‹ Musée préhistoriqueChapitre 25 sur 106 · ABRI ET OBJETS DIVERS · texte numérisé non relu

ABRI ET OBJETS DIVERS

;i. — Mortier, avec sillon au pourtour, creusé dans un caillou roulé de granit. La Madeleine, commune de Tursac (Dordogne). Récoltes Éd. Lartet et H. Christy. (Musée de Saint-Germain, n" 15195) On a trouvé des mortiers analogues aux Eyzies et à Gorge-d'Enfer, commune de Tayac (Dordogne). La Madeleine en a fourni un certain nombre de complets ou en voie de fabrication, mais tous sont sans sillon au pourtour. J'ai figuré naturellement le plus complet, bien qu'il soit seul de son genre. Ces mortiers étaient employés probablement à triturer l'ocre ou pero.\\-de de fer et le peroxyde de maganése, qui servaient à peindre en noir, et surtout en rouge, hommes et objets. Le Musée de Saint-Germain possède un mortier semblable de la tribu des Osages, à Jetferson-City (Missouri). Il est en granit, mais double, ayant un creux de cliaque coté du disque. Il provient de l'Exposition universelle de Paris, en 1867, section des États-Unis. Demi-grandeur.

]2. — Sanguine, limonite ou peroxyde de fer hydraté. Grotte de Mongodier, commune de Vouthon (Charente). Récoltes Bourgeois. (Musée de Saint-Germain, n° 2270g). La surface a été grattée, en long, avec des lames de silex, pour produire de la poudre rouge. La sanguine a été rencontrée dans diverses stations magdaléniennes, par plusieurs fouilleurs. Grandeur naturelle.

i^. — Poinçon en bois de renne, de la grotte de l'Eglise, Saint-Martin d'Excideuil (Dordogne). Récoltes Parrot. (Musée de Saint-Germain, n" 19852.) Ce poinçon est caractérisé par de nombreuses entailles sur les deux côtés. Au premier abord ces entailles paraissent être des marques numériques. Ce serait l'équivalent des bâtons de boulangers, sur lesquels on marque les pains au moyen de coches successives. Aussi , certains paléoethnologues ont-ils désigné les instruments préhistoriques à entailles sous le nom de marques de chasse. Cela pourrait tout aussi bien être des marques d'autre chose, si c'étaient des marques. Il parait, du moins dans le cas présent, que ce ne sont pas même des marques. En effet, les traits de marques seraient nets et précis. Il n'en est point ainsi. D'un coté il y a douze entailles profondes et bien marquées, mais il s'en trouve deux failMement indiquées, une un peu

en dehors de la série, l'autre sur le milieu, vers le haut. Sur le côté opposé il y a dix ou onze entailles, généralement faites à deux reprises. Dans deux, les reprises ne correspondent pas; une n'est qu'à moitié; enfin, vers le haut, il y a une petite incisioii si faible qu'on ne sait si l'on doit la compter. Ces entailles étaient simplement destinées à empêcher la main de glisser en maniant l'outil. Grandeur naturelle.

— Os d'oiseau, avec entailles. La Madeleine, commune de Tursac. Récoltes Lartet et Christy. (Musée de Saint-Germain, n" 20067.) Les entailles sont sur trois lignes. L'une est bien isolée, mais les deux autres se touchent, et certaines de leurs entailles se confondent, d'autres ne sont qu'indiquées et même parfois à plusieurs raies. Ce n'est donc pas là non plus une marque de numération, mais bien plutôt un ornement, servant d'arrêt à la main, sur un manclie trop lisse. Grandeur naturelle.

— Vue des abris de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), d'après une photographie. Rocs de Plantade qui surplombent de quatre à cinq métrés. Cet abri a été fouillé par M. Brun, pour le musée de Montauban. Plus loin, on aperçoit un autre abri qui surplombe le chemin de fer. Des fouilles y ont été pratiquées par M. Peccadeaude-l'lsle, qui y a recueilli de fort belles séries. Pendant l'époque magdalénienne, l'homme recherchait non seulement les grottes, mais encore les abris. C'est ainsi que le gisement si riche de Laugerie-Basse. sur les bords de la Vezére (Dordogne) était un simple abri.

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