LES GANTS
L'homme mal élevé ne met des gants que dans les occasions solennelles ; aussi ne sait-il pas se ganter. Il prend des gants dont la couleur ne s'assortit pas à sa toilette, des gants trop étroits ou trop larges. S'il les met, il ne sait plus que faire de ses mains; s'il ne les met pas, il les chiffonne et ne tarde pas à les fourrer dans sa poche.
Celui qui porte des gants sales ou troués vers les ongles est un pauvre honteux.
Les gants de 19 sous ne sont permis qu'aux commis de nouveautés, aux banquiers de petites villes et aux clercs d'huissier.
Tout individu qui porte des gants de coton doit se coiffer, le soir, d'un bonnet de même étoffe.
L'homme de bonne compagnie sait choisir, mettre, porter et ôter ses gants avec goût. Le fat les prend collants à ce point qu'il
ne peut ni remuer les doigts, ni plier la main ; aussi tient-il sa canne à doigts tendus, comme Polichinelle tient son bâton.