Légende de saint Lié (Lœtus) . — Suite de pein
tures sur verre provenant de l'Hôtel-Dieu de Provins. — SaintLiédevantleSeigneur. — xvi^siècle.
« Saint Lié était natif du village de Savins, prêt » Provins. Son père s'appelait Perrin, et sa mère y> Egée. Ils étaient tixîers de leur métier.
» Cet enfant, d'une beauté remarquable, était d'as
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» naturel doux, ce qui le faisait aimer de tout le » inonde et parliculièremcni de ses compagnons.
» Elevë dans la religion chréliecne, il était très / » pieux et priait Dieu jour et nuit avec beaucoup de » recueillement.
»0r, il y avait en ce temps-là, à Savins, demë- » cnants ganiemenls, du nom d'Achins, qui étaient » ses cousins-germains et ses camarades, lesquels ne » connaissaient pas le vrai Dieu, adonnés aux vices » les plusinfâmes et adorant les idoles.
» Ces impies ayant été plusieurs fois repris par » safnlLic, ne pouvaient le souffrir et résolurent de » le tuer. L'ayant donc rencontré proche une fon- » taiae, dans ia vallée de Savins, ils voulurent se » saisir de lui. Le jeune enfant f^'échappaxde leurs » mains et s*en(uil jusau*à deux ormes qui élaicJt >i sur une montagne proche une fontaine, et mon!a D sur un de ces arbres. Mais ces méchants l'ayant » aperçu, frappèrent Tarbre à coups de coignée » pour Tabcttre.
» S»int Lié jeté h bas par ces cruels, tomba sur x> tin grès. Les vestiges laissés par ses mains et sa » tète se voient encore aujourd'hui impiimés sur » ce grès, conservé dans la chapelle bâtif sur le lieu » de son supplice. Pendant que ce jeune enfant priait » pour ses persécuteurs, un d'eux lui coupa la tète » sur le même grès.
» Après quoi, les meurtriers s'en étant allés, le » tronc du corps de ce saint martyr se leva, et pres- » nant sa tête entre ses deux mains, il la porta jus- » qu'à réglisede Saint-D<>,nis, patron de Savins, de » laquelle les portes, quoique fermées, s'ouvrirent » pour recevoir le saint comme en triomphe.
» Et ceci arriva l'an mil cent soixante » Et neuf, le deuxième jour de juillet.
» Ensuite, l'an mil deux cents, le xvij mars, un tt évéque nommé Henry, commissaire du Saint-^-Siége j> apostolique, assisté de Tabbé de Saint-Jacques de x> Provins, fit lever le saint corps et le renferma dans » une châsse qu'il fit mettre dans la même église, }o après lui avoir consacré un autel particulier.
» Dieu voulant honorer ce saint adolescent, opéra y> plusieurs miracles en faveur de ceux qui venaient » implorer son secours dans leurs misères, ainsi qu'il
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» est plus amplement rapporté en l'histoire de sa
» vie. »
Il y a dans le chœur de l'église de l'Hôtel-Dîeu de Provins une grande verrière où sont représentés le martyre de saint Lié et tous les outils du métier de tisserand, dont il est le patron, avec la légende qui suit:
« En Tannée mil v« vingt- cinq, » Au mois de mars, par aumône » Les marchands tixerans de Provins » Ont fait faire » Celle verrière.
» Pri^: Dieu et monsieur saint Lié » Qu'en paradis ils soient liés (joyeux). »
Les piiineÊéi que nous décrivons ici formaient la suiie de cette verrière. Au bas du premier panneau on lisait :
SAINT LIÉ AYANT EOUKF AU GRANT ORME TROUVE DE L*EAU EN ABONDANCE ^ DIEU A CE AVAIT MIS ORDRE PAR SA DIVINE PROVIDENCE.