‹ Musée de VersaillesChapitre 44 sur 59 · COMBAT NAVAL DU TEXEL · texte numérisé non relu

COMBAT NAVAL DU TEXEL

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Louis XIV, irrité contre les élats de Hollande, avait résolu de châtier cette petite république, dont les armées navales dominaient alors sur les mers. Il convint avec l'An^eterre de partager les dépouilles qu'ils allaient conquérir, et, le 7 avril 167a, les deux rois alliés tancèrent leur déclaration de guerre. Pendant que Louis XIV marchait de victoire en victoire, que les élats-généraux étaient conslernés, que le grand pensionnaire de Witt était assassiné à La Haye avec son' frère, les escadres réunies de .France et d'Angleterre livraient aux forces navales de la Hollande'', commandées par le'fameux Buyter, plusieurs combats sanglants, dont le plus mémorable fut celui du 1.1 août 1673.

Le prince Rupert, commandant en chef les escadres unies, avait reçu un ordre du roi d'Angleterre, qui lui enjoignait de quitter avec la flotte le mouillage de Yarmouth, et de cingler vers le Texel, pour y aller combattre la flotte hollandaise. U.dut donc mettre sous voile immédiatement, et, le lundi 21 août, les amiraux combinés reconnurent la flotte hollandaise, mouillée un peu au nord du Texel . En conséquence, le prince Bupert fit signal de virer de bord. Les Français, commandés par le comte d'Estrées, étaient à Tavant-garde (vingtsept bâtiments), l'amiral Edouard Sprag à l'arrière-garde (vingt-sept vaisseaux), et le corps de bataille (vingt-huit vaisseaux) s'avançait sous les ordres du prince lui-même. Ruyier envoya le vice-amiral de Zélande, avec sept vaisseaux de guerre et trois brijlots, pour engager le combat contre l'escadre de France; l'amiral Tromp, avec son escadre de vingt-six vaisseaux de guerre et sept brûlots, attaqua l'amiral Sprag; et enfin Ruyter et Banker, avec le reste de leur flotte, se portèrent sur l'amiral anglais.

L'action futcbaudeet de près. Les vaisseaux ennemis furent mis en désordre , et, si l'amiral Sprag ne s'était pas séparé, dès le commencement du combat , du prince Rupert, il est probable que l'on aurait mis les Hollandais en déroute,

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et qu'on les aurait entièrement détruits. C'était la pltis belle et la plus avantageuse occasion qui ait jamais été perdue à la mer. Au coucher du soleil, les flottes se retirèrent en bon ordre, prêtes à recommencer le combat le lendemain matin , si le cas devenait nécessaire.

Au nombre de ceux qui se distinguèrent dans ce combat , on cite particulièrement le capitaine Guillotin , commandant d'un brûlot. I^ comte d'Estrées avait ordonne à cet officier de s'attacher au navire de Banker et de le brûler. Guillotin essuya le feu de trois vaisseaux, en évita deux autres, jeta ses grappins au vaisseau désigné et mit le feu à la mèche; mais voyant que cette mèche ne faisait point effet , il retourna à son brûlot , y mit le feu une seconde fois et se retira. L'équipage entier du vaisseau de Banker, épouvanté de l'intrépidité du capitaine Guillotin se jeta à la mer, hors vingt hommes qui eurent le courage de rester à bord, et furent assez heureux pour séparer le navire du brûlot enflammé.

L'escadre française ne perdit aucun de ses vaisseaux, les Anglais n'eurent k regretter que deux ou trois brûlots , et les Hollandais seulement eurent un vaisseau coulé à fond et un autre brûlé.

Parmi les morts, on compta l'amiral anglais Sprag, qui, s'étant écarté , comme nous l'avons dit, de Tescadre de l'amiral Rupert, eut son vaisseau désemparé, et périt au moment où il cherchait à monter à bord d'un autre navire.

Le vaisseau de Tromp, contre lequel il combattit tout le jour, ne fut pas mieux traité, et l'on ne vit pas son pavillon, le soir, lorsque toutes les escadres se i*etirèrent de part et d'autre.

(^Extrait du rapport de F amiral d^Estrées.)

La relation anglaise de ce combat diffère totalement de la relation française, et, si l'on en croit le rapport du prince Rupert, le peu de succès obtenu ne devrait être imputé qu'au mauvais vouloir du comte d'Estrées, qui, avec un peu de vigueur, aurait pu, le 7 juin précédent, s'il l'eût voulu, s'emparer de l'amiral Ruyter, dont le vaisseau était fort maltraité.

{^Lettre de M. de Martel j lieutenant de r amiral d^Estrées.)

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