Acte de baptême d'Avoie-Marie-Thérèze Rameau (20 novembre
Avoie-Marie-Thérèze, tille légitime de sieur Lazare Rameaux, organiste de cette église, et de Laurence Nugue, son épouse, née le dix-neuf novembre mil sept cent quatre-vingt dix, et le lendemain a été baptizée ; parrain et marraine, Monsieur Brice Barjot de La Combe, dame Avoie-Marie-Thérèze Barjot de La Combe, veuve de feu Claude Quarret-Duplessis, qui sont soussignés avec ledit père.
Signé : Barjot de La Combe ; Barjot-Quarré du Plessis ; Rameau, org e ; Charvet, curé.
(Archives municipales de Mâcon, GG. 90.)
Avis du Directoire dudistrict de Mâcon sur une pétition de Lazare Rameau (26 février 1791.)
A Messieurs ,
Messieurs les Administrateurs du Département de Saône-et-Loire.
Je viens vous parler du traitement que ma confiance en vos bontés et votre justice peut me faire espérer. Je laisse à d'autres à vous exposer différents moyens pour
vous interresser, d’après le décret, à les traiter plus favorablement. Le mien est simple et plausible. Je suis d’Autun, lils et neveu de maîtres certainement connus. Quelques-uns de vous. Messieurs, dont je me fais gloire d’être le compatriote, doivent attester que dez ma tendre jeunesse, je touchois l’orgue au couvent des Cordeliers. Je ne veux point ici vous fatiguer du détail des places dans lesquelles j’ai été acceuilli depuis l’époque de mon départ d’Autun. L’établissement que j’ai contracté dans des tems plus heureux, parce qu’ils présentoient des espérances moins variables, peut entrer pour quelque chose dans vos intactes réflexions. Daignés, Messieurs, par vos bontés, mettre un frein à mon importunité ; vos cœurs compatissants peuvent m’assurer un sort qui n’avilisse pas l’art, ne décourage point l'artiste, et le mette à même d’en faire ressouvenir sa famille. Et ferés, Messieurs, justice.
Signé : Rameau, org. de Mâcon.
Le traitement de l’exposant comme organiste de Saint- Vincent est de huit cent livres annuellement, conformément à la délibération du 3 i janvier 1783.
Indépendamment, il avait part aux distributions qui pou voient monter annuellement à cent livres.
Dès l’âge de neuf ans jusques à dix-sept ans et demi j’étois organiste des Cordeliers d’Autun, sous l’honoraire de cent douze livres ; c’est huit ans et demi.
Delà il est allé à Paris, où il a obtenu au bout de six mois la place d’organiste de M. le comte d’Eu à la chapelle et église de Sceaux-du-Maine appartenant actuellement à M. le ci-devant duc de Penthièvre. où il est resté deux ans sous l’appointement de six cent livres.
Le 9 may 1775 au concours il obtint la place d’organiste de Notre [-Dame] d’Etampes, et a ensuite été au chapitre de Sainte-Croix dans la même ville.
11 a ensuite été organiste de l’église paroissialle de Montfort-l’Amaury ; delà à Bordeaux à Saint-Surin,
delà à Pitiviers en Gàtinois, delà à la Sainte-Chapelle à Dijon, et enfin dans cette ville.
L exposant, âgé de près de trente-quatre ans (il est né le 29 janvier 1707) en a passé vingt-cinq au service des differentes églises, et avait été précédanunent enfant de chœur dans la cathédrale d’Autun.
En conséquence, requiert
Qu'il vous plaise donner votre avis pour qu’il luy soit fait un traitement annuel de six cent livres. Vous ferez justice.
Signé : Rameau, org.
Vu, etc.
Le Directoire du Département a renvoyé la présente au Directoire du district de Mâcon pour, sur son avis, être statué ce qu'il appartiendra.
Fait au Directoire du Département à Mâcon, ce douze novembre 1790.
Signé : Larmagnac, président; Lafouge, secrétaire.
Vu la présente requête ;
Ouï le Procureur sindic, les administrateurs composant le directoire du district de Mâcon, renvoyent à la municipalité dudit lieu, qui fournira ses observations et tous autres renseignemens sur le contenu en la présente déclaration, pour le tout raporté dans la huitaine au district et être avisé ce qu'il appartiendra.
Mâcon, ce 16 novembre 1790.
Signé : Dessaigne; Roberjot; Niepce, vice-président; Bauderon, p. s.
Les officiers municipaux de la ville de Mâcon, à qui la présente requête a été communiquée, et qui ont également eu communication de l’extrait baptistaire de Lazare Rameau en datte du 29 janvier 1757, et de son acte deréception au chapitre de Saint-Vincent sous le traitement de huit cent livres en datte du 3i janvier 1783,
Déclarent que les faits énoncés en ladite requête sont exacts, pour ce qui peut être de la connaissance de la municipalité de Mâcon.
Sur la pétition qu’elle contient, observent qu’un traitement annuel de f>oo livres sans fonctions seroit trop considérable, et qu’il ne doit en tous cas lui être accordé de traitement qu à la condition suivante :
Dans le cas où l’église cy-devaut cathédrale seroit transformée en paroissialle pour toute la ville, et que sur le vœu des citoyens ou par une disposition de la loy, l’orgue fût conservé pour la dignité du culte, Lazare Rameau sera tenu d'accepter la place d'organiste et d’en faire le service sous le même appointement de huit cent livres dont il jouissait, dans lesquels demeurera confondu son traitement, qui par conséquent cessera du moment que ladite place offerte aura été par luy acceptée ou refusée.
Fait à l’hôtel-de-ville, le vingt-neuf novembre mil sept cent quatre-vingt dix.
Signé : Roberjot ; Chamborre ; Jambon ; Thomas ; Robert ; Vachier ; La venir le jeune.
Vu la présente pétition, les observations de la municipalité de Mâcon sur ycelles et pièces y ennoncées,
Ouï le Procureur sindic, etc.
Les administrateurs'composant le directoire du district de Mâcon, qui ont connoissance des talents distingués du remontrant en sa partie, et a cet effet adoptant les vues de laditte municipalité pour la conservation du sieur Rameau dans la place d’organiste de l’église paroissiale de Saint-Vincent, estiment que provisoirement et jusqu’à la prochaine circonscription de laditte paroisse, le traitement du sieur Rameau montant à huit cents livres doit lui être continué et payé par quartier à la charge du service ordinaire et sauf à lui être fait une grattiflication dans le cas où la fabrique de laditte paroisse ne jugerel pas à propos après laditte circons-
cription de conserver le sieur Rameau sous les mêmes appointements.
A Mâcon, ce 26 février 1791.
Signé: Dessaigne; Niepce, v.-p. ; Delore; Pochou, secrétaire.
(Archives départementales de Saône-et-Loire. Série L. Département. Dossiers Q.)
Avis du directoire du district de Mâcon sur une pétition de Lazare Rameau (11 janvier 1792.)
A Messieurs ,
Messieurs les Administrateurs du Directoire du district de Mâcon .
Messieurs,
Que suis-je et que fais-je en cette ville ? Vous ignorez sûrement que je suis aussi prêt du bord de la misère que je l’étois ci-devant d une subsistance honnête. Vous ignorez que j ai existé ici comme artiste recommandable par ses talens. Vous ignorez peut-être que mon dévouement à la loy constitutionelle m’a privé de toutes les ressources qui pouvoient me consoler d’autres pertes! Vous ignorez encore que j’ai patienté en vertu d une somme que j ai touchée de mon patrimoine, et qui m’a servi de plastron contre les attaques réitérées des anti-constitutionels. J’aurois déchiré la franchise de mon caractère si j’avois été double, et je pouvois l’être ! 11 existe un arrêté au district qui, eu égard à mes talens distingues, me conserve dans ma place, aux memes appointemens, à la charge par moi de continuer le même service. J’ai attendu, sans murmurer, qu’il fût statué décidément sur mon sort, j'ai toujours touché de
l'orgue, en conséquence je viens vous prier de m’apprendre si c’est en vain que j'ai suivi les décrets de l’Assemblée constituante et les vôtres, ou bien si vous estimés autant les talens que les autres états dont vous vous êtes occupés. Daignez excuser la franchise de mon stile, mais j'ai besoin d’une décision pour plusieurs raisons. J’attends de vous toute la justice, et l’instruction que vous voudrez bien me donner pour travailler à mes intérêts.
Signé : Rameau.
Messieurs,
D’après une requête que je présentai en novembre 1791 pour toucher la somme de vingt-quatre livres pour avoir démonté l’orgue des Jacobins, il me fut répondu que la caisse d’extraordinaire n’étoit point arrivée. Oserois-je vous demander jusqu’à quand il faut que j'attende des journées employées au préjudice de mes écolièreset par conséquent au mien? Daignez, Messieurs, avoir égard à mon zèle, mon état ; daignez voir que je n’ai point été importun, et ferez en conséquence justice.
Signé : Rameau.
Du 9 janvier 1792.
Vu ensemble l'avis de la municipalité de Mâcon, du 29 novembre 1790, sur la pétition du remontrant à lins de traittement, ccluy du directoire du district dans lequel il estime que le traitement du sieur Rameau doit être provisoirement continué jusqu’à la circonscription de la paroisse de Saint-Vincent à la charge de continuer ses fonctions, l’extrait de l’arrêté du département du 7 juin 1791 qui autorise le directoire du district à décerner mandat au remontrant de 400 livres pour six mois de ses honnoraires échus au I er dudit mois de juin;
Ouï le Procureur sindic;
Le Directoire,
Considérant que le remontrant a continué ses fonc-
tions, estime qu’il doit luy être décerné mandat de 4 oo livres pour six mois de ses honoraires échus au I er du courant. Lequel mandat sera acquitté sur les deniers destinés aux dépenses variables du culte.
En ce qui concerne les 24 livres répétées par le sieur Rameau pour avoir démonté l'orgue des Jacobins, le Directoire déclare qu'il a été statué par arrêtté du Directoire du Département du 8 septembre dernier.
A Mâcon, le 11 janvier 1792.
Signé : Delore ; Bauderon ; Chapuiset.
(Archives départementales de Saône-et-Loire. Série L. Département. Dossiers Q.)
Avis du Directoire du département de Saône-et-Loire sur une pétition de Lazare Rameau (i5 janvier 1792.)
Mémoire pour les réparations à faire à Vorgue Saint - Vincent.
Jusqu'en 1791 inclusivement le sieur Lebègue, facteur, a été chargé des réparations et entretien de l’orgue : le chapitre lui payoit la somme de 120 livres par an. Pendant les années 1790 et 1791, il n’a été fait d’autres réparations que celles dont l'organiste a été capable. La grande sécheresse de 1791 en a tellement dérangé l’harmonie et fait éclatter les peaux inhérentes aux sommiers et autres détails, qu’il est comme impossible à l’artiste de toucher, et au souffleur de maîtriser les soufflets. Il en est, Messieurs, de cet instrument comme d’un bâtiment; une légère réparation négligée en entraîne de très considérables. L’observant voyant donc que personne ne s’occupoit du soin de la réparation, et fatigué de son attention, et de son travail qui, n’étant point de sa compétence, lui devenoit plus à charge, il
en a donné avis au sieur Lebègue, qui Ta amusé par de vaines promesses, puis au sieur Calinet qu’il connoissoit être de mérite.
Le sieur Rameau, organiste, demande au bureau de la fabrique, à être autorisé à l’employer à réparer ledit orgue (i).
Signé : Rameau, org.
Nous, fabriciens de Saint-Vincent, déclarons qu’il est à notre connoissance que jusqu’en 1789 le chapitre payoit au sieur Lebègue 120 livres annuellement pour l’entretient de l’orgue, que pendant les années i79°“ I 79 I cet instrument est resté sans réparations autres que celles qu’y a faitte le sieur Rameau, organiste ;
Qu’il est vrav que celuy-cy a été autorisé par nous à faire faire lesdites réparations par le sieur Callinet, qu’il y a travaillé pendant plusieurs jours, avec des ouvriers en sous-ordre ;
Que la somme de 120 livres doit luy être allouée outre les dépences extraordinaires, à la charge par luy de se soumettre à l’entretient à l’avenir de 1 instrument, suivant et conformément au traitté fait cy-devant avec le sieur Lebègue.
Fait à MAcon, ce 10 e janvier 1792.
Signé : Garnoud, fabricien; Ravet, fabr.
Vu la requête de l’autre, les ofüciers municipaux composants le bureau d’agence, après avoir ouï M. le Procureur de la commune, renvoyent la pétition du requérant à M rs les administrateurs composants le Directoire du district de Mâcon, attendu que les fonds produisants les revenus destinés à la fabrique de leglise de Saint- Vincent ont été aliénés au proiit de la Nation, qui s’est
(1) Au dossier est jointe une lettre adressée par Rameau à ce sujet à M. « Calinet, facteur d’orgues », chez M. « Labourey, luthier, à Dijon », le 14 novembre 1791.
chargée des frais de l’entretien du culte. Fait et arrêté en bureau d’agence, ce 12 janvier 1792.
Signé : Lagrange; Bracognié, p r de la c e ; Séméraire; Ligonnet.
Le sieur Callinet, facteur d’orgues, qui a eu communication du dire des fabriciens de Saint-Vincent et de la municipalité de Mâcon, déclare qu'il se soumet, pour l'avenir et à comter de ce jour, à l’enlretien de l’orgue de Saint-Vincent et aux réparations, moyennant une somme de cent-vingt livres par an. Il se soumet à toute[s les charges des conventions faitjes] avec le sieur Le Bègue tel qu'il est ennoncé en l'acte capitulaire du 8 juillet 1786, dont il a pris lecture.
A Mâcon, ce treize janvier mil sept cents quatre-vingt douze.
Signé : Callinet, facteur d’orgues.
Vu la requête du sieur Hameau, organiste à Saint- Vincent, tendante à ce qu’il soit payé au sieur Calinet, facteur d'orgues à Saint-Vincent, une somme de centvingt livres pour ouvrages et réparations faites à l’orgue de Saint-Vincent, de l’entretien duquel le sieur Lebèguc, facteur d'orgues, demeurant ci-devant à Lyon, étoit chargé, le dire des fabriciains deMâcon duquel il résulte que l'orgue étant demeuré sans réparations pendant les années de 1790 et 1791, le sieur Rameau a été chargé par la fabrique d’y faire faire les réparations convenables par ledit Calinet, que la somme de 120 livres répétée par ce dernier doit lui être allouée, outre les dépenses extraordinaires, à la charge par lui de se soumettre à l’entretien de l'instrument pour l'avenir, le dire du sieur Calinet qui se soumet à l’exécution de la convention du sieur Lebègue à compter de ce jour moyennant une somme de cent-vingt livres par an; le dire de la municipalité de Mâcon qui renvoie le remontrant par-devant le Directoire du district, attendu
que les fonds produisants les revenus destinés à la fabrique de l’église de Saint-Vincent ont été aliénés au prolit de la Nation; le mémoire produit par les fabriciains ; les pièces y jointes, desquelles il résulte que la fabrique jouissoit d’une somme de 1,709 livres sur les revenus du ci-devant évêché;
Ouï le Procureur sindic ;
Le Directoire du district, considérant que, d’après les titres produits, il est constant que la fabrique de Saint- Vincent jouissoit d’un revenu annuel de dix-sept cent cinquante-sept livres sur les revenus du ci-devant évêché, que les revenus ou pensions dont jouissoient les fabriques sur les biens du clergé leur ont été provisoirement conservés :
Estime qu’il y a lieu d’ordonner que, du consentement respectif des fabriciens et du sieur Calinet, ce dernier demeurera chargé, pour l'avenir et à compter de ce jour, de l’entretien et des réparations de l’orgue de Saint-Vincent moyennant une somme de cent-vingt livres par année/ et qu’il demeurera soumis à l’exécution de toutes les charges et conditions de l’acte capitulaire du 8 juillet 1785 ;
Estime aussi le Directoire qu’il convient d'accorder mandat au sieur Gallinet sur le receveur du district d’une somme de cent-vingt livres pour les réparations par lui faites audit orgue jusqu’à ce jour, laquelle somme sera acquitée sur les deniers destinés au culte.
AMAcon, le 14 janvier 1792.
Signé : Picquet; Ghapuiset; Pochon, s r *.
Vu, etc. ;
Le Procureur général sindic ouï ;
Le Directoire de département de Saône-et-Loire, considérant que l’objet dont est question est créance de l’Etat, estime qu’il est dù au sieur Gallinet la somme de cent-vingt livres, pour le payement de laquelle
renvoi le sieur Callinet à se pourvoir par-devant le commissaire liquidateur.
Mâcon, le i 5 janvier 1792.
Signé : Geoffroy, v.-p. ; Debausière, p. le s re .
(Archives départementales de Saône-et-Loire. Série L. Département. Dossiers Q.)