AIGUILLES A COUDRE
Pendant l'époque magdalénienne il faisait très froid, les hommes étaient donc vêtus. L'agriculture faisant défaut et les plantes textiles spontanées manquant dans les régions froides, les vêtement devaient uniquement se composer de peaux. Mais il fallait réunir ces peaux ensemble, de là la formation de tout un outillage de couture. Le fil se trouvait, comme chez les Esquimaux et les Lapons, remplacé par les tendons de renne effilés.
165. — Fragment d'os, probablement d'un bovidé, scié avec la pierre pour détacher des
esquilles longitudinales. Abris sous roche de Laugerie-Basse, commune de Tayac (Dordogne). Récoltes Massenat. (Musée de Saint-Germain, n" isiio.)
166. — Canon de cheval, duquel on a détaché une esquille longitudinale a\ec des lames
de silex. Abris de Laugerie-Basse. Récoltes Éd. Lartet et Christy. (Musée de Saint- Germain, n" 5t44.)
167. — Lame de silex, avec série de petites coches sur chaque bord. Bruniquel (Tarn-et-
Garonne.) Récoltes Lucien Brun. (Musée de Saint-Germain, n" 4386.) Les lames de silex, avec série de coches sur un seul bord, sont encore plus fréquentes. On désigne généralement ces petites lames dentelées sous le nom de scies. C'est une erreur; les dents, au lieu de favoriser le sciage, l'empêcheraient. Ce sont plutôt des outils servant à lisser et arrondir les esquilles d'os, destinées à faire les aiguilles.
i()8. — Polissoir en grés, ayant servi à polir et amincir les esquilles d'os destinées à faire des poinçons et des aiguilles. Grotte de Massât (Anè<^e). Récoltes Éd. Lartet. (Musée de Saint-Germain, n" 20086.)
iCiq. — Petite lame de silex, taillée en pointe aux deux bouts, servant à percer le chas ou trou des aiiiuilles. La Madeleine, commune do Tursac iDordcnUL-i Recolles
Éd. Lartet et Christy. (Musée de Saint-Germain, n° 3383.') Edouard Lartet s'est assuré, par expérience, qu'on peut facilement et très bien percer les trous d'aiguilles en os, avec ces pointes de silex.
170. — Grande aiguille en os. La Madeleine. Récoltes Ed. Lartet et Christy. (Musée de
Saint-Germain, n" 15201.) Ces aiguilles neuves étaient toujours assez longues. Elles surprennent par leur délicatesse. L'antiquité classique et même le moyen âge ne nous a rien montré d'aussi parfait. Le trou est tout petit, parce qu'il était destiné à recevoir des fibres de tendons de renne, qui s'eflilent d'une manière très fine, tout en restant fort résistants.
171. — Aiguille en os, trou cassé, ce qui de\-ait arriver souvent. Grotte des Eyzies.
commune de Tayac (Dordogne). Récoltes Éd. Lartet et Christy. (Musée de Saint- Germain, n" 15201. )
172. ■ — .-Mguille, en os, de la Madeleine. Récolte Éd. Lartet et Christy. (Musée de Saint-
Germain, n" 15102). Très racourcie, la pointe et le trou ayant été refaits plusieurs fois.
173. — Aiguille, en os, encore plus raccourcie. La Madeleine. Récoltes Éd. Lartet et
Christy. (Musée de Saint-Germain, n'-' 21249.)
174. — Aiguille à tête, en os. Grotte de Massât (Ariège). Récoltes Éd. Lartet. (Musée de
Saint-Germain, n° 20087.) Aiguille tout à fait élémentaire. Le fil s'attachait à la partie resserrée du sommet. La tête le retenait. Le corps de l'aiguille, après la pointe, est plus fort que la tête, afin que celle-ci et le nœud du fil puissent passer facilement a travers le \ide laissé par la pénétration de l'aiguille.
175. — Aiguille à crans, en bois de renne. La Madeleine. Récoltes Éd. Lartet et Christy.
(Musée de Saint-Germain, n" IS105) Le fil se fixait dans le cran, et l'aiguille était poussée, avec ledit fil, à travers la peau.
176. — Poinçon en os. La Madeleine. Récoltes Éd. Lartet et Christy. (Musée de Saint-
Germain, n° 20072.) Les aiguilles à chas, les plus communes, étant trop faibles pour percer les trous, on commençait par les pratiquer au moyen de petits poinçons, puis l'aiguille passait par ces trous, pour y introduire le fil.
177. — Poinçon en os d'oiseau. Les Eyzies. Récoltes Éd. Lartet et Christv. (Musée de
Saint-Germain, n" 201)7(1.) Les deux poinçons figures, étant pointus aux deux bouts, ont été pris parfois pour des hameçons. 11 y en a de beaucoup plus gros.
Toutes les figures sont de grandeur naturelle.