‹ Musée ornithologique illustré (volume 2)Chapitre 23 sur 61 · PL. 110. - GROS-BEC VULGAIRE · texte numérisé non relu

PL. 110. - GROS-BEC VULGAIRE

Coccothraustes vulgaris (Vieill.).

Mâle adulte : en dessus, sommet de la tête d’un marron foncé ; joues marron clair; tour de la base du bec, lorums, menton et haut de la gorge d-’un noir de velours; derrière du cou d’un cendré bleuâtre, dessinant un demi-collier jusqu’au dessous des joues; dos d’un violacé brunâtre sans reflets; bas du dos et croupion d’un marron clair; scapulaires et grandes couvertures presque entièrement blanches, formant large miroir, rémiges secondaires d’un bleu violet à reflets, les dernières les plus rapprochées du corps, tronquées et taillées en festons, à reflets métal-

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liques; rémiges primaires d’un noir bleuâtre ; rectrices noires à la base, blanches dans le reste ; en dessous, poitrine, abdomen et sous-caudales d’un blanc presque légèrement lavé de roussâtre. Bec couleur de corne bleuâtre ; iris jaune ; pieds couleur de chair. Taille : dix-liuit centimètres.

Le caractère des rémiges secondaires, dont il est le seul exemple en Europe, est celui de plusieurs types exotiques.

Habite toute l’Europe et l’Asie, mais, non comme on l’a dit, l’Afrique septentrionale, quoiqu’il soit abondant dans toute la Sicile, à l’exception des environs de Messine. Il appartient à notre climat tempéré, depuis l’Espagne et l’Italie, jusqu’en Suède. Il est sédentaire dans le nord et d’autres localités en France, et se montre de passage accidentel en Hollande.

Niche sur les arbres ; pond quatre à cinq œufs un peu ventrus, d’un blanc azuré obscur, ne portant que quelques taches en forme de gouttelettes rondes ou ovales, traversées ou réunies par des traits sinueux, ternes, et les autres de couleur olivâtre ; ils mesurent de vingt-trois à vingt-six millimètres sur dix-huit ou dix-neuf.

Le nid se trouve ordinairement posé à l’insertion des branches contre le tronc, ou au milieu d’une touffe très épaisse de petits rameaux, ou bien encore parmi le lierre et au sommet d’une trogne, et néanmoins entouré de jeunes pousses; il est fait en dehors de petites bûchettes de grandeur différente, souvent entrelacées avec des racines, mais très rarement avec de la mousse; le dedans est garni de fibres ou du chevelu des racines, que recouvre en outre, quelquefois, un peu de crin ou de poil.

L’espèce, quoique assez sédentaire, n’est pas nombreuse. On voit toute l’année cet oiseau dans quelques-uns de nos départements, d’où il ne disparaît que pour très peu de temps, pendant les hivers les plus rudes. L’été, il habite ordinairement les bois de hêtres, de charmes, d’ormes, de tilleuls, de platanes, de pins et de sapins, et se nourrit de leurs semences et bourgeons. Il se montre aussi par moments dans les vignes et le long des avenues,

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où il se repait de boutons d’arbres fruitiers, de grainesd’acacias, de noisettes, d'amandes, de cerises et d’autres fruits à noyaux, dont il brise aisément les enveloppes ligneuses avec son bec épais et robuste.

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2e GROUPE GÉNÉRIQUE FRINGILLE, FRINGILLA (Linn.).

Bec un peu plus court que la tête, aussi haut que large, conique, avec courbure plus ou moins apparente, pointu ; narines généralement rondes, presque cachées dans les petits poils de la base du bec; ailes moyennes, à troisième rémige la plus longue ; queue médiocre, échancrée, tarses de la longueur du doigt médian ; ongles minces et plus ou moins arqués.

PL. 111. — FRINGILLE VERDIER.

Fringilla chlorls (Teraiu,, ex Linn.).

Mâle adulte : en dessus, vert olivâtre, nuancé de cendré aux joues; raie sourcilière vert jaunâtre; croupion jaune; rémiges et rectrices noires, les premières largement lisérées de jaune vif; les secondes, à l’exception des deux médianes, jaunes dans leur première moitié, noires dans le surplus; en dessous, d’un verl jaune pur. Bec et pieds couleur de chair; iris brun. Taille: quinze centimètres.

Type des groupes génériques Ligurinus de Koch, et Chlorospiza de Ch. Bonaparte.

Habite toute l’Europe; très commun en France.

Niche sur les arbres dans les enfourchures des branches, ou entre les scions des trognes; nid assez soigné, composé d’herbes sèches el de mousse à l’extérieur, de laine et de crins à l’intétérieur ; pond de cinq à six œufs d’un blanc légèrement azuré, clairsemé de points rougeâtres ou brunâtres et de quelques mouchetures violacées ; ils mesurent deux centimètres sur quinze.

Le Verdier se mêle, en automne, avec d’autres espèces pour

Des Murs, Les Oiseaux îles Champs et des Bois.

J. Rothschild, Éditeur Paris.

PI. 111. F il I X G I L L li VE R D I E R — Friiigilla Chions. Tenmiinck, ex Linnæus — Presque nat.

J. Rothschild, Éditeur Paris.

Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.

PI. 112. — P R I N G I L L E PINSON — Fringilla Cœlebs. Linnæus. - | nat.

DÉODACTYLES CONJROSTRES

parcourir les campagnes. Pendant l’hiver, il vil de baies de ge nièvre; il pince les bourgeons des arbres, entre autres ceux du marsaule ; l’été, il se nourrit de graines, parmi lesquelles il semble préférer le cliènevis, dont on l’accuse d’abuser un peu

trop aux dépens des chènevières.

Il se prête parfaitement à la domesticité, il devient familier et s’y reproduit. Aucun oiseau, dit Toussenel, ne se façonne plus aisément à la manœuvre de la galère ; il apprend meme a prononcer quelques mots, et l’on prétend que son chant, assez monotone du reste, se perfectionne dans les métis qui résultent de son union avec le Serin.

PL. 112. — FRINGILLE PINSON.

Fringilla cxlebs (Linn.).

Mâle adulte : en dessus, front noir de velours ; sommet de la tête, nuque et haut du cou d’un bleu cendré, encadrant le derrière et le dessous de la joue, et dessinant un demi-collier ; dos roux châtain glacé d’olivâtre ; croupion d’un vert presque pur; ailes et rectrices noires, épaulettes blanches, scapulaires terminées de blanc formant miroir ; rémiges secondaires et primaires bordées de jaune, une longue tache blanche sur les deux rectrices latérales; en dessous, gorge, devant du cou et poitrine lie de vin; bas ventre blanc. Bec bleuâtre; iris et pieds bruns. Taille : de dix-sept à dix-sept centimètres et demi.

Habite l’Europe et l’Asie.

Niche à un ou deux mètres de terre, principalement sur les vieux poiriers en quenouille ; donne à son nid la forme c une coupe creuse, beaucoup plus large au fond et allant en se r . r cissant sur les bords qui sont rentrants et forment bourrelet , pond de quatre à cinq œufs d’un cendré bleuâtre, le plus souvent vineux, clairsemé de points rougeâtres se déteignant sur les bords, fréquemment accompagné de deux ou trois traits sinueux e même couleur : ils mesurent deux centimètres sur un et demi.

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Le nid est placé sur quelque enfourcliure de maîtresse branche d’un pommier moussu ou d’un poirier, parfois d’un tilleul ou d’un chêne. L’oiseau en pose les assises dans la concavité du lieu, et à mesure que la bâtisse s’élève, comme alors l’arbre choisi n’est pas toujours assez revêtu de feuilles, ni assez garni de petits rameaux pour le cacher, l'oiseau en couvre l’extérieur d’un placage de mousse jaunâtre ou de lichen argenté qu’il détache du tronc même de l’arbre. Il pratique cette soudure de l’écorce du nid et de celle de la tige avec tant d’habileté, et il donne si bien aux deux surfaces, par cet ajustement, le cachet du même âge, qu’il est presque impossible de ne pas voir dans l’une la continuation de l’autre, ce qui rend le nid fort difficile à trouver.

Hôte habituel de nos jardins, où il ne cesse de butiner insecles et fruits, le Pinson si familier n’offre rien de remarquable, en dehors de son plumage, que la trille assez mélodieuse que le mâle fait continuellement entendre. C’est même à cette phrase musicale qu’il doit la réputation dont il jouit en Allemagne, dans notre regrettée Lorraine, et dans nos départements de l’est et du nord, où certains amateurs forcenés, même des plus pauvres, donnent le prix d’une vache pour un de ces oiseaux, en raison du nombre de fois que, dans un temps donné, il répète la fameuse strophe. C’est l’objet de concours sérieux ; et l’on cite entre autres un concours ouvert à Tournay, en 1816, où, dans une lutte de chant entre Pinsons, trois de ces oiseaux se firent entendre onze cendix-huit fois en une heure : l’un quatre cent-vingt fois, un autre trois cent soixante-huit, et le troisième trois cent trente.

On a vu le Pinson s’apparier avec le Serin. La belle collection de M. de Sélys de Longcliamp renferme un élégant produit de ce croisement.

PL. 113. — FRINGILLE D’ARDENNES.

Fringilla monlifringilla (Linn.).

Mule adulte : en dessus, d’un noir bleuâtre, chaque plume écaillée de brun clair ; croupion blanc pur ; raie sourcilière des-

Les Oiseaux des Champs et des Bois.

J. Rothschild, Éditeur, Paiis.

FRINGILLE D'AEDBSNE S — Fnngilla Monlifriujillu. Linnæus. — £ nat. FRINGILLE NIYEROLLE- Fnngilla nivalis. Brisson. — § nat.

DÉÜDACTYLES CONIROSTRES

Cendant jusque derrière les joues d’un brun clair ; rémiges et rectrices noires, la plus externe de cès dernières blanche, avec le tiers inférieur et une partie des barbes internes noirs ; épaulettes blanches ; petites couvertures bordées d’un jaune roussâtre formant miroir, grandes couvertures frangées de même ; rémiges secondaires jaunes dans leur dernière moitié , les primaires Itérées de jaune avec deux taches blanches à la base ; les grandes couvertures caudales allongées et largement bordées de brun clair ; en dessous, d’un roux vineux plus ou moins orangé tournant au blanchâtre vers la région anale. Becjaune, bleuâtre à la pointe ; iris brun ; pieds d’un carné brunâtre. Taille : dix-huit centimètres.

Habite l’Europe et l’Asie septentrionale ; de passage en Allemagne, en Hollande, en Belgique et en France.

/ Niche dans les bois, sur les bouleaux, les pins et les sapins, et façonne son nid de la même manière que le précédent ; pond de quatre à cinq œufs déformé un peu arrondie, d un blanc légèrement azuré, avec de larges taches d’un rouge brunâtre formant souvent une couronne au gros bout ; ils mesurent vingt à vingt-

deux millimètres sur onze à treize.

Quoique dit des Ardennes, ce Pinson nous vient des régions les plus septentrionales, son séjour d’été, et, comme presque tous les oiseaux du nord, se répand par grandes bandes sur toute l’Europe, et dans ses passages s’arrête et séjourne dans les Ardennes et les Vosges ; puis, tout à coup, il disparaît sans qu’on sache bien où il se dirige.

Pour ce qui est de son chant, il y a peu de chose à en dire. D’après Bechstein, on ne peut en vanter l’agrément, ce chant n’étant composé que de sifflements légers, ou d une espèce de gazouillement mêlé par intervalles de quelques sons éclatants , le tout ayant un peu de rapport aux premiers exercices du Pinson commun ; mais cependant ce ramage médiocre peut être perfectionné par l’éducation. Ainsi, selon lui , un jeune Pinson des Ardennes , placé à côté d’un Pinson commun beau chanteur , apprend assez bien à l’imiter, sans pourtant atteindre un grand degré de perfection.

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PL. 113. — FRINGILLE NIVEROLLE.

Fringilla nivalis (Briss.).

Mâle adulte : en dessus, tête et cou cendré bleuâtre ; dos brun, chaque plume bordée de fauve ; ailes, épaules, scapulaires et les dernières des rémiges secondaires blanches, encadrées parle noir liséré de grisâtre des primaires ; rectrices blanches, terminées de roussâtre, les médianes, noires au centre, frangées de brun ; en dessous, blanc lavé de cendré au cou et à la poitrine, avec tache noirâtre sous la gorge. Bec noir bleuâtre ; iris et pieds bruns. Taille: dix-neuf centimètres.

Type du groupe générique Montifringilla de Brelim.

' Habite l’Europe et l’Asie septentrionale ; en Europe, le sommet des plus hautes montagnes, les Alpes, les Pyrénées; en Asie, le Caucase, jusqu’au Japon.

Niche dans les trous des rochers, les crevasses des vieux murs, au milieu des poutres des toitures, et même sous le toit hospitalier du Saint-Gothard. Le nid est très gros et fait presque autant de volume que celui du Moineau domestique ; beaucoup de paille , d’herbes sèches et de chevelu de racines en forment l’extérieur ; l’intérieur est garni de plumes, de bourre, de crin, de laine, auxquels viennent se joindre parfois quelques petits morceaux d’étoffe ou de drap ; la femelle y pond cinq ou six œufs d’un blanc de lait généralement sans taches, parfois avec deux ou trois taches brunes ou noirâtres ; ils mesurent deux centimètres et demi sur un peu plus d’un et demi.

Son vol est irrégulier, sa démarche presque toujours accélérée. Le mâle n’a pas de chant à lui particulier pendant l’été ; il n’a que son cri ordinaire qui est fort et souvent sifflé en partie, ainsi qu’un bruissement assez prolongé, qu'il fait le plus souvent entendre dans ses moments de crainte et durant l’éducation des petits. La femelle a le même cri que le mâle. C’est sans doute ce qui a fait dire à Bcchstein que cet oiseau chante beaucoup, mais

Dca ilurs, tes Oiseaux des Champs et des Bois.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PL 114. — FRI N CILLE C H A S D E S ÎJ T. R G T — Fringilla Carduelis. Linnæus. — A nat.

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déodactyles conirostres

que son chant n’est pas plus agréable que. celui du Pinson des Ardennes avec lequel il a beaucoup de rapports ; qu’aussi ne le garde-t-on, comme celui-ci, dans la chambre, que pour sa beauté

et sa rareté.

C’est le Pinson de Neige de Buffon.

PL. 114. - FRINGILLE CHARDONNERET.

Fringilla carduelis (Linn.).

Mâle adulte : en dessus, face jusqu’au milieu de la tête rouge cramoisi ; le surplus de la tête, toute la nuque et le derrière du cou jusqu’aux épaules d’un beau noir ; dos d’un brun roux plus pâle au croupion ; ailes noires , coupées vers le milieu par une large bande d’un jaune vif terminant les petites couvertures et se confondant avec le même jaune qui occupe le milieu des rémiges secondaires et primaires, toutes ayant leur pointe blanche ; queue noire, finement bordée de blanc; en dessous , menton du même rouge que la tête ; lorum noir ; joues et devant du cou blanc pur, ainsi que la poitrine et l’abdomen nuancé de fauve sur les flancs. Bec blanc rosé, à pointe brune ; iris brun; pieds brunâtres. Taille . quinze centimètres.

Habite toute l’Europe, l’Asie occidentale et l’Afrique septentrionale; très commun en France.

Type du groupe générique Carduelis de Biisson.

Niche dans les jardins, les vergers, de préférence sur les arbres fruitiers moussus ; pond de quatre à cinq œufs d un blanc légèrement azuré , piquetés de rouge brique ; ils mesurent dixsept millimètres sur treize.

Le Chardonneret est, avec le Pinson, un des oiseaux qui savent le mieux construire leur nid, en rendre le tissu plus solide, lui donner une forme plus arrondie ; nous dirions, avec Montbeillard, volontiers plus élégante ; les matériaux qu’il y emploie sont, pour le dehors : la mousse fine, les lichens, l’hépatique, les joncs , les petites racines, et enfin la bourre des chardons,

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d’où il a pris son nom, tout cela entrelacé avec beaucoup d’art ; et pour l’intérieur : l’herbe sèche , le crin , la laine et le duvet. 11 le fait en trois jours et sait tirer parti, pour sa construction, de toutes les substances soyeuses et cotonneuses qu’offrent le règne végétal et le règne animal.

La sociabilité du Chardonneret est proverbiale comme celle du Moineau , et, comme lui , il est un des plus gais et des meilleurs compagnons de solitude de la jeune ouvrière ; il est également des plus dociles à subir les épreuves et les exercices que lui réserve sa prison ; aussi est-il un des oiseaux qui s’accommodent le mieux des soins que l’on prend de leur éducation.

A l’état de domesticité, il s’unit avec le Cini et avec le Serin des Canaries, et produit des métis dont la robe est moins riche, mais dont le chant a plus d’éclat, plus de durée, et offre des sons plus mélodieux. Ces métis sont rarement féconds et la stérilité est l’apanage des femelles ; on n’a jamais vu celles-ci pondre, tandis qu’on a des exemples de mâles qui, s’étant accouplés avec des Serines , ont fécondé leurs œufs. Gerbe a vu lui-même , à Paris, chez un amateur, une nichée de trois petits, dont le plumage participait de celui du mâle métis et de la femelle Serine. Il est remarquable que, dans tous ces produits, la belle couleur rouge disparaît et s’éteint pour tourner à l’orange, quelquefois même au brun roux.

PL. 115. — FRINGILLE TARIN.

Frincjilla spinits (Linn.).

Mâle adulte : en dessus, vertex et nuque noirs; dos vert olivâtre flamméché de noir et de cendré ; croupion jaune, ailes noires , les petites couvertures jaunes dans leur dernière moitié formant miroir , les grandes légèrement bordées de celle couleur et les primaires jaunes dans leur milieu ; queue jaune dans le haut, noire par le bas, les deux rectrices médianes seules entièrement noires ; en dessous, joues, côtés et devant du cou jaune,

J. Rothschild. Éditeur Paris.

Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.

FRINGILLE

PEIK6ILLE

TARIN — Fringilla Spinus. Linnæus. — Grandeur nat. VENTURON — Fringilla Citrinella. Linnæus. — § nat.

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passant au verdâtre sur la poitrine et l’abdomen, qui sont en outre flammécliés d’olivâtre et de brun. Bec de couleur carnée, brunâtre à la pointe ; iris et pieds bruns. Taille : de onze à douze centimètres.

Type du groupe générique Chrysomitris de Boïé.

Habite l’Europe et l’Asie ; se rencontre dans toute l’Europe ; sédentaire en France.

Niche sur les branches élevées des pins ou des sapins les plus garnis de mousse, de môme qu’au centre d’une touffe de gui ou de petits rameaux très serrés; pond de cinq à six œufs d’un blanc azuré ou grisâtre, avec quelques points et taches lougeâtits et d’autres violacées; ils mesurent un centimètre et demi sur un.

Le nid, petit, élégant, dit M. Bailly, et demi-sphérique, est composé presque entièrement de lichens et de mousse pris sur les arbres mêmes où il repose, et revêtu en dedans d une couche de poils, de plumes et d’aigrettes de chardons ou de tussilages. Compagnon assidu des Chardonnerets et des Serins , il s abat partout où se rencontrent le chanvre, le millet et surtout les séneçons ; mais ce n’est guère que pour se retirer aussitôt sur les arbres de son choix , dont il aime à parcourir les branches en tous sens, en s’y suspendant à la manière des Mésanges.

D’un naturel vif et gui, et tout aussi familier et éducable que le Chardonneret, ses mœurs sont très douces. La captivité dans une cage ne lui déplaît guère, puisqu à peine renfermé il se met à manger et à rappeler ceux de ses semblables passant dans le voisinage. Il y vit longtemps ; 1 on réussit même à le faiie nicliei , soit avec une femelle de son espèce, soit avec celle du Serin de Canarie.

PL. US. — FRINGILLE VENTURON.

Fringilla citrinella (Linn.).

Mule adulte : en dessus , tête d’un vert jaunâtre ; derrière du cou et haut du dos d’un gris cendré; croupion vert jaunâtre;

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ailes et queue noires, les petites et grandes couvertures bordées de vert jaunâtre formant double miroir ; les rémiges secondaires frangées de même couleur taisant liseré à la tranche des pi imaires , les rectrices lisérées de même ; en dessous , d’un jaune plus clair, avec les flancs et la région anale lavés de grisâtre. Bec d’un brun clair; iris noisette; pieds rougeâtres. Taille: treize centimètres.

Type du groupe générique CitrineUn de Ch. Bonaparte.

Habite les régions montueuses du centre de l’Europe, en Suisse, en Italie, en Sicile, en Grèce et en Provence.

Niche dans les rameaux les plus touffus des sapins et autres arbres verts ; parfois dans les buissons, où il sait admirablement cacher son nid; parfois aussi, dit M. de Tschudi, il le suspend en toute confiance, comme la Bergeronnette grise, en dehors et en dedans des chalets ; pond de quatre a cinq œufs d un blanc légèrement azuré, avec des taches couleur de brique, et brunes au gros bout ; ils mesurent dix-huit millimètres sur douze.

Le nid est une œuvre d’architecture aussi merveilleuse que celui du Chardonneret, cà laquelle il emploie les matières les plus riches et les plus délicates, la laine , le crin, le duvet ; aucune couche n’est trop douce pour les enfants. Les lichens , la longue mousse des sapins , mélangés avec des tiges d’herbe sèche et retenus par de la toile d’araignée, en forment ordinairement le dehors ; le dedans est garni de paille très déliée ou, suivant les lieux, matelassé avec des plumes, du crin, des poils, des petits flocons de laine, ou avec le duvet des fleurs printanières.

Le Venturon ne vit que de graines, de jeunes bourgeons et de chatons.

D’après M. de Tschudi, il aime beaucoup les graines à demi mûres de la dent-de-lion, et les détache peu de temps après le moment où les fleurs se sont effeuillées, et où leur involucelle s’est refermé. 11 se pose sur les capitules, son poids les fait fléchir et tes couche parterre, de sorte qu’il a toute facilité à en picoter les graines ; rassasié, il s’envole le bec rempli du suc visqueux de la plante.

Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PI 1X6. FRINGILLE C I N I, O TJ SERIN — Fringilla Herinus. Linnæus. — Presque nat.

DÉODACTYLES CONIROSTRES

Le chant du mâle a quelque analogie avec celui du Serin des Canaries, mais il est plus doux et moins persistant.

Quoique toujours en mouvement, le Venturon n’est pas sauvage ; les paysans suisses le gardent souvent huit ou dix ans en cage et l’y nourrissent de graines de chanvre ou de carottes. Il y devient, dit M. Bailly, aussi familier que le Tarin, et l’on parvient quelquefois à l’apparier avec le Serin des Canaries.

PL. 116. — FRINGILLE CINI, ou SERIN

Fringilla serinus (Linn.).

Mule adulte : en dessus, à partir du front jusqu’au bas du dos, de couleur olivâtre flamméchée de noir; croupion jaune jonquille, ainsi que le front; ailes et queue noires; les petites et moyennes couvertures bordées de jaune verdâtre, formant miroir; les rectrices lisérées de même; en dessous, jaune jonquille, avec quelques rares flammèches noires sur les flancs ; bas ventre et région anale d’un blanc grisâtre. Bec brun de corne en dessus, blanchâtre en dessous. Taille : de onze à douze centimètres.

Type du groupe générique Serinus de Brisson.

Habite l’Europe méridionale, l’Asie occidentale et l’Afrique septentrionale.

Niche comme le Tarin et le Venturon, dont il a toutes les habitudes ; pond quatre à cinq œufs d’un blanc un peu obscur, avec des taches et quelques traits rougeâtres ; ils mesurent seize à dix-sept millimètres sur onze.

En résumé, mêmes mœurs innocentes, même gentillesse, même grâce, même esprit de charité sociale , selon l’expression de Toussenel, que toutes les espèces voisines ; même facilité à donner dans tous les pièges à la voix de l’appelant, tel est le Cini.

LES OISEAUX UES CHAMPS ET UES BOIS

PL. i 17. - FRINGILLE LINOT.

Fringilla cannabina (Linn.).

Mâle adulte ; en dessus, front et verlex d un rouge sanguin ; occiput, derrière du cou et dos d’un brun châtain ; croupion d'un blanc cendré flamméché de noirâtre; sourcils et joues d'un gris cendré; ailes et queue noires; les petites couvertures et les rémiges secondaires d’un brun roussâtre, les primaires blanches sur leur page externe, ainsi que les rectrices ; en dessous, menton blanc ; gorge, devant du cou d’un rouge cramoisi varié d’un fauve roux qui domine exclusivement sur le ventre et l’abdomen. Bec d’un noir bleuâtre en dessus, jaunâtre en dessous; iris brun; pieds d’un gris carné. Taille : quatorze centimètres.

Type du groupe générique Cannabina de Brehm.

Habite toute l’Europe, l’Asie occidentale et l’Afrique septentrionale ; très commun en France.

Niche à peu d’élévation du sol, sur les arbustes et les buissons, surtout au milieu des touffes d’ajoncs épineux; pond cinq ou six œufs d’un blanc azuré, avec des points et taches d’un rouge brique ou d’un brun foncé; ils mesurent dix-liuil millimètres sur treize.

Il forme son nid, d’abord à l’extérieur, de filaments de plantes, de tiges de graminées et de petites racines déliées, qu’il recouvre quelquefois d’un peu de mousse ou de lichens, îetenus sur les bords par des flocons de laine ou par des toiles d araignées; ensuite il le tapisse en dedans de petits flocons de soie de cocons, de quelques plumes, de crin ou de duvet satine d arbres et de fleurs.

L’habitude qu’ont les Linots' de voyager en troupes leur donne celle de nicher en colonies, les uns à côté des autres.

11 est admis qu’agréable, brillant etflûté, le chant du Linol consiste en plusieurs strophes suivies et bien liées. Beclistein dit qu’en Allemagne, et principalement dans la lliuringe, les con-

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