PL. 13. - CIRCAETE JEAN-LE-BLANC
Circaèlus gallicus (Vieillot, ex Gmelin). — Falco galliciis (Gmelin).
iVule flduhg ; dessus du corps, à partir du derrière du cou, d’un brun fauve très clair, glacé de cendré, plus foncé sur les rémiges secondaires ; tout le dessous, depuis le, menton, d’un beau blanc avec un point brun à l’extrémité de chaque plume, sans aucune tache chez les vieux ; rémiges noires ; queue barrée de trois bandes brunes, le bout des rectrices blanc ; dessus de la tête et joues d’un brun Isabelle. Bec couleur de corne blèuâtre ;
LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES
cire et pieds d’un jaune pâle ; ongles noirs ; iris d’un beau jaune. Taille; de soixante-cinq à soixante-six centimètres.
Habite l’Europe, l’Asie, l’Afrique septentrionale ; commun en Pologne, en Allemagne, en Suisse, en Bessarabie, en Turquie et en Palestine ; un peu moins commun qu’autrefois en France, où il fréquente les montagnes boisées des différents départements, comme il le fait dans les parties orientales du nord de l’Europe ; jamais en Hollande.
Niche, suivant les localités, tantôt sur les plus hauts sapins ou sur les chênes , tantôt dans les anfractuosités ou sur une saillie peu élevée de rochers, ou simplement sur les plus gros buissons épineux qui y croissent, quelquefois près de terre, et dans des positions que Ton atteint souvent sans grandes difficultés.
L’aire, une fois achevée, est plate, un peu creuse au milieu, qui est destiné à recevoir la couvée, et formée, en dehors, avec de petites branches, surtout avec celles d’aubépine ou autres bois piquants ; en dedans, avec des rameaux de buis, avec des débris de roseaux, avec des racines déliées et avec de la mousse.
La ponte est de deux œufs, et fort souvent se borne cà un seul. Cet œuf est presque toujours de forme exactement ovalaire, les deux extrémités étant égales ; coquille à grain semblable à celui de l’œuf de l’Aigle Doré ou Royal , d’un blanc légèrement teinté debleuâtre,plus sensible dans la transparence , et extérieurement poreuse et unie, quoique sans reflet ; d’une couleur blanche et généralement sans taches, mais fort rarement ondée par places d’une nuance légèrement jaunâtre , dégénérant quelquefois en taches rembrunies assez marquées. Le grand diamètre est de six et demi à sept et demi centimètres, et le petit de cinq et demi à six.
Comme sa nidification, sa nourriture varie suivant les localités.
En Savoie, il s’établitsur les rochers hérissés de buissons, dans les bois environnant l’eau, les champs, les marais et les habitations rustiques. H trouve en abondance dans ces lieux la nourriture qui lui convient le mieux ; surtout les oiseaux de basse-cour.
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS
les muloLs, les taupes, les rats, les reptiles de toute sorte, notamment les couleuvres, dont il est très friand.
Dans le nord de l’Europe, en Pologne et en Littiuanie, selon Tyzenhauz, il fait la chasse aux Coqs de Bruyère, aux Perdrix et aux lièvres.
Il ne dédaigne même pas les insectes, au témoignage de Gerbe, qui dit avoir trouvé, en octobre 1839 et 1841, l’estomac de trois Jean-le-Blanc, qu’il eut l’occasion d’examiner à deux époques différentes, rempli de grands insectes à élytres.
Quels que soient les méfaits du Jean-le-Blanc à l’égard des chasseurs, nous pensons que ces méfaits isolés ne sauraient entrer en balance avec les services signalés qu’il leurrend, età l’homme en général, en participant pour une forte part à la destruction de la race si dangereuse et si nuisible des reptiles. Il y a certes là pour lui mieux qu’une circonstance atténuante, d’autant qu’il est le seul de tous nos Rapaces d’Europe qui ait cet instinct.
r FAMILLE
LES BUSES ou BUTÉONIDÉS. — ‘ Buteonidas.
Les groupes de cette sous-famille tiennent encore des Aigles par leur aspect et les formes lourdes et massives du corps ; ils s’en distinguent par les plumes de la tête et du cou qui, au lieu d’être allongées et pointues, détachées les unes des autres, sont imbriquées et se terminent en s’arrondissant ; les uns ont la base du bec et une partie du dessous des. yeux recouverts de poils, les autres parties emplumées, ainsi que le lorum ; presque tous ont les tarses nus, un seul les a emplumés jusqu’aux pieds.
Trente-cinq ou trente-six espèces^ répandues sur tout le globe, les composent et sont réparties, pour l’Europe, ert trois groupes : Buses, Biiteo ; Archibuses, Archihuteo • et Bondrée, Pernis. Elles ont, à peu de chose près, les mêmes habitudes, sont forestières et vivent de leur chasse rarement près des charognes.
LES OISEAUX DE l'UOlE OU RAPACES
GROUPE GÉNÉRIQUE lUJSE, BUTEO (G. Cuvier).
Bec, de la longueur de la tète, fendu jusque sons les yeux, à bord mandibulaire légèrement festonné, arrondi de la base à la pointe, qui est fortement crochue; lorums et base du bec et de la cire garnis de poils se relevant en avant; ailes n’atteignant pas l’extrémité delà queue, a quatrième rémige la plus longue, toutes sans échancrure; • queue médiocrement allongée et arrondie; tarses robustes, de la longueur du doigt médian, nus, à peine emplumés au- •dessous du talon, recouverts de plaques en avant, réticulés en arrière; ongle du pouce le plus fort, le plus long, le plus arqué et le plus aigu.
PL. 14. — HUSE VULGAIRE.
Butco vulgaris (Bechst., éx Linn.). — Falco vulyaris (Linn.).
Mâle adulte : en dessus, d'un brun foncé s’éclaircissant au bord de chaque plume qui, derrière le cou et sur les petites scapulaires, est noire au centre, plus clair encore sur les sourcils qui deviennent blanchâtres ; extrémité des rémiges d’un brun foncé qui forme sur les reclrices sept ou huit bandes noirâtres; en dessous, depuis le menton, d’un blanc presque pur, écaillé régulièrement de brun au bord circulaire des plumes. Bec couleur de corne bleuâtre; cire et pattes jaunes; iris d’un brun noisette. Taille ; de soixante-cinq à soixante-dix centimètres.
Le plumage varie à tel point sur chaque indi^idu de celte espèce que l’on en rencontre à peine deux ou trois exactement semblables, puisqu’il s’en trouve de chamarrés de blanc, cl quelques-uns de tout bruns ou de tout blancs; ce qui a donné
Des Murs, Les Oiseaux de Proie.
J. Rothschild, Éditenr. Paris.
PI 14. — BUSE V ü L G- A I R B — Buteo vulgaris. Bechstein, ex Linnceiis. — t'alco vuîgaris. Linnæus. — i nat.
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS
lieu à de nombreux doubles emplois. On n’a donc que l’embarras du choix, et le nôtre est tombé sur le sujet que représente notre planche.
Habite l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Sédentaire et commune en France.
Niche dans les bois en plaine, ou au pied des montagnes, ou dans les taillis qui. poussent parmi les rochers; dans les bois, sur les plus hauts chênes ou les sapins les plus élevés ; en montagnes, dans la fente d’un rocher garni de broussailles, ou simplement au milieu d’un épais buisson ou d’une touffe d’herbes protégés par une saillie de roc. .
Le nid est composé, en dehors, avec des bûchettes ou de petites branches; en dedans, avec des herbes, et même de la laine ou d’autres matières molles. Souvent elle s’empare d’un nid de Corneille qu’elle agrandit.
La ponte est de trois ou quatre œufs, qui varient presque autant dans la coloration que le plumage de l’oiseau.
Il arrive parfois, comme cela s’observe chez grand nombre d’espèces d’oiseaux, soit en liberté, soit en domesticité, que des Buses étrangères au nid et à la couvée prennent spontanément soin de ces jeunes, en l’absence des père et mère, devenus victimes des chasseurs.
A l’appui de cette exception, M. lè Vicomte d’Esterno a fait à la Société d’acclimatation de Paris, en juillet 1879, une communication se résumant en ces termes, et qui se recommande à l’attention des ornithologistes :
Un hasard heureux, écrivait-il, m’a permis, il y a un petit nombre d’années, de faire une observation d’histoire naturelle que je n’ai vue consignée nulle part et qui, m’a-t-on dit, n’est pas dénuée d’intérêt.
» On m’avait indiqué, au milieu d’une forêt du Morvan, un nid de Buse commune ; je m’y transportai et je jugeai, d’après les cris qui partaient du nid, que les petits ne devaient pas être très forts.
» Bien décidé à détruire les jeunes, je voulus auparavant tuer
LES OISEAUX UE PLOIE OU RAPACES
les parents, et m’embusquai au pied d’un arbre voisin de celui sur lequel était perché le nid. Le premier oiseau qui parut fut tué sur le nid, et son compagnon, effrayé du coup de fusil, mettant un long temps à reparaître, je quittai mon embuscade, me promettant de revenir bientôt.
» Je revins un ou deux jours après et, m’étant mis en observation, je pus me convaincre que les petits étaient nourris par plusieurs oiseaux de même espèce. J en tuai un et je paitis.
» Le surlendemain, je revins encore et constatai de nouveau la présence de plusieurs Buses. J’en tuai encore une. Bref, en quelques jours je tuai sur le même nid quatre ou cinq Buses, toutes de même espèce.
» Malheureusement, mon coup de fusil tua dans le nid le dernier des jeunes, et je dûs renoncer à continuer mes excursions dans la forêt. Je le regrette. Si pareille occasion se représentait, je chercherais à compléter mes observations. »
Pendant les hivers rigoureux et par les temps de neige, les Buses n’en sont pas moins àplaindre, comme dit M. de Tschudi : ou leur plumage se glace, ou leurs pattes nues gèlent.
Les Buses se réunissent aussi parfois en bandes, dans certaines contrées désertes de la Champagne, par exemple, vers le milieu ou la fin de l’automne, et peu avant le coucher du soleil, pour chasser de menus oiseaux tels que Pipis, Alouettes, etc. Apiès les avoir rabattus au vol vers la terre, et les avoir en quelque sorte étourdis ou fascinés, elles- se disposent circulairement, en vrais rabatteurs, sur les différentes roches ou aspérités entourant un vallon ; puis, rétrécissant progressivement leur cercle, elles s’abattent et finissent par s’en emparer, et fort peu parviennent h se soustraire à cette chasse d’un genre tout particulier, qui rappelle, sur ,1a terre, la manœuvre des Pélicans pour prendre le poisson sur l’eau. C’est un fait dont nous avons été témoin, à ce passage d’octobre, pendant plusieurs années de suite, h partir de 1 836, dans les environs notamment de Saint-Just et d Anglure, département de la Marne.
, Au résumé, nous nous en tenons, à l'égard de notre Busevul*
\ Des Murs, Les Oiseaux de Proie.
•J. Rothschild, Éditeur, Paris.
Pi. 15. — LA RDSE DES DÉSERTS, OU ROUGR 1 — Buteo desertorum. Daudiu. — nat.
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS 59
gaire, à l’opinion de M. de Tschudi, que l’on ne saurait trop propager, On a tort, dit-il, de faire la chasse aux Buses : ces oiseaux, des plus utiles, détruisent une quantité de lézards, de serpents, derats, de souris et de mulots. On a trouvé, parfois, dans le jabot d’une Buse sept à huit souris non digérées. Steinmiiller, en examinant l’estomac d’un de ces animaux, n’y découvrit pas moins de sept orvets, une larve de hanneton et quinze courtillières.
Un savant inspecteur des forêts, M. de la Bue, a écrit :
«On a calculé qu’une Buse mangeait annuellement six mille souris!, nombre évidemment au-dessous de la vérité. Qu’on se figure maintenant les services qu’auraient rendus les trois mille deux cents Buses qui furent détruites, en 1862, dans les forêts de la liste civile I »
Rien, ajouterons-nous avec M. de Tschudi, ne peut démontrer plus victorieusement l’utilité de ces oiseaux, que de pareilles autopsies et de tels calculs,; et si, de temps en temps, les Buses s’emparent de quelque poulet, voire même, dirons-nous, de quelque menu lapin, il est impossible, il est même déraisonnable de leur en vouloir.
Ce qu’il serait bien intéressant de voir vulgariser aussi, c’est, avec la facilité à la domestication de la Buse, son attachement intelligent, sa constance et sa fidélité pour ceux qui le soignent. Une lettre de l’abbé Fontaine, curé de Saint-Pierre-de-Bellême, à Buffon, datée du 28 janvier 1768, en fai.t foi.
Il l’avait habituée à vivre en liberté, à arriver à sa voix, et à . l’accompagner dans ses courses ou ses promenades, sans que jamais elle n’en abusât plus de quelques jours. Elle périt viotime de la méprise d’un garde-chasse.
PL. 15. - LA BUSE DES DÉSERTS, ou ROUGRI.
Buteo desertorum (Daudin).
Mâle el femelle adultes parties supérieures brunes , avec les plumes bordées de roux ferrugineux; parties inférieures d’un
ÜO LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES
])lanc lavé de roussàtre, avec des slries et des taches lancéolées sur chaque plume | culottes rousses, avec des taches plus foncées ; rémiges noirâtres, barrées de huit ou dix bandes plus pâles. Bec brun de corne ; cire, commissures, tarses et doigts jaunes ; iris d’un brun plus ou moins roux. Taille, ïnâle : de quarantetrois à quarante-quatre centimètres ; femelle : de quarante-huit à quarante-neuf.
La Buse des déserts, ou Bougri, passait, jusqu’à ces derniers temps, pour être exclusivement propre à l’Afrique méridionale et australe, où la découvrit Levaillant. Depuis, M. Martin l’a rencontrée en Europe, dans les environs de Kalonga, et Schlegel cite des captures faites dans les déserts du Volga inférieur, près de Sarapta ; elle habiterait aussi le versant oriental des monts Durais, jusqu’en Sibérie; enfin, dans les environs de Constantinople, où elle niche.
Elle niche, d’après MM. Alléon et Vian, dans les forêts de Belgrade, généralement au milieu de lianes épaisses, à trois ou quatre mètres de terre ; son aire est presque plate.
Les œufs, au nombre de trois ou quatre, ne diffèrent pas beaucoup de ceux de la Buse vulgaire, si ce n’est par leur volume un peu moindre, et présentent tout autant de variétés dans l’absence ou la répartition des taches. Ils mesurent de cinq centimètres à cinq centimètres et demi sur quatre.
M. Alléon a pris une femelle sur son nid, le 8 juin 18Gd ; elle avait trois petits de cinq à huit jours.
Les détails précis qu’en ont donnés, en 1869, MM. Alléon et Vian, sont assez caractéristiques pour en autoriser la reconnaissance, d’abord comme espèce distincte de la Buse vulgaire, ne fiit-ce que par ses habitudes, ignorées jusqu’à eux ; ensuite, comme espèce européenne, par ses passages réguliers au Bosphore et sa résidence dans la Turquie d’Europe.
Les différences d’habitudes entre la Buse des déserts et la Buse vulgaire sont beaucoup plus marquées que les différences de plumage, sauf la caractéristique spéciale des culottes roux de rouille chez la première.
Dc« Mnre, Les Oiseaux de Proie.
J. Rothschild, Éditenr, Puris.
PI. 16. BUSE ALBICAUDE — Buteo ferox. Thieuemaim, ex S.-G. Gmelin. -- j nat,
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS 61
Les Buses des déserts sont beaucoup plus nombreuses aux deux passages que la Buse ordinaire, et demeurent plusieurs jours sur les rivages de la mer Noire, à l’embouchure du Bosphore, dans les automnes où les sauterelles viennent envahir le territoire. Des nuées épaisses de ces insectes, dit M. Alléon, arrivent par la mer Noire et tombent généralement à l’eau avant d’atteindre la terre ; le Bosphore et les sables du rivages sont littéralement couverts de leurs débris. On voit alors dés bandes nombreuses de Buses des déserts occupées, depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, à purger la terre et l’eau des cadavres des sauterelles, travaillant, soit au repos, soit au vol, mais justitifiant toutes le nom et l’habitude que la science leur donne : quand elles quittent le pays, il n’y a plus de sauterelles.
La Buse des déserts, lorsqu’elle est démontée, se défend courageusement du bec et des serres.
PL. 16. — BUSE ALBICAUDE.
Bitfeo ferox (Temm., ex Gmelin).
Mâle adulte :tèAe, cou et poitrine d’un blanc roux; nuque d’un brun strié de noirâtre ; dessus du corps brun, chaque plume bordée de roussâtre, excepté au bas du dos ; sus-caudâles d’un blanc lavé de roux, avec bandes obliques et transversales brunes; rémiges primaires d’un gris brun sur les barbes externes, blanches avec barrbs partielles sur les internes , blanches sur le surplus avec barres brunes, baguettes blanches avec le tiers terminal brun ; rectrices d’un blanc lavé de roux plus intense sur les barbes externes et vers l’extrémité, sans taches ni bandes transversales; ventre, abdomen, flancs et culottes marbrés de blanc, de brun et surtout de rouille , plus sombre aux culottes; sous-caudales d’un roux pâle sans taches; plumes axillaires roux de rouille ; couvertures sub-alaires marbrées de brun, de roux et de blanc. Bec noir de corne; cire
LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES
jaune olive ; iris brun foncé ; pieds d’un jaune roussâlre. Longueur totale : cinquante-deux centimètres.
Habile l’Europe, l’Asie et l’Afiique orientale; se renconlre dans les environs de Sarapla et sur les bords du Volga ; et se trouve dans la Turquie d’Europe, où elle niche.
Pond trois ou quatre œufs semblables à ceux de la Buse vulgaire, mais un peu plus gros, qui mesurent dix centimètres sur quatre et demi.
Se nourrit, d’après Gerbe, de couleuvres, de lézards et de petits rongeurs, surtout de spermophiles.
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS
2° GROUPE GÉNÉRIQUE ARCHIBUSE, ARCHIBUTEO (Brelim).
Mêmes caractères que les autres Buses, pour la tête et le bec, on peut même y ajouter, pour les ailes, puisque tout en étant un peu plus, longues , c’est toujours la quatrième rémige qui dépasse les autres. Le seul caractère différentiel réside dans les tarses, qui sont entièrement emplumés jusqu’aux doigts.
Quatre espèces appartenant à l’Europe, cà TAsie et à l’Amérique méridionale composent ce groupe, qui n’en donne qu’une à l’Europe.
PL. 17. — ARCHIBUSE PATTUE.
Archibuteo lagopus (Brehm, ex Brünn.). — Falco lagopus (Brünn.).
Mâle adulte : tête, partie supérieure du cou, gorge, poitrine et cuisses d’un blanc jaunâtre, varié de larges raies oblongues brunes ; manteau, couvertures des ailes et du dos d’un brun noirâtre, chaque plume bordée de jaune roussâtre ; grandes rémiges noires ; grand espace brun foncé formant ceinture au bas ventre;' abdomen, croupion et couvertures inférieures de la queue d’un blanc jaunâtre ; queue blanche dansles deux premiers tiers de sa longueur à partir de sa naissance , noire dans le surplus ; plumes des jambes d’un blanc roussâtre. Bec noir de corne bleuâtre ; iris brun noisette cire et doigts jaunes ; ongles noirs. Taille ; de cinquante-trois à cinquante-quatre centimètres.
Habite l’Europe, l’Asie, l’Afrique méridionale, mais non 1 Amérique septentrionale, comme le supposent quelques naturalistes, qui ont confondu notre Buse pattue avec la Buse de Saint-Jean ou de Terre-Neuve de ce pays, commune dans la
LES OISEAUX UE PROIE OU RAPACES
plus grande partie des régions boisées de l’Europe, et notamment du nord, où elle se reproduit sur les grands arbres; se montre quelquefois en Hollande ; de passage dans plusieurs départements de la France, ainsi qu’en Savoie.
Niche sur les arbres ; pond de trois à quatre œufs plus petits que ceux de la Buse vulgaire et peu différents pour la coloration, qui se compose de taches brunâtres ou d’un roux terne, souvent plus abondantes au gros bout; ils mesurent cinquante-cinq millimètres sur quarante-cinq.
Elle fréquente, dit M. Bailly, les bois les plus solitaires, les taillis ou les broussailles du voisinage des eaux, l’intérieur des marais et des champs plantés ça et là d’arbres ou de buissons , et vit dans ces divers lieux à peu près de la même manière que la Buse ordinaire. Comme elle, elle s’embusque tantôt sur un arbre, tantôt sur le bout d’une pierre, et attend quelque proie facile pour fondre sur elle ; mais elle n’a pas, comme cette dernière, la patience d’attendre sa proie pendant des heures. Quand elle n’a rien aperçu, après une pause de quelques minutes, elle s’élance et vole avec activité à la découverte. On l’a vue, vers la fin de l’iiiver, sur le bord des fossés marécageux, et montée sur une motte de terre, guetter les grenouilles, les salamandres , qu’elle saisissait brusquement au moment où elles venaient se montrer à la surface de l’eau, et retourner, après chaque i^apture, sur sa première élévation pour s’en repaître. Pendant la neige, elle se plaît à faire la chasse, par les taillis, aux petits oiseaux et, par les champs, aux Alouettes. Dans les temps de disette éxtrême, elle dévore même les cadavres et les objets immondes qu’elle rencontre près des eaux ou sur les fumiers dans les champs.
Entre temps, et dans le Nord, elle se nourrit de rats d’eau, de hamsters, de taupes, de jeunes lapins, de lièvres et de volailles, souvent de serpents.
Elle est, en tout, d’un naturel plus sauvage, plus féroce et moins indolent que la Buse vulgaire. Les chasseurs ne 1 approchent que très difficilement.
Des Murs, Les Oiseaux de Proie.
J. Rothschild, Éditeur, Paris,
PI. 18. — B O N I) R É E DES GUÊPES — l’omis aph'orus. Ch. Bonaparte, ex Liunæus. — i nat.