÊsis l’aîné, de BÊsis le cadet et de leur oncle maternel Besis Karbas. Il paraît qu’ils venaient de Ptolémaïs, et qu’après avoir sacrifié dans le port de Pouchys, du nome d’ANTÆOPOLis, ils ont continué leur navigation. Ils prient le seigneur SÉrapis de leur être favorable. Le haut de la stèle est orné du globe ailé, accompagné des serpens Uræus et de deux chacals couchés, animaux consacrés à Anubis, l’une des divinités infernales et funèbres des Egyptiens. Le nom de Besa, très-rapproché de celui de Besis, se trouve dans une épigraphe de l’anthologie grecque : c’était un danseur égyptien. Anth. pal., t. II, p. 764, n° 30. On peut faire remarquer que sur notre inscription, de même que sur d’autres pierres égyptiennes de la même écriture, et probablement de la même époque, les P (R) ne sont formés que par un I terminé en

GRECQUES. 855

haut par un point de côte sur notre droite. [Haut. 0‘",48’7 = 1 pi. 6 po. — Larg. = 1 pi. 2 po. 6 li.]

442. BoitÉNUS. N” 8, pl. I, et bas-rel., pl. 259, 5 I., m. de Paras.

Ce bas-relief, en marbre de Paros, ornait le tombeau de Pübliüs Boitenüs Hermès, le jeune, fabricant de lits ( cleinopêgos). On y a représente plusieurs outils de menuiserie, entre autres un compas, une equerre et une espèce de haehe. Ce que Fon prend pour une hache ou une doloire pourrait bien être une espèce 'de rabot, et Fautre instrument conviendrait assez à tracer certaines courbes, comme ceux que les architectes appellent des pistolets. [Haut. = 1 pi. 9 po. 5 li. — Larg. 0“,279 = 10 po. 4 li.]

On peut remarquer dans cette inscription, dont ie yrénom Publius montre qu’eiie appartient aux temps où les Grecs étaient devenus Romains , que le 2 du mot KAEINO- IlHrOS a une forme très-ancienne, telle que l’S des marbres de Nointel, n“ 222, tandis que celles des autres mots sont faites en C, et que l’O n’a pas la forme monumentale antique ordinaire, mais celle de l’éd. Caylus a lu BEPTHN02 pour BOI- THN02. Rec., t. VI, p. 203, pl. 62, n® 3j — Spon, MiscelL, etc.., p. 334; — Osann , Syll., p. 372, no 38; — Welcker, SylL, p. 7.

Bouleidus (256). N°551, pl. xxiii et pi. 214, 11 lig.

443 BUTADÈS. N“ 616, pl. XLI, 7 lig., marbre.

Dans cette inscription, en très -mauvais état, et qui, selon M. Bœckh, était en vers élégiaques, Fon distingue encore la fin du nom Etéobutades, famille athénienne consacrée à Minerve, et ceux de Diogène et d’EuBULiDES : celui-ci était fils de Cropidas, ou peut-être du dème de Kropia, de la tribu Léontide, selon qu’on lit à la dernière ligne ou KPlillIAAO ou KPOIIIAAI. [Haut. 0“,325 = 1 pi. — Larg. 0“,554 = 1 pi. 8 po. 6 li.]

La fin de cette inscription porte qu’EuBULiDES et une autre personne, dont le nom n’existe plus, firent, EIIOIHSAN, ou exe'eutcrent quelque ouvrage dont le temps nous a ravi la connaissance. C’est bien la formule par laquelle, dans les inscriptions, e'taient de'signe's les ouvrages d’art, et d’après les fragmens de quelques mots où l’on croit retrouver le nom d’ÉGiNE, on serait tente' de penser qu’EuBULiDES et un autre artiste avaient consacre' dans cette île ou une statue , ou quelque autre monument à la me'moire de quelqu’un de la famille des EtÉobutAdes. C’est peut-être à eux que se rapportent des mots de la 3® ligne, qui semblent dire qu’ils ont fleuri à Egine, et, à l’avant-dernière ligne, qu’ils ont rendu à leur patrie son ancienne liberté'. Il est bien aussi question, dans Pline, 1. xxxiv, ch. xix, et chez Pausanias, Att., c. ii, 4, d’un statuaire nommé Eubulides, dont l’époque n’est pas indiquée , mais qui paraît avoir été d’Athènes, où il travailla. Les belles statues que l’on citait de lui pourraient faire admettre, en supposant qu’il fût mention d’une statue dans notre inscription, qu’on lui confia celle que l’on érigeait à un Étéobutade. Je n’oserais cependant, malgré ces inductions, présenter notre Eubulides comme le statuaire que citent avec éloge Pline et Pausanias. 11 y avait, selon ce dernier auteur, Att., c. xxvi , dans le temple d’Erechthée, à Athènes, un autel consaeré au héros Butés, frère de ce roi; et les murailles de l’édifice offraient des inscriptions peintes relatives à celte famille sacerdotale, chez la-

INSCRIPTIONS

quelle le sacerdoce de ï Erechtheum , du temple de Minerve Poiiade et du Pandrosium , e'tait IieTéditaire. Stuart trouva, près des ruines de ces temples, un fragment d’inscription où on lisait encore lEPEOS BOTTOT, du prêtre Butés. Voyez la Trad. française de Stuart, vol, II, p. 33, pl. 17, fig. 9. If paraîtrait que notre inscription, qui du reste est en grande partie presque indéchiflfrabie, parlait d’une alliance ou d’une campagne de cinq ans; et c’était à cette circonstance qu’avait peut-être rapport ce que semble indiquer f’avant-demière ligne citée plus haut. — Col. Chois.; — Bœckh, C. inscr. , V. I, p. 503, n® 666.

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