‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 9 sur 299 · Génie, n° 35, pl. 232, marbre · texte numérisé non relu

Génie, n° 35, pl. 232, marbre

La lettre H entremêlée aux armes sur lesquelles s’appuie ce génie indique que ce bas-relief provient comme les autres d’un monument d’Henri IV. Ces jolies figures, ajustées avec goût et d’un dessin facile et coulant, sont agréablement modelées et d’une exécution très-soignée. On n’en connaît pas le sculpteur; mais il me semble qu’elles pourraient bien être de Barthélemi Prieur, qui a orné de génies du même genre les arcades des fenêtres de la partie du Musée des antiques bâtie sous Charles IX et Henri IV, et qui

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donne sur le jardin de l’Infante. Voy. sur Barthe'Ienu Prieur, t. I, p. 406. [Haut. O^aGO = 9 po. 7 li. — Larg. 11 po. 10 li.]

375 bis. Loth et ses Filles, par Jacques Sarrazin , n° 102, pl. 229 bis, marbre.

Tandis que le vieillard assis s’entretient avec une extrême familiarité' avec ses fdles, qui troublent sa raison par le breuvage qu’elles lui versent outre mesure, on aperçoit dans le fond les flammes qui dévorent les villes coupables de Sodome et de Gomorrhe, et qu’excite un ange exe'cuteur des châtimens célestes. On ne saurait approuver ce fond d’arbres, de terrain et de rochers qui sont toujours d’un mauvais effet en sculpture, et que n’ont jamais employés les sculpteurs des bons temps de la Grèce. Le groupe est mieux que la figure isolée qui est hors d’aplomb. Mais peut-être Sarrazin a-t-il voulu indiquer que cette fille impudique de Loth ressentait déjà les atteintes de la liqueur qu’elle avait bue largement avec son père et sa sœur, et qu’elle commençait à pei'dre son équilibre. Dans tous les cas, ce ne serait pas rendu d’une manière satisfaisante, et cette composition est peu digne du talent et de la grâce ordinaire de Sarrazin , de l’auteur des belles caryatides de la cour du Louvre. Peut-être, au reste, lui donne-t-on à tort ce petit bas-relief, et il n’est pas certain qu’il soit de lui. — Il est encore dans les magasins du Musée royal. — Voy. sur Jacques Sarrazin, t. I, p. 439. [Haut. 0™,301 = 1 1 po. 2 li. — Larg. 0"',350 = 1 pi. 0 po. Il li.]

375 ter. VÉNUS Marine, n° 103, pl. 229 bis, m.; école Florentine.

Cette Vénus jouant au milieu des eaux avec son fils monté sur un dauphin, et qu’elle semble vouloir recouvrir de sa draperie, offre une composition assez agréable; mais, bien que les figures ne soient pas mal modelées, cependant le dessin et l’exécution en sont lourds; ce ne sont pas là les contours sveltes et élancés que l’école Florentine donnait ordinairement à ses déesses; et s’il était prouvé que ce bas-relief fut de cette école, l’on pourrait être certain que ce n’est pas de l’un de ses meilleurs maîtres. — Ce morceau n’est pas encore placé au Musée royal. [Haut. 0'",501 = 1 pi. G po. 6 li. — Larg. 0'",330 = l pi. 0 po. 2 li.]

376. Bataille d’Ivra", par Francheville, n° 4, pl. 234, marbre.

Henri IV, armé de toutes pièces, montant un cheval caparaçonné, charge des troupes qu’il tei'rasse; dans le lointain on voit le peuple venir au-devant de lui et célébrer sa victoire; au haut de la composition, Jupiter, sur son aigle, tient à la main droite son foudre, et de la gauche une couronne qu’il va poser sur la tête du vainqueur. Ce bas-relief, d’une grande finesse de travail, ofl’re de jolis détails. Il était placé aux Petits-Augustins, sur la face antérieure de la belle statue en marbre de Henri IV, par Francheville. [Haut. 0"‘,478 — 1 pi. 5 po. 9 li. — Larg. O^GSA = 2 pi. 0 po. 8 li.]

Pierre Francheville, nomme' Francavilla par les Italiens, chez lesquels il eut

BAS-RELIEFS DES XVI% XVlf ET XVIII® SIÈCLES. 815

de grands succès, et qui veulent se l’approprier, naquit à Cambrai, et, s’e'tant assez distingué dans ses études, il fut destiné par son père à suivre la carrière des belleslettres. Mais son goût le portait vers les arts, et dès sa jeunesse il montra les dispositions les plus heureuses et les plus propres à lui faire désirer de s’y eonsacrer, et à lui inspirer l’espoir de grands succès. Entraîné par sa passion , il s’échappa , pour ainsi dire , de chez son père qui la contrariait, voyagea en Italie, et étudia sous les grands maîtres qu’avait formés Michel-Ange , et dont on retrouve quelquefois les inspirations et le style dans ses ouvrages. 11 s’attacha particulièrement à Jean de Bologne, l’un des plus habiles sculpteurs des temps modernes, .avec lequel il travailla pendant plusieurs années à Florence, à Pise, à Gènes, où il laissa un grand nombre de belles statues. D’après la réputation que s’acquit Francheville en Italie, Henri IV l’engagea, en 1601, à revenir en France, et le nomma bientôt son premier sculpteur. Cette nomination reçut sans doute l’approbation générale; ciir, dans une chronique du temps, on ne fait pas de difficulté de proclamer Francheville le Phidias de la France. 11 fut alors chargé de travaux importans, et depuis on le trouva digne d’étre associé à Jean de Bologne dans les sculptures du monument qu’on éleva à Henri IV. La belle statue équestre en bronze du grand et bon Béarnais, qui en faisait la plus importante p<artie, avait été commandée à Florence à Jean de Bologne par le grand duc Ferdinand pr de Médicis (M. 1609), fils de Cosme 1“ et frère de François, père de Marie de Médicis. Il est à croire que Ferdinand, s’étant brouillé vers la fin de sa vie avec Henri IV, le travail de cette statue avait été interrompu, mais il fut repris et terminé sous Cosme II; ce ne fut cependant pas par Jean de Bologne, mort en 1608, à 84 ans; Pierre Taca donna la dernière main au bronze fondu d’après les modèles de Jean de Bologne, dont le grand âge n’avait pas, à ce qu’il paraît, affaibli ni refroidi le talent. Ce chef-d’œuvre fut envoyé à Marie de Médicis, en 1614, par son neveu Cosme H. Le 23 août de la même année il fut placé, avec une grande solennité, au Pont-Neuf, en présence de tous les principaux magistrats et de Francheville, premier sculpteur du roi. Ce fut lui que l’on chargea de terminer ce grand monument : il l’orna de beaux bas-reliefs en bronze qui retraçaient les hauts faits, la vaillance chevaleresque et la bonté de notre Henri IV. Ces bas-reliefs n’existent plus; mais nous avons encore au Musée royal les quatre belles statues de captifs en bronze que Francheville avait pl.aeées aux quatre angles du monument. D’après les décrets de l’Assemblée législative, la statue du bon Henri, de ce héros si français, du père du pauvre, a été détruite le 11 août 1792!!! Nous l’avons vu reproduite en 1822, et l’enthousiasme parisien a replacé sur son piédestal la statue du bon roi; on se rappelait avec attendrissement sa brillante valeur, son esprit, son cœur, et sa poule au pot et ses vœux pour le bonheur de la France. Par un de ces élans spontanés, électriques, impossibles à exprimer, la population enthousiasmée traîna cette énorme masse en pleine course des Champs-Elysées jusqu’au Pont-Neuf : le bon Béarnais semblait jeter avec amour ses regards paternels sur la foule de ses enfans qui, bénissant sa mémoire, le rendaient à ses .anciens honneurs. C’était comme autrefois ces palladium qui descendaient des cieux pour être protecteurs des villes et l’objet de leurs hommages. Et ces hommages furent bien touchans, et une noble expiation des erreurs dont l’im.age d’Henri avait été la victime. Mais il sera toujours à regreter pour les arts que nos hommages ne soient plus reçus par l’Henri IV de Jean de Bologne. — Ou ne connaît pas l’époque de la mort de Francheville ; mais on voit qu’il a dû prolonger sa carrière jusqu’à 63 ou 64 ans, d’après une inscription gravée sur la statue n" 37 de la galerie d’Angoulême, qui apprend que ces statues, commencées par Francheville, avaient été terminées en 1618 par son élève Bordonî. Parmi les productions de Francheville on peut citer le Temps enlevant la Vérité, groupe qui, du Jardin des Tuileries, fut autrefois transporté à Ponichartrain , Louis XIV l’ayant donné au chancelier de Pontchartrain; son David en marbre, de la ga-

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lerie d’Angoulôme, 11° 68 ; Henri IV, en marbre et en pied, en armure et en manteau roval, couronne' de lauriers : cette belle statue était autrefois au musée des Petits- Augustins; on ignore ce quelle est devenue, car elle n’est pas à Versailles. Francheville s’exercait aussi à travailler l’ivoire. Son style tient beaucoup de celui de l’école Florentine, et quelquefois ses poses sont un peu maniérées; mais ses figures, bien conçues, sont d’un dessin vigoureux et d’une belle exécution. En comparant ses statues avec celles de Michel-Ange que nous avons au Musée royal, on voit la différence qu’il y a entre le maître et l’élève.

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