MARTIN^EL
Jamais, merci.
MADAME DE RONGHARD.
Ça m'étonne. Mon frère et Léon ne
ACTB PREMIER. T
s'en passeraieht pour rien au monde, même un jour comme celui-ci. .. Qiidlld horreur que le cigare 1
PETITPBÉ.
Une bonne horreur, Clarisse.
Presque toutes les horreurs sont bonneSy ma tante; j'en connais d'exquises.
MADAME DE RONGHARO.
Pofissonl
PETITPRÉi prenaat 1a Ihbm à son 1^.
Viençi fumer dans le billard, puisque ta tante n'aime pas ça!
LÉON, à son père*
Le jour où elle aimera quelque chose en dehors de ses canîchesl...
MUSOTTB.
PETITPRfi.
^ ADons, taîs-toî.
(Ils sortent Tun et Vautre par le fond.) MARTINEL, à M"* de Ronohard.
Voilà les mariages comme je les aime et comme on ^'en fait pas souvent ici, dans votre Paris. Après le lunch, offert en sortant de Téglise, tous les invités s'çn vont, même les demoiselles d'honneur et les garçons d'honneur. On reste en famille, puis on dîne avec quelques parents. Partie de billard ou partie de cartes, comme tous les jours; flirt entre les mariés... (A ce moment,
Gilbertû et Jean se lèvent et sortent lentement par le fond, en se donnant le bras.) puis, avant minuit,
dodo.
MADAME DE RONCHARD, à part.
Ce qu'il est commun l
àCTB PREMIER.
II4RT1NSL^ Ta ji'asBeoir à droite sur le eanapé à côté de Mn* de Roachard.
Quatit aux jeunes gens^ au Heu de partir pour Fabsurde voyage traditionnel, ils se rendent tout bonnement dans le petit logis préparé pour eux. Je sais bien que vous trouvez que ça manque de chic, de genre, de flafla. Tant pis ! j'aime c&^ moi.
MADAME DE RONCHARD.
Ce n'est pas dans les usages du monde, Monsieur 1
MARTINEL.
Le monde I II y en a trente-six mille mondes. Tenez, rien qu'au Havre...
MADAME DE RONGHARD.
Je ne connais que le nôtre... (Sereprenmt) le mien, qui est le bon.
10 HUSOTTB.
MÂRTINBL.
Naturellement. Enfin, Madame, tout simple qu'il soit, il est fait, ce mariage, et j'espère que vous avez admis en grâce mon pauvre neveu, qui jusqu'ici.-
MADAME DE RONGHARD.
n le faut bien, puisqu'il est le gendre de mon frère et le mari de ma nièce.
MARTINEL.
Ça n'a pas été tout seul, hein? Je suis joliment content que ce soit fini, moi, quoique j'aie passé ma vie dans le^ difficultes...
MADAME DE RONGHARD.
Vous?
ACTS PRKMIBR. M
MÀRTINKL.
••• les difficultés commereialas et non
matrimoniales.
MADAME DE RONGHARD.
Vous parlez de difficultés, vous, un Crésus, qui donnez.dnq cent mille francs de dota votre neveu I (ATecunsoupir.) Cinq cent mille francs 1 ce que m'a mangé feu mon mari..*
MARTINEL.
. Ow.«. Je sais que M. de Ronchard..»
MADAME DE RONGHARD, soupirant.
Ruinée et abtodonnée après un an de mariage^ MoBsieur» un an I.. Juste le temps de comprendre combien j'aorais pu ^tre heureuse! Car il avait su se faire adorer, le misérable!
MARTINEL.
Une canàillei enfin 1
MADAME DE RONGHA|iD*
Ohl Monsieur I C'était un homme du monde.
MARTINEL»
Çali'empéche pas!—
MADAME DE RONGHARQ.
Mais ne parlons pas de mes malheurs»
Ce serait trop long et trop triste» Tout Ift monde est si heureux ici •
IfARTIMEU
Et moi plus que tout le monde, je IV toue. C'est un si brave garçon que mon neveu I Je Taime comme un fils. Moi, j'ai fait ma fortune dans le commerce...