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DRAGON EN OR AVEC ÉCAILLES DE CRISTAL

d'un grès lin et dur. Toutes les deux ont, à leur extrémité, un trou par où l’on passait l’attache pour les suspendre.

Je dois ajouter à la liste des objets recueillis dans le quatrième tombeau un beau cylindre d’or(fig. 451) et une magnifique poignée en or qui se termine en tête de dragon (fig. 452). Il est certain que ces deux fragments proviennent du même objet, (|ui était peut-être

Fig. 451 et 45!2. — Cylindre d’ur cl dragon d’or avec incmslation de cristal de roche, provenant probablement d’une poigne'e de sceptre. Quatrième tombeau. Aux trois quarts de la grandeur réelle.

la poignée d’un sceptre ou d’un bâton augurai ou de quelque autre insigne aussi important; en effet, ce sont les seuls objets que j’aie trouvés, parmi les antiquités de Mycènes, où l’or soit incrusté d’une sorte de mosaïque de cristal de roche. Examinons d’abord le cylindre d’or (fig. 451) ; il se compose de fleurs à quatre pétales, qui se touchent par leurs pointes. Gbacun des pétales est formé d’un morceau oblong de cristal de roche, enchâssé dans un creux également oblong et de peu de profondeur, où il s’adapte parfaitement. Dans l’entre-deux des fleurs, il y a des espaces carrés, dont les côtés forment des lignes courbes et qui sont garnis, eux

lÆ QUATIUEME TOMBEAU.

aussi, de morceaux de cristal parfaitement ajustés. Dans la gravure que le lecteur a sous les yeux, un seul de ces morceaux de cristal est en place et visible au milieu du côté droit du cylindre; les autres morceaux, conservés pour la plupart, seront replacés aussitôt que la Société archéologique d’Athènes sera en mesure d’exposer sous les yeux du public la collection mycénienne.

L’aspect du cylindre, lorsque tous les morceaux de cristal étaient en place, devait être d’une merveilleuse beauté. La poignée d’or à tête de dragon (fig. 452), qui appartient au cylindre, est creuse et contient encore des fragments du bois sur lequel elle était montée. On distingue très-nettement la tête du dragon, avec ses grands yeux, dont un seul est visible dans la gravure, et sa gueule ouverte. Les écailles ont été imitées, avec une rare perfection, à l’aide de petits morceaux de cristal si habilement taillés, si adroitement enchâssés dans l’or, que jusqu’ici il ne s’en est encore détaché qu’un seul. Cela est d’autant plus surprenant, que la poignée porte des traces visibles du feu auquel elle a été exposée sur le bûcher funéraire. Si Homère avait vu cette merveilleuse poignée quand elle était dans son entier, il l’aurait sans aucun doute attribuée k la main ingénieuse d’Hèphaïstos et aurait exprimé son admiration pour une si belle œuvre par l’expression , Oc^.viia « merveille k contempler )).

Fig. 474. — Masque d’or massif du mort placé à l’extrémité sud du cinquième tombeau Au tiers environ de la grandeur réelle.

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