PL. 137. - PIE-GRIÈCHE ROUSSE
Lanius rufus (Briss.).
Male adulte : en dessus, vertex, nuque et derrière du cou jusqu’aux épaules d’un roux ardent, encadré par une bande noire occupant le front, contournant les yeux et retombant le long des côtés du cou jusqu’aux épaules et rejoignant le noir du manteau ; bande blanche à la base du bec occupant le lorum; croupion cendré foncé ; épaules blanches ; ailes brunes, les grandes rémiges blanches dans leur milieu formant miroir; queue noire, rectrices latérales blanches ; en dessous, d’un blanc légèrement lavé de
LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES DOIS
roassàtre. Bec et pieds d’un gris noirâtre ; iris brun. Taille : environ dix-neuf centimètres.
Type du groupe générique Phoneus de Kaup.
Habite l’Europe , l’Asie et l’Afrique, où elle est 1res abondante même jusqu’au Cap.
Niclie entre les bifurcations des branches des arbres ou des taillis; nid fait en dehors avec des racines, des lichens, des mousses et de petites branches entremêlés de toiles d’araignées et d’autres filaments, garni en dedans d’herbes très fines et de flocons de laine; pond cinq à six œufs d’un blanc azuré plus ou moins pur, avec des taches nuageuses grises et d’autres plus larges brun olivâtre; ils mesurent de vingt-trois à vingt-quatre millimètres sur dix-sept ou dix-huit.
Elle fréquente la lisière des grands hois, les taillis, les vergers et les buissons d’épines noires ; mais elle recherche surtout les pâtures fermées où l’on tient des chevaux jour et nuit ; elle s’y pourvoit en abondance de bousiers, de hannetons, de sauterelles, de taons et d’autres insectes; à leur défaut, elle se jette sur les lézards et même sur les petits cailleteaux.
Comme ses congénères, elle est d’une humeur querelleuse, tout aussi hardie, tout aussi méchante. En liberté, sa voix naturelle est aigre et rauque ; mais, pendant la saison des nichées, elle y joint une sorte de babil assez singulier. Elle pousse très loin le talent d’imitation et s’approprie le chant ou les cris des oiseaux qui habitent le même canton qu’elle , même les cris de ralliement de la Perdrix rouge et la Perdrix grise, qu’elle s’applique aussi à contrefaire.
Elle va, dit M. Bailly, jusqu’à imiter le bêlement de la chèvre, de la brebis et la voix de quelques animaux qu’elle entend autour d’elle.
En volière, selon Bechstein, elle paraît douée d’une assez bonne mémoire, et son gosier n’est pas sans agrément et ne manque pas d’une certaine douceur. D’ailleurs, elle mêle, aux chants qu’elle imite, plusieurs strophes de son ramage aigre et rauque; elle répète le chant du Rossignol, des Fauvettes, des
PI. 137. PIE-GRIÈCHE ROUSS E — Lanius rufux. Brisson. — ± nat.
J. Rothschild, Éditeur Paris.
Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois
Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.
J . Rothschild, Editeur Paris.
PI 138. PIE-GRIECHE MASQUEE — Lanius nubicus. Lichtenstein. — nat.
DÉODACTYLES CONIKOSTRES
Rouges-Queues, du Chardonneret, etc. ; mais son grand mérite est dans son beau plumage.