‹ Musée religieuxChapitre 28 sur 47 · J.-C. GUÉRISSANT DEUX AVEUGLES · texte numérisé non relu

J.-C. GUÉRISSANT DEUX AVEUGLES

Tableau de N. Pousfia.

L'Evangile rappoi*te que deux fois , pendant le courd de son bienfaisant passage sur la terre , Je Sauveur guérit deux aveugles : d'abord à Gapharnaûm , et c'est ce miracle qu'a représenté Poussin, puis à Jéricho ; mais à Jéricho il sortait de la ville accompagné des douze apôtres, tandis qu'à Gapharnaûm il amvait pour prendre quelque repos, suivi seulement de Pierre, de Jacques et de Jean. Il est facile de. voir avec quelle exactitude le peintre a observé les circonstances qui distinguent ces deux guérisons miraculeuses.

Il y a dans la position de ces deux malheureux quelque chose de ravissant : c'est de la confiance, de l'empressement , de la foi , la certitude d'être guéri ; la crainte , chez le second , d'arriver trop tard à la main qui doit lui rendre la vue. On ne saurait trop louer ce magnifique ouvrage sous le double rapport de la composition et de l'expression. Seulement l'exécution ne répond plus à la grandeur de la pensée , et son illustre auteur a des chefs-d'œuvre qui, sous ce rapport, sont bien préférables à celui-ci. Poussin le peignit à l'âge de cinquante-six ans , pour M. Reynou, négociant à Lyon ; il passa de là dans le cabinet du duc de Richelieu , neveu du cardinal, et fut acquis ensuite par le roi. Ce tableau fit le sujet dfe la septième conférence de l'académie, le 3 décembre 1667, deux ans après la mort de Poussin.

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