‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 45 sur 112 · RÉPARATION FAITE A LOUIS XIY · texte numérisé non relu

RÉPARATION FAITE A LOUIS XIY

AU NOM DU PAPE AUEXANDRE Vil

es querelles survenues en différentes rencontres entre quelques soldats de la garde corse et les Français qui étaient à Rome, donnèrent lieu à une insulte qui fit un grand éclat. (Journal historique de Louis XIY.) Le palais Farnèse, où le duc de Créqui demeurait, fut investi par la soldatesque du pape. On tira plusieurs coups de mousquet aux fenêtres, et l’ambassadeur ayant paru sur un balcon pour apaiser le tumulte par sa présence, vit sa dignité et sa vie compromises, et rien de plus. Dans le même temps, le capitaine des gardes du duc de Créqui fut attaqué dans la place Navone et blessé d’un coup de mousqueton. Le carrosse de la duchesse de Créqui fut pareillement attaqué au milieu de la rue, et un de ses pages qui était à la portière fut tué sous ses yeux. Elle se réfugia promptement chez le cardinal d’Est, chez qui un grand nombre de Français s’étaient déjà mis à l’abri. Ce prélat en composa une escorte à laquelle il joignit tous les domestiques de sa maison, et se faisant porter à la tête des chevaux de l’ambassadrice dans une chaise découverte, il la ramena au palais Farnèse, au milieu d’une haie de trois cents hommes armés et d’une centaine de flambeaux. C’était le 20 août 1062. Le 29, Louis XIV reçut la nouvelle de cet attentat, et le Ier septembre le duc de Créqui sortit de Rome pour se retirer en Toscane, et le roi envoya ordre au nonce de sortir incessamment de son royaume. Une escorte commandée par un lieutenant des gardes du corps l’accompagna jusqu’à la frontière de Savoie, sans souffrir qu’il eût communication avec personne. Mais l’affaire ne devait pas en rester là. Le jeune roi avait fait grand bruit, il avait écrit à toutes les puissances, si ce n’est aux puissances protestantes, par une espèce de scrupule du Roi Très Chrétien. Le pape ne se pressant pas de donner satisfaction, Avignon

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