Max Millier, Rssais
FOUIIJÆS A TIRYNTHE,
bourbiers et ces marais s’étendaient jusque dans l’intérieur des terres, ils engendraient des fièvres pestilentielles ; or ils ne pouvaient disparaître que graduellement sous l’effort incessant du travail de l’homme et la bienfaisante influence du soleil.
L’existence de marécages immenses dans la plaine d’Argos nous est attestée par Aristote lui-même, qui dit‘ : « A l’époque de la guerre de Troie, le sol d’Argos, qui était marécageux, ne pouvait nourrir qu’une population restreinte ; au contraire, le sol de Mycènes était fertile et, par conséquent, très-estimé. C’est aujourd’hui le contraire : le sol de Mycènes est devenu trop sec et demeure sans culture, tandis que le sol d’Argos, autrefois marécageux et par conséquent inculte, est devenu une bonne terre arable. )) Il paraîtra donc tout naturel que la fable ait attribué à Hercule dieu-soleil les douze travaux qu’il accomplit au profit d’Eurysthée, roi de Mycènes et possesseur de toute la plaine d’Argos ; pendant longtemps, ces douze travaux ont été considérés uniquement comme le symbole des douze signes du zodiaque, que semble traverser le soleil dans la révolution annuelle de notre globe.
Il ne semble pas que la topographie de la plaine qui est au sud de Tirynthe ait changé depuis l’époque d’Aristote : le rivage, au nord du golfe, se compose de profonds marécages qui s’étendent, meme aujourd’hui, à pins d’un mille dans l’intérieur des terres.
Je partage complètement l’opinion généralement admise qui considère les murs cyclopéens de Tirynthe comme le plus ancien monument de la Grèce. D’un autre côté, convaincu qu’aucun mur de cité ou de forteresse ne peut être antérieur aux plus anciennes poteries du lieu qu’il entoure, j’avais un très-vif désir de contrôler la chronologie des murs de Tirynthe par des fouilles systématiques. Je me rendis donc à Tirynthe le 31 juillet dernier, en compagnie de M”'"' Schliemann et de mes honorables amis, MM. Kastorkhès, Pbendiklès et Pappadakès, professeurs d’archéologie à l’université d’Athènes.