‹ Musée entomologique illustré (volume 2)Chapitre 2 sur 33 · AVIS DE L’ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AVIS DE L’ÉDITEUR

t e volume, le troisième et dernier de notre Musée entomologique, comprend tous les ordres d’insectes autres que les Coléoptères ou Scarabées (Tome I er }, es Lépidoptères ou Papillons (Tome II). Il renferme c les Orthoptères (Forficules, Blattes, Grillons, Saute-

5S, etc.); les Névroptères (Libellules, Éphémères,

c -..|v Friganes, etc.); les Hyménoptères (Abeilles, Guêpes,

■ : - Fourmis, Ichneumons); les Hémiptères (Punaises, Cigales, | Pucerons, etc.); les Diptères (Mouches, Cousins, Œstres, etc.), et les Aptères (Lépismes, Podures, Puces, Pous). Ces ordres, non moins intéressants que les précédents, renferment une foule d’espèces aussi remarquables par leurs formes et leur organisation que par les instincts admirables qui dirigent quelques-unes d’entre elles dans la construction de leurs demeures et l’éducation des petits, ou dans les ruses quelles mettent en œuvre pour surprendre leur proie. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons déjà dit sur l’organisation générale des insectes, ce sujet ayant été largement traité dans Y Introduction placée en tête de notre premier volume.

Cet ordre, l’un des moins nombreux en espèces de la classe des Insectes, est un de ceux qui renferment les plus grandes espèces, et particulièrement celles dont les formes sont les plus singulières.

Les Orthoptères se distinguent nettement des ordres voisins par leurs caractères. Leurs organes buccaux consistent en deux mâchoires, deux mandibules et deux lèvres bien développées, annonçant des insectes éminemment broyeurs. Leurs ailes offrent un de leurs principaux caractères distinctifs ; les supérieures, auxquelles on conserve encore le nom d ’élytres, comme chez les Coléoptères, sont d’une texture moins solide et seulement semi-coriace- en outre, elles croisent ordinairement l’une

ORDRE DES ORTHOPTÈRES

sur l’autre dans l’état de repos, tandis que chez les Coléoptères elles se rapprochent exactement par leurs bords sur la ligne médiane du corps, sans jamais chevaucher l’une sur l’autre; de plus, les ailes inférieures sont pliées dans le sens longitudinal, absolument à la manière d’un éventail, d’où leur nom d’Orthoptères, formé de deux mots grecs ( orthos , droit, et ptéron , aile). On ne retrouve ce caractère dans aucun autre ordre d’insectes.

Les Orthoptères diffèrent bien plus encore des Coléoptères par leur mode d’accroissement et leurs métamorphoses, qui sont incomplètes. Ils n’offrent pas, comme ces derniers et les Lépidoptères, les trois états bien tranchés de larve, de nymphe et d’insecte parfait. Au sortir de l’œuf, le jeune Orthoptère ressemble déjà à l’insecte qui lui a donné naissance, si ce n’est qu’il n’a pas encore acquis les organes du vol. A l’aide de plusieurs mues successives, il augmente de grosseur, et les rudiments d’ailes et d’élytres se montrent seulement à l’avant-dernière mue; c’est alors qu’on le regarde comme nymphe. Un dernier changement de peau, ordinairement le sixième, le fait passer à l’état parfait; les ailes sont alors aussi développées qu’elles doivent l’être, et l’insecte peut se reproduire. L’état de nymphe n’est pas ici une période de repos, d’engourdissement, comme pour la chrysalide; la nymphe des Orthoptères conserve toute son activité.

Le corps des Orthoptères est généralement allongé, de consistance molle et charnue. La tête est grosse, verticale, et offre sur le front deux ou trois petits yeux lisses ou ocelles; les vrais yeux occupent les côtés de la tête; ils sont parfois très-grands, à réseau. Les antennes, souvent composées d’un grand nombre d’articles, affectent parfois des formes qu’on ne retrouve pas ailleurs dans la classe des insectes. Leurs mandibules sont écailleuses, triangulaires, épaisses, munies au côté interne de dents plus ou moins fortes; les mâchoires portent, comme celles des Coléoptères carnassiers, deux palpes; mais la palpe interne est ici transformée en une pièce membraneuse inarticulée, voûtée en dessus et recouvrant l’extrémité des mâchoires. C’est cette pièce que l’on nomme, d’après Fabricius, Galea (casque), que d’autres ont traduit, nous ne

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