VASE A CLOCHE
FOND KOU. — PIGVâBS aOVeEAT&BS.
Sur chacun des côtés de cette campana on voit des bacchants et des bacchantes qui offrent à Priape des couronnes et des guirlandes. Il est aisé de reconnaître ici rhiérophante , le Bacchus , le prêtre chargé des ablutions et les bacchantes.
Les figures sont d'une bonne exécution, et elles portent des peplos ou des chlamydes habilement drapées.
De tous les auteurs qui ont déclamé contre l'impudicité des dieux du paganisme , il en est peu qui l'aient fait avec autant de force qu'Âruobius. Voici un fragment assez curieux de son traité sur les images des dieux ( de Deorum simulacris ) :
« A quoi me sert de rire ainsi des faux dieux , de leurs » cornes et de leurs ridicules attributs, lorsque je n'ignore V pas qu'ils représentent les habitudes de certains hom- « mes, et les traits de plusieurs infâmes courtisans ? Qui » ne sait que les Athéniens ont façonné leurs Mercures > sur l'imitation du corps d'Alcibiade ? Qui ne sait en- » core, en relisant Posidippe, que Praxitèle avait sculpté » la Vénus gnidienne à la ressemblance de la courtisane t Gratina, que le malheureux aimait éperdument? Mais • cette Vénus n'est pas la seule dont le visage reproduise » les traits dune prostituée. Phryné elle-même du » temps où sa beauté brillait de tout son éclat, et: où ta » jeunesse était dans toute sa fraioiieur. servit, dit-on,
PLANCHE Ur.
» de modèle aux diverses figuies de Vénus , soit dans les * villef grecques, soit partout ailleurs oh le culte des » idoles était admis. Les artistes de cette époque cher- » chaient ré se surpasser mtittiellement en reproduisant r rimage de cette coortisaoe sur les statues de Vénus, » non pas afin que la déesse en devint plus auguste , mais 9 afin que Phryné passât pour la véritable Vénus. La » chose fut poussée à un tel point que les prostituées re- » curent les sacrifices dus aux dieux immortels. On peut » citer à ce su)et le célèbre Phidias , qui , ayant fait une » statue de Jupiter Olympien, d'une grandeur colossale , » grava sur le doigt du dieu le nom d'un jeune et bel ado-
» lescent qu'il aimait d'un amour obscène
» Ainsi en donnant un sexe aux dieux , si on leur » suppose les organes mâles de la génération , il faut j» s'attendre à les Voir se livrer à des actes qu'une bou- » che ch&ste ne saurait appeler par leurs noms, s'en- « fiammer comme les animaux , se vautrer dans le li- » bertinage le plus abject, et tomber enfin de lassitude, « . énervés par l'excès des jouissances ; ou bien si on leur )) attribue le sexe féminin , on doit supposer le? déesses » soumises aux incommodités mensuelles des femmes, » ayant de longues et fastidieuses ge^^tions , avortant quelquefois , ou accouchant avec des douletcrs inouïes, etc. »
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LANGELLE.
DE Câ.POVR. — FOND ftOVGE. — flCUft NOICVCS
Cette (çraeieuse langelU représente uu det> plus bizarres jeux gyittna»tique8 connus des anciens. Sxur l'un des côtés on voit deiix athlètes armés d'une sorte de hache courtoise; sur Taiitre côté, le cercle a remplacé la hache, et cette fois-ci le vaincu subit la loi du vainqueur. Pendant que le [M^mier se baisse pour ramasser le disque qu'il a maladroitement laissé tomber, le second s'approche de lui et se dispose h jouir de sa personne'; c'était la loi du jeu. On peut rire dn vaincu, ou le mépriser, mais on ne saurait envier la gloire du vainqueur.
Sur chacun des côtés du cou de la langelle est peint uu thyrse que gardeut deux grues grossièrement dessinées.
Le nombre de vases grecs , à figures obscènes , est considérable, et il en existe dans toutes les galeries. Cependant nous n'en connaissons qu'une demi-douzaine environ dans le musée de Naples, indépendamment de ceux dont nous venons de donner l'explication. Les sujets qu'ils représentent offrent une telle ressemblance avec les précédens, qu'il eût été sans objet d'en donner le dessin ou l'explication.
PLAirCBE IX ET DERHlànE.