‹ Musée des Thermes et de l'Hôtel de Cluny (volume 2)Chapitre 79 sur 134 · Légende de saint Lié (Lœtus) . — Suite de pein · texte numérisé non relu

Légende de saint Lié (Lœtus) . — Suite de pein

tures sur verre provenant de l'Hôtel-Dieu de Provins.— Saint Lié devant le Seigneur .—- xvi« siècle.

« Saint Lie était natif da village de Savins , près » Provint. Son père s'appelait Pérrin, et sa mère » Egée. lia étaient tiiien de lenr métiers.

)» Coi enfant, d'one beauté remarquable, était d'un

130 VEINTURE SUA ITERBE.

» naturel doux , ce qui le faisait aimer de tout la » monde et particulièrement de ses compagnons.

» Elevé dans la religion chrétienne, il était très » pieux et priait Dieu jour et nuit avec beaucoup de » recueillement.

» Or, il y avait en ce temps-là, à Savins, de mé- » chants garnements, du nom d'Achins, qui étaient » ses cousins-germains et ses camarades, lesquels nç » connaissaient pas le vrai Dieu, adonnés aux vices » les plus infâmes et adorant les idoles.

)> Ces impies ayant été plusieurs fois repris par » saint Lié, ne pouvaient le souffrir et résolurent de y> le tuer. L'ayant donc rencontré proche une fon- » taine, dans la vallée de Savins, ils voulurent se » saisir de lui. Le jeune enfant s'échappa de leurs » mains et s'enfuit jusqu'à deux ormes qui étaient >} sur une montagne proche une fontaine, et monta D sur un de ces arbres. Mais ces méchants l'ayant » aperçu, frappèrent l'arbre à coups de coignée » pour l'abattre.

» Saint Lié jeté à bas par ces cruels, tomba sur » un grès. Les vestiges laissés par ses mains et sa » tête se voient encore aujourd'hui imprimés sur » ce grès, conservé dans la chapelle bâtie sur le lieu » de son supplice. Pendant que ce jeune enfant priait » pour ses persécuteurs, un d'eux lui coupa la tète » sur le même grès.

» Après quoi, les meurtriers s'en étant allés, le » tronc du corps de ce saint martyr se leva, et pre- » nant sa tête entre ses deux mains, il la porta jus- » qu'à l'église de St-Denis, patron de Savins, de » laquelle les portes, quoique fermées , s'ouvrirent » pour recevoir le saint comme en triomphe.

» Et ceci arriva l'an mil cent soixante » Et neuf, le deuxième jour de juillet.

» Ensuite, l'an mil deux cents, le xvijjnars, un >^ évéque nommé Henry, commissaire du St-Siège » apostolique , assisté de l'abbé de St-Jacques de » Provins, fit lever le saint corps et le renferma dans » une châsse qu'il fit mettre dans la même église, » après lui avoir consacré un autel particulier.

» Dieu voulant honorer ce saint adolescent, opéra » plusieurs miracles en faiveur de ceux qui venaient » implorer son secours dans leurs misères, ainsi qu'il

PEINTURB «UR VERRE. Ul

» est plas amplement rapporté en Thistoire de sa » vie. »

Il y a dans le chœur de Tëglise de THÔtel-Dieu de Provins une grande verrière où sont représentés le martyre de saint Lié et tous les outils du métier de tisserand, dont il est le patron, avec la légende qui suit :

« En Tannée mil v^ vingt- cinq, » Au mois de mars, par aumône » Les marchands tixerans de Provins » Ont fait faire » Cette verrière.

» Priez Dieu et monsieur saint Lié » Qu'en paradis ils soient liés (joyeux). »

Les panneaux que nous décrivons ici formaient la suite de cette verrière. Au bas du premier panneau on lisait :

SAINT LIÉ AYANT SOUEF AU GRANT ORVB TROUVE DE l'eau EN ARONDANCE DIEU A CE AVAIT MIS ORDRE PAR SA DIVINE PROVIDENCE.

Page 1