POIGNARDS
Les poignards sont parfois très fociles à distinguer, surtout parmi les objets de la Scandinavie, pays qui paraît avoir eu le monopole des grandes et belles pièces. Mais souvent il y a passage entre les véritables poignards et les pointes de lance, aussi fondons-nous pour ainsi dire ces deux séries ensemble. Les poignards se distinguent généralement par une poignée. Pourtant il en est qui pouvaient ne pas en avoir ou en avoir une rapportée qui s'est perdue. Telles sont les pièces 340 et ^42 de la présente planche. Les poignards, assez communs en Danemark, sont rares en France.
Toutes les figures de cette planche sont demi-grandeur naturelle.
335. — Poignard des mieux caractérisé, silex. La base est en losange. Le manche a
quatre faces, toutes les arêtes sont comme plissées ou froncées par de fines retouches très artistement faites. Ces beaux poignards ne sont pas rares en Danemark. Récoltes de l'État. (Musée de Saint-Germain, n" 197.)
336. — Autre poignard en silex, manche bien façonné mais moins élégant. Danemark.
Récoltes de l'État. (Musée de Saint-Germain. n° 198.)
337. — Poignard, silex. Lame très soignée; poignée assez rudimentaire. Danemark.
Récoltes de l'État. (Musée de Saint-Germain, n" 210.)
338. — Poignard, silex. Lame admirablement taillée, comme sillonnée avec une gouge;
poignée à quatre faces grossières. Danemark. Récoltes de l'État. {Musée de Saint- Germain, n" 207.) Ces belles lames se dégrossissaient d'abord par la percussion. C'est ce qui a produit les grandes empreintes de la lame du n" 557 et celles qui
s'aperçoivent encore dans les n"* 336 et même 33s. Une fois la forme générale obtenue par la percussion, on façonnait et finissait la pièce par la pression. En appuyant un corps dur et pourtant doué d'une certaine élasticité, sur les bords, on enlevait successivement de petites esquilles transversales qui. en partant, ont laissé ces petits sillons ressemblant à des coups de gouge. Tous ces poignards danois sont également bien taillés sur les deux faces.
339. — Poignard à lame étroite, malheureusement cassée et à manche plus large ; silex
du Grand-Pressigny. Dragages de la Seine. Port de Grigny (Seine-et-Oise). Récoltes Chanoine et Campagne. (iVlusée de Saint-Germain, n° 1973.) Ce poignard n'est retouché que d'un seul côté. L'autre présente la face unie de départ. Le conchoïde de percussion est à la base du manche. Celui-ci est poli dessus pour ne pas blesser la main et rugueux sur les bords pour qu'il ne glisse pas.
340. — Lame de poignard. Plaquette de silex retouchée sur les deux faces tout au pour-
tour. Dolmen du Frau du Bretou (Tarn-et-Garonne). Récoltes Brun. (Musée de Montauban.) Pourrait bien être une pointe de lance, mais ressemble beaucoup à une lame de poignard en bronze trouvée dans un autre dolmen de la région.
341. — Poignard en os. Cubitus de bœuf. Stations lacustres de la Suisse. Récoltes Gross
(Musée de Saint-Germain, n" 22747.) Est très bien en main.
342. — Poignard en os. Fragment d'un canon de bœuf, côté supérieur. Tourbières de
Condé-sur-Somme (Somme). Récoltes Boucher de Perthes. (Musée de Saint-Germain, n" 18932.) Cet os s'empoigne très bien. 11 n'avait pas besoin d'un manche rapporté comme la lame de silex 340. Dans les tourbières et dans les stations lacustres, on recueille de nombreux os taillés en pointe très acérée, qui présentent toutes les transitions, entre les poinçons que nous avons figurés pi. XXXVIIl et les poignards. Ces pointes devaient servir à volonté d'outils ou d'armes.
343. — Poignard en bois d'if, avec manche, d'une seule pièce. Station lacustre de
Robenhausen, canton de Zurich (Suisse). Récoltes Messikommer. (Musée de Zurich.) Bois conservé dans la tourbe.