PUBLICATIONS ARTISTIQUES
Aubert, l'éditeur du Musée Philipon, met en vente un grand dessin comique dont tous les journaux ont parlé avec éloges : c'est le Chemin de la postérité, par M. Benjamin.
L'auteur a placé dans cette piquante composition les hommes de lettres dont nous transcrivons le nom en suivant l'ordre de leur mise en scène.
MM. Victor Hugo, — Lamartine. — Théophile Gauihier, — Francis Wey, — Granier-Cassagnac, — Paul Fouché, — Eugène Sue, — Alexandre Dumas. — Frédéric Soulié, — Balzac, — Alfred de Vignv, — Gozlan, — Viennel, — Germain ei Casimir Delavigne, — Méry, — M. et Mme Ancelol. — Alphonse Karr, — Scribe et ses collaborateurs, Mélesville, Bayard, Carmouche, Dupin et '■*, — Rosier. — Lauzanne, — Ouvert. — Masson, — Paul de Kock, — Varin , — Dumersan , — Jules Janin. — Gustave Planche , — Rolle, — Guinol . — Albert Cler, — BrifT'aut , — Alberic Second, — Louis Desnoyers. — Allaroche, — Hippolyte Lucas el Viardot.
Le Chemin de la postérité restera comme une des bonnes comicalités de notre époque.
MÉLÂNGESi
JRnr VMËAM et E. FOUJEST
( Le Monsieur a moustaches. ) Ma femme, qui vous avait donné rendez-vous, est indisposée; elle m'a prié de venir vous le dire...
Visite de voisinage.
MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES
Expressions lyriques
La reine de Chypre. — Expression d'effroi mêlé d'indignation.
Duprez. — Expression de la flamme qui brûle son âme pour sa ri âme.
l'oujuuis Diiprez. — Expression de son malheur, de sa douleur et de son horreur pour le ravisseur.
Le vénérable père Cassandre-Andréa , expression détonnement.
Tu n'auras pas ma. . . fille. — Expressions diverses.
Les figurants. — Expressions de la plus aimable ivresse.
Imprimé par Belbuue vl Ploii , a I-hti^.
QUATRIÈME I.IVRAISON.
MUSÉE ET MAGASIN COMIQUES
MUSÉE PHILIPON
Une scène de Quinola.
Pierre Durand, dans la spirituelle Revue de Paris qu il fait au Siècle, dit à propos de Quinola : ■ j , . i„,
« On pourrait défrayer plusieurs feudletons avec les anecdotes et le* » mots, bons ou mauvais, qui circulent au sujet de Quinola, le fameux » drame de M. de Balzac. Jamais Quinola, forcé par ruse dans une partie « de reversis entre quatre douairières de province, ne fit parler la socie e „ d'une petite ville autant que le valet de cœur espagnol, héros de la » pièce nouvelle, fait parler depuis quelques jours tout ce qui, a Paris, » croit avoir le droit de porter la parole , c'esl-a-dire a peu près tout le
"Tu^ille du grand jour, l'auteur offrit une loge à un très-opulent «banquier d origine allemande. Le financier en question parle français, «mais avec mw prononciation déplorable. Il a su gagner des millions, » mais il na pas su perdre son accent ludesque. C est qu il y a des choses ,, données par la nature et que rien ne peut enlever, pas même la plus » grande fortune, et l'accent germanique est du nombre de ces choses-la. .. Or donc, notre banquier, voulant faire un compliment a M. de Balzac, » et lui payer son coupon par une promesse flatteuse, lui aurait dit avec
n un sourire doré ; . . i ,■ <■ . i,„r
.. — Pien opligé. M. de Palssak, temam nous irons aplatir fotre chel-
" ^Après avoir lu les feuilletons du lundi qui le traitaient avec la sévérité
» que l'on doit à un homme d'un beau talent, et qui opposaient le roman- » cier au dramaturge, M. de Balzac aurait dit :
„ i( A propos de mon drame, ils font l'éloge de mes romans; je vais » bien vite publier un roman pour qu'ils fassent l'éloge de mon drame. »
»Le calcul est ingénieux; nous verrons si l'événement en démontrera » la justesse. » , , . ■
Quinola méritait donc une grande place dans le Musée comique, car son histoire se compose aussi bien des scènes plaisantes qui ont égayé la salle le bureau de locations et la presse quotidienne, que de celles qui se sont jouées sur le théâtre. Mais il aurait fallu, pour cette exhibition , les galeries de Versailles, et nous n'avons pas la prétention de lutter avec notre colossal confrère. Nous nous bornerons à donner une idée du prmcipal personnage , de son caractère et de son costume , en représentant la scène dans laquelle l'auteur a placé le fameux calembour 0 plus 0. Nos lecteurs verront qu'elle est, quoi qu'on en ait dit, d'un excellent comique. ,
Quinola , déguisé et grimé en vieillard , vient, sous le nom du granapère de Fontanarès, relever le crédit de son maître et berner le faux savant don Ramon. .
Nous citons de mémoire, et nous devons nécessairement laire au texte original quelque tort involontaire.
TKBtSÏÈJWE AC7E-
QciNOLA. — Quoi ! vous seriez le fameux don Ramon? Don R.\mon. — Oui.
QuiNou. — Le grand don Ramon?
Don Kamon. —Oui.
QriNOLA. — Ce savant qui a donné la raison de tant de choses qui permettaient d'exister sans raisons?
Don Rasion. — Oui.
Quinola. — Savez-vous, seigneur don Ramon, pourquoi la vapeur
monte en l'air? . , , , . ,. ■
Don R.wion. — .le la crois plus légère que 1 air.
Oi-iNOL\ — Moi je la crois plus lourde ; puisqu elle hnit par se laisser toniber comme une sotte. Mon petit-fils formule ceci par R plus 0; et comme il y a beaucoup, d'eau dans l'air, il formule cela par 0 plus 0: c'egt-a-dire un nouveau binum.
Don Ramom. — Oui, je comprends.
MUSEE ET MAGASIN COMIQUES