‹ Musée ou magasin comique de PhiliponChapitre 15 sur 95 · ACTE TROIS · texte numérisé non relu

ACTE TROIS

La scciiL- re|)résenle le casino de Nicosie, — Tivoli, Prajo, V:iii\ljall, C.haumitTc, Krinitape ou île d'Amour de Tile île (.lïitl're.

Les chœurs se succèdent. Les vins coulent d'une riche vaisselle de carton de vermeil. Les Vénitiens et les Chiffriotiens , qui ne boivent pas sec, mais à sec, sont émus par les vapeurs ' ^ " de la rampe d"a-

vant-scène. Ils se prennent de querelle pour s'amuser , et tirent leurs flambergps pour se découper. Mocieunigaud arrive et emploie la douceur naturelle de son caractère à calmer ces débordements honteux ik- la plus méprisable ivresse- Alors on dresse d"s tables de jeux et l'on chante une joyeuse chifFrienne six-illienne à la façon de Robert sur un air fort gai et très - connu ; Mocieunigaud le chante aussi à cause de sa position décimale et sinistre. Un grand sec vient fredonner tout haut, s.; à l'oreille de Mocieunigaud, que Gérard est à la fête , sans avoi; été invité. Mocieunigaud trouve ce procédé inconvenant et envoie ses bravis taillader le pourpoint de ce jeune amoureux. Mais alors des danseuses viennent chanter en s'accompagiiant sur la cithare. Un mocieu (pas nigaud) laisse tomber adroitement de l'avant-scène un billet sur une jeune fille si-tarée, dans lequel il la prie de ne pas venir si tard. Les lions ses amis rugissent quelques moments sur ce bon mot . . ce qui donne le temps à toute la population de quitter la scène, oii la multitude est sensée s'amuser, et laisse adroitement entendre les cliquetis d'épées que les tobubohus de l'orgie auraient nécessairement empêché d'ouïr. Gérard chante au voleur, à l'assassin .. Strozzi est inquiet, —

le coup est manqué Un homme masqué apparaît C'est

monsieur Bar-oie-l'est. Mais il ne reste pas long-temps masqué... Pourquoi est-il masqué ?... C'est probablement une exigence musicale I... Ces compositeurs sont... d une... bourgeoisie inconcevable! Bar oie-laid se démasque... parce qu'il est masqué.. Mais pourquoi ne garde-t-il pas son masque? parce qu'il est masqué.. . Mais pourquoi est-il masqué? pour se démasquer; alors pourquoi n'est-il pas démasqué? parce qu'il ne pourrait plus se démasquer. C est clair , très-clair! couleur locole ! Aussi le premier ténor dit-il au baryton qui lui a sauvé la vie avec son épée... Votre nom? — Non. — Votre patrie? —

Ma patrie est la France, beugle le roi d'une voix de taureau.

— C'est la mienne, s'écrie doucement Gérard, et j'y jouis de plus de cent mille francs d'appointements. — Et moi d'une cinquantaine de mille. — Dans mes bras. — Dans les miens (répond Gérard pour faire croire qu'il en a). (Duo) Salut , belle pairie, où tous deux nous avons reçu lejovr... {Je vais revoir ma N'ormaitdie., c'est le pays (fui m'a donné le jour.] — Vous êtes baryton? — Je le suis. — O mon frère. —

Fière deux ibis, la musique et l'iioiuieur Notis ont unis sous la uiêiiie haniiière.

Alors cantabilons, Ave, Maria de mademoiselle Puget sui' I ;iir de Triste exilé de M. Halévy.

Le monarque Bar-oie-l'est commence. . . On entend un mugissement semblable à la tempête en fureur. C'est le baryton qui exhale tendrement les souvenirs de sa patrie. Plus il pleure, plus il gémit ; plus il souffre, plus il retentit. Ce n'est plus un chanteur, c'est un Stentor, c'est un chantre!... Mais le ténor riposte par un petit Aie, Maria doucereux, mélodieux, qui ne manque pas d'une certaine prétention au professorat. Le Baryton se gonfle, le ténor s'endolorit, scènes du Lièvre et de la Tortue, de la Grenouille et du Bœuf, dans lesquelles le roi Lusignan donne rendez-vous à Gérard afin de se faire assassiner par cet amoureux qui connaît d'autant moins son rival que ce rival vient de lui sauver la vie. Cela est encore parfaitement clair et logique.

C'est pourquoi étant liés d'une étroite amitié, ils s'embrassent et sortent de côtés opposés pour bien établir la joie qu'ils ont de se trouver ensemble. Le canon gronde, tonne, bourdonne et en

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même temps tous les chants de la fête qu'on avait eu liesoiii de ne pas entendre depuis long-temps.

Le ri leau baisse comme la pièce.

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