‹ Musée des monumens français (volume 2)Chapitre 2 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On sait que Texistence du Musée des MoNtr- MBNS FRANÇAIS a commcncé en 1 790 (5 octobre), sous les auspices de F Assemblée nationale , de son comité d'aliénation des biens nationaux, présidé par M. le duc de la Rochefoucault. U était naturel^ sans doute, que je fusse chargé du soin de recueillir les monumens , de les conserver, de les mettre en ordre et de les décrire , puisque je donnai le premier (1) Tidée

(1) Alexandre Lenoîr ^ créateur et aâministràtèur du Musée des Monumens français , né à Paris , en 1 763, après avoir terminé ses humanités au collège Mazarin , suivit, en qualité d'élève, les académies royales de peinture , de sculpture et d'architecture. Disciple de Gabriel-François Doyen , peintre du lloi, premier peintre de Monsieur et de S. A. R. Monseigneur 1« comte d'Artois; il cultiva la peinture jusqu'en 1790^

de réunir dans un local unique et spécial les tableaux , les statues et les tombeaux qui se

époque où il conçut le projet de réunir , dans un dépôt, tous les monumens des arts qui se trouvaient •ans asile par la suppression des maisons religieuses. Ce projet, remis d'abord à Gabriel - François Doyen, fut soumis par lui à M. Bailly , premier maire de Taris, avec lequel il était lié d'amitié , et ensuite accepté par TAssemblée nationale qui convoqua une réunioû d'artistes' et de iavans, sous le titre de ConfmisHon des Monumens^ et nomma M. Lenoir conservateur des Monumeus et administrateur du dépôt oji ifs seraient réunis. M. le duc de là Àochefoucaiilt aimait les arts et cultivait les sciences; il pêérérà Ik maison des Petife-Augustins & fout aut^ lecialv parce qa'il était près de son hôtek

Dans la suite, à dater du a6 juillet 1793^, )osqa*en {anvier 1817, il a été remis, par M. Lenoir, à Tadministration du Musée du Louvre, une Arès-graiide quantité Ae tableaux précicuA , des bas-rdiicfs , deii statues antiques et modernes^, dos colonnes et autres marbres rares qu'il avait eu le soin de recueillir ; il a également rendu aux difTérentés églises de Paris , et autres lieux, les monumens qui en avaient été enlevés , ce qui est constaté par une expédition des ordres qu^il a reçus. Dès Tannée 1793 il a fait imprimer une notice explicative des monumtns qui , jusqu'alors , avaient été transportés aux Petits-^Augustins» et le ttuyée fut ouvert au public.

A.y Atf T-»ftOi»OS . . f tj

' irpu^îe^ 4^D$ le* monastères ou dat» W églises supprimées ; et si fai saavé une grande <|i^jQtité 4e monumeos pendant le régime af* fvfxix de la terreur , ce n'est pas sans avob éprouvé des dangers pour ma personne.

Les magistrats sachant que rien n'est sacré pour une multitude égarée par des hommes^ qui dnt intérêt à tout renverser ^ applaudirent à la première propo^ti<»i et à une surveillance qu'ils réglaient non-seulement comme utile aux arts, mais encore comme ut) hommage rendu à la religion. Ils arrêtèrent quHl fierait établi un Dépôt de Monumens ^ et fprmèrerit une commission d'hommes distingués , instruits , auxquels ils in'associèren^. ff nae ^s]4n pl^Uj^ p\^ çonsidâant la coUeçÙQII ffi^ â«74t ^ fcHnaAer aou« le rappc»rt des arfs du dessin et de llû^oire, un mu^ chfonoUh giijuement disposé et divisé en plusieurs salles ^ en fttt le résultat.

- Bu parcourant^ les divisions de ce Musée , Tartiste et Tamateur éclairés venaient la* rudesse des arts de nos ancêtres j^ symbole dç leurs ipœurs : ils les voyaient ensuite se pepr Cw%iWCT iB?l?P3i^kBa^n Ces M«P?s aç^s^ arrivés à Tépoque brillante ou nos Franj^a»

Viij . AVAHT-PBOPOS.

8 étant, péaétrés des vrais principes , et ayant puisé le goût du beau , d'après les chefs-d'œu- Tre des maîtres de Faimable Italie > ils rapportèrent les leçons de ces artistes célèbres qui y en échange de la protection des souverains pontifes^ répandirent sur leur règne le plus grand éclat (i).

Ces diûerences et ces relations entre les beaux arts n'ont point échappé à la sagacité des hommes de toutes les nations et de tous les rangs qui sont venus visiter le Musée. Us ont saisi avec le même discernement les variations que leur présentaient ^ à d'autres égards , les su-

(i) On n^ignore pas que les papes Léon X et Jules II furent les plus zélés protecteurs des arts ; que c*est au zèle pieux et aux travaux considérables que ces souverains pontifes firent exécuter au Vatican ^ que nous sonunes redevables des cbefs-d'œuvre que Ton ad* mire depuis plus de trois siècles. On sait aussi que ce ne fut qu^envîron un demi-siècle après Tachèveinent de ce grand et bel édifice , que les artistes français, sous la protection immédiate de François I**, reçurent, des grands maîtres de cette superbe Italie, les principes du vrai beau; et, qu^à cette époque seu» lement, ils introduisirent dans leurs productions les formes raisonnée* et les belles proportions de la na*

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