ACTE DEUXIÈME
MUSOTTE découvre elle-même son bras, puis murmure :
S'il n'y avait pas ça je ne sais pas comment j'aurais supporté ces derniers jours.
(Il la pique.)
PELLER1N
Maintenant, vous allez dormir, je vous défends déparier, je ne vous réponds plus et je vous jure qu'avant un quart d'heure
Martinel Sera ici. (Elle s'étend docilement sur le dos et s'endort.)
LA BABIN , remettant lentement le paravent qui cache Musotte.
Comme elle s'endort! Une bénédiction, cette drogue-là! J'en voudrais tout de môme pas pour moi ! Ça me ferait trop peur! C'est des diableries! (Elle va s'asseoir près
'lu berceau et lit un journal.)
MADAME F LAC HE, à mi-voir, à Pellerin.
Ali! la pauvre femme! Quelle misère!
PELLERIN, de même.
Oui, et c'est une brave fille! Il y a longtemps que je la connais avec Jean Martiiicl, qui lui a dû trois années de bonheur. Et puis, c'est une âme droite et simple!
MADAME FLACHE
Vïendra-t-il, ce M. Martinel?
PELLERIN
Je le crois ; c'est un homme de cœur, mais il n'a pas pu lâcher ainsi dare-dare sa femme et sa belle famille!
MADAME FLACHE. '
Le fait est que c'est une fichue coïncidence... une vraie tuile!