Marie-Madeleine à Marseille. — Tableau pdnt
sur bois par le roiRéné de Provence.— xv« siècle.
Sur le premier plan sont les figures du roi René et
de la reine Jeanne de Laval. Autour de ces person-
VllNTiniÉ« — > TABLBàVX. IM
nages iont groupé* les habitants de la vilU de Marseille, rangés en cercle devant Marie-Madeleine , qui se tient debout sur une tribune, en attitude de parler à rassemblée; dans le fond on voit la ville de Marseille, les forts et la haute mer. Le roi tient son sceptre de ta main gauche; sa tète est ceinte de la couronne. La reine est assise à son c6té, la tête çgalement couronnée. Ce tableau emprunte une grande partie de son intérêt à son royal auteur, illustre soutien des arts et surtout de la peinture, qui, « par- » dessus toutes ses sublimes et royales qualités, étoit » bon musicien, très bon poète françois et italien, » se délectant singulièrement de lire les belles et » naifves rythmes de nos poètes provençeaux, leurs » vies, mœurs et coustumes, tellement qu'il a corn- » posé en son temps plusieurs beaux et gracieux » romans, comme la Conqueste de la douce merci, » et le Mortifiement de vaine plaisance^ outre quel- S) ques dialogues de divers et rares enseignements ; » mais sur toutes choses aimoit, et d'un amour pas- » sionné, la peinture, et Tavoit la nature doué d'une » inclination tout excellente à ceste noble profes- » sion, qu'il estoit en bruit et réputation entre les » plus excellents peintres et enlumineurs de son » temps, ainsi qu'on peut voir en plusieurs divers » chefs-d'œuvres achevés de sa divine et royale » main, dans un labeur merveilleusement exact et » plaisant, tant en Avignon, Àix, Marseille et autres » villes de Provence, qu'en la cité de Lyon et ail- » leurs. » Hist. et Chron. de Provence par César NosTRADAVus, édit. de 1614.
723. — Tableau votif du Puy de l'immaculée conception. — Ecole française. — xv* siècle.
La société des Palinoda ou du Puy de l'immaculée conception était instituée en l'honneur de la mère de Dieu, et il s'y distribuait des |Hrix aux meilleures pièces faites à sa louange. Elle était dirigée par un maitre ou prince que l'on élisait chaque année , et ' qui consacrait de ses d^iers un tableau k la Vierge, le jour de son entrée en fonctions.
Ici, la Vierge, tenant dans ses bras TEnfant-Jésus, est figurée au milieu d'un champ de blé, pour faire allusion sans doute au nom du maître donateur^ Fboment. Celui-ci est agenouillé sur le premier