A BEDLAM
Tyrrel prit congé du comte après ces dernières paroles et descendit dans la rue où les poiicemen s'étaient mêlés à la fonle. Anprés du trottoir et devant le perron, nn intendant de police et un pliysician attendaient dans une voilure fermée, derrière laquelle deux conslables faisaient faction.
TvTcd jeta nn coup d'œil satisfait sur ces imposans préparatifs. Brian ne pouvait point lui échapper, et le comte, prévenu désormais, n'aurait garde de nier sa signature. Quant aux quatre mille livres, Tvxrel les regardait seulement comme un à compte sur les libéralités futures de Sa Seigneurie, car Wliile-Manor, en se débarrassant de Brian, n'éloignait pas le plus dangereux ennemi de son coffre-fort. Tyrrel avait sur le comte mie lettre de change dont il prétendait bien faire usage t6t ou tard.
Mais une chose l'embarrassait. C'était cette foule répandue à profusion dans toute la longueur de Portland-Place. Il importait ;"i son plan que Bcdiam filt pour Brian de I^ancester un véritable tombeau ; or, il fallait pour cela que son arrestation se fit à petit bruit et comme à la dérobée. Ordonner aux poiicemen de faire évacuer la nie eût été une mesure dérisoire. Le droit et le prétexte manquaient à la fois.
Tv'rrel fit quelques pas sur le trottoir, et son regard attentif parcourut en tous sens la cohue bavarde et turbulente. Il avisa bientôt, au bout d'un col de crin tissé, l'honnête visage du bon capitaine O'Chrane, lequel, malgré le peu de hauteur de son chapeau, dépassait les crânes vulgaires d'un bon demi-pied.
TjTrel alla droit à lui et glissa quelques mots 2t son oreille.
— Tonnerre du ciel ! grommela Paddy avec une mauvaise humeur évidente ; — je veux servir de rôt à Beelzébuth, — misères I — s'il est possible d'avoir un instant de repos !
Tyrrel s'était éloigné sans attendre la réponse. Suivant sa coutume, le capitaine n'avait pas même eu la satisfaction de voir l'homme qui lui jetait en passant un commandement mystérieux, appuyé du fameux mot d'ordre: — Gentleman of the nightl
— Que vous a dit cet homme, monsieur O'Chrane ? demanda mistress Burnett qui se dressa sur ses pointes pour mettre sa tête à la hauteur des breloques du capitaine.
— Il m'a dit, Satan et ses cornes ! répliqua Paddy ; — de par le ciel ! madame... J'aurais honte d'être curieuse à ce point, Dorothy, mon cœur, à votre place, misères !.. Il m'a dit, tonnerre du ciel ! Le temps est froid, monsieur O'Chrane, — du diable ! — que Dieu vous bénisse !
Après cette réponse diplomatique, le capitaine, profitant de sa haute taille comme d'un observatoire naturel, promena majestueusement son regard tout autour de lui.
— Damnation! grommela-t-il ; — je vais être obligé de jouer moi-même le rôle de commère, car je n'aperçois aucun de nos gens...
— Tonnerre du ciel ! misères ! — que Dieu nous damne sans pitié ! dit au-de.ssous de lui une voix aigre et enfantine, — bonjour, capitaine O'Chrane, ou que le diable m'emporte 1
La main de Paddy s'abaissa et saisit une frêle épaule qui appartenait au gentleman Snail, lequel promenait dans Portland-Place sa femme, la jolie Madge, ornée de ses bottes, de ses jupons éclatans, surmontés d'une veste masculine et d'un chapeau de cuir posé sur un bonnet de grosse mousseline. Madge, toujours silencieuse et digne, tenait sa pipe
éteinte entre ses dents, et ne prenait nulle part à l'agitation du public.
— Eh bien ! eh bien! capitaine ! s'écria Snail ; — est-ce ainsi qu'on aborde un homme comme il faut, que la foudre m'écrase !
— La foudre passerait auprès de toi sans te voir, Snail, pitoyable seamp, mon petit ami, répliqua le capitaine ; — mais je suis charmé de le trouver là justement sous ma main, tempêtes !.. Car tu es, misérable enfant, fort avisé pour ton âge, et j'avais besoin... Ecoute ici.
Snail se haussa ; Paddy se baissa. Ce double mouvement les mil ù peu près de niveau.
— C'est une nouvelle preuve de confiance que nous allons te donner, jeune immondice, mon fils, reprit le capitaine avec importance. — Il parait que milords ont besoin de faire évacuer la rue...
— Pourquoi ? demanda Snail.
— Cinq cents blasphèmes 1 limaçon maudit, mon enfant bicn-aimé, ignoble petit drôle, je veux que le choléra me purge si je n'ai pas envie de te tirer les oreilles jusqu'au sang... Bonjour, Madge, triste virago, ma fille... Quanta toi, Snail, las de boue gros comme le poing, je ferai quelque jour la fortune, parce que tu vaux ton pesant d'or, extrait de bandit...
— Ma jolie Madge, interrompit Snail, écoutez le capitaine dire du bien de votre homme, — Satan et ses cornes !
— Bouchez plutôt vos oreilles, Madge, que vous soyez jolie, comme le dit cet escargot babillard, tempêtes! ou laide, comme cela saule aux yeux. Dieu peut me damner!... Il le peut s'il le veut, de par tous les diables'... Donc, Snail, il s'agit d'éloigner d'ici tous ces stupéfaits badauds avec leurs commères, et, pour cela,- je ne vois rien de mieux que de répandre le bruit de l'arrestation de ce ,vil coquin donl par lent les journaux du soir...
— L'assassin delà princesse?...
— Précisément, diminutif de scilérat... Il doit y avoir çà et là dans la foule des gens de la Famille... Appelle-les, matou du diable, et dis-leur...
— C'est bon, capitaine, c'est bon. Dieu peut me damner! interrompit Snail avec suffisance; — je vous comprends. C'est facile... Mais, pour ma peine, tempêtes! A"ous me direz où se fait le trou de l'éléphant Saunder du cirque d'Astley...
La main du capitaine se ferma sur l'épaule de Snaïl qui poussa un cri de douleur et se perdit aussitôt dans la foule. L'instant d'après, on entendit deux ou trois miaulemens retentissaus. l'n mouvement se fit dans la cohue. On vit quelques hommes la parcourir en divers sens, puis ce cri partit de vingt endroits à la fois:
— Dans Hay-Market !... On cerne la maison de l'assassin dans Ilay-Market 1
. Il sembla, trois minutes après, qu'un vent d'orage eût passé sur Portland-Place, balayant devant lui cokneys obèses et maigres commères du même coup. Tout le monde descendit en courant, en se poussant, en criant, vers Regent-Street, et il ne resta plus dans la rue que les poiicemen étonnés.
On apercevait encore dans le lointain la longue et raide taille du capitaine, chaque fois qu'il passait sous un bec de gaz. Il fermait la retraite, ne pouvant se résoudre S presser jusqu'à la course la gravité posée de son pas ordinaire.
— Allons donc, monsieur O'Chrane' allons donc, au nom de Dieu ! lui disait en vain mistress Burnett qui cherchait à l'entrainer; — nous arriverons trop tard, bien sûr, pour voir arrêter le scélérat.
— Mon cœur, répondait tranquillement Paddy, — ne me tirez pas ainsi le bras, je vous prie; vous déchirez mon habit bleu, par le Irou de l'enfer I... Voyez-vous, ma chère dame, mille misères ! Dorothy, mon amour, nous arriverons quand nous pourrons, ou Jédédiah Smith n'est pas le plus hypocrite coquin que je connaisse!... Quand à Snail, l'immonde reptile, je voudrais avoir un fils pareil, —Satan et sa queue, madame 1
PAUL FEVAL.
Pendant ce temps le romte de Whitc-Manor avait regagné lesalonoùl'ailenil:iil Brian de Lanccster. Comme nous l'avons dit, au moment où le lord franchissait le seuil, Brian venait 4e lire le nom inscrit sur le carré de papier apporté par l'inlendanl Paterson et en restait encore tout ému.
Aux premières paroles de son frère, il répondit brusquenent:
— Vous venez de voir Ismaïl Spencer, milord 7 Le comte fut pris hors de garde.
— Moi : balbutia-l-il ; — je... mais l'homme dont vous prononcez le nom est mort depuis un an...
Lancester prit le papier sur la table et le tendit à White- Manor.
— C'est wai, murmura ce dernier après un silence et avec embarras ; — je viens de voir Ismail Spencer.
— Me serait-il permis de demander à Votre Seigneurie, reprit Brian, — de quel genre sont ses rapports avec cet homme?
Cela n'est permis à personne, monsieur! répliqua le comte en Uichant de voiler son trouble sous une apparence de dignité blessée.
— Milord, ditBrian d'un tonde grave tristesse, je me vois forcé d'insister sur ce point... Ce n'est pas, croyez-moi, pour blesser Votre ï^eigneurie ou la provoquer mal à propos que je répète ma question...
— Je n'y répondrai pas, monsieur, répondit précipitamment le comte, — ou plutôt.-.. Eli bien I oui., je cousons à vous dire, — puisque c'est votre plaisir de me courber ce soir à tous vos fantasques caprices, — je consens à vous dire que je me suis intéressé à la position bizarre et désespérée d'un malheureux que le hasard a soustrait aux suites ordinaires du châtiment suprême. Je...
— Ne m'en dites pas davantage, milord I interrompit Brian avec une froideur sévère; — pour ajouter foi aux paroles de Totre Seigneurie, il me faudrait oublier son mouvement de surprise à la vue du nom inscrit sur ce papier.
Le comte se mordit la lèvre.
— Eh ! monsieur ' s'écria-t-il, emporté par un irrésistible élan de colère, — vous pourrez adresser vos questions à Ismaïl Spencer lui-même, car vous ne serez pas longtemps sans le voir.
— Ces mots de Votre Seigneurie ressemblent à une menace, dit Brian, qui fixa sur le lord son regard perçant et investigateur.
— t ne menace, monsieur!... se récria White-Manor en quittant tout à coup son air irrité pour reprendre un masque de bonhomie soumise ; vous savez bien qu'il y aui'ail, hélas! folie de ma part à vous menacer... J'ai voulu dire purement et simplement ce que j'ai dit, savoir : que vous ne tarderez pas a rencontrer Ismail Spencer... etcela est bien simple, Brian, car il attend dans la rue...
— Qu'attend-il, milord? dit Lancester voyant que le comte bésitait.
— Il attend... mon Dieu, je n'ai nulle raison pour vous le cacher, Brian, il attend que notre entrevue soit délinitiveinent terminée pour revenir vers moi, car j'ai pensé tout à l'heure que vous vous impatientiez sans doute, et je l'ai remis après votre départ.
Brian se leva vivement.
— C'est une attention dont je dois vous remercier, milord, dil-il ; mais, je vous en prie, veuillez mettre le comble à vos bontés en achevant cet acte sur-le-champ... vous ne sauriez croire combien je suis pressé de me voir face à face avec cet Ismaïl ."«pcncer.
Le comte n'eut garde de se faire prier. Il s'assit tout de •uite à son bureau, s'ellorçant à grand'poine de cacher son sourire joyeux sous la mauvaise humeur ([ui était pour lui de circonstance au moment designer un acte éiiuivalenl à l'abandon de tous ses biens non substitués. En deux traits de plume il eut parfait le contrat.
— Mon frère, dit-il avec une résignation assez bien jouée, — vous ave?, peut-être abusé de vos avantages, mais entre nous Dieu Jugera.
— Ainsi soii-il, milord, répondit Lanccsler.
— J'espère, reprit le comte, que vous serez clément envers moi désormais, et que les nobles dames du West-End tariront un peu sur les récits de vos triomphantes eccentricitie*. Celle-ci achève la bataille et doit être ladernière.
— Cela dépend de vous, milord.
— Jusqu'au revoir, mon frère I Brian salua et sortit.
Le comte respira longuement et fit jouer le châssis de cette même fenêtre par où Brian avait voulu s'élancer, tête première, sur les dalles de Portiand-Place. Il se pencha vivement et regarda au-dessous de lui.
A ce moment même la porte extérieure s'ouvrait, et Brian descendait les marches du perron.
Au bas du perron se tenait Tyrrel l'Aveugle.
Brian le reconnut tout de suite. — Il reconnut aussi pour des policemen les hommes qui entouraient la maison de son frère.
— Voilà qui se trouve à merveille! dit-il à haute voix. Messieurs, je vous requiers de mettre la main sur cet homme.
En même temps il saisit Tyrrel au collet L'intendant de police et le médecin mirent la tête à la por tièrede la voiture.
— Vous le voyez, dit Tyrrel ; — il n'y a pas à s'y tromper... Faites voire devoir.
— Un moment! répliqua l'intendant de police; — monsieur, ajouta-t-il en s'adressantà Brian, pour quelle raison requérez-vous l'arrestation de sir Edmund Makensie?
— Voyons ce qu'il va répondre , murmura le physicianexpert.
— Je suppose, monsieur, dit Brian, que vous avez le droit de m'adresser cette question?
— Diable 1 grommela le médecin, il n'a pas l'air trop fout
— Je suis magistrat, monsieur, repartit l'intendant de police.
— En ce cas, reprit Lancester, je vous apprendrai, monsieur, que cet homme à qui vous donnez le nom de sir Edmund Makensie n'est autre chose qu'un scélérat du plus bas étage, faisant partie d'une bande de voleurs...
— Vous voyez ! inlerrrompit Tyrrel.
— Il est fou 1 dit le médecin.
Les policemen se rapprochèrent et serrèrent le cercle autour de Brian.
— Auriez-vous donc des preuves de ce que vous avancez, monsieur? demanda le magistrat.
— Votre devoir, monsieur, est d'arrêter cet homme, répondit Lancester avec calme. Les preuves regardent la justice du royaume et non point les employés de la police.
— Diable ! diable ' grommela encore le médecin ; — après^ tout, il se peut qu'il ne soit point fou.
~ Et d'ailleurs, reprit Brian, cet homme se trouve naturellement sous le coup de la loi, car il a échappé par ruse ou par hasard à la sanction de la justice humaine. Cet homme a été pendu...
Un éclat de rire de Tyrrel, auquel se joignit bientôt la bruyante hilarité des hommes de police, interrompit brusquement Lancester.
— Décidément, il est fou I prononça péremptoirement le médecin.
— Fou à lier, pour le malheur de notre maison I cria do sa fenêtre le comte de White-Manor.
— Faites votre devoiri dit le magistrat en se rejetant av fond de sa voiture.
Les policemen s'élancèrent tous à la fois, mais la voix de White Manor avait révélé le piège à Brian, qui, lâchant le collet de Tyrrel, remonta d'un bond les marches du perron.
C'était un terrible champion que Brian de Lancester. Les premiers policemen qui se présentèrent furent lancés jus« qu'au bas des marches par le robuste poing de l'excentrique qui martela leur poitrine comme un fléau de plomb. D'autres montèrent ù l'assaut et tombèrent à leur tour, le visage sanglant, l'estomac fêlé. Chaque fois que le poing de Brian quiliail la parade, chaque fois que son bras musculeux se tendait avec l'élasticité soudaine d'un ressort de métal, un tiomne était violemment précipité sur le trottoir et ne se
LES MYSTÈRES DE LONDRES
relevait point. Les rangs des assaillans s'édaircissaient, Jeur ardeur iliniiiiuail. Tyrrel t'tait obli(;é de les pousser de force, elle médecin répélait en suivant la lulte avec beaucoup d'inii'rët:
— Diable I diable I voyez comme il ménage ses coups, le gaillard ! En détinitiTc, je ne serais pas étonné qu'il ne fût pas fou.
Il n'y avait plus que cinq policemen debout au bas des marches, et aucun d'eux n'osait plus se hasarder ù attaquer Brian. Tyrrel écumait de rage. White-Manor tremblait à sa fenêtre.
Brian boutonna son frac. Il fut évident pour tous qu'il allait s'élancer en avant et faire une trouée. Ce qui restait de policemen valides s'écarta des deux côtés du perron, ne se souciant guère d'affronter le choc.
Tyrrel se mit résolument à leur place.
— Milord, mon frère, s'écria en ce moment Lancester qui se tourna vers la fenélre, — le piège était habilement tendu. Vous n'avez pas réussi, mais il n'y a jioint de votre faute, et je vous jure sur l'honneur que vous n'aurez pas à m'accuser d'ingratitude!
On entendit d'en bas claquer les dents du comte.
— Place! continua Lancester qui se prit à descendre lentement les marches du perron, toujours en garde, et contenant du regard les policemen terrifiés. Place, Ismail Spencer, ou je vous tue! •
Tyrrel ne bougea pas. Seulement sa main droite s'introduisit entre son gilet et sa chemise.
En ce moment on vit s'ouvrir doucement la porte de la maison de White-Manor. Un homme se coula en rampant le long des degrés du perron. A l'instant où Lancester arrivait enlace de Tyrrel, et se renversait en arrière pour frapper, cet homme le saisit par les jarrets et le fit trébucher.
Les policemen se jetèrent aussitôt sur Brian qui fut garrotté en un clin d'oeil.
L'homme qui avait rampé le long des marches se remit alors sur ses jambes et nwntra, ii la lueur des réverbères, la face insolente et basse à la fois de l'intendant Gilbert Paterson.
Tyrrel ôta sa main de son sein. Il ne l'eût point retiré sans cet incident inattendu, et Brian aurait fait connaissance avec la courte lame du poignard que le juif portait constamment sur lui.
Le captif, solidement lié, fut hissé dans la voiture, entre le magistrat et le médecin, qui, réflexions faites et en dernière analyse, le déclara bien et dûment atteint de folie.
— A Bediam I dit le magistrat
Une voix étrange descendit de la fenêtre où s'était montré White-Manor, et répéta parmi les convulsions d'un rire insensé :
— A Bediam I à Bediam !
La voiture partit au galop.
Tyrrel et Paterson rentrèrent ensemble chez le lord et pénétrèrent dans le salon.
White-Manor, l'oeil hagard, le visage écarlate, s'agitait frénétiquement au milieu de la chambre, et tournait sur luimême en une sorte de danse effrayante ù voir.
En dansant, il riait à perdre haleine et répétait sans relâche:
— A Bediam ! à Bediam 1
Tyrrel et Paterson s'installèrent chacun dans un fauteuil et se mirent à l'examiner curieusement.
— A défaut de Brian de Lancester, dit enfin Tyrrel, qui estce qui doit succédera la pairie de White-Manor, s'il vous plait, monsieur l'intendant?
— L'honorable Algernon Murray d'Inverney-C elle, cousin-germain de Sa Seigneurie, répondit Paterson. -
— Eh bien ! monsieur l'intendant, reprit Tyrrel. en échange iu bon office que vous venez de me rendre, je vai»- vous donner un bon conseil... Allez, croyez-moi, dès ce soir, faire un doigt de cour à l'honorable Algernon Murray d'Inverney- CasUe, cousin-germain de Sa Seigneurie, car Brian de Lan-.
cester ne sortira plus de Bediam,— et le comte de White- Manor y entrera demain.
— Pensez-vous donc qu'il soit tout à fait fou? demanda l'intendant.
Le comte, avant que'TyTrel pût répondre, poussa un dernier et rau(iue éclat de rire ; puis il tomba, épuisé, sur le ta* pis en répétant:
— A Bediam I à Bediam ! ù Bediam I