‹ MycènesChapitre 28 sur 254 · DATE DUODADIÆ DES POTERIES · texte numérisé non relu

DATE DUODADIÆ DES POTERIES

décrite (p.63) et une grande quantité de fragments de très-anciens vases peints dont les dessins sont semblables. Mais, pour plusieurs

Fig, 13. — Vase de terre cuite, Tirynlhe (à 3 met.). A la moitié environ de la grandeur réelle.

raisons qui seront déduites plus loin, il m’est impossible de faire remonter ces vases plus haut que huit cents ou mille ans avant

Fig. 14. — Vase de terre cuite, Tiryuthe (à 3“,50). Au.v deux tiers environ de la grandeur réelle.

Jésus-Christ; je ne puis donc admettre que la seconde nation se soit établie à Tirynthe h une époque antérieure. Il est probable qu’on en sera toujours réduit aux conjectures quant a la date de la couche de poteries fabriquées à la main que l’on trouve sur le sol vierge ou très-peu au-dessus. Mais si nous supposons que les

FOUILLES A THIYNTHE.

plus anciens échantillons de cette poterie sont de 800 ans anterieurs aux plus anciens vases peints de la seconde nation, et que, par conséquentt,les murs cyclopéensdeTirynthe furent bâtis entre 1800 ou 1600 avant Jésus-Christ, je crois que nous nous rapprocherons beaucoup de la vraie date. J’ai vainement essayé de constater une affinité entre la poterie tirynthienne primitive et celle d’une des quatre cités préhistoriques de Troie. Après mure réflexion, je trouve qu’il n’y a absolument aucune ressemblance, excepté pour les coupes dont la forme se retrouve dans la plus ancienne cité préhistorique du mont Hissarlik.

Un des objets les plus intéressants quej’aie découverts àTirynthe, c’est le squelette d’un homme, à une profondeur de 5 mètres. Les os sont pétrifiés, mais j’attribue ce phénomène uniquement à la nature du sol dans lequel le squelette s’est trouvé incrusté. Quelques-uns des os se sont considérablement gonflés sous l’action de l’humidité: c’est probablement ce qui est arrivé à la mâchoire inférieure, qui est d’une épaisseur énorme. Malheureusement je n’ai pu conserver qu’une partie du crâne.

Je dois ajouter que, dans la couche préhistorique, j’ai trouvé de très-petits couteaux d’obsidienne; mais, comme je fai déjà dit, pas une arme ou un ustensile de pierre. Dans la couche qui correspond à l’existence de la seconde nation, il y avait une grande, quantité de petites fusaïoles en pierre bleue ou verte ‘ et deux seulement, d’un travail très-grossier, en argile cuite.

riG. 15. — Fusaïolc en pierre, trouvée à Mycènes (à 5 met.). Grandeur réelle.

En admettant que la profondeur moyenne du sol vierge, dans la haute et dans la basse citadelle, comme je l’ai constaté en perçant

1. Elles sont absolument semblables aux fusaïoles trouvées à Mycènes.

NOTE son HÈÜA r.OOPIS.

les seize puits, soit de pieds (3*", 50), je trouve, par les calculs les plus exacts, qu’il faudra déblayer à Tirynthe bien près de 30 000 mètres cubes dé débris. Il en faut déduire cependant la capacité cubique des murs de maisons de construction cyclopéenne, des curieuses conduites d’eaux et d’une couple de citernes. (Je n’ai pu encore en découvrir qu’une seule du côté sud.) J’espère bien accomplir quelque jour ce travail ; mais il me faut d’abord mener à bonne fin les fouilles plus importantes de l’acropole de Mycènes et du trésor qui est près de la porte des Lions. J’ai l’intention de les commencer tout de suite. Je sais qu’après avoir exploré Troie, je ne saurais rendre de plus grand service à la science que de pratiquer des fouilles à Mycènes. En effet, si, comme cela est probable, les murs cyclopéens de son acropole remontent à une antiquité aussi reculée que les murs de Tirynthe, l’architecture de ses trésors est certainement plus moderne ; et l’on ne peut douter que ce ne fut l’architecture généralement en usage du temps d’Homère, qui la caractérise par l’expression Oakaiioi '^bgtoïg ItSoio (chambres de pierre taillée et polie).

Mes honorables amis, les professeurs Kastorkhès, Phendiklès et Pappadakès retournent aujourd’hui à Athènes.

NOTE A. — (( HÉRA BOOPÎS )> ,

J’extrais ce qui suit de mon discours sur Troie, prononcé le 24 juin 1875 devant la Société des Antiquaires de Londres :

((Un grand savant ‘ a dit que, quel que soit le sens que l’on attache à l’épithète homérique , elle ne peut pas signifier :

(( à tête de chouette »; si l’on admettait ce sens, il faudrait admettre aussi que était représentée sous la forme d’un

monstre à tète de vache. J’ai trouvé dans mes fouilles à Troie trois magnifiques têtes de vache, à longues cornes, en terre cuite-; je crois qu’elles proviennent d’idoles de Hèra ; seulement je n’en ai

l. Le professeur Max Millier, dans le journal The Academij du 10 janvier 187-i. ^2. Voyez Troie et sen ruines, p.

FOUILLES A TIRYNTHE

pas la preuve. Mais il n’est pas difficile de prouver que cette déesse avait, dans l’origine, une figure de vache; c’est ce fait qui a donné naissance à l’épithète Lorsque, dans la bataille entre les

dieux et les géants, les dieux se métamorphosèrent en animaux, Hèrapritla forme d’une vache blanche, nivea Satiirnia vaccci ^. Nous voyons une tête de vache sur les monnaies de file de Samos ; or Samos possédait le plus ancien temple de Hèra et était célèbre pour le culte qu’elle rendait à cette déesse^. Nous trouvons encore la tête de vache sur les monnaies de Messène, colonie de Samos, en Sicilef Les rapports entre Hèra et la vache sont encore démontrés par le mot Eù'êota, qui était tout à la fois une des épithètes de Hèra'f le nom d’une de ses nourrices^, celui de l’île où elle fut élevée et le nom de la montagne au pied de laquelle était situé son temple le plus célèbre, le Hèræon’. Or entre dans la composition du mot Eù'êota. Hèra portait à Corinthe l’épithète de où l’on

retrouve également le mot ^ovg. On sacrifiait des vaches blanches à Hèra La prêtresse montait dans un char traîné par des taureaux blancs pour se rendre au temple de Hèra l’Argienne^^. lo, fille d’Inakhos, premier roi d’Argos, fut changée en vache par Hèra^L lo était prêtresse de Hèra^^, et elle est représentée comme la déesse-vache Hèra Eschyle confirme ce fait qu’Io avait la forme d’une vache La déesse égyptienne Isis était née à Argos, et on la confondait avec lo, représentée sous la forme d’une vache

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