LA. MESSE DE BOLSÈNE
Fresque de Raphaël.
Uir prêtre de la yille de Bolsène, plongé dans un fatal aveuglement , ne croyait pas à la présence réelle du Dieu dont il célébrait les augustes mystères. Un jour, en 1264, il venait de prononcer les paroles sacramentelles , lorsqu'il vit avec étonnement le corporal sur lequel était déposée la sainte hostie taché de quelques gouttes de sang qu'elle y répandait. La représentation de ce miracle fut, sans doute, demandée à Raphaël pour combattre d'une manière indirecte le schisme de Luther qui se répandait dans la chrétienté j pour mieux faire saisir l'allégorie, le pape Urbain IV, qui régnait en 1264, ^t représenté sous les traits de Jules II.
Cette peinture à fresque est dans la pl^mière chambre du conclave, entre la salle de Constantin (voir les n»'. 235, 236 et 237), et celle de la signature. D'autres maîtres l'avaient déjà décorée ; mais le grand talent que montra Raphaël dans ces premiers travaux à Rome poita le pape Jules II à détruire ce qui existait. Ce tableau, coupé par une fenêtre d'une manière irrégulièi'e , aurait été défectueux si le talent du peintre n'eût tiré le plus beau parti de cette irrégularité même. Il a cherché à imiter l'école vénitienne dans la distribution des couleurs , et y a fait preuve d'une grande habileté.