Tous ces trésors sont indiqués sur le plan D
TOPOGRAPHIE DE MYGÈNES.
sur les pentes rapides d’où les décombres des maisons ont été balayés par les pluies, l’épaisseur de la couche de débris ne dépasse pas celle que l’on rencontre en général dans le faubourg. Voici un fait qui mérite une attention particulière : excepté près du mur d’enceinte ouest de la citadelle, l’emplacement de la cité fortifiée est beaucoup moins riche que le faubourg en substructions cyclopéennes et en restes de murs de maisons. Mais, immédiatement après le pont cyclopéen, sur le bord opposé du ravin, on trouve les ruines de deux vastes édifices qui peuvent avoir été des forts et avoir servi à la défense du pont. Je puis mentionner ici ce fait, que des traces de l’ancienne route cyclopéenne de Mycènes à Tirynthe sont encore visibles jusqu’à une certaine distance au delà du pont.
C’est sur l’emplacement de la cité fortifiée que se trouvent les deux plus grands trésors. L’un des deux est le fameux trésor que la tradition attribue à Atrée ; l’autre, qui est près de la porte des Lions, semble avoir été entièrement souterrain, et fut par conséquent inconnu dans les temps historiques ; la partie supérieure du dôme s’est écroulée dans l’édifice, mais je n’ai pas pu savoir au juste si, comme quelques habitants de l’Argolide l’affirment, cet écroulement a été accidentel, ou si, comme d’autres le soutiennent, c’est l’œuvre sacrilège de Véli-Pacha, fils du fameux Ali-Pacha, qui, vers la fin de l’année 1820, essaya de pénétrer par ce moyen dans le trésor, et qui aurait été empêché de pousser plus loin son entreprise par l’explosion de la révolution grecque.
Le trésor (V Atrée ^ qui est à environ 400 yards (360 mètres) plus au sud, était entièrement souterrain, puisqu’il était construit sous la pente est de la colline qui traverse la cité, et du côté de la ravine du lueme torrent qui passe devant la partie sud du rocher escarpé de la citadelle. Sur la pente, au-dessous du trésor, il y a une grande plate-forme de construction cyclopéenne qui forme un carré de 36 mètres de côté. De cette plate-forme, le dromos ou che- • min d’approche, qui a 20 pieds 7pouces(6'“,18)delarge et 36mètres de long, et qui est bordé de murs en pierre taillée, conduit à l’entrée de l’édifice* Cette entrée a 8 pieds 6 pouces (2™, 55)
-MYCEXES.
TuÉsou D’Athée.
LE TPxÉSOR D’ATRÉE.
de largeur eu haut et 9 pieds 2 pouces (2"\76) eu bas; sa hauteur est de 18 pieds (5’'h40) ; le plafond se compose de deux énormes dalles, bien travaillées et polies ; la dalle intérieure mesure 3 pieds 9 pouces (l”hl3) d’épaisseur; la face inférieure est longue de ^27 pieds I (8'“,25), la face supérieure de 29 (8‘",70) ; elle a 17 pieds (5“,i0) de large, et l’on a constaté par un calcul approximatif quelle doit peser 300 000 livres anglaisesh
La grande chambre, qui a la forme d’un dôme ou d’une ruche immense, a 50 pieds (15 mètres) de haut et 50 pieds (15 mètres) de diamètre. Elle est bâtie en blocs de brèche dure bien travaillés, placés par assises régulières et jointes avec la plus grande précision sans ciment ni mortier. Les pierres, dont la face intérieure est lisse et bien ajustée, sont très-irrégulières à l’extérieur ; contrairement à l’opinion généralement reçue, elles ne sont pas immédiatement couvertes de terre, mais d’énormes masses de pierres, dont le poids a pour effet de maintenir en place toutes les pierres des assises circulaires. Ainsi, selon la remarque judicieuse du colonel Leake, le principe de cette construction est celui d’un mur en voûte, qui a à supporter le poids d’une grande masse superposée, et qui doit sa force et sa cohésion à l’énormité même de ce poids. Le même principe qui suggéra à l’architecte cyclopéeii l’idée de la forme circulaire le conduisit aussi à courber les côtés verticalement, parce que ce mode de construction augmentait la force de résistance des côtés contre la pression latérale.
Les blocs des assises inférieures ont 1 pied 10 pouces (55 centimètres) de haut sur 4 à 7 pieds (l™,20à 2‘“,10) de long; mais, vers le haut du dôme, les assises deviennent graduellemeut plus étroites. Le plancher de la grande chambre, qui est entièremeut déblayé, est formé par le roc vif. Gomme il est resté dans le trésor une certaine quantité de grosses pierres, les voyageurs s’imaginent à tort qu’il y a encore une grande quantité de décombres à enlever.
A partir de la quatrième assise, en remontant, on voit dans chaque pierre deux trous forés; dans beaucoup de ces trous