LE PALAIS DES THERMES
Les ruines romaines connues sous le nom de Thermes DE Julien sont les restes du Palais des Césars , construit dans les premières années du IV® siècle. C'est le monument le plus ancien de Paris , et le seul vestige encore debout des somptueux édifices élevés par les empereurs sur Iç sol de l'antique Lutèce.
Les historiens ne sont pas d'accord sur la date précise de la construction de ce Palais, non plus que sur le nom de son fondateur. L'opinion la plus accréditée est celle qui l'attribue à Constance Chlore. Le séjour de quatorze années que cet empereur fit dans les Gaules, le genre des matériaux employés , leur disposition , et surtout le système de décoration du monument , sont les preuves les plus convaincantes à l'appui de cette assertion-.
Quoi qu'il en soit , le Palais des Thermes existait , à n'en pas douter, du temps de Julien. Il est certain que ce prince y avait fixé sa résidence et qu'il y fut proclamé empereur par ses troupes en l'an 360. Les traces' du
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séjourqu'y firent les émpdMirs Valentinien !•' et Yalens sont également bien constatées.
Plus tard, après les longs déchirements résultant de Tinvasion des peuples barbares , la puissance romaine et ses alliances durent céder à la valeur des Franks , et la demeure des Césars devint la résidence de nos rois de la première et de la seconde race , jusqu'à Tépoque où , transférant leur séjour dans la Cité y ils firent construire à la pointe de File le vaste bâtiment connu sous le nom de Palais ; dès lors Tédifice appelé Palais des Thermes , ou Thermes de PariSy devint le Vieux-Palais (1), et les terrains qui en dépendaient et qui , s'étendant vers la Seine, embrassaient tout le littoral jusqu'à l'église Saint- Yincent (aujourd'hui Saint-Germain-des^Prés) , furent morcelés et divisés successivement par la nouvelle enceinte de Paris, élevée sous le règne de Philippe-^Âuguste (2).
Ces terrains furent couverts de constructions qui passèrent, ainsi que le Palais lui-même, dans les mains de divers propriétaires, parmi lesquels nous trouvons, d'après les titres' des XIII® et XIY* sièdes» les Ares Jehan de Gourtenay, seigneur de Champignelles» Simon de Poissy,
(i) Voici la description qu*en donne Jehan de dauteville, en l'an 1180 : « Ce palais des rois, dit 11, {àoi/hu» aula re^am), dont Ui » cimes i*4leTAient Jasqu'aui eieni t et dont lei ftodcroenti attM* » gnaient Tempire des morts. . . .
D Au centre se distingue le principal corps de logis, dont les ailes n s'étendent sni* le ménië alignement et, se dét^loyaAt , sétnbKiit eâ:«* » brasser la montagne. »>
(2) Uenceinte de Philippe^A.ugu8ic partait, du côté du midi, du point correspondant à l'extrémité occidentale de la Cité , vers là rue des èrâûds-AtigusUn» , luiyant à t>eti près te pfôlôilgèmélit de tëite roi , viiiftil tbotUr à 1« rue IIautefe«iU« par r&npawe d« Pft9H> i«tp^
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Raoul de Mèulaa , l'archeyéque de Reims et Tévtqaede Bâyeux» Jusqu'au jour de Taequisition faite , vers 1940, par Pierre de Chaslu^i au nom de Tordre de Gluny» de la totalité de ce domaiae, tel qu'il existait encore.
Pendant les cent cinquante aps qui s'écoulèrent depuis cette acquisition jusqu'à la construction de l'Hôtel de Gluny par Jehan de Bourbon et Jac<}ues d'Amboise, on ignore quelle fut la deMination des bâtiments. Toujours est-il qu'à la fin du XV® siècle il ne restait plus de cet immense édifice» complètement intact trois siècles auparavant» que les salles qu'on voit aujourd'hui, et qui ont conservé le nom de Palais des Thermes.
A cette époque , l'Hôtel de Cluny vint s'élever sur uAS partie des fondations romaines , et les salles antiques
geait la me Pierre-Sairatin , iravenalt celle de la Harpe ven le nte desMathurins, et la remontait ]usqa*À la place Saint-Micbei. De là, elle rejoignait la rue Saint-Jacques, entre les rues du Foin et des MatbariD«, pour aboutir, par la rue des Noyers et entre les rues Perdues et de Bièrre, au port Saint-Nicolas» vis-à^vis la pointe orientale de la Cité, dont il s*agissait avant tout de garantir les abords. Cette non- Telle enceinte restreignait considérablement la circonscription des jardina et dépendances du Palais des Thermes, telle qu*e1le existait encore au commencement du XIII« siècle. On trouve dans les titm du XII» siècle la désignation bien positive de retendue de cet enclos, cité sous le nom de Clos de Lias ou de Laas, Clos du Palais (du mot Arœ). Il était borné, du côté de Torient, par les bâtiments du palais et par une voie romaine venant d*Orléans, traversant Issy, et qui, pas» sant entre la Serbonne et l'église Saint-Benoit, prenait, au-dessous de la rue des Matburins, la direction de la rue Saint-Jacques jusqu'au Peitt-Pont.^Du cdté du nord, la Seine même formait sa;ii mite, ce qui ijoutait à Tagrément de ses jardins. — A l'occident, sa limite résultait d*un canal dit la Petite-Seine, allant, du bas de la rue Saint-Benoit, baigner Vabbaye de Saint-Ûermain-des-Prés, et venait joindre la Seine à Tangle du quai MulaquaiS et de la rue des PeÛts**Au|UfliBi. — Au àùiU il s'étendait JiisqWata abords du Panthéon.