EPEES BRONZE ET FER. — BOUTEROLLES
Dans l'origine, et pendant fort longtemps, le fer a été considéré comme un métal vil et impur. Le bronze, au contraire, était un métal noble et distingué. Cela tient probablement à plusieurs causes.
Le bronze étant connu depuis plus longtemps, avait le prestige du temps, de l'ancienneté.
11 provenait de l'Orient, de l'Inde, centres de civilisation, tandis que le fer provenait d'Afrique, pays des noirs, des races maudites.
Dans les commencements, l'acier devait être rare et exceptionnel. On ne connaissait à peu prés que le fer doux qui n'est guère, au point de vue industriel et militaire, plus avantageu.x que le bronze.
Enfin, le fer est facilement attaquable, il se rouille, il se décompose, tandis que le bronze reste intact.
C'est à ces diverses raisons qu'il faut attribuer la triste réputation du fer. Aussi était-il méprisé de l'aristocratie militaire et religieuse. On le mettait peu dans les tombeaux, on ne l'employait pas pour les objets et les armes de luxe. Cela explique pourquoi nous avons vu les rasoirs de bronze se maintenir si longtemps et si généralement à l'époque hallstattienne, ou première époque du fer. Cela explique aussi pourquoi les épées de bronze ont encore été en grand usage pendant cette époque. Mais ces dernières épées affectent des formes spéciales et ont des bouterolles particulières, qui permettent de les distinguer des épees et bouterolles du véritable âge du bronze.
Les épées sont toutes à i s et les bouterolles à 1/4 grandeur.
I igy. — Épée, lame en fer, poignée en bronze, ornée d'incrustations en fer. Cette poignée a encore la forme des poignées larnaudiennes. Palafitte de Mieringen, lac de Bienne (Suisse). Récoltes et collection Gross.
iiqS. — Épée. lame et poignée entièrement en bronze. Cimetière d'Hallstatt, Haute- Autriche. Récoltes Ramsauer. (Musée archéologique de Vienne. Autriche.) Pointe triangulaire, lame très pistilliforme, crans de la base très courts, petits rivets simules sur la poignée.
1 iQQ. — Épée en bronze, avec les mêmes caractères que la précédente, mais moins accentués. L'oxydation montre que la poignée avait la même forme. Ame de la poignée sinueuse, terminée par un espèce de carré. Tumulus des Barrières, à Miers (Lot). Récoltes et collection Rupin.
1200. — Épée analogue en bronze. Environs de Besançon (Doubs). (Musée de Saint-Germain, n" 7751.)
1 201 . — Épée analogue en 1er. Tumulus des chaumes d'Auvenay, près Nolay (Côte-d'Or). Récoltes deSaulcN'. (Musée de Saint-Germain, n" 5Q(i.)
1202. — Bouterolle ou base de fourreau à ailes, bronze. Gué de Keelogue, dans le Shannon (Irlande). (Musée de Dublin.) D'après Wilde. Caldlogiu- 0/ thc aiitiqnitics. p. 461, fig. 3S7-
1205. — Bouterolle à ailes rele\ées. bronze. France. (Musée de Saint-Germain, n° 24102.) L'oxydation laisse voir comment cette bouterolle était reliée au fourreau par des fils métalliques.
1204. — Bouterolle a ailes relexees, en bronze. Bout du fourreau de l'épée n" 1 u)q. Les Barrières (Lot). Récoltes et collection Rupin à Brive.
1205. — Bouterolle à ailes horizontales, bronze. Celle de droite est en partie cassée. Bassin de la Saône. Récoltes M"" Febvre. (Musée de Saint-Germain, n° 17724.)
120(1. — Bouterolle à ailes recourbées, bronze. Tumulus de Barésia (|ura). Récoltes et collection Le Mire.
1207. — Bouterolle à ailes arrondies, bronze. Allemagne. (Musée de Wurzbourg.)
120S. — Bouterolle à ailes arrondies a\'ec oreillettes en retour, bronze. Dompierre (.Ain). (Musée d'Orléans.)
Pl.EVl