TUBES EN VERRE DE COBALT
percés. Tous ces objets sont d’un gris blanc et composés d’une matière si friable qu’elle tombe en poussière à la mmindre pression de la main. Dans l’intérieur de chaque cylindre il y a un tube transparent d’une matière dure et de couleur bleue. Le professeur Landerer a constaté par l’analyse que ces tubes sont en verre de cobalt.
Le tube bleu contient encore un petit tube très-mince qui brille comme de l’argent. Le professeur Landerer a constaté qu’il se compose d’une substance vitreuse qui contient du plomb {hlei~ haltig). Selon le professeur Landerer, cette découverte prouve que les anciens Mycéniens connaissaient l’art de colorer le verre et celui de revêtir un premier tube de verre d’un second et d’un troisième tube b II m’assure que l’analyse du verre égyptien a donné le même résultat, et il suppose que l’art de fabriquer des verres de cobalt venait d’Égypte. Il ajoute que, de nos jours, tous les verres bleus sont également des verres de cobalt. Tous ces cylindres et tous ces objets carrés, formés de quatre cylindres, doivent avoir servi à parer les morts.
L’art de fabriquer le verre était évidemment dans l’enfance au temps où ces tombeaux furent construits; mais il semble qu’il n’ait pas fait de progrès dans le pays, car, excepté quelques perles blanches en verre et quelques petits ornements d’une pâte de verre, on n’a trouvé aucun objet en verre, même dans les couches supérieures ; et il paraît certain qu’au moment de la prise de Mycènes par les Argiens (468 av. J. -G.), les petites bouteilles de verre, que l’on trouve souvent ailleurs, étaient encore complètement inconnues.
J’ai recueilli aussi une grande quantité de couteaux en obsidienne ; — de nombreux fragments d’un grand vase d’argent avec un orifice richement doré et décoré de magnifiques intailles; malheureusement il avait trop souffert du feu du bûcher pour qu’on pût le photographier. Il paraît que les artistes mycéniens trouvaient beaucoup plus lacile de plaquer l’or sur le cuivre que
"^1. Ce procédé s’appelle en allemand Umfangsmelhode.
LE SECOND TOMBEAU
sur l’argent; voilà pourquoi ils ont fait l’orifice de ce vase en cuivre; — un grand couteau rouillé en bronze, et un autre plus petit; — une tasse d’argent ((pjaXvj) avec une seule anse, trèsendommagée par le feu ; — quatre perles pour collier, de forme oblongue et percées ; deux sont en agate et deux d’une composition de verre ; — une anse de vase en bronze ; — deux idoles de Hèra, en terre cuite, avec des cornes, du type ordinaire; — et enfin beaucoup de fragments d’une belle poterie façonnée à la main et d’une autre très-ancienne. Parmi ces fragments, il y avait un morceau de vase avec deux trous tubulaires de chaque côté, pour qu’on pût le suspendre par une attache, comme les vases de la plus ancienne des cités préhistoriques d’Ilionb II y a aussi des fragments de trépieds en terre cuite, comme j’en ai trouvé beaucoup à Troie mais très-peu à Mycènes, où presque tous les vases ont le fond plat. J’ai trouvé aussi, dans ce tombeau, un fragment de vase décoré d’un signe, qui n’est autre qu’un dont les quatre branches ont été converties en spirales.
Les objets les plus importants trouvés dans ce tombeau sont certainement les deux idoles de Hèra , avec des cornes , mentionnées ci-dessus, parce qu’elles nous prouvent que dans l’antiquité reculée à laquelle remonte ce tombeau la déesse était déjà adorée sous cette forme. Gomme le même type absolument se retrouve dans toutes les couches de ruines préhistoriques, et même dans les décombres des maisons qui ont immédiatement précédé la dernière cité hellénique, il paraît certain qu’il était encore usité au temps de la prise de Mycènes par les Argiens (468 av. J. -G.), et que, par conséquent, il n’avait subi aucune altération pendant une période de plus de mille ans. Il est vrai que, dans toutes les couches préhistoriques de décombres qui recouvrent les tombes, on trouve aussi des idoles féminines d’un type différent, qu’il est impossible cependant de ne pas attribuer à Hèra; mais, comme le nombre en est trop restreint en compa-
1. Voyez V Atlas des Antiquités trotjennes, pl. 105, n° 2312.