COLONNE DE PORPHYRE
donne l’idée d’nn salon meublé de sièges dans tout son pourtour. J’ai encore trouvé, aune profondeur d’environ il pieds 6 pouces (3''b45) le fragment d’une autre colonne ou frise de porphyre rouge, de 8 pouces I (0‘",22) de longueur sur 10 pouces (0"b25) de largeur et 4 pouces | (O"',! 05) d’épaisseur, décoré d’une belle spirale (voyez fig. 152).
Bien que les procédés techniques employés pour les bas-reliefs
Fig. 152, 153, 151. — Fragments de frises*; au cinquième environ de la grandeur re'elle.
de toutes ces stèles et frises puissent ne pas différer beaucoup de ceux que l’on constate sur toute une série de bas-reliefs archaïques de l’ancien art grec, néanmoins on n’avait jamais jusqu’ici rencontré de pareilles figures ni une pareille ornementation dans aucune sculpture grecque. Les stèles de Mycènes sont donc uniques dans leur genre. Il est vrai que cette manière de remplir avec de belles, spirales multiples l’espace non couveil par des formes d'hommes
1. La frise (fig. 153) est décrite plus loin, et la figure 210 la montre dans le sens de la largeur ; le fragment de la figure I5i est aussi décrit plus loin.
FOUILLES DANS LA CITADELLE
OU d’animaux nous rappelle les principes de la peinture que l’on voit sur les vases dits oriental isants. Mais nulle part on ne rencontre dans les sculptures de Mycènes l’ornementation de plantes, qui est si caractéristique dans cette classe d’anciennes décorations grecques. L’ensemble de ce style est plutôt une ornementation linéaire, avec des formes d’un relief puissant, et nous y trouvons une indication intéressante de cette époque du développement de l’art grec qui précéda la période désignée sous le nom de gréco-phénicienne, période où sa marche fut déterminée par des influences orientales. M. Newton fait remonter avec certitude jusqu’à l’an 800 avant Jésus-Christ le commencement de cette dernière période. Mais ces représentations mycéniennes, exclusivement décorées d’une ornementation linéaire en relief, offrent encore un autre intérêt. Nous y voyons des êtres vivants, tels que l’homme, le cheval, le lion, le chevreuil, non plus réduits plus ou moins à un simple dessin linéaire, comme sur les fusaïoles de Troie h mais rendus, quoique d’une manière grossière et enfantine, dans la plénitude de leurs formes et précisément comme l’exige la nature du relief.
Ces réflexions nous conduisent à la conclusion, qu’il faut établir une corrélation entre ces has-reliefs mycéniens et l’ancienne architecture de Mycènes. Comparons-les seulement à ce qui reste de rornementation de la porte du trésor d’Atrée et à sa demi-colonne, telle qu’elle a été restaurée par le professeur Donaldson^ En conséquence, il ne semble pas qu’il y ait témérité de notre part à rapporter ces monuments à l’anlhOOenviron avant Jésus-Christ et à les considérer à l’avenir comme un anneau important dans la chaîne de l’histoire de l’art. L’ornementation avec des spirales ne prouve pas le moins du monde une influence orientalisante; car un fd de métal a du donner à l’artiste primitif l’idée de l’ornementation spirale; en effet, nous retrouvons ce genre d’ornementation même sur les anciens monuments du Mexique et du Pérou.
Tout près des douze petits réservoirs, du côté nord de ma seconde tranchée, il y a une maison cyclopéenne sans toit; même dans
1. Voyez mon Allas des antiquités troqennes, pl. 2, fig. 3i à 36.